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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2013 : un des colloques







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LE TABLEAU POLITIQUE DE LA FRANCE DE L'OUEST
D'ANDRÉ SIEGFRIED, 100 ANS APRÈS


HÉRITAGES ET POSTÉRITÉS

DU MARDI 4 JUIN (19 H) AU SAMEDI 8 JUIN (18 H) 2013

DIRECTION : Michel BUSSI, Christophe LE DIGOL, Christophe VOILLIOT

ARGUMENT :

La naissance de la géographie et de la sociologie électorale française est généralement située en 1913, avec la parution de l’ouvrage d’André Siegfried, "Tableau politique de la France de l’Ouest sous la troisième République". Le centenaire de la publication du Tableau politique est l’occasion d’opérer un retour fructueux sur cet ouvrage fondateur. En croisant les regards de la géographie électorale et de la science politique, ce colloque se donne pour ambition d’interroger les rapports qu’entretiennent les trois éléments de cette histoire: l’œuvre, l’homme et les points de vue disciplinaires.

Il sera l’occasion de mesurer le chemin parcouru depuis 100 ans, en particulier d’interroger l’évolution politique et sociale de la "France de l’ouest": le granit breton est-il devenu rose? La profonde modification de la société rurale a-t-elle fait exploser le modèle explicatif siegfriedien?

A la fois commémoration, rencontre interdisciplinaire, questionnement épistémologique et méthodologique sur l’évolution d’une discipline et d’un territoire, ce retour à Siegfried pouvait difficilement être mieux débattu qu’au cœur de cet ouest, à Cerisy.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mardi 4 juin
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mercredi 5 juin
André Siegfried, héritages et postérités
Matin:
Siegfried, l'œuvre
André-Louis SANGUIN: Entre contexte personnel et contexte professionnel: André Siegfried et le Tableau, une perspective biographique
Michel BUSSI: L’ouest politique, 75 ans, puis 100 ans après
Christophe LE DIGOL: Les catégories politiques dans le Tableau politique de la France de l'Ouest

Après-midi:
Siegfried, l'homme
Alain GARRIGOU: André Siegfried dans les Basses-Alpes (texte lu par Christophe VOILLIOT)
Mathilde SEMPÉ: Retour sur la construction de la figure fondatrice d’André Siegfried: hommages et commémorations
Pascal BULÉON: Explication des comportements électoraux chez Siegfried, entre démarche scientifique de précurseur et faille irrationnelle

Soirée:
Témoignage
Sylvie de COUSSERGUES, nièce d'André Siegfried


Jeudi 6 juin
Permanences et mutations
Matin:
Permanences et mutations en Bretagne
Jacques LE BOHEC: Analyse écologique des votes Le Pen dans le Morbihan
François PRIGENT: En haut à gauche? Les évolutions géopolitiques de la Bretagne sous la Ve République

Terrains
Jean RENARD: Le canton de Talmont au fil d'un siècle (1913-2013)

Après-midi:
Jérôme PRUGNEAU: Une "frontière de l'Ouest intérieur". Cent ans après Siegfried, retour sur le Layon (communication élaborée avec Emmanuel BIOTEAU)
Jean-Jacques MONNIER: La Bretagne vue par André Siegfried

Que reste-t-il de l'Ouest siegfriedien?, table ronde (en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de Caen) avec Pascal BULÉON, Pierre-Henri EMANGARD, Armand FRÉMONT et Yves GUERMOND

Soirée:
Rencontre animée par Pascal BULÉON (directeur de la MRSH de l'université de Caen), avec Alain COUSIN (ancien député de la Manche), Claude HALBECQ (vice-président du Conseil général de la Manche), Jean-François LE GRAND (président du Conseil général de la Manche) et Yannick SOUBIEN (vice-président du Conseil régional de Basse-Normandie)


Vendredi 7 juin
Matin:
Villes et campagnes
Isabelle GARAT, Jean RIVIÈRE, Sophie VERNICOS: Géographie des inégalités sociales et des contrastes électoraux au sein de Nantes-Métropole (2007-2008)
Danielle RAPETTI: Tableau politique et métamorphoses sociales dans la région nantaise
Jean RIVIÈRE & Michel BUSSI: Les configurations électorales intra-urbaines dans les villes de l'Ouest: des traits communs à des systèmes explicatifs "à géographie variable"
Joël GOMBIN & Pierre MAYANCE: Le vote des agriculteurs dans l’Ouest

Après-midi:
Siegfried, un héritage en France et hors de France
Christophe VOILLIOT: AS / LC: notes pour un portrait en majesté
Herman van der WUSTEN: Siegfried et les études électorales au-delà de l’hexagone

Quels héritiers d'André Siegfried?, table ronde avec Armand BRENNETOT


Samedi 8 juin
Matin:
Modèles explicatifs du vote
Nathalie DOMPNIER: De l'influence à la pression électorale. Interroger la "liberté du vote" sous la IIIe République
Christian VANDERMOTTEN: Permanences des alignements électoraux régionaux en Europe: quelques clés explicatives (communication élaborée avec Gilles VAN HAMME)
Claude DARGENT: Le facteur religieux du vote du Tableau politique à aujourd’hui: permanences, mutations et problèmes de méthode

Après-midi:
Conclusion et synthèse

DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Michel BUSSI: L’Ouest politique, 75 ans, puis 100 ans après
Les années 1980 furent l’occasion d’une redécouverte des travaux d’André Siegfried, correspondant aux 75 ans du Tableau politique. Ce retour à Siegfried s’est accompagné d’un certain renouveau de la géographie électorale, tant dans ses méthodes que ses objets. Néanmoins, 75 ans après le Tableau d’André Siegfried, le constant de la "permanence", en particulier des espaces ruraux, restait dominant. 25 ans plus tard, le réalignement électoral semble avoir encore évolué. L’Ouest semble être passé à gauche, et le conflit laïcité-religion moins prégnant dans le débat politique. On pourra toutefois se demander si ces évolutions ne dissimulent pas des artefacts, liées notamment aux échelles d’observation.

Michel Bussi est professeur de géographie à l’université de Rouen. Il a soutenu en 2001 une thèse portant sur la géographie électorale de la France de l’Ouest, 75 ans après le Tableau de Siegfried. Il poursuit son travail sur les questions électorales, en renforçant les liens entre géographes et politistes.
Publications
Eléments de géographie électorale. L’exemple de la France de l’Ouest, PU de Rouen, 1998, 400 p.
Rouen, la métropole oubliée?, L’Harmattan, Paris, 2008.
"Neuf cartes pour comprendre l’élection présidentielles de 2007", in "L’élection présidentielle de 2007, premiers aperçus", Revue Française de Science Politique, n°3-4, 2008.
"Élections européennes 2009: vers la naissance d’un clivage écologie/socialisme?", Mappemonde, n°95-3-2009, 2009.
"Les élections européennes de 2009 en France. Existe-t-il un vote des "grandes régions"?", Revue européenne Cybergéo, rubrique "enjeux européens", 2009.


Nathalie DOMPNIER: De l'influence à la pression électorale. Interroger la "liberté du vote" sous la IIIe République
Cette communication propose de revenir sur la question de la "liberté du vote" posée dans le Tableau politique en mobilisant des données d’archives sur les pratiques électorales sous la IIIe République (rapports sur le déroulement des scrutins, contestations, enquêtes électorales). Comment entendre la "liberté" dès lors que sont admis différents déterminants du vote? Comment appréhender la distinction employée par A. Siegfried entre l’influence et la pression? Dans quelle mesure cette frontière, souvent ténue, nous permet-elle de mieux analyser les comportements électoraux et les processus de politisation?

Nathalie Dompnier est professeure de science politique à l’Université Lyon 2 et membre de l’UMR 5206 Triangle. Ses travaux portent en partie, dans une approche de sociologie historique, sur les normes et pratiques électorales.
Publications
Les élections en Europe, Grenoble, PUG, 2011.
"Pour une sociologie historique de la "bonne élection". Les rapports tumultueux entre sincérité et légitimité", dans S. de Cacqueray, M. Fatin-Rouge Stéfanini et alii, Sincérité et démocratie, Aix-en-Provence, Presses Universitaires d’Aix-Marseille, 2011.
"Le suffrage universel à l’épreuve de la domination sociale en milieu rural. Les propriétaires terriens: pression électorale ou influence sociale?", dans A. Antoine et J. Mischi (dir.), Sociabilité et politique en milieu rural, Rennes, PUR, 2008, p.239-249.
"Les enjeux scientifiques et politiques d’une quantification des fraudes électorales", Histoire & mesure, n°1, 2007, p. 123-144.


Isabelle GARAT, Jean RIVIÈRE et Sophie VERNICOS: Géographie des inégalités sociales et des contrastes électoraux au sein de Nantes-Métropole (2007-2008)
"La vieille aristocratie commerciale du XIXème siècle n’est guère plus représentée que par quelques familles. Mais une couche nouvelle de la bourgeoisie industrielle s’est formée depuis la renaissance des vingt cinq dernières années. [...] L’esprit politique de cette bourgeoisie nantaise est un républicanisme très modéré, très conservateur même, très catholique chez les femmes, nullement anticlérical chez les hommes, un sens large et commercial de l’intérêt nantais, d’une façon générale une conception citadine des choses, par opposition à celle plus rurale et plus féodale des nobles" (1).

À la lecture de ces quelques lignes consacrées à Nantes dans le Tableau, on ne peut qu’être frappé par la description proposée par André Siegfried il y a un siècle. C’est d’autant plus le cas si l’on remplace le terme de "bourgeoisie industrielle" par celui de "bourgeoisie du secteur des services" pour actualiser le propos, tant le développement numérique de ces fractions des classes moyennes et supérieures a participé à transformer Nantes, depuis le début des années 1990, en une dynamique métropole tertiaire. Rien d’étonnant, donc, à ce que Nantes soit aussi devenu un laboratoire urbain de la social-démocratie (2). Pour autant, peut-on parler, comme le fait Siegfried, d’une "conception citadine des choses" sans prendre le risque d’homogénéiser et d’essentialiser les positions politiques des urbains, en occultant l’importance des inégalités sociales intra-urbaines qui restent aux fondements de la formation des opinions politiques et des expressions électorales qui en découlent?
Si certains travaux récents en sciences politiques et en sociologie ont permis de faire progresser la connaissance des dynamiques électorales dans plusieurs idéaux-types de quartiers – qu’il s’agisse des quartiers populaires de grands-ensembles (3), des quartiers bourgeois ou gentrifiés (4) ou encore des quartiers pavillonnaires des strates inférieures des couches moyennes (5) –, ces analyses ne permettent pas d’avoir une vue générale des relations entre les choix électoraux et les positions sociales occupées par les habitants de l’ensemble d’une ville, quand bien même les travaux en question prennent le soin replacer les espaces étudiés dans leurs contextes urbains. Parallèlement et à l’exception notable d’une thèse (6), les travaux de géographie électorale urbaine sont peu présents en France, cette carence dans le champ disciplinaire s’expliquant par des difficultés méthodologiques, qui sont pourtant en train d’être levées, notamment grâce à un programme de recherche collectif (http://www.cartelec.net/). Cette communication se propose ainsi d’étudier les relations entre la géographie des inégalités sociales et celle des comportements électoraux à l’échelle des 250 bureaux de vote de Nantes Métropole. Pour cela, seront utilisés d’une part les résultats d’une séquence électorale récente (présidentielle 2007 et municipales 2008) et, d’autre part, des données de la statistique publique qui permettent de décrire de manière fine le profil sociologique des habitants de ces bureaux. Le choix de Nantes Métropole, emblématique du processus de tertiarisation des économies urbaines, est d’autant plus intéressant dans ce cadre qu’il a déjà fait l’objet d’une étude pionnière articulant les votes avec une géographie très fine des caractéristiques fiscales des ménages des quartiers urbains, entre l’après-guerre et le milieu des années 1980 (7). Or c’est précisément parce que la métropole nantaise a connu des mutations majeures depuis cette époque qu'elle nous permettra de revisiter cette étude avec les outils statistiques contemporains et de conduire une réflexion sur l’accompagnement des transformations urbaines par le pouvoir municipal, en associant dans cette perspective deux spécialistes de la ségrégation et des politiques publiques urbaines et un spécialiste de géographie électorale.

Bibliographie
(1) SIEGFRIED A., 1913, Tableau politique de la France de l’Ouest, Paris, A. Colin, 536 p., p. 150.
(2) Voir sur ce point le dossier "Le socialisme à visage urbain" dans le n°30 (novembre-décembre 2011) de la revue Place Publique.
(3) BRACONNIER C., DORMAGEN J.-Y., 2007, La démocratie de l’abstention : Aux origines de la démobilisation en milieu populaire, Paris, Éditions Gallimard, 455 p.
(4) AGRIKOLIANSKY E., 2011, ""Bourgeois" contre "bohèmes"? Transformations sociales et clivages politiques dans deux arrondissements parisiens", in AGRIKOLIANSKY E., HEURTAUX J., LE GRIGNOU B. (dir.), Paris en campagne. Les élections municipales de mars 2008 dans deux arrondissements parisiens, Bellecombe-en-Bauges, Éditions du Croquant, p. 35-78.
(5) CARTIER M., COUTANT I., MASCLET O. SIBLOT Y., 2008, La France des "petits-moyens" : enquête sur la banlieue pavillonnaire, Paris, Ed. La Découverte, coll. "Textes à l’appui. Série Enquêtes de terrain", 324 p.
(6) GIRAULT F., 2000, Le vote comme expression territoriale des citadins. Contribution à l’étude des ségrégations urbaines, Thèse de géographie, Université de Rouen, 504 p.
(7) RAPETTI D., 1985, Vote et société dans la région nantaise. Etude de géographie électorale (1945-1983), Paris, Editions du CNRS, 210 p.


Joël GOMBIN & Pierre MAYANCE: Le vote des agriculteurs dans l’Ouest
L'Ouest compte actuellement la plus grande proportion d'agriculteurs du pays. Aussi est-il intéressant d'interroger les comportements électoraux des agriculteurs dans cette région au cours des trente dernières années. Dans quelles mesures les bouleversements politiques qui ont touché l'Ouest ont-ils affecté les agriculteurs? Comment les transformations profondes des activités agricoles se sont-elles traduites politiquement? Les systèmes explicatifs mis à jour par Siegfried permettent-ils encore de rendre compte des différences de comportement électoral? On pourra ainsi s’interroger sur la permanence d’un "peuple paysan" dont il soulignait déjà la pluralité des comportements électoraux selon trois couples de "circonstances diverses: selon que les paysans sont dépendants ou libres, cléricaux ou laïques d’esprit, démocrates ou conservateurs" (Siegfried, 1913).

Joël Gombin achève une thèse de science politique, proposant une approche configurationnelle du vote pour le Front national.
Publications
"Tous conservateurs? Analyse écologique du vote de la population agricole lors de l’élection présidentielle de 2007", avec Pierre Mayance, in Nonna Mayer, Pierre Muller, Bertrand Hervieu, Jacques Rémy et François Purseigle (éds.), Les mondes agricoles en politique, Paris, Presses de Sciences Po, 2010, pp. 193-216.
"Le Front national en Provence-Alpes-Côte d’Azur", in Pascal Delwit (éd.), Le Front national. Mutations de l’extrême droite française, Bruxelles, Editions de l’Université de Bruxelles, 2012, pp. 191-209.


Yves GUERMOND: Que reste-t-il de l'Ouest siegfriedien ?
Les aires de rénovation agricole des années 50 retrouvent-elles dans les clivages relevés par Siegfried? Comment les aires actuelles de développement de l’agriculture biologique se placent-elles dans cette évolution de l’Ouest?

Publication
Yves Guermond (1979), Le Système de différenciation spatiale en agriculture: la France de l’Ouest de 1950 à 1975, Honoré Champion, Paris.


François PRIGENT: En haut à gauche? Les évolutions géopolitiques de la Bretagne sous la Ve République
Cette communication vise à comprendre comment et pourquoi la physionomie géopolitique de la Bretagne du début du XXe siècle, telle qu’elle est présentée dans le Tableau de la France de l’Ouest s’est profondément reconfigurée sous la Ve République. Désert militant à l’échelle nationale sous la Ve République, la Bretagne s’apparente à une terre de mission pour les socialistes, cantonnés à une implantation initiale limitée aux bastions urbains et littoraux depuis le début du XXe siècle. Certes les matrices ouvrières et laïques de recrutement militant s’élargissent partiellement après 1945 avec la captation durable du terreau radical, la SFIO tissant un réseau minoritaire d’élus locaux qui maille la Bretagne. Un demi-siècle plus tard, la région forme au contraire un réduit électoral favorable au PS, à contre-courant même des équilibres du système partisan national qui se dégagent de la séquence politique la plus récente (2004-2012). Amplifié depuis1981, ce processus de conversion de la Bretagne à gauche transcrit une inversion des réseaux socialistes, contenue dans le slogan de campagne de Charles Josselin, "en haut, à gauche !" dans les années 1980, ce survote socialiste étant devenu une réalité frappante depuis les basculements historiques des principaux exécutifs locaux en 2004. En effet, l’intégration au PS de matrices militantes extérieures régénère le modèle socialiste régional, déplaçant les frontières du milieu partisan, qui se clôture à nouveau au terme des Assises du Socialisme et de ses suites (1974-1975). La révolution des réseaux socialistes est ainsi jalonnée de victoires locales symboliques (cantonales de 1976, municipales de 1977, législatives de 1981), annoncée par les frémissements électoraux des législatives de 1967 et 1973. Ainsi, le regard sur l’histoire politique de la Bretagne sur le temps long révèle un paradoxe fort quant à l’identité politique de la région. Entre le bloc chrétien conservateur rural et l’ancrage à gauche de plus en plus accentué à chaque élection depuis 1981, les profondes mutations politiques à l’œuvre procèdent d’une multiplicité d’évolutions sociales. Depuis les années 1960, le visage de la Bretagne a totalement changé, transformant en retour le paysage géopolitique. L’inversion du rapport à la religion s’avère une révolution culturelle complexe, prenant la forme d’un délitement partiel du système social englobant antérieur. La transformation des structures sociales produit l’émergence de nouvelles couches de population, les classes moyennes salariées et la main d’œuvre féminine non-qualifiée, qui bouleverse les schémas socio-économiques établis. L’explosion territoriale relative, ouverture sur le monde, lisse l’hétérogénéité des espaces locaux. La normalisation du vote de l’Ouest, aligné sur les dynamiques nationales, met en lumière l’avance des stratégies politiques des réseaux socialistes bretons, transfigurant la lutte des classes en terre de mission en lutte des places dans une zone de force.

Bibliographie
"Les socialistes bretons face au choc de la Guerre d’Algérie: générations, recompositions, trajectoires", in Patrick Harismendy, Vincent Joly (dir.), Algérie: sorties de guerre (19 mars 1962-19 mars 1963), PU de Rennes (à paraître, actes du colloque de Saint-Brieuc, 26-27 septembre 2012).
"Le cycle d’Epinay en Bretagne (1971-1981)", in Alain Bergounioux, Marc Lazar, Gilles Morin, Michel Pigenet, Jean-François Sirinelli (dir.), Les socialistes d’Épinay au Panthéon, une décennie d’exception (1971-1981), PU de Rennes (à paraître).
"L’expérience de l’union de la gauche en Bretagne (1967-1978)", in Alain Bergounioux, Danielle Tartakowsky (dir.), L’union sans l’unité. Le programme commun de la gauche (1963-1978), PU de Rennes, 2012, pp. 175-187 (actes du colloque FJJ-OURS, Saint-Denis/Pantin, 19-20 mai 2010).
"La mutation des milieux socialistes dans l’Ouest breton (1967-1973): réseaux, trajectoires, identités", in Christian Bougeard, Vincent Porhel, Gilles Richard, Jacqueline Sainclivier (dir.), L’Ouest dans les années 1968, PU de Rennes, 2012, pp. 211-223 (actes du colloque de Rennes, 26-28 novembre 2010).
Publications
François Prigent, Les réseaux socialistes en Bretagne au XXe siècle, PU de Rennes (version publiée de la thèse de doctorat soutenue à l'Université de Rennes 2 en novembre 2011, à paraître).
Claude Pennetier, Eric Bélouet, Jean-Pierre Besse, Marie-Cécile Bouju, Paul Boulland, Jacques Girault, Gilles Morin, François Prigent, Nathalie Viet-Depaule (dir.), Le Maitron DBMOMS, 1940-1968, tomes 6, 7 et 8, Ed. de l’Atelier, 2010-2012.
Tudi Kernalegenn, François Prigent, Gilles Richard, Jacqueline Sainclivier (dir.), Le PSU vu d’en bas: réseaux sociaux, mouvement politique, laboratoire d’idées (années 1950-années 1980), PU de Rennes, 2009, 343 p.


Danielle RAPETTI: Tableau politique et métamorphoses sociales dans la région nantaise
À un tiers de siècle d’intervalle, une recherche des tempéraments électoraux dans la ville et la région nantaise observées de 1945 à 1981, recherche inspirée des travaux d’André Siegfried, donne l’opportunité de comparer l’incidence de facteurs explicatifs - classiques ou originaux - de confronter aussi les résultats obtenus à diverses échelles d’analyse et par d’autres méthodes telles que les sondages d’opinion. En 2012, le problème d’interprétation des choix politiques demeure complexe dans un contexte d’expressions multiples de la citoyenneté et de profonde recomposition socio-économique des territoires touchés à un rythme variable par la diffusion urbaine.

Danielle Rapetti est géographe, ancien ingénieur à l’université de Nantes, a soutenu en 1977 une thèse IIIe cycle actualisée et publié en 1985.
Publications
"Vote et société dans la région nantaise, étude de géographie électorale, 1945-1983", Collection Mémoires et documents de géographie, Éditions CNRS, 210 p., 1985.
"Effet urbain et progrès de la gauche dans le Nord-ouest français", Géographie sociale n°6, Caen, p. 59-69, 1987.
"Images sociales d’une ville", in Nantes et son agglomération (dir. J. Renard), Cahiers Nantais n°33-34, Ouest-Éditions, p. 125-158, 1990.
"Ne pas "briser la géographie": la quadrature du cercle?", Cahiers Nantais n°50, IGARUN, p. 125-158, 1998.
"Contre vents et marée: Nantes Atlantique", M@ppemonde 74, 25 p., 2004.
"Croissance urbaine et dynamique sociale des territoires" (www.nantes-citoyenneté.com), 41p., 2010.


Jean RENARD: Le canton de Talmont au fil d'un siècle (1913-2013)
La Vendée, et en particulier le canton de Talmont, sert d'introduction à la description de la répartition des tempéraments politiques de la France de l'Ouest dans le Tableau politique. Cet exemple, à grande échelle, d'un territoire à cheval sur la limite géologique entre massif ancien et plaine sédimentaire, est illustré par une série de cartes (p.19) montrant les recoupements et superpositions des affleurements géologiques, du mode de peuplement, de la répartition de la propriété foncière, et des votes. La communication proposée entend s'interroger sur les évolutions socio-politiques de ce petit territoire. Nous tenterons d'exposer et d'expliquer la nature et les rythmes des changements au sein même du canton, ce au long d'un siècle. Ayant été résident dans ce lieu pendant un tiers de siècle, notre intervention prendra plus la forme d'un témoignage que d'une analyse savante. Si pratiquement rien ne bouge et ne change entre 1913 et 1960, depuis il y a eu une mutation considérable qui conduit à la disparition du contraste politique entre le nord et le sud du canton, entre bocage et plaine, entre massif ancien et plaine sédimentaire. Si jadis deux sociétés paysannes coexistaient avec leurs pratiques et leurs comportements, désormais le tourisme est devenu la grande affaire. Il apporte avec lui de nouveaux comportements; il balaie et gomme les oppositions de jadis.

Jean Renard, agrégé de géographie (1962), a fait son doctorat d'état sur les campagnes nantaises (1975). Il a été enseignant chercheur à l'université de Nantes jusqu'en 1999. Professeur émérite, il est également membre correspondant de l'Académie d'agriculture.
Ouvrages sur le sujet
1976, Les évolutions contemporaines des campagnes nantaises, thèse de doctorat, Les Sables d'Olonne, Editions le cercle d'or, 432 p.
1986, "Géopolitique des pays de la Loire", in Géopolitique des régions françaises (dir. Y. Lacoste), Paris, éditions Fayard.
1987, "Vote, pratique religieuse et école dans l'Ouest", Revue Espaces, Populations, Sociétés, n°3, p. 465-473.
2004, La Vendée: un demi-siècle d'observation d'un géographe, Rennes, PUR, 308 p.
2008, Nantes à la croisée des chemins, Rennes, PUR, 224 p.
2012, Les campagnes nantaises, un demi-siècle de révolutions sociales et paysagères (1960-2010), Rennes, PUR, 192 p.


Jean RIVIÈRE: Les configurations électorales intra-urbaines dans les villes de l'Ouest: des traits communs à des systèmes explicatifs "à géographie variable"
En comparaison de la finesse d’analyse déployée par André Siegfried dans la description des mondes ruraux où il met en évidence des systèmes explicatifs pluriels des orientations électorales, les villes constituent un angle mort relatif du Tableau politique de la France de l’Ouest (1913), même si chacune d’elle est traitée en quelques pages. Depuis et notamment au cours des années 1980, moment de renouveau pour la géographie électorale française, la plupart des agglomérations urbaines dde l’Ouest ont fait l’objet d’études, mais s’il s’agit de monographies dans lesquelles le niveau d’analyse descend rarement en dessous du niveau communal (Bussi, 1998). À l’exception notable d’une thèse construite à l’échelle des bureaux de vote et dans une perspective comparative (Girault, 2000), la géographie électorale urbaine constitue un champ de recherche à investir, même si quelques articles récents issus d’un programme de recherche collectif ont récemment été publiés (Rivière, 2012 ; Russo & Beauguitte, 2012). C’est justement sur une partie des matériaux produits dans le cadre du programme de recherche "CARTELEC" (www.cartelec.net/) qu’est fondée cette communication. Il s’agira de dresser un état des configurations socio-électorales intra-urbaines des villes de plus de 20000 habitants localisées dans le périmètre de l’Ouest étudié par Siegfried, soit une trentaine de villes comptant plus de 1500 bureaux de vote. Dans un premier temps et grâce à des techniques de statistique multivariée, on réalisera une typologie du profil électoral de l’ensemble des bureaux des villes de l’Ouest, en cherchant à dégager des traits communs dans l’organisation de l’espace électoral de ces villes, mais aussi en soulignant des différences qui peuvent renvoyer à la fois à des rangs différents dans la hiérarchie urbaine de l’Ouest et à l’expression de configurations sociales liées à des systèmes productifs spécialisés. Dans un second temps, on mettra en relation ces profils électoraux avec leurs déterminants sociaux dans le cadre d’une approche écologique classique, mais aussi, comme Siegfried aurait pu le faire, en interrogeant l’existence de systèmes explicatifs "à géographie variable".

Jean Rivière est maître de conférences à l’Institut de géographie et d’aménagement régional de l’université de Nantes (IGARUN). Rattaché à l’équipe "Espaces et sociétés" (UMR ESO 6590 CNRS), ses recherches s’inscrivent dans le champ de la géographie sociale et sont centrées sur l’étude de la dimension spatiale des inégalités et des rapports de pouvoir. Ses travaux articulent les recompositions sociologiques en cours dans les mondes urbains et périurbains avec les comportements électoraux qui s’y expriment.
Bibliographie
BUSSI M., 1998, Eléments de géographie électorale. A travers l’exemple de la France de l’Ouest, PUR, 399 p.
GIRAULT F., 2000, Le vote comme expression territoriale des citadins. Contribution à l’étude des ségrégations urbaines, Thèse de géographie, Université de Rouen, 504 p.
RIVIERE J., 2012, "Vote et géographie des inégalités sociales: Paris et sa petite couronne", Métropolitiques (http://www.metropolitiques.eu/Vote-et-geographie-des-inegalites.html).
RUSSO L., BEAUGUITTE L. (à paraitre), "Aggregation leval matters: Evidences from French electoral data", Quality & Quantity. International journal of methodology.
SIEGFRIED A., 1913, Tableau politique de la France de l’Ouest, Paris, A. Colin, 536 p.


André-Louis SANGUIN: Entre contexte personnel et contexte professionnel: André Siegfried et le Tableau, une perspective biographique
Devenu un classique incontournable au sein des sciences sociales en France, le Tableau est victime d’un malentendu permanent: d’une part, ce livre fut un échec éditorial jusqu’en 1939; d’autre part, il forma la première partie d’une œuvre plus grande qui ne fut jamais complétée. La singularité du Tableau ne peut se comprendre qui si celui-ci est replacé dans l’analyse précise de l’itinéraire socio-professionnel de son auteur entre 1904 (soutenance de ses thèses en Sorbonne) et 1910 (sa nomination à l’Ecole des Sciences Politiques). L’élaboration du Tableau fut le résultat d’un va-et-vient constant entre le vécu d’un candidat à la députation (législatives de 1906 et de 1910 dans la seconde circonscription du Havre) et l’observation rigoureuse d’un enquêteur savant parcourant le terrain pendant sept années consécutives. Si cet essai de géographie électorale représenta, d’une certains manière, l’ouvrage inaugural de la carrière de Siegfried aux Sciences Po, le Tableau reste, cependant, une exception puisque Siegfried se consacra, d’abord et avant tout, aux affaires internationales de son temps et à la sociologie politique des grandes démocraties anglo-saxonnes. Le surdimensionnement post mortem du Tableau a pour effet de réduire la perception de la partie majoritairement non électorale de l’œuvre siegfriedienne. En d’autres mots, cette perception n’est pas la même en France que de l’autre côté de l’Atlantique.

André-Louis Sanguin est professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne (Paris 4). Il a consacré sa carrière à l’enseignement et à la recherche dans deux domaines particuliers: la géographie politique et l’histoire de la pensée géographique. Il a publié des analyses sur les idées géographiques de grandes figures disparues comme Copernic, Kant, Ratzel, Reclus, Vidal de la Blache, Siegfried, Gottmann.
Publications
(1985) "André Siegfried, An Unconventional French Political Geographer", Political Geography Quarterly, vol. 4, n°1, pp. 79-83.
(1989) "Le Canada cinquante ans après Siegfried: postface et points de rupture", Etudes Normandes, vol. 38, n°2, pp. 103-113.
(1992) "Le Canada puissance internationale: variations sur un thème d’André Siegfried", Etudes Canadiennes/Canadian Studies, vol. 18, n°33, pp. 73-80.
(1996) Paul CLAVAL & André-Louis SANGUIN (sous la direction de), L’époque classique de la géographie française (1918-1968), Paris, Editions L’Harmattan, 352 p.
(2010), André Siegfried, un visionnaire humaniste entre géographie et politique, Paris, Editions L’Harmattan, Collection "Logiques Politiques", 266 p.
(2013) "Résurgence institutionnelle et avenir d’une branche: la géographie politique en France depuis les années 1970", L’Espace Politique (à paraître).


Mathilde SEMPÉ: Retour sur la construction de la figure fondatrice d’André Siegfried: hommages et commémorations
L’hétérogénéité des représentations d’André Siegfried et les usages différenciés de son Tableau politique de la France de l’Ouest supposent probablement autant de "Siegfried" que de lectures biographiques et de contextes singuliers de commémoration de celui-ci. Les logiques d’anniversaires et d’hommages, auxquels un certain nombre d’agents contribuent, que les disciplines scientifiques conditionnent et que les institutions contraignent, dissimulent en réalité les enjeux de luttes constitués entre "détenteurs d’autorités" [1] pour la définition et l’appropriation légitime d’une "œuvre" et de son "père fondateur". C’est par un retour opéré sur ces "moments" de commémoration, qu’il convient d’appréhender, dans cette contribution, les conditions de possibilité de la construction sociale de la figure fondatrice d’André Siegfried.
[1] Bernard Lacroix, L’Utopie communautaire. Mai 68, histoire sociale d’une révolte, Paris, P.U.F, 2006 (1981), p. 8.

Mathilde Sempé est doctorante attachée temporaire d’enseignements et de recherches à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Sa thèse sous la direction d’Emmanuel Wallon porte sur "L’invention d’une identité régionale: la Bretagne et le livre: 1950-2010".
Publications
Mathilde Sempé, "Tourisme et politique du livre et de la lecture en Bretagne: enjeux politiques d’une construction identitaire régionale", Mondes du tourisme, n°5, juin 2012.
Mathilde Sempé, "Des mouvements "régionalistes" à l’institutionnalisation de la "région": enjeux de luttes pour la construction d’une identité culturelle de la Bretagne", Fédéralisme-Régionalisme (à paraître).
Fabien Carrié, Jean-Baptiste Parantoën, Bastien Amiel, Mathilde Sempé, Maxime Milanesi, Cédric Plont, "Contribution à l’analyse des représentations politiques des étudiants", in Jacques Le Bohec et Christophe Le Digol (dir.), Gauche/droite. Genèse d’un clivage politique, Paris, PUF, juin 2012.


Christian VANDERMOTTEN: Permanences des alignements électoraux régionaux en Europe: quelques clés explicatives
Dans notre communication, nous proposons d’abord une évaluation systématique des permanences électorales au niveau régional en Europe occidentale centrée sur la gauche et la démocratie-chrétienne. Ensuite, nous nous interrogerons sur les causes essentielles de ces permanences en proposant un modèle explicatif fondé sur les interactions entre les structures socio-économiques et les formes d’encadrement social héritées. De plus, nous intégrerons l’impact des mutations politiques nationales sur les paysages politiques et sociaux régionaux. Enfin, nous nous interrogerons sur les régions qui ont connu des basculements politiques de façon à proposer un modèle des dynamiques politiques, qui peuvent relever soit de mutations socio-économiques profondes et/ou de l’affaiblissement des formes d’encadrement social. Au-delà du travail sur les données électorales au niveau régional en Europe occidentale, nos modèles explicatifs s’appuieront sur les travaux monographiques régionaux et nationaux.

Christian Vandermotten est docteur en sciences géographiques et licencié en urbanisme. Il est professeur ordinaire émérite à l'Université Libre de Bruxelles, spécialisé en géographie urbaine, économique et politique. Il est président de la Société Royale Belge de Géographie et membre de la Classe des Lettres de l’Académie Royale de Belgique. Il a publié de nombreux travaux de géographie politique et électorale, dont l'ouvrage Territorialités et politique (2ème éd., 2011) et un article en collaboration, "Permanences et ruptures dans la géographie électorale de la Belgique", Bruxelles, Belgeo (2001), a dirigé la publication du tome Géographie politique de la 3ème édition de l'Atlas national de la Belgique (2007), et a rédigé une préface à une réédition du Tableau politique de la France de l'Ouest sous la Troisième République en livre de poche aux Éditions de l'Université de Bruxelles (2010).

Gilles Van Hamme est docteur en sciences de l’Université Libre de Bruxelles. Dans sa thèse de doctorat, il a proposé des modèles explicatifs de la géographie électorale à l’échelle régionale en Europe occidentale et locale en Belgique. Il a participé au tome Géographie politique de la 3ème édition de l'Atlas national de la Belgique (2007). Ces travaux se sont traduits par des publications centrées sur le rôle des formes d’encadrement social dans l’effet de voisinage (publié dans Political Geography en 2011), sur les destins divergents des partis sociaux-démocrates de Flandre et de Wallonie (publié dans Cybergeo en 2010) ou encore sur la pertinence des lectures de classes dans la géographie électorale contemporaine (publié dans Geoforum en 2012).


Christophe VOILLIOT: AS / LC: notes pour un portrait en majesté
Lorsque l'on s'interroge sur l'héritage intellectuel du Tableau politique de la France de l'Ouest d'André Siegfried, on rencontre bien peu d'héritiers directs. Peut-on attribuer ce statut à l'historien Louis Chevalier? Cette communication vise à répondre à cette question en prenant appui sur les hommages rendus par le second au premier et sur une comparaison de sa thèse sur Les fondements économiques et sociaux de l'histoire politique de la région parisienne, 1848-1870 avec le programme de recherche proposé par le Tableau.

Christophe Voilliot est maître de conférences en science politique à l'université Paris-Ouest Nanterre et chercheur au Groupe d'Analyse Politique.
Publications
"Des candidats contre les extrêmes: l’action électorale des préfets dans la préparation des élections législatives de 1834", dans Biard (M.), Gainot (B.), Pasteur (P.) et Serna (P.), dir., "Extrême"? Identités partisanes et stigmatisation des gauches en Europe (XVIIIe-XXe siècle), PU de Rennes, 2012.
"Les élections législatives de 1849 entre incertitudes historiographiques et "modernité démocratique"", dans Le Bohec (J.) et Le Digol (Ch.), dir., Gauche-droite. Genèse d’un clivage politique, PUF, 2012.
"L'ordre électoral : pratiques et savoirs", Revue d’Histoire du XIXe siècle, 43, 2011/2.
"Des "candidatures officielles" en 1871 ? Du constat de l'impossible à l'hypothèse du pensable", Parlements, 16, 2011.
Éléments de science politique, Paris, L’Harmattan, "logiques politiques", 2010.


Herman van der WUSTEN: Siegfried et les études électorales au-delà de l’hexagone
Le Tableau de Siegfried est un ouvrage fondateur des études électorales bien au-delà de l’hexagone. Nous examinerons son originalité et son influence en sciences politiques et en géographie électorale. D’abord nous le replacerons dans son contexte contemporain en le comparant aux études électorales entreprises ici et là à l’époque ainsi qu’au travail proto-comparatif d’Ostrogorski (1903). Ensuite nous passerons en revue les études comparatives dans la tradition de Rokkan & Lipset (1967) reconstituée par Flora (2000). Enfin, nous considérons les recherches concernant l’influence des milieux géographiques sur les préférences électorales depuis les années 1960 de Cox, Taylor, Johnston & Pattie, Shelley & Clark Archer, Agnew & Shin, O’Loughlin & Flint. Notre objectif est de qualifier la canonisation du travail de Siegfried comme origine et repère incontournable dans les études électorales dans le monde.

Herman van der Wusten a pour sujet favori de recherches la géographie électorale, en particulier les effets contextuels dans la vote (Van der Wusten, 2011). Il a porté son attention sur les élections néerlandaises à long terme (Passchier & Van der Wusten, 1990) et sur les partis d’extrême droite aux Pays Bas entre les deux guerres mondiales (Van der Wusten & Smit, 1980) et récemment (Mamadouh & Van der Wusten, 2012). Il a fait un compte rendu de la biographie de Siegfried par Sanguin (Van der Wusten, 2012).
Publications
H. van der Wusten (2011), Zin en onzin van de electorale kaart, Geografie 8.
Passchier, N.P. & H. van der Wusten (1990), "The electoral geography of the Netherlands in the era of mass politics 1888-1986", in R.J. Johnston, P.J. Taylor & F.M. Shelley (eds.), Developments in electoral geography, 39-59. London: Routledge.
H. van der Wusten & R.E. Smit (1980), "Dynamics of the Dutch National Socialist Movement (NSB) 1931-1935", in S.U. Larsen, B. Hagtvet, J.P. Myklebust (eds.), Who were the fascists? Social roots of European fascism, 524-541. Bergen: Universitetsforlaget.
V. Mamadouh & H. van der Wusten (2012), "‘Ceci n’est pas un parti’: le véhicule fantôme de l’anti-islamisme de Geert Wilders", Hérodote 144, 113-121.
H. van der Wusten (2012), "Review A.-L. Sanguin, André Siegfried", Political Geography 2.


BIBLIOGRAPHIE :

BLONDIAUX L. & VEITL P., "La carrière symbolique d’un père fondateur. André Siegfried et la science politique française après 1945", Genèses, 37, décembre 1999, p. 4-26.
BUSSI M., (1998), Eléments de géographie électorale. L’exemple de la France de l’Ouest, PU de Rouen, 400 p.
FAVRE P., Naissances de la science politique en France, 1870-1914, Paris, Fayard, 1989.
GARRIGOU A., "L'initiation d'un initiateur : André Siegfried", Actes de la recherche en sciences sociales, 106-107, mars 1995, p. 27-41.
LACOSTE Y. (dir), (1986), Géopolitiques des régions françaises, Fayard, régions Pays-de-la-Loire, Bretagne, Basse-Normandie, Haute-Normandie.
Géographie Sociale (1987), "L’ouest politique 75 ans après Siegfried", n°6, 312 p.
SANGUIN A.-L., André Siegfried. Un visionnaire humaniste entre géographie et politique, Paris, L'Harmattan, 2010.
SIEGFRIED A., (1913), Tableau politique de la France de l'Ouest, A. Colin, XXVIII + 536 p.
VEITL P., "Territoires du politique. Lectures du Tableau politique d’André Siegfried", Politix, 29, 1er trimestre 1995, p. 103-122.
VIDAL DE LA BLACHE P., (1914), "Compte rendu du Tableau politique de la France de l'Ouest", Annales de Géographie, mai, pp 261-264.

Avec le soutien
des Universités de Caen, Rouen et Paris-Ouest Nanterre,
de l’UMR CNRS IDEES et du GAP (Groupe d’Analyse Politique),
du PRES Normandie
et du Conseil régional de Basse-Normandie


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