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" Page mise à jour le 8 mars 2010
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DU VENDREDI 11 JUIN (19 H) AU LUNDI 21 JUIN (14 H) 2010



PRENDRE SOIN : SAVOIRS, PRATIQUES, PERSPECTIVES


DIRECTION : Véronique CHAGNON, Clémence DALLAIRE, Catherine ESPINASSE, Edith HEURGON

ARGUMENT :

L’acte de "prendre soin" est sans doute l’un des plus vieux gestes effectué envers l’autre qui se soit accompli dans l’histoire de l’humanité. Avec lui, l’altérité et l’identité interagissent et se transforment, chez le soigné comme chez le soignant. Selon les époques, les pays et les cultures, il a pris différents visages. Aujourd’hui, il s’est, pour une large part, spécialisé et institutionnalisé. Ainsi, lorsqu’on dépasse le "prendre soin" domestique et quotidien, on se trouve aux prises avec un système relativement complexe sollicitant des individus ayant acquis une reconnaissance particulière et exerçant leur métier dans un lieu spécifique souvent médicalisé, technicisé et régi par des procédures institutionnalisées.

Au-delà de la santé et du bien-être, il convient d’élargir le champ aux diverses dimensions du soin, dont l’idée même permet d’appréhender, dans leur unité et dans leur diversité, une variété de situations allant des actes les plus ponctuels aux enjeux éthiques, politiques et prospectifs les plus vastes.

Face à l’allongement de la vie (qui incite à "prendre soin de soi"), face aux vulnérabilités qui affectent des personnes en situations de précarité (qui obligent à multiplier les dispositifs de soutien) et au regard des risques écologiques pesant sur la planète (qui exigent de prendre soin de la nature et de l’environnement), on se demandera comment la  les savoirs et les pratiques du "prendre soin" doivent être réinterrogés dans un monde pluriculturel et on étudiera les conditions pour qu'ils deviennent des compétences-clefs dans un monde plus durable et plus solidaire.

Ce colloque franco-québécois s’intéresse donc à l’évolution du "prendre soin" et aux savoirs qui le composent et le définissent. Il en abordera les aspects historiques, politiques et cognitifs en croisant des regards extérieurs et intérieurs aux soignés et aux soignants, et il ouvrira le débat sur ses enjeux prospectifs. Il réunira des philosophes, des chercheurs dans le domaine de la santé et des sciences humaines, des praticiens, des experts des politiques publiques, et sera ouvert à toute personne intéressée par le sujet traité.

Ainsi, après avoir étudié, sous divers angles, les histoires et les conceptions du soin mais aussi confronté plusieurs philosophies du soin, les séances porteront sur :
- les relations de soin, l’organisation des services et les aspects politiques du soin,
- les relations de soin tout au long de la vie (de la petite enfance au grand âge), notamment au regard du soin parental ou des aidants naturels,
- le "prendre soin de soi", en donnant une place particulière au récent ouvrage 100 000 ans de beauté (Gallimard 2009), initié par la Fondation l’Oréal,
- le prendre soin des personnes en situation de vulnérabilité (chômeurs, exclus, prisonniers, victimes de violence...),
- les lieux et espaces qui prennent soin de nous (hôpitaux, maisons de retraite, maisons ouvertes, espaces de mobilité...),
- le prendre soin de l’environnement et de la nature,
- enfin, les savoirs et les compétences propres au "prendre soin".

Enfin, une équipe d’étudiants et de jeunes chercheurs accompagnera toute la décade et en présentera, à la dernière séance, les principaux enseignements.

CALENDRIER PROVISOIRE :

Vendredi 11 juin
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Samedi 12 juin
Matin:
Ouverture et problématiques (par les directrices de la décade)
Edith HEURGON: Entre autonomie et dépendance
Frédéric WORMS: Le soin comme orientation éthique et politique dans le moment présent

Après-midi:
Histoires et conceptions du soin - 1
Michel NADOT: L’institutionnalisation du prendre soin. Entre habitat collectif singulier et économie domestique de type rural
Claire MARIN: Qui prend soin de qui?
Cyndie SAUTEREAU: La dimension éthique du "prendre soin": l'éthique du care à l'épreuve du mal


Dimanche 12 juin
Matin:
Histoires et conceptions du soin - 2
Elizabeth BERNARDINO: Composantes universelles et culturelles des soins au Brésil
Claire CRIGNON-DE OLIVEIRA: Quel homme le médecin soigne-t-il? Les fondements anthropologiques de l'éthique médicale dans la pensée de John Gregory
Françoise ACKER: Prendre soin dans la société: une fonction aux figures multiples, aux compétences distribuées, aux cadres de référence brouillés

Après-midi:
Philosophie du soin
Thomas DE KONINCK: Le soin de l’âme
Robert LÉVY: La consolation

Soirée:
Table ronde avec des étudiants et jeunes chercheurs: quelles problématiques?, avec Karine AUBIN, Frédérique BISIAUX, Maude DESSUREAULT


Lundi 14 juin
Matin:
Les relations de soin tout au long de la vie (de la petite enfance au grand âge)
Catherine ESPINASSE: La question du genre au sein du prendre soin
Philippe ZARIFIAN: Prendre soin du travail

Après-midi:
Regards de soignants
Bernard ROY: Les anges ont-ils un sexe? et les soins?
Nicolas VONARX: Variation des soins et pluralité ontologique: entre relations, valeurs et imaginaires
Suzanne BOUCHARD-CORDIER: Identité de mère et maladie mentale: tabous et pratiques courantes

Soirée:
Table ronde "initiatives", animée par Sylvain ALLEMAND, avec notamment Marc AVELOT (Le rire médecin)


Mardi 15 juin
Matin:
Prendre soin de soi
Marc HATZFELD: D'abord prendre soin de soi
Françoise GAILLARD: La beauté (présentation de l’ouvrage 100 000 ans de beauté, L’OREAL)

Après-midi:
Promenade organisée dans la Manche pour "prendre soin de soi"

Soirée:
Exercices de "Tao du soin" avec Manuella HESSE-BOYER


Mercredi 16 juin
Matin:
Relations de soin
Martine DALLAIRE: Prendre soin: de l’hôpital au domicile
Lucille JUNEAU: La pratique du soin: réflexion sur le discours
Nicole ROUSSEAU: Comment en est-on venu à confondre "soins" et "traitements médicaux"?

Après-midi:
Organisation des services de soin et transformation des systèmes
Karine AUBIN: Est-ce que le soin influence les transformations des systèmes de santé? Réflexions sur l'évolution de la conceptualisation de la continuité des soins en rapport avec le système de santé québécois
Michèle ST-PIERRE: Les soins d’aujourd’hui ne sont-ils que des systèmes organisés?
Philippe DELMAS: Professionnaliser les soins: mettre sur pied un ordre professionnel au XXIe siècle


Jeudi 17 juin
Matin:
Le soin "communautaire"
Hélène LAPERRIÈRE: Camouflage et clandestinité des pratiques informelles de soins communautaires: coopérativité, convivialité, dangerosité
Anne SOLIVERES: Les soins infirmiers, de nuit

Après-midi:
Aspects politiques du soin
Clémence DALLAIRE: Entre sens politique des infirmières et réceptivité de la société, quelles voies envisager?
Dave HOLMES: Préserver le corps propre, l’abjection dans les soins infirmiers
Anne SALES: Choix politiques et soins humains
Eric SANDLARZ: Dévisager la victime, envisager le sujet

Soirée:
Ateliers de travail en sous-groupes (avec les étudiants)


Vendredi 18 juin
Matin:
Prendre soin des personnes en situation de fragilités
Julien DAMON: Prendre soin des exclus
Pascal CROSET: Prendre soin des prisonniers
Jean-Baptiste de FOUCAULD: Prendre soin bénévolement des demandeurs d’emploi: portée, limites, transpositions possibles d’une expérience citoyenne (à partir de l’expérience de Solidarités nouvelles face au chômage)

Après-midi:
Lieux et espaces qui prennent soin de nous
Gisèle BESSAC: Prévention - art de vivre, de l'intime au collectif
Michel RENAUT: Prendre soin: un exemple hospitalier en Basse-Normandie - Argentan
Nathalie ZACCAÏ-REYNERS: Se réfugier dans le soin?

Soirée:
Brice DURY: Prendre soin des usages: diagnostic sensible d'un quartier de la Part-Dieu


Samedi 19 juin
Matin:
Prendre soin de l’environnement et de la nature
Marion TILLOUS: Peut-on prendre soin sans donner le choix? Le cas des espaces de mobilité urbaine
Françoise COMBELLES: Prendre soin de la ville: l'engagement de la RATP
Aliènor BERTRAND: Prendre soin de la nature?

Après-midi:
Les services à la personne
Patrick HADDAD: Les services à la personne : des services qui prennent soin des personnes?

Table ronde avec des responsables du département de la Manche, de la Poste...

Soirée:
Martin WINCKLER: "Docteur House meets Franz Karma - transmettre l'éthique du soin par la fiction" (projection d'un épisode de Dr House et lecture d'extraits de "Chœur des femmes", suivi d'un échange avec la salle)


Dimanche 20 juin
Matin:
Savoirs et compétences
Véronique CHAGNON: Construire le savoir "prendre soin" dans l’action
Josée LANDRIEU: Tentatives de croisements et décloisonnement des compétences

Après-midi:
Rapports des étudiants et jeunes chercheurs (Karine AUBIN, Frédérique BISIAUX, Maude DESSUREAULT) suivis d'un débat général
Conclusions


Lundi 21 juin
Matin:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Françoise ACKER: Prendre soin dans la société: une fonction aux figures multiples, aux compétences distribuées, aux cadres de référence brouillés
S’intéresser aux soins en tant que soins de santé — ou concernant la santé — conduit à rejeter dans l’ombre de nombreuses dimensions du "prendre soin", à un moment où l’organisation sociale du "prendre soin" devient plus difficile à déchiffrer. La partition soins profanes/soins professionnels s’effrite. La division du travail entre professionnels de santé, entre professionnels infirmiers s’accroît, mais la visée du "prendre soin", et les conditions qu’elle requiert, n’apparaît pas centrale dans le déploiement pratique de cette division du travail. L’ancrage institutionnel se modifie et n’offre plus un cadre intégrateur. Prendre soin des personnes fragiles, vulnérables, dépendantes, malades, fonde le travail non seulement des professionnels de santé mais aussi de nombreux professionnels du secteur social et, plus récemment, de travailleurs des services à la personne. Les tutelles administratives, les institutions, les politiques qui les encadrent diffèrent, les valeurs et les savoirs mobilisés ne se recouvrent pas, mais contribuent à reconfigurer le travail et l’espace de travail des soignants.

Références bibliographiques :

Acker F., 2009, "Le travail de confort. Un travail au fondement des soins, mais un travail parfois empêché, peut-être en péril", Pratiques ou les Cahiers de la médecine utopique, n°45, mars.

Acker F, 2009, "Comment disposer des ressources professionnelles de demain? Questions pour le recrutement des infirmiers en France", in Le "recrutement" des infirmières: de la formation aux pratiques d’une profession de santé. Regards croisés et analyses comparées entre pays, sous la dir de M.T. Rapiau, L’Harmattan.
Acker F, 2008, "Formation universitaire et recherche infirmière: un chantier pour la profession, la santé et la société?, in Recherche en soins infirmiers, n°93, juin, 122-124.
Acker F., 2008, "Des pratiques en redéfinition. Une opportunité pour repenser quelques dimensions des soins?", in Recherche en soins infirmiers, n°93, juin, 61-67.
Acker F., Rapiau M.T., 2008, "Gérer le secteur santé avec des dispositifs généraux. Le cas de la formation", in Gestions hospitalières, mars, 109-115.
Acker F., 2006, "Le cadre du travail d’information des infirmières en reconfiguration", in Soins Cadres, n°60, 24-27.
Acker F., 2005, "Les reconfigurations du travail infirmier à l’hôpital", in Revue française des Affaires Sociales, n°1, mai,161-181.
Acker F., 2004, "Travailler Ensemble?", in Soins Cadres, n°49, 22-25.
Baszanger I., Acker F., 1998, "Organisation du travail et interactions autour de la prise en charge de la douleur", in L’enfant et la douleur: familles et soignants, sous la dir. de J. Cook et A. Türsz, Syros, 123-141.
Acker F., 1997, "Sortir de l’invisibilité, le cas du travail infirmier", in Raisons Pratiques, n°8, "Cognition et information en société", Conein B. & Thévenot L., 65-94.


Karine AUBIN: Est-ce que le soin influence les transformations des systèmes de santé? Réflexions sur l'évolution de la conceptualisaion de la continuité des soins en rapport avec le système de santé québécois
La présente réflexion porte sur la polysémie du soin en prenant l’exemple de son utilisation dans l’expression "continuité des soins" et sur les différentes interprétations qui lui sont attribuées. Elle s’appuie sur une contextualisation précise des soins et de la continuité des soins en relation avec les transformations d’un système de santé sur une période donnée. Quels sont les discours qui sous-tendent la continuité des soins dans un système de santé? Ces discours parviennent-ils à influencer les systèmes de santé? Et à l’inverse, à partir des transformations des systèmes de santé, le concept de continuité des soins est-il influencé? Cette communication prend ancrage dans les résultats préliminaires d’une étude portant sur l’évolution de la conceptualisation de la continuité des soins au Québec pendant la période de 1970 à 2007. Ces matériaux constituent un terreau fertile à une réflexion sur les soins à partir des éléments les concernant ciblés par le discours politique lorsqu’il prend le prétexte de la continuité des soins pour organiser les services.

Elizabeth BERNARDINO: Composantes universelles et culturelles des soins au Brésil
Au Brésil, la configuration contemporaine des soins souligne l’empreinte d’événements antérieurs qui ont façonné la culture du pays et l’insertion plus récente de la technologie dans le domaine de la santé. Une approche historique des soins considère d’abord l’influence de la colonisation par les portugais dès les années 1500 ; les traces laissées par la conception des soins des esclaves noirs venus du continent africain; les pratiques des immigrants en provenance de pays européens et asiatiques ; l’influence de la proclamation de l’indépendance sur la société brésilienne ; et, finalement, la réforme sanitaire récente et la mise en place de l’actuel système de santé dans un contexte de re-démocratisation de la société brésilienne. Un regard attenfif permet de retracer les origines des soins et de mettre en évidence les déterminants historiques propres aux soins brésiliens ainsi que la diversité ancrée dans la culture des différentes régions du Brésil. Cette présentation alimentera la réflexion sur l’évolution historique des soins en mettant en avant des éléments qui pourraient distinguer les composantes universelles et les composantes culturelles qu’on y retrouve.

Aliènor BERTRAND: Prendre soin de la nature?
L’inventaire des concepts, idées et principes nous servant à décrire et à penser notre rapport à la nature s’enrichit graduellement à proportion de notre connaissance de l’avancement des crises environnementales: nous ne nous contentons plus de vouloir dominer ou maîtriser la nature, ni de l’exploiter ou de tenter de la gérer, et pas davantage d’essayer de la protéger ou de la préserver. Nous souhaitons la "respecter", nous cherchons à "en prendre soin" (ex: Prendre soin de la nature ordinaire, Catherine Mougenot, MSH, Paris, 2003). Dans quelle mesure est-il possible de "prendre soin de la nature"? Est-ce une entreprise légitime? Cela a-t-il un sens de vouloir nous y essayer? L’objectif de cet exposé est double: montrer comment "prendre soin de la nature" contribue à construire une nouvelle manière d’habiter les lieux que nous occupons, mais que ce projet d’une telle relation de soin nous contraint en même temps à reconduire des topoï culturels qui nous piègent. Même lorsque nous cherchons à "prendre soin de la nature", nous butons malgré nous sur des catégories culturelles qui nous empêchent — ou qui rendent difficile — de penser concrètement un nouveau rapport à la nature: du coup nous sommes renvoyés également aux limites de notre conception du soin...

Gisèle BESSAC: Prévention — art de vivre, de l'intime au collectif
De 2003 à 2009, nous avons expérimenté, à travers la mise en place de deux sites à Paris, la  méthode "Maison Ouverte" conçue en 2000. Celle-ci a d’abord pour objectif de repenser et replacer le vieillissement et la vieillesse dans une dynamique constructive d’épanouissement jusqu’à la mort, d’intégrer la dernière phase de la vie dans un présent partagé par tous les âges. Elle est fondée sur l’association de la dimension individuelle et collective, la considération de l’individu du point de vue de ses potentiels et dans une globalité psychique, corporelle et créative, l’intervention du design global et de la créativité dans toutes les dimensions du dispositif, un ancrage territorial et un maillage de partenariats pluridisciplinaires. A la lumière de cette expérimentation, nous voyons comment elle replace l’individu, dans son altérité et sa singularité, au centre d’une dynamique territoriale, aux différents âges et dans différentes situations familiales. Nous voyons aussi comment elle permet de ne pas stigmatiser les fragilités, pathologies et handicaps, et constitue une alternative à la "prise en charge". Cette approche et sa première phase d’expérimentation seront décryptées, de la dimension individuelle, intime, à l’échelle territoriale et politique. Les applications potentielles et les conditions nécessaires à ces mises en pratique seront également abordées.

Suzanne BOUCHARD-CORDIER: Identité de mère et maladie mentale: tabous et pratiques courantes
Etre mère tout en étant atteinte de maladie mentale sévère concerne une majorité de femmes malades depuis que la désinstitutionalisation a commencée. Sujet tabou parce qu’on n’en parle pas, il est pourtant un domaine de pratique des infirmières de santé communautaire depuis plusieurs années. D’un côté, les besoins des mères face à une double identité complexe, d’un autre côté la nécessité d'avoir pour les enfants un statut contributif de leur développement. Pour l’infirmière, aider la mère à se rétablir et à assumer son identité de mère, aider l’enfant à vivre dans des familles différentes est une mission qu’elle se doit de relever avec ces familles. La division du travail dans des réseaux non intégrés, ne s’occupant que de la mère ou que de la protection des enfants, augmente encore la complexité de ce travail. Comment affirmer ce rôle infirmier sans briser le tabou de la protection de l’enfant à tout prix ou sans remettre en question la fragmentation des systèmes de soins?

Références bibliographiques :

Aldridge, J., & Becher, S. (2003). Children Caring For Parents With Mental Illnees.Perspectives of young carers, parents and professionnals. Bristol: The Policy Press.
Mason, C., Subedi, S. & Davies, R.B. (2007), Clients with mental illness and their children: Implication for clinical practice. Issues in Mental Health Nursing, 28, 1105-1123.
Mowbray, C., Oyserman, D., Bybee, D., & MacFarlane, P. (2002), Parenting of mothers with a serious mental illness: differential effects of diagnosis, clinical history, and other mental health variables. Social Work Research, 26(4), 225-240.
Nathiel, S. (2007) Daughters of Madness. Growing Up and Older with a Mentally Ill Mother (1ed.). Wesport: Praeger Publishers.
O'Connell, K. L. (2006). Needs of families affected by mental illness: through support, information and skill training, advocacy, and referral, nurses can help families put the pieces together. Journal of Psychosocial Nursing & Mental Health Services, 44(3), 40.


Françoise COMBELLES: Prendre soin de la ville: l'engagement de la RATP
La signature de la RATP est, depuis 2008, "aimer la ville". Ce qui implique pour cet acteur majeur du transport public en Ile-de-France, tout d’abord de prendre soin de l’environnement urbain desservi, en menant une politique de développement durable. Celle-ci sera exposée à partir des enjeux environnementaux et sociétaux identifiés pour le Grand Paris et au travers des engagements pris par l’entreprise.
La lutte contre le changement climatique, contre les inégalités territoriales et les besoins de développement conciliant le statut de métropole internationale et la qualité de vie des résidents, constituent les principaux défis qui intéressent directement la RATP, par rapport à cette agglomération urbaine de plus de 11,5 millions d’habitants.
Les sept engagements de la RATP sont dès lors, de développer l’écomobilité, d’économiser l’énergie voire de lutter contre le changement climatique, d’agir en faveur de la santé des voyageurs et des riverains, d’atteindre l’exemplarité dans les pratiques professionnelles, de faire de l’accueil et de l’accessibilité pour tous une priorité, de renforcer l’égalité des chances et de favoriser la diversité, et enfin d’être solidaire dans la ville...

Claire CRIGNON-DE OLIVEIRA: Quel homme le médecin soigne-t-il? Les fondements anthropologiques de l'éthique médicale dans la pensée de John Gregory
Dans le Sexe de la sollicitude, F. Brugère propose de revenir aux fondements anthropologiques de la philosophie morale écossaise (F. Hutcheson, A. Smith, D. Hume) pour penser une éthique du soin (sollicitude) qui tiendrait compte de l’importance des relations affectives dans la vie morale. Nous nous pencherons ici sur l’œuvre du médecin-philosophe John Gregory (1724-1773), cousin du philosophe écossais Thomas Reid, qui s’est justement efforcé de penser l’éthique du soin et de la pratique médicale à partir d’une réflexion sur la nature de l’homme. La tendance à disjoindre l’étude du corps humain (objet du médecin) et celle de l’esprit (objet du philosophe), à opposer l’homme au reste de la création (et à l’animal) sont, selon Gregory, responsables du peu de progrès accomplis dans la science de la nature humaine (A Comparative View of the State and Faculties of Man with Those of the Animal World - 1765). C’est de cette caractérisation de la nature humaine comme nature fluctuante, plastique et relationnelle qu’il faut repartir pour comprendre comment Gregory propose quelques années plus tard — dans ses Lectures on the Duties and Qualifications of a Physician (1772) — de penser ce qui fait la spécificité de la pratique médicale et de la médecine comme profession. Il va alors montrer que la réflexion éthique sur les devoirs respectifs du médecin et du patient est indissociable:
- premièrement, d’une interrogation concernant l’homme que le médecin cherche à soigner: peut-on le penser comme un être chez lequel la raison et les instincts s’opposeraient? Est-ce bien la raison qui le distingue de l’animal, ou n’est-ce pas plutôt la capacité à exprimer des émotions?
- deuxièmement, d’une investigation concernant la nature de celui qui soigne: le médecin peut-il être l’ami de son patient, peut-il faire preuve ou non de sympathie?
L’œuvre de John Gregory fait ainsi la démonstration de la nécessité de ne pas dissocier la réflexion éthique sur le soin et la pratique médicale d’une interrogation sur la nature de l’être humain, à la fois sujet et objet de ce soin.

Références bibliographiques :

F. Brugère, Le sexe de la sollicitude, « non conforme », Paris, Seuil, 2009.
Joan Tronto, Un monde vulnérable, pour une politique du care, Paris, la Découverte, textes à l’appui / philosophie pratique, 2009.
John Gregory, Lectures on the Duties and Qualifications of a Physician. A new ed. corrected and enlarged, London,  W. Strahan & T. Cadell, 1772.
Lisbeth Haakonssen, Medicine and Morals in the Enlightenment. John Gregory, Thomas Percival and Benjamin Rush, Clio Medica, Amsterdam, Atlanta, 1997.


Martine DALLAIRE: Prendre soin: de l’hôpital au domicile
Le regard du soigné est parfois différent de celui du soignant lors de la transition de l’hôpital vers le domicile. La diminution de la durée de séjour dans les hôpitaux amène les infirmières à s’inquiéter de la sécurité de certains patients lors de cette transition. Des réadmissions surviennent régulièrement. Si l’on demande aux infirmières leur avis lors d’un départ, il arrive que celui-ci soit différent de celui du médecin. Une étude (master) a démontré que l’infirmière avait raison de considérer que les soins de convalescence avaient parfois besoin d’être complétés avant le départ de l’hôpital. Lorsque l’on demande l’avis du soigné, le résultat peut être différent. Celui-ci a envie de retourner à la maison, peu importe parfois son état. Est-ce qu’un non professionnel a le savoir pour prendre ce genre de décision? Selon Meleis (2000), les caractéristiques du patient, de la communauté et de la société influencent cette transition. Le partenariat soignant-soigné dans le prendre soin est-il un incontournable?

Thomas DE KONINCK: Le soin de l’âme
Les thèmes du "soin de l’âme" (tês psuchês epimeleisthai) et du "souci de soi" (epimeleia heautou) occupent, depuis Socrate au moins, une place fondamentale dans l’ensemble de l’histoire de la pensée. On doit à Michel Foucault, Jan Patocka, Paul Ricœur et d’autres importantes figures de notre temps de les avoir repris et approfondis, et d’avoir suscité la question du sens et de la pertinence de ces thèmes aujourd’hui. Ils sont associés, chez Foucault, au très beau thème de l’anti-flatterie, ou franc-parler (parrhêsia), et partant à celui de la vérité. Dans le débat entre Levinas et Ricœur, est mis en cause le primat de la "responsabilité pour autrui". On ne saurait non plus passer sous silence le travail considérable accompli sur toute la sphère de la passivité intime, et l’apport majeur, ici, de la réflexion de Michel Henry. "Prendre soin" permet de poser à neuf la question du sens même de l’humain et de la culture.

Brice DURY: Prendre soin des usages: diagnostic sensible d'un quartier de la Part-Dieu
Construit à partir des années soixante-dix, le quartier d’affaires de la Part-Dieu à Lyon fait aujourd’hui l’objet initiée par le Grand Lyon d’une réflexion collective et stratégique visant à en inventer l’avenir. Complémentaire des différents travaux alimentant ce projet, le diagnostic des usages du quartier propose un regard fin et sensible sur les pratiques de ses usagers. Les observations, entretiens, photos, mettent en avant des éléments saillants que l’aménageur ne voit pas toujours. L’appropriation par l’usager d’un espace ou d’un service et les usages inattendus ou décalés qu’il en aura permettent de comprendre ses attentes et ses besoins, de formuler des pistes et des préconisations et de concevoir des scénarios prospectifs innovants. Ce n’est pas par la taille du quartier ou la hauteur de ses tours que la Part-Dieu pourra se différentier des quartiers d’affaires européens. Pourrait-on, en intégrant à sa vision stratégique l’idée de prendre soin des usages, imaginer un quartier qui se singulariserait par l’urbanité, par des services attentionnés, par des aménités urbaines?

Catherine ESPINASSE: La question du genre au sein du prendre soin
La question du genre est au sein du prendre soin. Les femmes jouent un rôle prédominant dans le soin informel, vis-à-vis de leurs enfants, en tant que mères, vis-à-vis de leurs conjoints, en tant que compagnes, vis-à-vis de leurs parents âgés, en tant que ce qu’il convient d’appeler des "aidantes naturelles". Même dans les pratiques de soin formel, leur rôle reste déterminant, comme en témoignent le nombre important d’infirmières, d’aides soignantes, de sages femmes, de puéricultrices, de nourrices. Cependant, ce sont les hommes qui détiennent encore majoritairement le pouvoir politique, qui sont donc chargés, à ce titre, de déterminer comment prendre soin du monde, de la terre, des hommes et des femmes dont ils sont les élus. Et quand, face à des catastrophes, l’urgence des interventions s’impose, ce sont alors des hommes qui partent sur le terrain, qui occupent le devant de la scène médiatique, en tant que "sauveurs": qu’il s’agisse de sauveteurs, de secouristes, de pompiers ou de militaires... Malgré la féminisation des professions médicales et sociales, au cours des dernières décennies en France, l’invisibilité du prendre soin des femmes, ne serait-elle pas révélatrice d’une inégalité qui perdure entre les sexes?

Jean-Baptiste de FOUCAULD: Prendre soin bénévolement des demandeurs d’emploi: portée, limites, transpositions possibles d’une expérience citoyenne (à partir de l’expérience de Solidarités nouvelles face au chômage
)
Depuis vingt-cinq ans maintenant, Solidarités nouvelles face au chômage expérimente des méthodes qui permettent à des bénévoles de "prendre soin" de chômeurs, dans une perspective de retour à l’emploi: des binômes de deux accompagnateurs, eux-mêmes réunis dans des groupes de solidarité, sont mis à disposition des demandeurs d’emploi qui le souhaitent, sans limite de temps, et peuvent, si besoin, créer des emplois pour eux grâce aux fonds collectés. Qu’apporte cette expérience à la lutte contre le chômage et à la réflexion sur la manière de prendre soin? Quelles en sont les conditions de réalisation et les limites? Est-elle extensible à d’autres domaines? Peut-elle inspirer la mise en œuvre des politiques publiques? Telles seront les diverses questions qui seront soulevées.

Patrick HADDAD:
Les services à la personne : des services qui prennent soin des personnes?
Le secteur des services à la personne en France est l’héritage de deux logiques historiques, celle de l’aide à domicile qui consiste à prendre soin des personnes fragiles (familles, personnes âgées et personnes handicapées) et celle de l’insertion des personnes en difficulté sur le marché du travail. Cinq ans après le lancement du plan de développement des services à la personne, le secteur a crée des emplois malgré la crise économique. Il s’est aussi accompagné de mutations profondes du cadre institutionnel, organisationnel et concurrentiel de réalisation des services. Au total, est-on réellement en train de concilier durablement ces deux logiques ou, au contraire, le développement des services à la personne se fait-il au prix d’une dégradation de la qualité des services et d’une accentuation de la précarité des salariés?

Marc HATZFELD: D'abord prendre soin de soi
Dans les milieux populaires, une pression de déconsidération et de mésestime s’abat sur des gens qui ont déjà du mal à vivre. Avant d’accepter le soin des autres, il leur faut d’abord conquérir suffisamment d’estime envers eux-même pour qu’il leur semble valoir la peine de solliciter les autres. Le premier geste de soin qui s’impose est donc le soin de soi. C’est parfois un long travail. Prendre soin de soi repose sur des gestes apparemment simples: manger de la nourriture saine, se faire plaisir dans les relations amoureuses comme dans la gastronomie quotidienne, se regarder dans un miroir, écouter son corps et son humeur, retrouver les chemins d’une coquetterie ou d’une élégance perdues. C’est une fois ce chemin parcouru qu’il est possible d’entendre les professionnels du soin comme les proches. Et, dès lors, les gestes de soin tendent à se faire avec la personne qui appelle ces soins, à devenir collectifs.

Manuella HESSE-BOYER: Le Tao du soin
Si la sagesse chinoise met au premier rang la capacité de prendre soin des autres: le ren (ou jen), faisant valoir qu’on ne devient humain que dans sa relation à autrui, on peut dire que le taoisme propose un ensemble de techniques corporelles, qui rappellent que l’on ne devient sage que par la relation à soi. Ces pratiques ont été élaborées en même temps que le taoisme philosophique et religieux (Ve à IIe siècle avant Jésus Christ) dont elles formaient la branche alchimique, destinée à opérer le passage insensible du corps de l’homme ordinaire, exposé comme tel aux vicissitudes et aux maladies, au corps de l’immortel. Un tel corps est conçu comme un corps en lequel s’exprime pleinement, librement et harmonieusement le souffle. Inversement, tout ce qui fait obstacle à la respiration mais aussi à l’équilibre du yin et du yang, à la circulation et au flux de l’énergie en général, est porteur de faiblesse et de maladie.
La gymnastique taoiste obéit ainsi au principe appelé "nourrir le principe vital", elle a pour intention de détendre les muscles, calmer l’esprit, approfondir la respiration, unir le geste et le souffle. Il s’agit de rendre au corps et à l’esprit leur véritable "spontanéité" (traduction possible du mot chinois tao), afin de porter la vie en nous à son plein épanouissement.

Lucille JUNEAU: La pratique du soin: réflexion sur le discours
Fréquemment, la pratique du soin tend à être vue comme des actions discrètes et peu visibles. Il y a peu de conceptualisation sur la manière dont ces actions discrètes s'arriment ensemble. Ainsi, cette complexité des soins est particulièrement visible à proximité du patient et tend à être plus difficile à percevoir à des points de vue distants du quotidien du soigné. Dans une expression métaphorique, nous explorerons le discours de soignants et de soignés de milieux de soins différents afin de mieux saisir la pratique du soin. Dans ce sens, les métaphores peuvent être vivantes ou mortes, selon qu'elles illuminent ou non ce qui se passe ou devrait se passer dans la pratique du soin. Or, l'expérience nous dévoile une richesse de métaphores vivantes avec une variabilité d'expressions du soin qui peuvent s'accompagner d'une variabilité d'actions pour rendre plus visible la pratique du soin.

Hélène LAPERRIÈRE: Camouflage et clandestinité des pratiques informelles de soins communautaires: coopérativité, convivialité, dangerosité
Lorsque le soin côtoie la pauvreté, la souffrance, le manque de ressources, la dangerosité, il se construit d’abord à partir de pratiques informelles. Son origine découle de gestes primaires de soin bénévole et volontaire. Basée sur des expériences communautaires comme volontaire et infirmière, l’analyse vise à souligner le fondement existentiel du désir et de la volonté de mettre des énergies au service des besoins des autres. Il s'agit de suivre les traces laissées par les acteurs bénévoles ; une vue de bas en haut. Plus qu’une raison d'être individuelle, le soin bénévole est une réponse humaine à la détresse d’un autre être et même d’une population locale dans le besoin. Les motivations et mobilisations pour ces actions passent d’un mouvement du bénévole comme ouverture à un autre souffrant au bénévolat conçu par des institutions comme une forme d'obligation sociale. Cette dernière leur donne un droit de recrutement pour une œuvre collective. Les formes multiples de pratiques informelles de soin bénévole chevauchent les sphères domestique et professionnelle; elles échappent aux conceptualisations universalistes. Le bénévolat institutionnel part souvent de la base qu’il est un fait naturel ne requérant pas de réflexion plus approfondie. Le terme "bénévolat" apparaît plus fréquemment dans la description de projets communautaires qui proposent d'utiliser une main d'œuvre pour des fins institutionnelles. Il est valorisé par les organisateurs des services de soins infirmiers, les organismes communautaires, les chercheurs et les grandes institutions étatiques. Sous un discours manipulé de coopérativité et de convivialité (Illich), le soin bénévole dans la communauté peut cacher une réalité d'exploitation. Les pratiques informelles de soins communautaires "bénévoles" sont camouflées. Leur visibilité dévoilerait des réalités socialement et politiquement inacceptables.

Robert LÉVY: La consolation
La consolation est une entreprise par laquelle l'un, par des mots, tente d'atténuer les maux de l'autre; elle est une espèce du genre soin, s'attachant au domaine des douleurs dites morales, aussi appelées souffrances. En général les maux qu'elle tente de guérir sont des peines, qui toutes peu ou prou ont rapport avec les diverses formes du  deuil. La consolation suppose que pour des raisons variées l'un soit moins touché ou affecté que l'autre; cette inégalité est requise (comme la bonne santé du médecin face au malade) et, si tous deux étaient également affectés, l'entreprise de consolation risquerait de tourner court. A partir d'un passage de Kant centré sur la question"le genre humain est-il en constant progrès vers le mieux?", texte qui constitue la seconde partie du Conflit des Facultés, on s'interrogera plus spécialement sur la question suivante: pouvons-nous, nous les humains, faire le deuil de notre humanité, perdue pour cause de crime? Peut-on se consoler si tous nous sommes également touchés et dans l'essentiel? Le devoir de prendre soin de l'autre qui s'énonce dans l'article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de décembre 1948 ("Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité") et les considérations de son Préambule semblent faire de cette Déclaration une forme de lot de consolation historique — dont on étudiera la portée et les difficultés.

Claire MARIN: Qui prend soin de qui?
Au moment où le soin apparaît dans certains discours comme un idéal régulateur de la relation à autrui, il semble important d’interroger très concrètement les limites que rencontre, dans les pratiques thérapeutiques, ce modèle du soin, pour en évacuer d’emblée toutes les formes trop idéalisées. Avant même de penser une éthique, voire une politique du soin ou de la sollicitude, il faut revenir sur les phénomènes significatifs de résistance ou de refus du soin. Ces réactions qui peuvent paraître a priori surprenantes ne font que manifester explicitement la tension interne au soin, lequel soulage la douleur en échange d’un consentement à une position de dépendance, qui peut être vécue comme dégradante ou humiliante. Le soin en effet introduit à son insu une forme de violence dans la relation à autrui dans la mesure où, dans sa structure même, il suppose l’aveu d’une faiblesse, d’une vulnérabilité et d’une dépendance vis-à-vis d’autrui. Accepter le soin, c’est-à-dire accepter d’être secondé, de se laisser aider, ne va pas de soi. Du vieillard en perte d’autonomie au sans domicile fixe, du séropositif au médecin lui-même, les dénis de la maladie, du risque et les refus de soin prennent des formes très variées et s’expliquent par des représentations du soignant, de la thérapie, de la maladie et de la liberté très différentes. Comprendre les différentes raisons du refus de soin, c’est se donner les moyens de contourner ces résistances et d’aider l’autre à se faire aider, à accepter le soin, en particulier lorsqu’il en va de sa survie physique ou psychique. C’est donc en réfléchissent sur les représentations singulières du soin que nous essaierons de comprendre quelles sont les approches, les paroles ou les figures soignantes qui rendent le soin tolérable et efficace.

Michel NADOT: L’institutionnalisation du prendre soin. Entre habitat collectif singulier et économie domestique de type rural
Prendre soin, est d’abord une activité générique ordinaire qui réclame une attention particulière et certaines compétences en vue de favoriser la vie ou les conditions de vie au sein d’un espace privé ou familial. On peut rattacher cet acte aux diverses manifestations de la vie qu’elles soient végétales (les plantes, la nature), animales (les animaux domestiques ou sauvages) ou humaines (les humains et leur environnement de vie, entourage, proches, etc.). Le "prendre soin" de cette dernière catégorie sera l’objet de cette contribution. L’activité de "prendre soin" va progressivement se déplacer de la maison (domus, feu, foyer, logis) à un espace-temps institutionnel public, spécialisé, collectif, notamment lorsque la structure habituelle se révèle déficitaire pour de multiples raisons. C’est alors que va apparaître dès le XIIIe siècle (1248) à Fribourg (Suisse) par exemple, l’hospital laïc (epetau en patois gruérien), espace d’accueil, "hospitalier" au premier sens de ce mot, c’est-à-dire un lieu d’hospitalité et de promotion de la survie. Comme l’a déjà mentionné en son temps Michel Foucault, l’hôpital n’est en aucun cas un établissement médical aussi bien dans son fonctionnement que dans son propos. L’hôpital qui est l’une des plus vieilles institutions au monde est un espace spécialisé, urbain ou rural, dans lequel on tente tant bien que mal de prendre soin de ceux et celles qui "manquent de biens, de forces et de santé" comme le relèvent les textes de l’époque. Il s’agit de mettre en œuvre des pratiques pour "protéger la société civile contre les défauts qui menacent sa tranquillité". C’est dans cet espace-temps spécifique, organisé selon une économie domestique de type rural, que les premiers soignants laïcs, ancêtres des infirmières d’aujourd’hui, vont commencer à standardiser leurs pratiques autour du triptyque fondamental de l’aide à la vie institutionnalisée "domus, familia, hominem". C’est sur ce triptyque profane initial que va se développer la discipline du prendre soin.

Références bibliographiques :

Nadot, M. (2003). "Ces « pauvres vulgaires dévouements » qui nous permettent de renouer avec les traditions soignantes" (pp. 94-110). Perspective soignante, 18. Paris : Seli Arslan.
Nadot M. (2005). "Au commencement était le « prendre soin »". La revue de référence infirmière, Soins, 700, (37-40). Paris : Masson.
Nadot M. (2008). "Prendre soin : aux sources de l’activité professionnelle", chapitre 2, (27-51). In Clémence Dallaire (Dir. par). Le savoir infirmier : au cœur de la discipline et de la profession. Montréal : Gaëtan Morin éd.
Nadot M. (2008). "La fin d’une mythologie et le modèle d’intermédiaire culturel", chapitre 14, (359-382). In Clémence Dallaire, (Dir. par). Le savoir infirmier : au cœur de la discipline et de la profession. Montréal : Gaëtan Morin éd.
Nadot M. (2009). "Les constantes des pratiques professionnelles d’hier…au service de la discipline infirmière demain" (pp. 107-131). In C. Sliwka et Ph. Delmas (Eds), Profession infirmière : quelle place et quelle pratique à l’avenir ? Perspectives professionnelles, pratiques innovantes, formation universitaire, recherche en soins. Paris : éd. Lamarre et Wolters Kluwer France.
Nadot, M. (2009). "L’articulation historiquement ancrée d’éléments sur lesquels repose notre discipline". Recherche en soins infirmiers, 98, (12-18).


Michel RENAUT: Prendre soin: un exemple hospitalier en Basse-Normandie - Argentan
Pour pouvoir prendre soin, le personnel hospitalier doit avoir la conviction que la direction du Centre Hospitalier prend soin de lui.
. Il se sent accueilli par la direction et par l'équipe avec laquelle il exerce.
. La considération mutuelle entre métiers différents et vie en équipe/collectivité est incontournable.
. Les conditions de rythme de travail sont compatibles de son rythme familial (planning annuel par exemple).
. La charge physique et mentale de son activité est mesurée et la direction en tient compte. Gare à l'insuffisance professionnelle!
. L'activité professionnelle est évaluée et réévaluée pour que sa formation soit poursuivie tout au long de sa carrière.
. Au fur et à mesure que l'âge de l'agent avance il est nécessaire d'en tenir compte pour adapter l'emploi aux possibilités et expériences acquises.
. Les outils à sa disposition pour exercer sont métier sont opérationnels.
Les conditions d'accueil des consultants et hospitalisés doivent être de meilleur aloi.
Affirmation forte et osée à la fois: un hôpital est d'abord un hôtel-restaurant où les patients, leurs familles s'y sentent accueillis avec empathie dès leurs premiers pas dans l'institution.
Le Centre Hospitalier d'Argentan rend hommage à Fernand Léger, enfant du pays, il se doit d'être beau, ouvert sur la ville de telle sorte que l'anxiété qui préoccupe le consultant, le visiteur, soit détournée par ce qu'il visualise. La charte graphique de l'hôpital doit apporter un sentiment de sérénité. L'hôpital est un lieu où il fait bon vivre.
Le patient est un être bio-psycho-social. L'hôpital doit prendre en considération ces trois dimensions et lui offrir les prestations correspondantes, sans oublier la culture locale (ex. les mots pansent les maux).
Ces conditions réunies, prendre soin doit être possible grâce à:
. Une harmonie, cohésion, dans la relation entretenue entre personnel médical et soignant.
. Une transversalité réelle entre services d'hospitalisations et d'explorations de telle sorte que le diagnostic soit posé au plus tôt pour écourter la durée de séjour.
. La réflexion dès l'entrée du patient aux conditions de sortie c'est-à-dire réussir à créer des relations réelles et fructueuses entre le médecin de famille et le médecin hospitalier, etc. Le patient doit participer à ses soins pour une meilleure compréhension et une mise en œuvre personnelle.
. La famille doit être inscrite dans le déroulement des soins apportés.
. La famille doit être tout comme le malade accompagnée dignement lorsque le pronostic vital est en jeu. La famille est bienvenue à toute heure.
Prendre soin? C'est échanger avec le patient et sa famille de telle sorte qu'ils perçoivent l'hôpital comme un lieu à vivre parmi les autres: la gare, la poste, la médiathèque.
La personne est un sujet pensant qui doit ressentir l'empathie et se trouver à l'aise dans cet univers si particulier qu'est l'hôpital.

Anne SALES: Choix politiques et soins humains
Dans cette discussion, je vais me concentrer sur deux thèmes centraux: l'économie politique du soin et la professionnalisation des soins comme un moyen d'obtenir le pouvoir économique et politique. Les aspects politiques des soins humains sont étroitement liés à l'économie tandis que l'impulsion à professionnaliser les soins est étroitement liée à l'économie. Cette impulsion exige le pouvoir politique dans les paramètres nationaux, régionaux et organisationnels.

Eric SANDLARZ: Dévisager la victime, envisager le sujet
Dans notre clinique des effets de la violence politique, chaque sujet se présente scruté par une scène que domine une mise en acte de la cruauté humaine. Des images fixent le mouvement de la représentation, bâillonnant la parole, paralysant la temporalité. La victime se réduit elle-même à une image sans parole qui occupe tout l’espace du visible. Dévisager la victime consisterait à lui arracher son masque médusant ; ce filtre perceptif constitué par la gestuelle cruelle du bourreau, qui entache d’impossible toute relation. Envisager le sujet impliquerait de retracer intérieurement son visage afin de recueillir la singularité de ses rythmes et de son apparence. Le langage est ce qui lui en autoriserait la réappropriation.

Cyndie SAUTEREAU: La dimension éthique du "prendre soin": l'éthique du care à l'épreuve du mal
Le "prendre soin" dans sa dimension éthique sera au cœur de mon propos. En effet, ce qui sourd du "prendre soin", autrement dit de la disposition à discerner le besoin de l’autre vulnérable et à y répondre, c’est une éthique, c’est une certaine façon de traiter autrui. Afin de cerner la composante éthique du "prendre soin", je propose de faire appel à deux approches: l’éthique du care d’une part, et la "petite éthique" de Paul Ricœur d’autre part. L’éthique du care, comme sa dénomination l’indique, prend directement le souci et le soin d’autrui pour objet. La dimension éthique qui s’en dégage s’articule autour de plusieurs piliers: la place centrale de la relation entre l’agent et le patient, la responsabilité envers l’autre vulnérable et dépendant, la sensibilité entendue comme sentiment et attention à l’autre, ainsi qu’un ancrage dans le particulier, dans les situations concrètes de la vie plutôt que dans la généralité et l’abstraction. Cependant, on objecte souvent à une telle éthique d’être le propre du féminin et de s’opposer, par là-même, à une conception davantage masculine de l’éthique fondée, elle, sur l’autonomie, la justice, la norme ou encore l’universalité.
Recourant à l’éthique ricœurienne, c’est ce clivage que je vise à mettre en question. Il s’agira de montrer que si l’éthique du care — en tant qu’elle rend compte d’une capacité à faire attention à autrui — permet de contrer l’indifférence aux autres, elle ne peut cependant pas empêcher que cette bienveillance puisse faillir. La dissymétrie propre à la relation de soin laisse, en effet, la porte ouverte à toutes les dérives maléfiques de l’interaction. Pensons ici, par exemple, aux maltraitances ou au manque de soin dont des personnes âgées sont victimes dans certaines maisons de retraite. Ricœur nous apprend, en effet, que le soi est ainsi fait qu’il peut faillir dans l’exercice de la sollicitude. C’est pourquoi le recours à la norme morale "caractérisée à la fois par la prétention à l’universalité et par un effet de contrainte" (Paul Ricoeur. Soi-même comme un autre. Paris: Seuil, 1990. Coll. Points Essais, p. 200.) s’avère nécessaire. Cependant, quand la norme morale se trouve confrontée aux situations concrètes de la vie — qui est le lot du "prendre soin" — des conflits moraux ne peuvent manquer de survenir. C’est pourquoi Ricœur propose finalement de recourir à une sollicitude non plus "naïve" — qui s’apparenterait en quelques façons à l’éthique du care —, mais à une "sollicitude critique" qui "consiste à inventer les comportements justes appropriés à la singularité des cas" (Soi-même comme un autre, p. 312). Sans renier, donc, les éléments centraux d’une éthique du souci et du soin des autres, Ricœur permet de montrer que cette "sollicitude naïve" a néanmoins besoin de la morale, mais que cela ne l’empêche pas pour autant de guider l’agir dans les situations singulières dans la mesure où elle s’est muée en une "sollicitude critique".

Références bibliographiques :

Carol Gilligan. In a different voice : psychological theory and women’s development. Cambridge, Mass. : Harvard University Press, 1982 (Traduction française : Une voix différente. Pour une éthique du care. Paris : Flammarion, 2008. Coll. Champs essais).
Patricia Paperman et Sandra Laugier (dir.). Le souci des autres. Éthique et politique du care. Paris : Éditions de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, 2005.
Paul Ricœur. Soi-même comme un autre. Paris : Seuil, 1990, Coll. Points Essais.
Joan Tronto. Moral Boundaries. A Political Argument for an Ethic of Care. New-York/Londres : Routledge, 1993 (Traduction française : Un monde vulnérable : pour une politique du care, Paris : Éditions La Découverte, 2009).

Michèle ST-PIERRE: Les soins d’aujourd’hui ne sont-ils que des systèmes organisés?
Encore aujourd'hui, c'est la diffusion de l'activité rationnelle, scientifique et technocratique, l'importance accordée au travail et à l'organisation de la production, ainsi que la prolifération des règles de droit qui balisent nos façons de faire en santé. Cependant, au-delà de la place que prennent les systèmes ainsi organisés, une tension constante caractérise les activités de soin du fait qu'elles rejoignent à la fois tant les individus dans leurs spécificités personnelles, que les groupes dans leurs caractéristiques collectives. Dans ce cadre, le principe de l'utilité sociale et celui de l'utilité individuelle du soin sont en constante confrontation. Les professionnels de la santé n'ont alors d'autre choix que de structurer un équilibre toujours précaire, et ce, non pas pour résoudre ce dilemme, mais pour le gérer. Le prendre soin ne peut donc se contenter d'être technicisé, mécanisé et instrumentalisé, étant donné la dynamique de co-construction du soin qu'il engendre entre les soignants, les soignés et leurs impératifs d'action.

Marion TILLOUS: Peut-on prendre soin sans donner le choix? Le cas des espaces de mobilité urbaine
La dimension du "prendre soin" est restée absente de la conception des espaces de transport depuis leur création jusqu'à une date relativement récente. A Paris, réseau qui constitue notre étude de cas, les espaces de mobilité souterrains ont été conçus à la fin du XIXe siècle selon les principes qui présidaient alors à la conception des réseaux techniques, au premier rang desquels se trouvaient la recherche de fluidité et l'hygiène. Le voyageur était alors assimilé à la particule d'un flux. Au cours des années 1980 (donc bien après l'élaboration du RER, conçu suivant les mêmes principes que le métro), cette conception du "réseau-tuyau" a été mise à mal par l'opérateur de transport parisien (RATP) au profit d'une individualisation du service rendu au voyageur. Les espaces ont peu à peu été conçus pour prendre soin du voyageur, de ses envies, de ses besoins et de ses vulnérabilités. Dans le passage du flux à l'individu, le voyageur a gagné en indépendance (et en confort) mais pas en autonomie: le concepteur répond à ses envies, besoins et vulnérabilités, mais il ne lui laisse toujours pas le choix, en particulier de son itinéraire. Peut-on dès lors parler de "prendre soin"? Peut-on prendre soin sans donner le choix?

Nicolas VONARX: Variation des soins et pluralité ontologique: entre relations, valeurs et imaginaires
Au sein de tout système médical se sont élaborés plusieurs systèmes de soins préoccupés par certaines situations traduites socialement comme des infortunes et des maladies. En dépit des différences qui existent entre ces systèmes, autant dans la lecture et la compréhension de ces situations, que dans les moyens mis en œuvre et disponibles pour y faire face, ils trouvent chacun leur raison d’être dans une ontologie du monde où il est question de relations. De relations à ce qui compose ce monde, de relations valorisées socialement et de relations incorporées sous forme d’expériences. Prendre soin porterait alors sur ces relations et se déclinerait au pluriel en fonction d’imaginaires que les hommes ont su et savent, élaborer et partager. Lors de cette présentation, je reviendrai sur cette idée de dénominateur commun aux systèmes de soins, soulignerai des distinctions dans les formes de soins d’ici et d’ailleurs à l’aide de quelques exemples, et proposerai de revoir le soin dans les sociétés occidentales à la lumière de transformations socio-symboliques qui s’opèrent actuellement dans cette partie du monde.

Martin WINCKLER:
"Docteur House meets Franz Karma - transmettre l'éthique du soin par la fiction"
Cette présentation comprendra (pour renouer avec deux autres colloques de Cerisy "le corps souffrant, entre médécine et littérature" (1994), "Les séries télévisées"(2002)) la projection d'un épisode de Dr House" (40 minutes) et une lecture d'extraits de "Chœur des femmes, POL" (20 minutes), le tout suivi d'un échange avec la salle, pour une durée de 90 minutes ou plus si les participants tiennent le coup.

Frédéric WORMS: Le soin comme orientation éthique et politique dans le moment présent
Le soin n'est pas seulement une priorité clinique et un travail concret face aux maux qui affectent les individus, il est aussi une réponse active et créative face aux diverses vulnérabilités qui vont des relations interindividuelles aux enjeux les plus vastes, cosmiques et politiques, en outre il est traversé de tensions, de risques, de déformation internes qui peuvent le retourner en son contraire et appellent des critères éthiques et politiques. C'est à ce triple titre qu'il peut être vu non pas comme un activité ou un problème parmi d'autres, mais comme le principe d'une orientation d'ensemble dans un "moment" défini non seulement par la diversité des faits, mais aussi des théories qui le constituent.

Nathalie ZACCAÏ-REYNERS: Se réfugier dans le soin?
"Elles se réfugient dans le soin" me confia un jour la directrice d'une maison de retraite bruxelloise à propos du personnel de son établissement. A quelle fuite est-il ici fait allusion? Je propose d'explorer quelques pistes au départ de cette question en ancrant la réflexion dans le domaine de l'accueil institutionnel des personnes âgées, et en prenant appui sur les travaux consacrés à l'éthique du care (Gilligan, Tronto, Paperman, Molinier, Laugier).

Philippe ZARIFIAN: Prendre soin du travail
La question du travail, de sa qualité, de son apport, a disparu de la scène des grandes politiques publiques depuis des dizaines d’années, recouverte qu’elle a été par la question de l’emploi. De manière plus récente, dans les entreprises et administrations, on a assisté à une véritable "mise en disparition du travail", du fait de nouveaux dispositifs de contrôle gestionnaire, inspirés de la DPO (direction par objectifs). Dans les entreprises ayant adopté ces dispositifs, il n’existe plus aucun moment et aucun lieu pour "discuter" du travail et l’évaluer. Enfin, la vogue née de la thématique de la souffrance au travail, évoque largement la souffrance, mais oublie le travail.
Notre propos sera de redonner une visibilité au travail, en associant: savoirs et puissance d’action, initiatives et effets tangibles de ces initiatives, et en montrant, par des exemples, que le problème social principal ne vient pas d’une souffrance abstraite, inspirée d’un modèle totalitaire, mais d’une absence de visibilité, de reconnaissance, de débats sur la question du travail, en y incluant tout à la fois ce que les personnes font réellement, mais qui n’est jamais vu ni reconnu et ce qu’elles sont capables de faire et voudraient faire, tout en y étant empêchées.

Références bibliographiques :

Philippe Zarifian, Le travail et la compétence : entre puissance et contrôle, éditions PUF, mai 2009.
Philippe Zarifian, Le modèle de la compétence, édition Liaisons, septembre 2004.
Philippe Zarifian, A quoi sert le travail ?, éditions la Dispute, janvier 2003.


BIBLIOGRAPHIE :

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Damon, Julien (2006), Les politiques familiales, Que sais-je ?, PUF.
Damon, Julien (2009), L’exclusion, Que sais-je ?, PUF.
Derrida, Jacques, Etats d'âme de la psychanalyse, Paris, Galilée 2000Revue ESPRIT (janvier 2006), "Les nouvelles figures du soin".
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Hatzfeld, Marc (2006), Les dézingués, parcours de SDF, Autrement.
Hatzfeld Marc (2006), La culture des cités, une énergie positive, Autrement.
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Lawler J. (2002), La face cachée des soins. Soins au corps, intimité et pratique soignante. Seli Arslan.
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Marin, Claire (2008), Hors de moi, éd. Allia.
Marin, Claire (2008), Violences de la maladie, violence de la vie, Armand Colin.
Molinier, Pascale, Laugier, Sandra, Paperman, Patricia (2009), Qu'est-ce que le care ?, Petite Bibliothèque Payot | Numéro : 734, 304 pages.
Revue MAUSS, n°32 (2 semestre 2008), "L’amour des autres. Care, compassion et humanitarisme", La Découverte.
Nasio, Juan David, Le livre de la douleur et de l'amour, Paris, collection Désir/Payot, 1996 Paperman, Partricia, Laugier, Sandra, éds. (2005), Le souci des autres. Éthique et politique du care, Paris, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, 2005, 349 p.
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Revue PORTIQUE (2003), dir. Jean-Paul Resweber, Jean Agnès, Jean-François Bert, Michel Klein, "Les gestes de soin".
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Tronto, John (2009), Un monde vulnérable, pour une politique du care, La Découverte.
Winnicott Donald Woods (1989), De la pédiatrie à la psychanalyse, Payot.
100 000 ans de beauté (2009), 5 volumes, introduction par Michel Serres, Futur – Projections, sous la direction d’Elisabeth Azoulay et Françoise Gaillard, Gallimard, Fondation d’entreprise l’Oréal.


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