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" Page mise à jour le 30 octobre 2008 "

DU VENDREDI 20 JUILLET (19 H) AU LUNDI 30 JUILLET (14 H) 2007



L'HORREUR DANS LA FICTION CONTEMPORAINE

( AUTOUR DE STEPHEN KING )



DIRECTION : Guy ASTIC, Jean MARIGNY

ARGUMENT :

Depuis plus de trente ans, la fiction fantastique et d’horreur est indissociablement attachée au nom de Stephen King. Héritier de Richard Matheson, Robert Bloch et Ray Bradbury, King est l’artisan du renouveau de l’horreur à l’origine d’un mouvement imaginaire, scriptural aussi bien que graphique, qui s’est imposé dans le monde entier et ne cesse encore de varier, de se feuilleter. Ces œuvres constituent un “genre” à part entière, mettant en scène la civilisation occidentale actuelle, où se généralise la technoculture, où l’emporte le devenir libéral, médiatique, sécuritaire, paranoïaque de la société. King a su amplifier les bouleversements engendrés par les nouveaux régimes de la représentation, à commencer par l’appréhension de la monstruosité, pour dégager de nouvelles expressions de la peur.

Dans cet esprit, comme l’écrivain a pu le faire en son temps avec son essai Danse macabre (1981), il s’agira de dresser les principales lignes de force d’une “anatomie de l’horreur” contemporaine dont l’un des centres vitaux — sinon le centre vital — est précisément Stephen King. Les interventions porteront sur les nouveautés apportées ou rendues possibles par l’auteur de Carrie et sur les prolongements ou démarcations en matière d’horreur de la part d’artistes tels que Clive Barker, Poppy Z. Brite, Serge Brussolo, John Carpenter, Brian De Palma, Neil Gaiman, Neil Marshall, Patrick Senécal, Dan Simmons.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Vendredi 20 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Samedi 21 juillet
Matin:
Marika MOISSEEFF: L'enfant maléfique dans la fiction contemporaine, une perspective anthropologique
Florent CHRISTOL: Du carnaval en Amérique: It de Stephen King et la fiction horrifique américaine contemporaine

Après-midi:
Denis DUCLOS: La culture américaine, dépositaire de l'obsession occidentale de la loi. Le cas de Stephen King


Dimanche 22 juillet
Matin:
Grégory BOUAK: Stephen King, auteur de "dark fantasy": sur les traces de l'Homme noir, du Fléau à La Tour Sombre
Anne BESSON: La Tour Sombre, un cycle au cœur de l'œuvre

Après-midi:
Laurent LEVASSORT: Entre Roi(s) et Dieu(x): Stephen King et la religion
Anna GURAL-MIGDAL: Naturalisme et horreur chez Stephen King et Bruno Dumont


Lundi 23 juillet
Matin:
Clotilde LANDAIS: Secret Window, Secret Garden ou la déconstruction du fantastique selon Todorov
Eve LE LOUARN: Horreurs cinématographiques: prosopopées, expérimentations et discours

Après-midi:
Thomas MICHAUD: La révolte des objets dans l'œuvre de King


Mardi 24 juillet
Matin:
Guy ASTIC: Deux voies de l'horreur contemporaine: Clive Barker & Stephen King
Chantal LAPEYRE-DESMAISON: L'écriture comme expérience de l'horreur: La Part des Ténèbres et Misery

Après-midi:
Table Ronde des écrivains avec Francis BERTHELOT, Mélanie FAZI et Roland FUENTÈS


Mercredi 25 juillet
REPOS


Jeudi 26 juillet
Matin:
Roger BOZZETTO: La chute de la maison Overlook
Sébastien GAYRAUD: Le lieu maléfique chez Stephen King et Serge Brussolo

Après-midi:
Nathalie DUFAYET: Le hameau de l’horreur contemporaine: des Territoires à la maison de Coralin
Lauric GUILLAUD: The Descent, Creep, The Cave, versions hybrides et monstrueuses du Voyage au centre de la Terre


Vendredi 27 juillet
Matin:
Liliane CHEILAN: Les ressorts de l'horreur chez les vampires enfants
Laurence SUDRET: L'enfant et la peur dans quatre textes de S. King: Peur Bleue, Le Corps (nouvelle), Les Enfants du Maïs et La Petite Fille qui aimait Tom Gordon

Après-midi:
Ghislinde SEYBERT: L'enchevètrement narratif dans Cœurs perdus en Atlantide et La Tour Sombre de Stephen King


Samedi 28 juillet
Matin:
Maxime LACHAUD: Violence et Carnavalesque: les motifs horrifiques dans La Foire aux Serpents de Harry Crews
Laura WOJAZER: Poppy Z. Brite: une écriture pornographique de l'horreur

Après-midi:
Stéphane BOURGOIN: Dernier des grands monstres et horreur réelle: le tueur en série (avec projection de documents inédits)


Dimanche 29 juillet
Matin:
Thierry JANDROK: L'horreur contemporaine entre mascarades et révélations

Après-midi:
Jean MARIGNY: Les fantômes de Peter Straub
Gilles MENEGALDO: Stephen King à l'écran: adaptations et réécritures


Lundi 30 juillet
Matin:
Projection: The American Nightmare (2000) d'Adam Simon
Débat-Synthèse: Autour de ce documentaire pour conclure

Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS

RÉSUMÉS :

Francis BERTHELOT
A l'origine dérivé du fantastique, le roman d'horreur est moins défini par son contenu (qui peut être "réaliste") que par son cadre communicationnel, c'est à dire l'impact qu'il entend avoir sur le lecteur. Cela étant, nombre de romans ne relevant pas spécifiquement de ce genre peuvent engendrer par endroits un sentiment d'horreur chez le lecteur. Je commenterai ce point dans mes deux derniers romans Nuit de colère (Flammarion, 2003) et Hadès Palace (Le Bélial, 2005).

Anne BESSON: La Tour sombre, un cycle au cœur de l'œuvre
L’ensemble romanesque, aujourd’hui "bouclé", que constituent les sept volumes de "The Dark Tower" possède un statut très particulier dans l’œuvre de King : tout en se distinguant au sein de sa production (le choix de les poser pour l’essentiel dans un monde fictionnel, "l’Entre-Deux-Mondes" complexifiant la nature générique de ces romans), le cycle en vient pourtant rapidement à multiplier les liens avec ses autres œuvres… pour finalement toutes les accueillir? Si l’ensemble "monumental" nous intéresse comme superbe illustration de la tendance du cycle à l’expansion et à la circularité infinie, il présente en outre l’intérêt de permettre le repérage de grandes inflexions dans les techniques et les ambitions de King au long de sa carrière — sa rédaction s’est étendue sur une quarantaine d’années, et l’auteur s’est beaucoup exprimé à son sujet. Nous montrerons en particulier le passage de la production de cycles peu coalescents et enchâssés les uns dans les autres — faisant de l’œuvre de King un réseau — à leur absorption dans un « autre monde » infiniment accueillant, qui s’avère n’être autre, explicitement, qu’une concrétisation de l’imaginaire scriptural.

Grégory BOUAK: Stephen King, auteur de "dark fantasy"»: sur les traces de l'Homme noir, du Fléau à La Tour Sombre
Classé tantôt en science-fiction, tantôt en fantastique, tantôt en fantasy, le cycle de La Tour Sombre, œuvre-phare englobant la quasi totalité de la production kingienne, est également considéré comme de la "dark fantasy". Ce domaine mystérieux, situé à mi-chemin entre le merveilleux, le fantastique et l’horreur, mérite d’être exploré plus avant afin de mettre en lumière, dans La Tour Sombre, Le Fléau et Les Yeux du dragon, la résurgence de l’horreur gothique, apanage de Stephen King, au sein d’un univers plutôt estampillé science-fiction et fantasy. Ces trois romans, unis par la présence de "l’Homme Noir", personnage récurrent et sorte d’emblème de la dark fantasy, permettent à l’auteur de s’illustrer dans un sous-genre de l’imaginaire original et composite qu’on pourrait appeler l’"horreur épique".

Roger BOZZETTO: La chute de la maison Overlook
Il s'agit de montrer comment Stephen King dans Shining s'est servi de La chute de la Maison Usher d'Edgar Poe. Ces références à Poe dans Shining sont en général associées à des citations explicitées, mais plus que de simples allusions, il s'agit de montrer que cette référence explicitement absente (La chute...) est en fait centrale et que King s'en sert comme trame narrative implicite.

Liliane CHEILAN: Les ressorts de l'horreur chez les vampires enfants
Lorsque la littérature de jeunesse s'empare du fantastique et de l'épouvante, elle reprend volontiers les caractères de la littérature adulte du genre. Mais elle use aussi de ce qu'Alison Lurie nomme son pouvoir de subversion et transforme pour son compte les mythes qu'elle emprunte pour leur donner un nouveau visage. Dans la littérature de jeunesse, les vampires deviennent ainsi parfois de tout petits vampires, de l'âge des jeunes lecteurs, qui ont perdu, la plupart du temps, leur pouvoir d'épouvante. Mais on rencontre aussi des vampires qui restent terrifiants et, parmi eux, ceux qu'on peut considérer comme la quintessence de l'horrible: les vampires enfants maléfiques. Aux antipodes de petits vampires positifs et attachants comme ceux de Jackie Niebisch ou de Joann Sfar, Christopher (6 ans), personnage d’Annette Curtis Klause, et Jeremy (13 ans), créé par S. P. Somtow (proches parents de la Claudia d'Anne Rice et du Timmy Valentine de Somtow), sont le surgissement de l'horreur là où on l'attend le moins. L'enfant, chargé d'espoir de vie et d'innocence, est bien plutôt victime désignée que bourreau sanguinaire. Aussi, sa transformation en être maléfique est-elle non seulement effrayante mais profondément déstabilisante. On s'efforcera d'analyser les ressorts de l'horreur chez ces vampires enfants en cherchant d'abord du côté de la monstruosité: dans un fragile corps d'enfant la force d'une âme vieille et pervertie. On étudiera ensuite le jeu de cette dualité dans le déclenchement de l'horreur, mais en examinant également les ressorts psychologiques et affectifs qui dictent les comportements de ces personnages et en font des êtres consistants que, par certains côtés, le lecteur peut plaindre, même s'il souhaite leur destruction. Enfin, on s'interrogera sur la portée symbolique de ce type de personnage et sur l'empreinte qu'il laisse dans l'expérience de lecture.

Florent CHRISTOL: Du carnaval en Amérique: It de Stephen King et la fiction horrifique américaine contemporaine
Roman somme de son auteur et œuvre phare de la littérature horrifique contemporaine, It de Stephen King constitue une fascinante réflexion sur les rapports conflictuels de l’Amérique à la culture festive et sur les mythes populaires que ces rapports ont pu engendrer. Et pour cause: le clown devient ici une créature sanguinaire et protéiforme qui revêt à loisir les traits familiers des monstres du cinéma d’horreur de série B (la momie, Rodan, la créature du lagon noir, etc.).
Dans cette communication nous souhaitons nous pencher sur ce phénomène a priori paradoxal (la fonction traditionnelle du clown est de faire rire les enfants, non de les terrifier et encore moins de les assassiner…). Pour cela nous remonterons aux origines d’un certain imaginaire américain pour y déceler une source d’angoisse qui n’aura de cesse d’irriguer la fiction fantastique littéraire et cinématographique: le carnaval, fête anarchique et excessive qui menace d’entrée de jeu les fondations puritaines de l’Amérique. Le clown de Stephen King serait alors à envisager, non comme un phénomène isolé, mais comme l’héritier d’une longue lignée de personnages (de La Mort Rouge de Poe à Carrie, du même King) qui viennent, depuis plus d’un siècle, sur le devant de la scène fantastique américaine, court-circuiter la fête et ses vertus régénératrices.

Nathalie DUFAYET: Le hameau de l’horreur contemporaine: des Territoires à la maison de Coraline
Otrante, The House on the borderland, Malpertuis… La maison a acquis avec les classiques son titre de mythe littéraire incontournable du fantastique. C’est en son hommage que des auteurs contemporains comme S. King, P. Straub ou N. Gaiman (pour ne pas investir les constructions du champ cinématographique) bâtissent d’autres demeures maudites, qui sont autant de toiles privilégiées sur lesquelles projeter un univers non-mimétique. Et ce peut-être parce que la maison, jonction entre le monde intérieur (conscience, inconscience, subconscience) et le monde extérieur, reste une imago mundi dynamique. Que l’autre monde interfacé soit physique, matériel ou bien illusoire, c’est-à-dire issu de l’imagination de l’habitant des lieux, ne change rien à la règle.
Tous ces sèmes définitionnels seront lisibles dans le court roman jeunesse de Neil Gaiman, Coralin, et la saga des Territoires, de Stephen King et Peter Straub (The Talisman et The Black house, paru seize années plus tard). Le rapprochement de ces récits fonde l’influence, thématique et esthétique, entremêlée de ces mondes qui se répètent et, semblent même, en se redisant, en se ressassant, se répondre: deux maisons horrifiques gémellaires ouvrent sur des dimensions parallèles (une chez Gaiman, une multiplicité chez King-Straub). Bien qu’à la lisière du merveilleux noir, leurs murs, étrangement "flous", permettent pareillement aux peurs inconscientes de prendre une forme et vie propres. Les deux héros sont des enfants, un garçon de douze ans, une fillette de treize, qui mènent des enquêtes labyrinthiques, puis des quêtes initiatiques, dont l‘issue reste le passage de l’enfance à l’âge adulte. Tous deux doivent d’ailleurs sauver la mère, mission pour laquelle il leur faudra trouver un objet magique unique (un talisman, une boule de verre) pour rétablir l’ordre rompu depuis la séparation familiale. Enfin, leurs ennemis respectifs sont deux êtres maléfiques, royaux, relevant aussi, curieusement, d’un étrange hybride tripartite, composé de kidnappeur, d’ogre et de vampire. C’est dire si l’horreur contemporaine, malgré la répétition parfois excessive du même qui semble la caractériser et en faire "une banlieue", parvient à créer de nouvelles figures imaginatives.

Roland FUENTÈS
- La Bresse dans les pédales, Mini-polar, Ed. Nyksta, 2005.
- La double mémoire de David Hoog, Roman, Ed. A contrario, 2004.
- Douze mètres cubes de littérature, Nouvelles, Ed. du Rocher, 2003
- Le Musée, Roman, Ed. Fer de Chances, 2000.
- La Passeur d'éternité, Roman historique, Ed. Les 400 coups, A paraître.

Sébastien GAYRAUD: La maison hantée chez Stephen King et Serge Brussolo
La communication proposée est une analyse de l'œuvre de Stephen King et de Serge Brussolo au travers de leur usage commun de l'archétype de la maison hantée. La première partie consacrée à Stephen King se centre principalement sur trois de ses romans : Shining, Simetierre et Sac d'os. Il s'agit de mettre en lumière la spécificité américaine du traitement de la maison hantée, qui se distingue au travers de nombreuses figures récurrentes : isolement géographique renvoyant à la mythologie de l'ouest, racines terrestres et verticalité des lieux, vision particulière de la tradition gothique. La partie se conclut par une analyse détaillée de la nouvelle Ca vous pousse dessus. La deuxième partie établit un parallèle avec un auteur français très souvent comparé à King (et dont l'influence est, au moins en partie, reconnue par l'intéressé): Serge Brussolo. L'analyse est plus synthétique et se centre surtout sur les différences de points de vue entre les deux créateurs. Brussolo tourne le dos à la tradition mythologique américaine pour faire de la maison hantée, thème central de la majorité de ses romans, un espace abstrait, psychanalytique et coupé de tout effet de réel. Une synthèse élargit le propos en opposant ces deux tendances : d'un côté une vision ancrée dans un fond culturel et mythique, de l'autre une perception du fantastique comme un pur champ de spéculation.

Lauric GUILLAUD: The Descent, Creep, The Cave, versions hybrides et monstrueuses du Voyage au centre de la Terre
Le film britannique de Neil Marshall, The Descent, sorti en juillet 2005, a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le monde du cinéma d’horreur. Il conte l’expédition spéléologique de six jeunes femmes dans un réseau de cavernes des Appalaches. Le film réussit le pari de renouveler l’horreur contemporaine tout en s’inscrivant dans un sillon littéraire et cinématographique où l’on reconnaît pêle-mêle le souvenir de Jules Verne, certaines œuvres de Stephen King (The Shining, Carrie), des classiques du cinéma de genre (Deliverance, The Thing, Picnic At Hanging Rock, Apocalypse Now, Evil Dead, Alien, Predator ou THX 1138). Cette communication s’attachera à l’étude d’une œuvre hybride qui retrouve le souffle mythique de la littérature populaire tout en s’ouvrant aux nouveaux courants du fantastique. Elle évoquera plus particulièrement la thématique spatio-temporelle, la figure de l’humanoïde, elles-mêmes reliées à la verticalité, ainsi que les spécificités du monde ou de l’espace américains confrontés aux explorations modernes.

Anna GURAL-MIGDAL: Naturalisme et horreur chez Stephen King et Bruno Dumont
La fiction de Stephen King se caractérise par une généricité hybride où l’horreur emprunte à la fois à la tradition littéraire du Gothique et du Naturalisme. Le mode d’appréhension de la monstruosité chez cet auteur résulte d’une vision déterministe: l’homme est soumis à des forces et des pulsions qu’il ne peut contrôler, en même temps qu’il est victime de la double influence de l’hérédité et du milieu. Ce déterminisme sert les visées horrifiques du texte en permettant à l’écrivain d’explorer le thème du Mal, de lui octroyer une dimension de critique sociale faisant valoir le caractère illusoire du « Rêve américain » et la désintégration des institutions. Outre sa dimension sociologique, génétique, voire mythique, le déterminisme chez King en est un de l’ordre du métafictif qui relève, ainsi qu’on peut le constater dans The Shining, d’une anticipation de l’horreur comme fatalité de genre. La présente étude a pour but de montrer que Bruno Dumont, dans son film Twentynine Palms (2003), est redevable à Stephen King de son expérimentation du rapport à la réalité existentielle et à la société américaine, par le biais d’un travail de restructuration générique à l’intérieur de la fiction. Il s’agira plus précisément d’analyser comment, à travers la figure du désert californien, Twentynine Palms nous donne à comprendre la démarche artistique et métaphysique du réalisateur, qui a partie liée avec l’esthétique naturaliste conjuguée à celle du film d’horreur. En se réappropriant le film d’horreur, Dumont confère au naturalisme une dimension grotesque et fatale qui appartient en propre à un cinéma de genre. Dans Twentynine Palms l’horreur acquiert aussi une résonance mythique, car le renouvellement de l’être y passe par l’enfer négateur du monde. Le film de Dumont s’inscrit ainsi dans la tension même de la pensée postmoderne animée par une pulsion de mort, un nihilisme apocalyptique qui a cependant une force libératrice, le désert n’étant pas seulement cet espace où l’on meurt inexorablement, mais encore ce champ vide des possibles par lequel peut s’opérer une renaissance.

Thierry JANDROK: L'horreur contemporaine entre mascarades et révélations
Depuis presque une trentaine d'années, les écrivains d'horreur ont renouvelé le genre en mettant en scène des environnements quotidiens, des gens ordinaires et des lieux dont la banalité frise le terrible. Qui avant King avait aussi bien rendu l'hybris de la modernité? De la vengeance d'une adolescente des années soixante dix contre la bigoterie d'une époque à la folie d'un bon père de famille qui ne peut faire le deuil de son fils, en passant par le catalogue des excès de l'Amérique contemporaine, tout y passe, ou presque. Tant et si bien que l'on peut se demander quel est finalement le propos de S. King, de Bentley Little ou de Ray Garton? S'agit-il de faire peur, de générer l'angoisse, ou, plutôt de créer les conditions d'une réflexion sur les aléas du désir, les fantasmes individuels et les frontières entre pensée collective et subjective? Le genre de l'horreur est, depuis les premiers récits gothiques, une littérature du désir, de ses possibles satisfactions et du prix que chacun paye pour y parvenir. Lors de notre communication, tant à partir de fictions que d'exemples tirés de notre clinique en milieu psychiatrique, nous tenterons de démontrer l'intérêt de l’horizon horrifique dans l'analyse des expressions de la subjectivité.

Références Bibliographiques :

"Le Vampire dans le Romanesque", pp. 133-141, in Phénix n° 39 : « Anne Rice et les Vampires », Lefrancq Editeur, Bruxelles, Belgique, 1995, 440 p.
"A Propos de « Vampyr » de H. H. Ewers", in Le Curieux, n°10, février 1991.
"Au Cœur de l’Enfer : A Propos de « The Hellbound Heart » de Clive Barker", pp. 71-80, in Phénix, 34 : "Dossier Clive Barker", Lefrancq éditeur, Bruxelles, Belgique, mars 1993, 372 p.
"Des anneaux du Désir au Désir de l’Anneau", in colloque "Fantasy: Le merveilleux médiéval aujourd’hui", à paraître aux Editions Bragelonne, Collection Essais.
"La Réalité Virtuelle est-elle une Machine Désirante ?", in Colloque de Cerisy : "Science-fiction et Imaginaires Contemporains", Editions Bragelonne, Collection Essais.
"La Création au Bout de l’Eprouvette : Essai Dystopique de Psychanalyse Appliquée", in Entre’Actes : Regards Croisés en Sciences Humaines, « Réalités et Représentations : Les Pistes de la Recherche », pp. 171-180, Strasbourg, 2005, 320 p.


Maxime LACHAUD: Violence et Carnavalesque: les motifs horrifiques dans La Foire aux Serpents de Harry Crews
Dans Anatomie de l’horreur, King fait par trois fois référence à l'auteur Harry Crews en des termes plus qu’élogieux, d’abord pour le mettre sur le même plan que William Faulkner et Flannery O’Connor en tant que maîtres de l’école « gothique » du Sud, ensuite il le considère comme un des meilleurs écrivains contemporains américains aux côtés de John Irving et James Dickey (le livre est sorti en 1981), puis il classe La Foire aux Serpents (1976) parmi les œuvres incontournables dans l’histoire du fantastique et de l’horreur. Cela amène à se poser la question des motifs horrifiques chez Crews et dans ce roman en particulier et ils sont nombreux mais tous désamorcés sur le mode du carnavalesque (au sens de Bakhtine dans son étude sur Rabelais). En effet, si l’on considère, par exemple, l’horreur comme une confrontation au monstrueux, le monstrueux est bel et bien du côté de la normalité chez Crews tandis que ses « monstres » et phénomènes de foire apparaissent comme des sages dans un monde chaotique et décentré. La Foire aux Serpents est une étude quasiment anthropologique de ce monde des « normaux » où les personnages se livrent à une orgie de nourriture, de défécations, de sexualité, avec en plus les idées de compétition et toutes les valeurs inculquées par la société américaine. De ce fait, il s’agit d’un roman monstrueux, un roman qui donne à voir, qui monstre l’horreur cachée au plus profond de l’être humain. L’horreur est intérieure pour Crews, elle est humaine, pour ainsi dire. Telle une célébration de la corporéité de l’homme et par là même une affirmation de son existence, le sang y exprime ce que les personnages ne peuvent exprimer avec des mots. Donc, dans un sens, King n’a peut-être pas tort quand il associe le roman de Crews à l’horreur contemporaine car, après tout, il s’agit bien là du sujet du roman.

Références Bibliographiques :

Bakhtine, Mikhaïl. L’œuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Age et sous la Renaissance. Paris : Gallimard, 1970.
Burke, Peter. Popular Culture in Early Modern Europe. Aldershot : Ashgate, 1994.
Chappell, Fred. Dagon le dieu poisson. Paris : Christian Bourgois, 1971.
Crews, Harry. La foire aux serpents. Paris : Gallimard, 1995.
Crews, Harry. Getting Naked with Harry Crews : Interviews. Ed. Erik Bledsoe. Gainesville : University Press of Florida, 1999.
Docherty, Brian (ed.). American Horror Fiction : From Brockden Brown to Stephen King. New York : St Martin’s Press, 1990.
King, Stephen. Anatomie de l’horreur vol. 1 & 2. Paris : J’ai Lu, 2002.
Kristeva, Julia. Pouvoirs de l’horreur. Paris : Seuil, 1980.
La Barre, Weston. They Shall Take up Serpents : Psychology of the Southern Snake-Handling Cult [1962]. New York : Schocken Books, 1969.
O’Connor, Flannery. Mystery and Manners. New York : Farrar, Straus & Giroux, 1969.
White, Allon. Carnival, Hysteria, and Writing : Collected Essays and Autobiography. Oxford : Clarendon Press, 1993.


Clotilde LANDAIS: Secret Window, Secret Garden ou la déconstruction du fantastique selon Todorov
Le courant populaire du fantastique, également appelé « obvie » ou « de la présence », dont Stephen King est l’un des représentants les plus célèbres, est supposé être dépourvu de tout intérêt intellectuel. A partir de l’étude de la novella de Stephen King, Secret Window, Secret Garden et du jeu opéré par cet auteur sur le critère de l’hésitation de Todorov, nous montrerons que le travail de réflexion sur le fantastique n’est pas mené exclusivement par les auteurs du courant obtus. Pour cela, nous rappellerons tout d’abord en quoi consiste l’hésitation todorovienne. Nous nous intéresserons ensuite à sa mise en œuvre dans la novella, avant de montrer, enfin, que Stephen King déconstruit cette définition du fantastique selon Todorov. Ainsi, tout en manifestant l’horreur et en épouvantant ses lecteurs, King fait preuve d’une réflexion métatextuelle sur le genre, ce qui remet en cause la pertinence de la césure entre un fantastique obtus ou littéraire, et un fantastique obvie ou populaire.

Eve LE LOUARN: Horreurs cinématographiques: prosopopées, expérimentations et discours
Christine de John Carpenter, Dead Zone de David Cronenberg, The Shining de Stanley Kubrick, Carrie de Brian De Palma... Quatre adaptations, quatre réalisateurs, aux esthétiques et univers différents. Quatre formes d'horreur cinématographique. Bien que des allers-retours entre les écrits, les thématiques chères à Stephen King et l'image, seront présents, cette communication s'attachera moins aux processus d'adaptation qu'à une exploration des formes de l'horreur, ses mises en scènes, ses figures, autour d'un concept: la prosopopée filmique. Figure matrice, elle sera envisagée au sein de dialectiques propres à l'horreur, de sa naissance à son existence dans l'entité-film, à sa mort, peut-être. Il s'agira alors d'envisager la prosopopée comme territoire de l'expérimentation formelle, permettant aux réalisateurs d'injecter leurs propres obsessions; d'une rhétorique de l'horreur qui devient une horreur rhétorique. Discours, esthétique, réflexion sur le genre, formes de l'horreur, nous questionnerons la manière dont le langage cinématographique se fait lieu de l'invention et de la réinvention, du caractère polymorphe de l'horreur ou plutôt des horreurs au cinéma.

Références Bibliographiques :

- Vincent Amiel, Pascal Coûté, Formes et obsessions du cinéma américain contemporain, Ed Klincksieck, Paris, 2003.
- Jacques Aumont (dir), L'invention de la figure humaine: le cinéma, l'humain et l'inhumain, Conférences du Collège d'Histoire de l'Art Cinématographique, Cinémathèque française, Paris, 1995.
- Laurent Bourdier, Stephen King, Parcours d'une œuvre. Encrage édition, Amiens, 1998.
- Nicole Brenez, De la figure en général et du corps en particulier, L'invention figurative au cinéma, Ed De Boeck, Paris, 1998.
- Eric Dufour, Le Cinéma d'horreur et ses figures, PUF, Paris, 2006.
- Stephen King, Anatomie de l'horreur. Tome 1 et II, J'ai Lu, Paris, 2002.
- Julia Kristeva, Pouvoirs de l'horreur, Ed du Seuil, Paris, 1980.
- Franck Lafond (dir), Cauchemars américains: fantastique et horreur dans le cinéma moderne, Ed du Céfal, Liège, 2003.
- Jean-Baptiste Thoret, Mythes et masques: les fantômes de John Carpenter, Ed Dreamland, Paris, 1998.


Laurent LEVASSORT: Entre Roi(s) et Dieu(x): Stephen King et la religion
Il s'agit ici de traiter d'un motif obsédant, quasi omniprésent dans les romans de King : la religion. De Carrie à Bazaar ou, plus récemment, Dreamcatcher, on ne compte plus les portraits lapidaires de personnages empreints de bigoterie, dont le sentiment religieux confine à l'obsession; et pourtant, on sent poindre, derrière cette ironie acerbe manifestée par King, sa connaissance profonde du corpus biblique, liée à son éducation — King et son frère aîné ayant été élevés par leur mère dans le culte méthodiste. Voici donc l'occasion d'explorer ces relations ambiguës unissant King au sentiment religieux, ainsi que leur incidence sur son oeuvre littéraire.

Thomas MICHAUD: La révolte des objets dans l'œuvre de King
Cette présentation s’intéressera à deux œuvres de King : Maximum Overdrive (1986), adaptation cinématographique de la nouvelle Poids lourd, et Cellulaire (2006). Dans le premier film, les objets se révoltent contre les humains après le passage d’une comète. Dans le roman Cellulaire, King s’intéresse au développement des téléphones portables. Les utilisateurs de téléphones portables deviennent des zombies à cause d’un son subliminal. King explore les craintes de la société face aux nouvelles technologies. Dans quelle mesure leur mise en scène horrifique contribue-t-elle à en établir une critique ? L’œuvre de King sera explorée comme un témoignage des angoisses de la société face au progrès technologique. Maximum Overdrive et Cellulaire seront considérées comme des œuvres technophobes, paradoxales dans une culture majoritairement technophile.

Marika MOISSEEF: L’enfant maléfique dans la fiction contemporaine: une perspective anthropologique
L'enfant maléfique aux pouvoirs supérieurs, issu de l'incarnation du diable ou d'une manipulation génétique, ou encore de la dissémination d'un ADN extraterrestre ou d'une autre espèce intelligente ayant des difficultés à se reproduire, constitue le motif d'un certain nombre d'œuvres contemporaines — romans ou films — classées dans la section "horreur". La communicaiton se propose d'en analyser les soubassements anthropologiques: l'extrapolation dans la fiction populaire des conséquences de la biotechnologie sous-tendue par l'émergence d'une nouvelle discipline scientifique, la génétique, qui a modifié la façon de concevoir la reproduction (sa possible dissociation d'avec la sexualité), le rôle spécifique des femmes en ce domaine (la gestation) et, plus généralement le rapport entre hommes et femmes, pères et mères, parents et enfants (l'engendrement requérant l'intervention d'un tiers médical pouvant être personnifié par Satan). Ces nouvelles perspectives permettent d'envisager la grossesse comme la résultante d'une "infection" génétique: l'introduction d'un ADN étranger dans l'incubateur naturel qu'est l'utérus, pourrait, de ce point de vue, aboutir à la naissance d'un être appartenant à une autre espèce, pourquoi pas située à un palier de l'évolution supérieur à celui des humains, qui chercherait à se substituer à eux et à les subordonner à son bon vouloir.

Marika MOISSEEFF: L'enfant maléfique dans la fiction contemporaine, une perspective anthropologique
Dans Le meilleur des mondes, les enfants sont fabriqués en flacon et les humains "civilisés" ne sont plus assujettis à la reproduction naturelle, c'est-à-dire à la viviparité perçue comme une infâme chose du passé ne survivant plus que dans quelques réserves de "sauvages". De fait, la science-fiction contemporaine tend à dépeindre la 'viviparité' comme une forme de parasitisme animalisant. Les représentations qu'elle véhicule sont sous-tendues par l'idée selon laquelle plus une espèce est "évoluée", moins elle procrée et, par voie de conséquence, plus elle est dépendante d'espèces moins évoluées pour se reproduire. Le combat de la culture contre la nature est dépeinte dans un certain nombre de films d’horreur comme une bataille fin entre l'humanité et des espèces extraterrestres insectoïdes tendant à parasiter les humains pour se reproduire. C’est ce que tentera de montrer Marika Moisseeff en présentant un montage d’extraits de films de science-fiction.

Laurence SUDRET: L'enfant et la peur dans quatre textes de S. King: Peur Bleue, Le Corps (nouvelle), Les Enfants du Maïs et La Petite Fille qui aimait Tom Gordon
Le jeune garçon (enfant ou adolescent) est une figure centrale des textes de Stephen King: qu’il s’agisse de ses romans ou de ses nouvelles, ses héros sont bien souvent âgés de moins de quinze ans. Or, c’est toujours par l’intermédiaire de personnages jeunes que S. King sait le mieux créer la peur ; sans doute parce que les enfants vivent bien plus souvent et intensément avec elle que les adultes. Elle apparaît alors de multiples façons: que ce soit par la domination violente et indifférente des adultes qui imposent leurs règles, que ce soit par le besoin d’écouter ou de lire des histoires effrayantes peuplées de personnages sanguinaires et monstrueux, que ce soit par les cauchemars qu’ils font si souvent, en général nourris de ces mêmes histoires dont l’horreur est amplifiée par une imagination débordante. L’enfant est toujours plus prompt que l’adulte à croire à l’incroyable et c’est pourquoi il affronte plus facilement cette frayeur. Il n’est donc pas étonnant que le romancier donne une place privilégiée aux jeunes dans ses textes. Grâce au jeune héros, S. King peut aisément jouer sur les différents degrés de l’horreur et de la peur.

Laura WOJAZER: Poppy Z. Brite: une écriture pornographique de l'horreur
Par son étymologie, le mot "pornographie" renvoie à l'écriture. L'horreur, qui se retrouve aussi bien dans les tragédies de Sénèque que dans les contes de fées, est également une écriture avant d'être un genre. Dans leur définition même, horreur et pornographie se rejoignent comme ce qui inspire l'épouvante et le dégoût. En mêlant la pornographie à l'horreur, Poppy Z Brite choisit une écriture de l'extrême parfois insoutenable: une véritable écriture pornographique de l'horreur. Le sperme se mêle au sang et le corps – si exquis pour les serials killers Andrew Compton et Jay Byrne ou pour les vampires de Ames Perdues, est montré en gros plan dans toute sa béance obscène. Je me propose d'étudier cette écriture si particulière, à la fois abjecte et fascinante, qui éloigne Brite de Stephen King tout en la rapprochant de Clive Barker, à travers deux romans : Ames Perdues (Lost Souls) et Le Corps Exquis (Exquisite Corpse).

Références Bibliographiques :

Badley, Linda, Writing Horror and the Body : The Fiction of Stephen King, Cliver Barker and Anne Rice. Westport, Greenwood press, 1996.
Barker, Clive, Clive Barker’s A-Z of horror compiled by Stephen Jones. London, BBC Books, 1997.
Bataille, Georges, L’Erotisme. Paris, Les éditions de Minuit, 1985.
Baudry, Patrick, La Pornographie et ses images. Paris, Armand Colin, 1997.
Brite, Poppy Z, Coupable. Vauvert, éditions Au diable vauvert, 2002.
Elessandro, Arturo, Les Dossiers de Phénix n°2 : Stephen King. Bruxelles, Claude Lefrancq éditeur, 1995.
Ernould, Roland, Stephen King et le sexe. Pantin, éditions Naturellement, 2000.
Finger, Sarah, La Mort en direct : les Snuff movies. Paris, Le Cherche midi éditions, 2001.
King, Stephen, Anatomie de l’horreur, tome I et II. Paris, J’ai Lu, 2002.
Kolnai, Aurel, Le Dégoût. Paris, Agalma, 1997.
Kristeva, Julia, Pouvoirs de l’horreur : essai sur l’abjection. Paris, Seuil, 1980.
Marzano, Michèla, La Pornographie ou l’épuisement du désir. Paris, Buchet-Chastel, 2003.
Mellier, Denis, L’Ecriture de l’excès. Fiction fantastique et poétique de la terreur. Paris, Honoré Champion, 1999.
Saint Germain, Christian, L’Oeil sans paupière : écrire l’émotion pornographique. Canada, Presse de l’ Université du Québec, 2003.
Twitchell, James B, Dreadful Pleasures : An Anatomy of Modern Horror. New York, Oxford University Press, 1985.



BIBLIOGRAPHIE :

I) Ouvrages de Stephen King
1) Le cycle de La Tour Sombre
- Le Pistolero (The Gunslinger, 1982), J’ai Lu, 1991.
- Les Trois Cartes (The Drawing of the three, 1987), J’ai Lu, 1991.
- Terres Perdues (The Waste Lands, 1991), J’ai Lu, 1992.
- Magie et cristal (Wizard and Glass, 1997), J’ai Lu, 1998.
- Les Loups de la Calla (Wolves of the Calla, 2003), J’ai Lu, 2004.
- Le Chant de Susannah (Susannah’s Song, 2004), J’ai Lu, 2005.
- La Tour Sombre (The Dark Tower, 2004), J’ai Lu, 2005.

2) Autres romans
- Salem (Salem’s Lot, 1975), Williams, 1977. Presses Pocket, 1988.
- Les Yeux du dragon (Eyes of the dragon, 1987), Albin Michel, 1995. Presses Pocket, 1998.
- Le Fléau, version intégrale (The Stand, 1990), Jean-Claude Lattès, 1991. J’ai Lu, 1992.
- Insomnie (Insomnia, 1994), Albin Michel, 1995. J’ai Lu, 1997.
- Rose Madder (1995), Albin Michel, 1997. J’ai Lu, 1999.
- Cœurs perdus en Atlantide (Hearts in Atlantis, 1999), Albin Michel, 2001. Le Livre de Poche, 2003.
- Les Petites Sœurs d’Elurie (Little Sisters of Eluria, 2001), in Tout est fatal, Albin Michel, 2003. Le Livre de Poche, 2005.
- Territoires (Black House, 2001), Robert Laffont, 2002. Presses Pocket, 2004.

3) Guides de lecture
- Concordance 1 (2003), présenté par Robin Furth. J’ai Lu, 2004.
- Concordance 2 (2005), présenté par Robin Furth. J’ai Lu, 2006.

II) Ouvrages critiques
- Astic, Guy (éd.), Stephen King. Premières approches, Liège, éditions du CEFAL, coll. « Bibliothèque des Paralittératures », 2000.
- Jacques Baudou, La Fantasy, collection « Que sais-je ? », PUF, 2005.
- Anne Besson, D’Asimov à Tolkien : Cycles et séries dans la littérature de genre, CNRS Editions, 2004.
- Bourdier, Laurent, Stephen King. Parcours d’une œuvre, Amiens, Encrage, coll. « Références », 1999.
- Bozzetto, Roger & Huftier, Arnaud, Les Frontières du fantastique. Approches de l’impensable en littérature, Presses universitaires de Valenciennes, coll. « Parcours », 2004.
- Dufour, Eric, Le Cinéma d’horreur et ses figures, Paris, PUF, coll. « Lignes d’art », 2006.
- Roland Ernould, « Stephen King, de l’horreur à la fantasy », in Fantastiques, fantasy, science-fiction : Mondes imaginaires, étranges réalités, collection « Mutations », Autrement, 2005.
- Jacques Goimard, Critique du merveilleux et de la fantasy, collection « Agora », Presses Pocket, 2003.
- Hemsen, Philippe, Stephen King. Hantise de l’écrivain, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Objet », 1997.
- Marigny, Jean, Le Vampire dans la littérature du XXe siècle, Paris, Honoré Champion, coll. « Bibliothèque de Littérature générale et comparée », 2003.
- Mellier, Denis, L’Ecriture de l’excès. Fiction fantastique et poétique de la terreur, Paris, Honoré Champion, « Bibliothèque de Littérature générale et comparée », 1999.

- Gilbert Millet, Denis Labbé, Le Fantastique, Belin, 2005.
- Morin, Hugues (éd.), Stephen King. Trente ans de terreur, Québec, Alire, 1997.
- Dominique Warfa, « Picaresque, quête et science-fiction chez Stephen King : le cycle du Pistolero », in Les dossiers de Phénix n°2 : Stephen King, Lefrancq, 1995


COLLOQUE PUBLIÉ AUX ÉDITIONS BRAGELONNE, 2008



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