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DU MERCREDI 27 JUIN (19 H) AU MERCREDI 4
JUILLET (14 H) 2012
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DIRECTION : Antoine COMPAGNON,
Kazuyoshi YOSHIKAWA
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ARGUMENT :
Le premier volume d’À la recherche du
temps perdu de Proust, a été publié en 1913, "année magique"
pour l’art et la littérature, car ils firent l'objet d'une publication,
non seulement Du côté de chez Swann,
mais aussi Le Grand Meaulnes
d’Alain-Fournier, Alcools
d’Apollinaire, La Colline inspirée
de Barrès, La Prose du transsibérien
et de la petite Jehanne de France de Cendrars, A.-O. Barnabooth de Larbaud, Jean Barois de Martin du Gard, Ève et L’Argent de Péguy, Stèles de Segalen. Ce fut encore
l’année du Sacre du printemps
de Stravinski aux Ballets russes, de la fondation par Copeau du théâtre
du Vieux-Colombier, ou de la Roue de
bicyclette de Duchamp.
Se tenant en 2012, ce colloque se penchera sur les prémisses de l’œuvre
de Proust. L’écrivain négociait avec divers éditeurs (Fasquelle, La Nouvelle Revue française,
Grasset) afin de faire paraître le gros manuscrit auquel il travaillait
depuis 1908, et dont une première version était au point. Sans déborder
sur la suite de la Recherche du
temps perdu et sur les modifications majeures de l’œuvre dès
1914, nous nous intéresserons, non seulement à la vie de l’écrivain
durant la genèse de son roman et à l’histoire du texte, mais aussi aux
péripéties de sa publication et aux fortunes de sa première réception
critique, ainsi qu’à l’interprétation de ce début de A la recherche du temps perdu.
Après les deux colloques de Cerisy consacrés à Proust (en 1962 et
1997), ce troisième colloque prendra les choses autrement: il reviendra
au texte mis au point par Proust en 1912 et révélé en 1913, se limitera
à ce premier moment, tentera de mieux appréhender son immense
retentissement immédiat et cherchera à apprécier sa portée
anticipatrice. Pour ce faire, il réunira des spécialistes confirmés de
l’œuvre de Proust venant du monde entier, ainsi que des chercheurs plus
jeunes. Des écrivains et cinéastes témoigneront de l’actualité de Du côté de chez Swann.
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CALENDRIER DÉFINITIF :
Mercredi 27
juin
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants
Jeudi 28 juin
Matin:
Sophie DUVAL: Allégories
domestiques proustiennes: Charité, Envie, Impureté
Pierre-Louis REY: Combray en
Champagne
Après-midi:
Nathalie
MAURIAC DYER: L'ombre de Swann dans les Jeunes filles: l'exemple de la fin
de "Noms de pays"
Henri RACZYMOW: Charles Swann:
les avatars d'une ambivalence
Soirée:
Projection du film "A la recherche du
temps perdu" de Nina Companeez
Vendredi 29
juin
Matin:
Elisabeth
LADENSON: Charlus, Bloch, Legrandin, la trinité maudite
Adam WATT: "La contrainte
interne d'un pli mental": romans et romanesque dans Du côté de chez Swann
Après-midi:
Masafumi OGURO:
L'énigme du lieu: enjeux de la représentation d'un dormeur éveillé
Anne SIMON: "Un sujet
philosophique pour une grande œuvre littéraire": projet désavoué ou
révolution romanesque?
Soirée:
Projection du film "A la recherche du
temps perdu" de Nina Companeez (suite)
Samedi 30 juin
Matin:
Kazuyoshi
YOSHIKAWA: Swann, le héros, et leurs doubles
Françoise
LERICHE: L'aventure d'une écriture
Après-midi:
DÉTENTE
Dimanche 1er
juillet
Matin:
Antoine
COMPAGNON: Swann numérique
Jacques DUBOIS: Petite
sociologie de Combray
Après-midi:
Eleonora SPARVOLI: Du côté de chez Swann: la naissance
d'une architecture mélancolique
Matthieu
VERNET: Madame Swann, je pense à vous
Jean ROUAUD:
Le genre (du roman) n'était pas son genre
Lundi 2 juillet
Matin:
Maya LAVAULT: 1913 - la
promenade désenchantée au Bois de Boulogne: prélude à une réécriture de
L'Après-midi
d'un faune
Yuji MURAKAMI:
Michelet dans Du côté de chez Swann
Après-midi:
Christophe PRADEAU: Les samedis
de Combray
Christie
McDONALD: Ethnologie de l'échec: le travail du collage des arts
Soirée:
Présentation des "brouillons" de Proust, par Nathalie MAURIAC DYER
Projection du film "La Petite
Cathédrale" de Mathieu
CHEVALIER
Mardi 3 juillet
Matin:
Hiroya
SAKAMOTO: Du côté de Martinville: vitesse et littérature autour
de 1913
Isabelle SERÇA:
Vertus de l’hypallage
Après-midi:
Wolfram NITSCH: Le panorama de
Combray
Vincent FERRÉ:
"La sensation du Moyen Age" ou le chien errant de Combray
Soirée:
Projection de Portrait-Souvenir de
Marcel Proust, émission de Roger Stéphane (1962)
Mercredi 4
juillet
Matin:
Table ronde de
conclusion
Après-midi:
DÉPARTS
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RÉSUMÉS :
Jacques
DUBOIS: Petite sociologie de Combray
Site d’une enfance, Combray est traitée en microcosme originel à
l’entrée de la Recherche du temps
perdu: un petit univers rural ramassé autour d’une bourgade et
d’une famille. Microcosme socialement lacunaire ou fragmentaire sous le
double effet réfractant d’un point de vue puéril et d’une mémoire
fortement sélective, ce lieu donne pourtant à voir toute une société
construite en plusieurs plans, qui se cachent ou se masquent l’un
l’autre. Ainsi, sous l’habillage idéalisé d’un décorum à la fois
médiéval et naturel posé avec insistance, on voit se dévoiler conflits
et contradictions internes évoquant un climat de crise.
Il y a avant tout le cercle familial qui renvoie à une socialité
bourgeoise - maîtres et serviteurs à l’anglaise - repliée sur elle-même
et se confortant de ses exclusions comme de ses dissensions. Mais
émerge pour suivre individu par individu un cercle plus large vécu par
le premier groupe comme menace et comme lieu de toutes les déviances.
Ceux-là que caractérisent une forte duplicité sociale comme aussi une
culture vivante mettent en cause par leur seule présence la France
traditionnelle et sa classe moyenne. Ils pointent ainsi, par un effet
en retour, ce qui est en fin de compte la niaiserie peureuse du groupe
familial, incapable dans sa médiocrité de comprendre qu’existe une
société des élites dont les divers réseaux communiquent entre eux
par-delà la sotte doctrine des castes...
Sophie DUVAL:
Allégories domestiques proustiennes: Charité, Envie, Impureté
Selon l’annonce figurant dans l’édition Grasset de Du côté de chez Swann, publiée en
1913, un des chapitres du Temps
retrouvé devait s’intituler "Les "Vices et les Vertus" de Padoue
et de Combray". C’est à la lumière de ce titre qu’il s’agira d’examiner
le fonctionnement allégorique du personnage proustien, étudié à partir
de trois figures de domestiques: la fille de cuisine, la cuisinière -
Françoise - et la femme de chambre de la baronne Putbus, qui tenait une
place importante dans le projet de 1912. Ces personnages seront mis en
rapport avec des "Vices ou des Vertus" de Giotto et de Proust, Charité,
Envie et Impureté, selon des correspondances diverses. Il s’agira de
dégager ainsi du système des trois allégories domestiques de 1912 un
principe prenant la figure d’une méta-allégorie, mis au service de
l’économie poétique de la Recherche.
Sophie Duval est maître de conférences
en langue et stylistique françaises à l’Université de Bordeaux 3.
Ses domaines de recherche sont le comique littéraire et les études
proustiennes.
Publications
La satire
(littératures française et anglaise), Armand Colin, "Collection
U", 2000 (en collaboration avec Marc Martinez).
L'ironie
proustienne. La vision stéréoscopique, Champion, "Recherches
proustiennes", 2004.
Modernités,
Mauvais genre. La satire littéraire moderne, n°27, textes réunis
et présentés par Sophie Duval et Jean-Pierre Saïdah, 2008.
Maya LAVAULT:
1913 - la promenade désenchantée au Bois de Boulogne: prélude à une
réécriture de L'Après-midi d'un faune
Il s’agit d’analyser les résonances du poème de Mallarmé L’Après-midi d’un faune et, plus
particulièrement, du personnage du faune et du thème de la fuite, dans
l’épisode de la promenade désenchantée au Bois de Boulogne qui clôt Du côté de chez Swann: Proust a
assisté au ballet de Nijinski au théâtre des Champs Élysées en mai
1913, au moment où il corrige les épreuves du premier volume de la
Recherche et réécrit l’épisode de la promenade au Bois de Boulogne.
L’introduction du thème du faune et de la fuite pose les premiers
jalons d’un motif qui prendra toute son ampleur dans les derniers
volumes de la Recherche, La Prisonnière et surtout Albertine disparue, dont l’épisode
qui clôt Du côté de chez Swann
peut à bon droit apparaître comme une annonce, un prélude.
Maya Lavault a soutenu en 2009 une thèse
intitulée "Des secrets à l'œuvre: formes et enjeux romanesques du
secret dans À la recherche du temps
perdu de Marcel Proust" (sous la direction d'Antoine Compagnon).
Actuellement professeur en lycée, elle travaille à la publication de sa
thèse aux éditions Champion.
Ses principaux travaux sur Proust sont consacrés à l’étude des figures
et des motifs du secret dans la Recherche
("“Voir par la fenêtre éclairée”: un motif dans le tapis?", BIP n°38, 2008 ; "Histoires de
crimes proustiens", Morales de Proust,
2010) et à une réflexion plus théorique sur la conception proustienne
de la fiction ("Petits essais de fiction autour d’À la recherche du temps perdu", Théorie des textes possibles. Critique et
création, CRIN, à paraître).
Wolfram
NITSCH: Le panorama de Combray
À la différence d’autres machines de vision comme la lanterne magique,
le stéréoscope ou l’appareil photographique, le panorama ne semble pas
trop intéresser ni le prota-goniste ni le narrateur de la Recherche. S’il est évoqué par ce
dernier, soit au sens littéral, soit au sens métaphorique, il apparaît
comme le modèle d’un regard panoptique et bien informé auquel les
perceptions limitées et provisoires de Marcel ne correspondent jamais.
Cependant, la première allusion au panorama qu’on trouve dans Combray
révèle une réflexion plus nuancée sur ce médium populaire du XIXe
siècle. Quand le curé parle du "panorama" qu’on peut voir du clocher de
Saint-Hilaire, il n’est pas seulement présenté comme un héritier
anachronique du roman panoramique à la Balzac, mais en même temps doté
d’un sens critique qui le rend sensible aux limites et aux effets
troublants de la vue aérienne - effets que Marcel lui-même ne
découvrira que bien plus tard par l’usage d’autres appareils optiques.
Wolfram Nitsch est professeur de
littérature française et hispanique à l’Université de Cologne. Auteur
d’un livre sur Langage et violence
chez Claude Simon (Sprache und
Gewalt bei Claude Simon, 1992) et directeur d’un volume sur Marcel Proust et les arts (Marcel Proust und die Künste,
2004), il poursuit un projet de recherche sur la réflexion médiologique
dans le roman français moderne, dans le cadre duquel il a publié des
études sur les automobiles, les télégrammes et les portraits
photographiques dans À la recherche
du temps perdu.
Christophe
PRADEAU: Les samedis de Combray
Le monde de Combray, comme on sait, s’organise autour d’une fausse
symétrie: les deux côtés. Subtilement boiteuse, elle oriente et égare.
Combray est fait, tout aussi bien, d’habitudes, de retours, de rituels,
d’un tissu serré de recommencements; mais le temps comme l’espace a ses
déboîtements: il en est ainsi des "samedis", dont la principale qualité
est d’être "asymétriques", paradoxe d’un accident périodique, d’un
déséquilibre - puisque les heures passent à la fois plus vite et plus
lentement que les autres jours - qui participe pourtant de l’assiette
des choses. L’"asymétrie", en créant une distinction, institue la
famille de "Marcel" en communauté; elle l’enveloppe dans le cercle
enchanté d’"une sorte de lien national" qui demande à se dire et à
s’épanouir en "un cycle légendaire". Il s’agira de dégager les
modalités et les enjeux de cette solidarité, posée sur un mode
humoristique dans "Combray", mais qui traverse l’ensemble de la Recherche, entre asymétrie,
conscience collective et verbe poétique.
Christophe Pradeau est maître de
conférences à Paris IV. Ses travaux portent sur les cycles romanesques
des XIXe et XXe siècles (Balzac, Proust, Romains, Giono, Roubaud...) et
sur la critique littéraire (Thibaudet, Auerbach...).
Il a notamment co-dirigé un numéro de la revue Fabula LHT sur la notion
proustienne d’"écrivain préféré", les ouvrages collectifs Où est la littérature mondiale? et Cycle et Collection et édité, avec
Antoine Compagnon, les Réflexions
sur la littérature de Thibaudet. Il a en outre publié deux
romans chez Verdier.
Henri
RACZYMOW: Charles Swann: les avatars d'une ambivalence
Swann apparaît d’abord dans le premier volume de la Recherche, auquel nous nous
bornerons, comme l’homme qui à Combray sépare l’enfant de sa mère, qui
en empêche, certains soirs, les retrouvailles. Bien sûr, c’est le père
qui pose l’interdit que sa femme monte embrasser son fils. Mais la
raison en est la visite de Swann. Swann n’est pas n’importe quel
visiteur. Il est paré de prestige. C’est donc le prestige de Swann qui
sépare l’enfant de son bonheur. Swann, d’emblée, lui fait de l’ombre.
En somme, le premier sentiment du narrateur à son égard, c’est la
rivalité. Ce mouvement va se poursuivre et s’amplifier, s’expliciter,
se déplier, se démultiplier. Le narrateur voudra devenir écrivain
contre Swann.
Henri Raczymow est né à Paris en 1948.
Il est écrivain, auteur de nombreux récits, romans et essais.
Concernant Proust, il a publié: Le
Cygne de Proust, Gallimard, coll. "L'un et l'autre", 1989; Le Paris retrouvé de Marcel Proust,
Parigramme, 2005; une étude, "Proust et la judéité, les destins croisés
de Swann et de Bloch", in Ruse et
déni, cinq essais de littérature, PUF, 2011.
Pierre-Louis
REY: Combray en Champagne
Dans la réédition de Du côté de chez
Swann chez Gallimard (1919), le village de Combray, que la
plupart des indications topographiques incitaient à situer dans la
Beauce, voire à identifier à Illiers, se trouve déplacé en Champagne.
Nous nous interrogerons pour savoir comment la géographie du premier
épisode du roman, si elle ne permettait certes pas aux lecteurs de 1913
de rêver à un déplacement aussi spectaculaire, la rendait néanmoins
possible.
Pierre-Louis Rey, professeur émérite à
l’Université de la Sorbonne nouvelle et directeur de la Revue d’Histoire Littéraire de la France,
a contribué à l’édition de la Bibliothèque de la Pléiade d’À la recherche du temps perdu
dirigée par Jean-Yves Tadié (pour À
l’ombre des jeunes filles en fleurs et, en collaboration avec Jo
Yoshida et Brian Rogers, pour Du
côté de chez Swann et Le
Temps retrouvé).
Anne SIMON:
"Un sujet philosophique pour une grande œuvre littéraire": projet
désavoué ou révolution romanesque?
Dans Du côté de chez Swann,
le protagoniste désespère de devenir "écrivain ou poète", puisqu’il ne
parvient pas à trouver "un sujet philosophique pour une grande œuvre
littéraire", et qu’il est attiré par des sensations apparemment futiles
qui semblent l’éloigner de l’art. Les pages que l’on lit sont
évidemment la preuve que le protagoniste fait erreur. Mais on verra que
l’opposition de départ entre sujet philosophique et objet sensible ou
"particulier" se dilue au fil de la Recherche,
qui opère une véritable révolution: non seulement l’écriture romanesque
intègre les thèmes les plus "sérieux" de la philosophie classique, mais
elle rend leur légitimité philosophique à la contingence et au
singulier - à ce vécu que Du côté de
chez Swann célèbre dès l’orée de la Recherche.
Ancienne élève de l’ENS, Anne Simon est
chargée de recherche au CNRS (CRAL), où elle dirige le programme
"Animots" (Agence nationale de la recherche). Auteure de Proust ou le réel retrouvé. Le sensible et
son expression dans À la recherche du temps perdu (rééd.
Champion 2011), elle a édité une dizaine de collectifs, dont "Proust et
l’Orient" (Akhbar Aladab - Les
Nouvelles littéraires -, en arabe, Caire, 2007). Elle rédige un
essai sur la réception de Proust par les philosophes français des
années 1950 à 1980.
Eleonora
SPARVOLI: Du côté de chez Swann:
la naissance d'une architecture mélancolique
Le terme "mélancolie", très répandu - avec sa constellation sémantique
et lexicale - dans le premier ouvrage de Proust, Les Plaisirs et les jours, a une
fréquence de plus en plus faible dans sa production suivante (Jean Santeuil et, surtout, la Recherche) où, en revanche,
figurent tous les thèmes qui en étaient l’émanation directe:
l’impuissance du désir, l’amour comme regret d’un objet perdu, la
déception de tout contact avec le réel, l’angoisse et le sens de
culpabilité sous-tendus à la passion. Selon l’hypothèse que notre
contribution vise à vérifier, cette affection mélancolique originelle,
disparaissant de la surface du texte au fur et à mesure que Proust
retravaille les matériaux de sa jeunesse dans le creuset du Style, se
serait progressivement installée dans son écriture en tant que
rhétorique profonde. C’est ainsi que la majestueuse œuvre
architecturale inaugurée par Du côté
de chez Swann serait à la fois l’éclatante contradiction de
l’échec mélancolique et sa paradoxale expression.
Eleonora Sparvoli (Rome, 1967) enseigne
la Littérature française du XXe siècle à l’Université de Milan.
Spécialiste de l’œuvre de Proust, elle est l’auteur de deux
monographies (Contro il corpo. Proust
e il romanzo immateriale, Milano, Franco Angeli, 1997; L’avventura mancata. Stile in Marcel Proust,
Milano, Cisalpino, 2003) et de plusieurs articles concernant les
rapports entre l’esthétique proustienne et la peinture. Elle a
codirigé, avec Mauro Carbone, le volume Proust et la philosophie aujourd’hui
(Pisa, ETS, 2008) auquel elle a contribué par un article sur Proust et
Dostoïevski.
Adam WATT: "La
contrainte interne d'un pli mental": romans et romanesque dans Du côté de chez Swann
Vers la fin de Du côté de chez Swann
quand Gilberte annonce qu’elle ne viendra plus aux Champs-Elysées, la
tristesse du narrateur est diminuée par les effets de deux facteurs. Le
charme provoqué dans son esprit quand il pense à Gilberte et la
position dans laquelle il est placé relativement à Gilberte par ce
qu’il appelle "la contrainte interne d’un pli mental" ajoutent à la
terrible nouvelle "quelque chose de romanesque" qui le fait sourire au
milieu de ses larmes. Ma communication interrogera cette fonction
palliative de l’imagination, décrite en termes de romans et de
romanesque, qui figure tout au long du premier volume de la Recherche. Il s’agira d’une
considération de la valeur et de l’intérêt de ces termes dans un roman
commencé, selon le Carnet de 1908,
dans "une incertitude sur la forme d’art".
Adam Watt est "Senior Lecturer in
French" à Royal Holloway, Université de Londres. Il a fait ses études à
Oxford (BA, Master, doctorat) où sa thèse était dirigée par Malcolm
Bowie. Il a publié notamment Reading
in Proust’s A la recherche: ‘le délire de la lecture’ (Oxford
University Press, 2009) et The
Cambridge Introduction to Marcel Proust (Cambridge University
Press, 2011); il a aussi dirigé Le
Temps retrouvé Eighty Years After/80 ans après: Critical Essays/Essais
critiques (Peter Lang, 2009). Adam Watt est membre de l’Equipe
Proust de l’ENS/ITEM à Paris. Il écrit à présent une courte biographie
illustrée de Proust pour Reaktion Books, prévue pour 2013. Il dirige un
important volume collectif, Marcel
Proust in Context, aussi prévu pour 2013, pour Cambridge
University Press.
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BIBLIOGRAPHIE :
Entretiens sur
Marcel Poust, sous la direction de Georges Cattaui et Philip
Kolb, Paris, La Haye, Mouton & Co, 1966 (colloque de Cerisy, 17-25
juillet 1962, avec Henri Bonnet, Louis Gautier-Vignal, Jacques de
Lacretelle, Jean Mouton, George D. Painter, Georges Poulet, Anthony
Pugh, Pierre-Henri Simon, Jean Rousset, Claude Vallée).
Marcel Proust.
Nouvelles directions de recherche, éd. Bernard Brun, La Revue des lettres modernes,
série "Marcel Proust", n°2-3, 2000 (colloque de Cerisy, 2-9 juillet
1997, Alberto Beretta Anguissola, Pierre Bayard, Edward Bizub, Annick
Bouillaguet, Bernard Brun, Antoine Compagnon, Raymonde Couderc, Nicoles
Deschamps, Emily Eells, Francine Goujon, Juliette Hassine, Geneviève
Henrot, Lucius Keller, Sibylla Laemmel, Diane Léonard, Françoise
Leriche, Enid G. Marantz, Nathalie Mauriac Dyer, Marie
Miguet-Ollagnier, Jean Milly, Marcel Muller, Mireille Naturel, Anthony
R. Pugh, Jean-Marc Quaranta, Brian G. Rogers, Volker Roloff, Isabelle
Serça, Anne Simon, Philippe Willemart, Crosman Wimmers, Jo Yoshida,
Kazuyoshi Yoshikawa, Isabelle Zuber).
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Avec
le soutien
de la Fondation Hugot du Collège de France,
de l’Université Paris-Sorbonne
et de l’UPS "République des lettres" du CNRS
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