DIRECTION : Antoine COMPAGNON, Kazuyoshi YOSHIKAWA
ARGUMENT :
Le premier volume d’À la recherche du temps perdu de Proust, a été publié en 1913, "année magique" pour l’art et la littérature, car ils firent l'objet d'une publication, non seulement Du côté de chez Swann, mais aussi Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier, Alcools d’Apollinaire, La Colline inspirée de Barrès, La Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France de Cendrars, A.-O. Barnabooth de Larbaud, Jean Barois de Martin du Gard, Ève et L’Argent de Péguy, Stèles de Segalen. Ce fut encore l’année du Sacre du printemps de Stravinski aux Ballets russes, de la fondation par Copeau du théâtre du Vieux-Colombier, ou de la Roue de bicyclette de Duchamp.
Se tenant en 2012, ce colloque se penchera sur les prémisses de l’œuvre de Proust. L’écrivain négociait avec divers éditeurs (Fasquelle, La Nouvelle Revue française, Grasset) afin de faire paraître le gros manuscrit auquel il travaillait depuis 1908, et dont une première version était au point. Sans déborder sur la suite de la Recherche du temps perdu et sur les modifications majeures de l’œuvre dès 1914, nous nous intéresserons, non seulement à la vie de l’écrivain durant la genèse de son roman et à l’histoire du texte, mais aussi aux péripéties de sa publication et aux fortunes de sa première réception critique, ainsi qu’à l’interprétation de ce début de A la recherche du temps perdu.
Après les deux colloques de Cerisy consacrés à Proust (en 1962 et 1997), ce troisième colloque prendra les choses autrement: il reviendra au texte mis au point par Proust en 1912 et révélé en 1913, se limitera à ce premier moment, tentera de mieux appréhender son immense retentissement immédiat et cherchera à apprécier sa portée anticipatrice. Pour ce faire, il réunira des spécialistes confirmés de l’œuvre de Proust venant du monde entier, ainsi que des chercheurs plus jeunes. Des écrivains et cinéastes témoigneront de l’actualité de Du côté de chez Swann.
CALENDRIER PROVISOIRE :
Mercredi 27 juin
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants
Jeudi 28 juin
Matin:
Sophie DUVAL: Allégories domestiques proustiennes: Charité, Envie, Impureté
Pierre-Louis REY: Combray en Champagne
Après-midi:
Nathalie MAURIAC DYER: L'ombre de Swann dans les Jeunes filles: la deuxième partie de "Noms de pays"
Adam WATT: "La contrainte interne d'un pli mental": romans et romanesque dans Du côté de chez Swann
Henri RACZYMOW: Charles Swann: les avatars d'une ambivalence
Soirée:
Nina COMPANEEZ: Projection du film "A la recherche du temps perdu"
Vendredi 29 juin
Matin:
Elisabeth LADENSON: Charlus, Bloch, Legrandin, la trinité maudite
Charles MÉLA: Présentation du fonds Proust de la collection Martin Bodmer
Après-midi:
Masafumi OGURO: L'énigme du portrait: enjeux de la représentation d'un dormeur éveillé
Jean-Yves TADIÉ: Quelques démêlés autour de Swann
Anne SIMON: "Un sujet philosophique pour une grande œuvre littéraire": projet désavoué ou révolution romanesque?
Soirée:
Nina COMPANEEZ: Projection du film "A la recherche du temps perdu" (suite)
Samedi 30 juin
Matin:
Kazuyoshi YOSHIKAWA: Swann, le héros, et leurs doubles
Françoise LERICHE: L'aventure d'une écriture
Après-midi:
DÉTENTE
Dimanche 1er juillet
Matin:
Antoine COMPAGNON: Swann numérique
Jacques DUBOIS: Petite sociologie de Combray
Après-midi:
Eleonora SPARVOLI: Du côté de chez Swann: la naissance d'une architecture mélancolique
Matthieu VERNET: Questions de genres. Poétique du détail dans Du côté de chez Swann
Lundi 2 juillet
Matin:
Maya LAVAULT: 1913 - la promenade désenchantée au Bois de Boulogne: prélude à une réécriture de L'Après-midi d'un faune
Yuji MURAKAMI: Michelet dans Du côté de chez Swann
Après-midi:
Christophe PRADEAU: Les samedis de Combray
Christie McDONALD: Ethologie de l'échec: le travail du collage des arts
Mardi 3 juillet
Matin:
Hiroya SAKAMOTO: Du côté de Martinville: vitesse et littérature autour de 1913
Isabelle SERÇA: Le style de Swann et la première réception critique
Après-midi:
Wolfram NITSCH: Le panorama de Combray
Vincent FERRÉ: "Une signification philosophique infinie [...]": roman et philosophie
Jean ROUAUD: Le genre (du roman) n'était pas son genre
Mercredi 4 juillet
Matin:
Table ronde de conclusion
Après-midi:
DÉPARTS
RÉSUMÉS :
Jacques DUBOIS: Petite sociologie de Combray
Site d’une enfance, Combray est traitée en microcosme originel à l’entrée de la Recherche du temps perdu: un petit univers rural ramassé autour d’une bourgade et d’une famille. Microcosme socialement lacunaire ou fragmentaire sous le double effet réfractant d’un point de vue puéril et d’une mémoire fortement sélective, ce lieu donne pourtant à voir toute une société construite en plusieurs plans, qui se cachent ou se masquent l’un l’autre. Ainsi, sous l’habillage idéalisé d’un décorum à la fois médiéval et naturel posé avec insistance, on voit se dévoiler conflits et contradictions internes évoquant un climat de crise.
Il y a avant tout le cercle familial qui renvoie à une socialité bourgeoise — maîtres et serviteurs à l’anglaise — repliée sur elle-même et se confortant de ses exclusions comme de ses dissensions. Mais émerge pour suivre individu par individu un cercle plus large vécu par le premier groupe comme menace et comme lieu de toutes les déviances. Ceux-là que caractérisent une forte duplicité sociale comme aussi une culture vivante mettent en cause par leur seule présence la France traditionnelle et sa classe moyenne. Ils pointent ainsi, par un effet en retour, ce qui est en fin de compte la niaiserie peureuse du groupe familial, incapable dans sa médiocrité de comprendre qu’existe une société des élites dont les divers réseaux communiquent entre eux par-delà la sotte doctrine des castes...
Sophie DUVAL: Allégories domestiques proustiennes: Charité, Envie, Impureté
Selon l’annonce figurant dans l’édition Grasset de Du côté de chez Swann, publiée en 1913, un des chapitres du Temps retrouvé devait s’intituler "Les “Vices et les Vertus“ de Padoue et de Combray". C’est à la lumière de ce titre qu’il s’agira d’examiner le fonctionnement allégorique du personnage proustien, étudié à partir de trois figures de domestiques: la fille de cuisine, la cuisinière – Françoise – et la femme de chambre de la baronne Putbus, qui tenait une place importante dans le projet de 1912. Ces personnages seront mis en rapport avec des Vices ou des Vertus de Giotto et de Proust, Charité, Envie et Impureté, selon des correspondances diverses. Il s’agira de dégager ainsi du système des trois allégories domestiques de 1912 un principe prenant la figure d’une méta-allégorie, mis au service de l’économie poétique de la Recherche.
Sophie Duval est maître de conférences en langue et stylistique françaises à l’université de Bordeaux 3.
Ses domaines de recherche sont le comique littéraire et les études proustiennes.
Ses ouvrages: La satire (littératures française et anglaise), Armand Colin, "Collection U", 2000 (en collaboration avec Marc Martinez) ; L'ironie proustienne. La vision stéréoscopique, Champion, "Recherches proustiennes", 2004 ; Modernités, Mauvais genre. La satire littéraire moderne, n°27, textes réunis et présentés par Sophie Duval et Jean-Pierre Saïdah, 2008.
Maya LAVAULT: 1913 - la promenade désenchantée au Bois de Boulogne: prélude à une réécriture de L'Après-midi d'un faune
Il s’agit d’analyser les résonances du poème de Mallarmé L’Après-midi d’un faune et, plus particulièrement, du personnage du faune et du thème de la fuite, dans l’épisode de la promenade désenchantée au Bois de Boulogne qui clôt Du côté de chez Swann: Proust a assisté au ballet de Nijinski au théâtre des Champs Élysées en mai 1913, au moment où il corrige les épreuves du premier volume de la Recherche et réécrit l’épisode de la promenade au Bois de Boulogne. L’introduction du thème du faune et de la fuite pose les premiers jalons d’un motif qui prendra toute son ampleur dans les derniers volumes de la Recherche, La Prisonnière et surtout Albertine disparue, dont l’épisode qui clôt Du côté de chez Swann peut à bon droit apparaître comme une annonce, un prélude.
Maya Lavault a soutenu en 2009 une thèse intitulée "Des secrets à l'œuvre: formes et enjeux romanesques du secret dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust" (sous la direction d'Antoine Compagnon). Actuellement professeur en lycée, elle travaille à la publication de sa thèse aux éditions Champion.
Ses principaux travaux sur Proust sont consacrés à l’étude des figures et des motifs du secret dans la Recherche ("“Voir par la fenêtre éclairée”: un motif dans le tapis?", BIP n°38, 2008 ; "Histoires de crimes proustiens", Morales de Proust, 2010) et à une réflexion plus théorique sur la conception proustienne de la fiction ("Petits essais de fiction autour d’À la recherche du temps perdu", Théorie des textes possibles. Critique et création, CRIN, à paraître).
Wolfram NITSCH: Le panorama de Combray
À la différence d’autres machines de vision comme la lanterne magique, le stéréoscope ou l’appareil photographique, le panorama ne semble pas trop intéresser ni le prota-goniste ni le narrateur de la Recherche. S’il est évoqué par ce dernier, soit au sens littéral, soit au sens métaphorique, il apparaît comme le modèle d’un regard panoptique et bien informé auquel les perceptions limitées et provisoires de Marcel ne correspondent jamais. Cependant, la première allusion au panorama qu’on trouve dans Combray révèle une réflexion plus nuancée sur ce médium populaire du XIXe siècle. Quand le curé parle du "panorama" qu’on peut voir du clocher de Saint-Hilaire, il n’est pas seulement présenté comme un héritier anachronique du roman panoramique à la Balzac, mais en même temps doté d’un sens critique qui le rend sensible aux limites et aux effets troublants de la vue aérienne — effets que Marcel lui-même ne découvrira que bien plus tard par l’usage d’autres appareils optiques.
Wolfram Nitsch est professeur de littérature française et hispanique à l’Université de Cologne. Auteur d’un livre sur Langage et violence chez Claude Simon (Sprache und Gewalt bei Claude Simon, 1992) et directeur d’un volume sur Marcel Proust et les arts (Marcel Proust und die Künste, 2004), il poursuit un projet de recherche sur la réflexion médiologique dans le roman français moderne, dans le cadre duquel il a publié des études sur les automobiles, les télégrammes et les portraits photographiques dans À la recherche du temps perdu.
Christophe PRADEAU: Les samedis de Combray
Le monde de Combray, comme on sait, s’organise autour d’une fausse symétrie: les deux côtés. Subtilement boiteuse, elle oriente et égare. Combray est fait, tout aussi bien, d’habitudes, de retours, de rituels, d’un tissu serré de recommencements; mais le temps comme l’espace a ses déboîtements: il en est ainsi des "samedis", dont la principale qualité est d’être "asymétriques", paradoxe d’un accident périodique, d’un déséquilibre – puisque les heures passent à la fois plus vite et plus lentement que les autres jours – qui participe pourtant de l’assiette des choses. L’"asymétrie", en créant une distinction, institue la famille de "Marcel" en communauté; elle l’enveloppe dans le cercle enchanté d’"une sorte de lien national" qui demande à se dire et à s’épanouir en "un cycle légendaire". Il s’agira de dégager les modalités et les enjeux de cette solidarité, posée sur un mode humoristique dans "Combray", mais qui traverse l’ensemble de la Recherche, entre asymétrie, conscience collective et verbe poétique.
Christophe Pradeau est maître de conférences à Paris IV. Ses travaux portent sur les cycles romanesques des XIXe et XXe siècles (Balzac, Proust, Romains, Giono, Roubaud...) et sur la critique littéraire (Thibaudet, Auerbach...).
Il a notamment co-dirigé un numéro de la revue Fabula LHT sur la notion proustienne d’"écrivain préféré", les ouvrages collectifs Où est la littérature mondiale? et Cycle et Collection et édité, avec Antoine Compagnon, les Réflexions sur la littérature de Thibaudet. Il a en outre publié deux romans chez Verdier.
Henri RACZYMOW: Charles Swann: les avatars d'une ambivalence
Swann apparaît d’abord dans le premier volume de la Recherche, auquel nous nous bornerons, comme l’homme qui à Combray sépare l’enfant de sa mère, qui en empêche, certains soirs, les retrouvailles. Bien sûr, c’est le père qui pose l’interdit que sa femme monte embrasser son fils. Mais la raison en est la visite de Swann. Swann n’est pas n’importe quel visiteur. Il est paré de prestige. C’est donc le prestige de Swann qui sépare l’enfant de son bonheur. Swann, d’emblée, lui fait de l’ombre. En somme, le premier sentiment du narrateur à son égard, c’est la rivalité. Ce mouvement va se poursuivre et s’amplifier, s’expliciter, se déplier, se démultiplier. Le narrateur voudra devenir écrivain contre Swann.
Henri Raczymow est né à Paris en 1948. Il est écrivain, auteur de nombreux récits, romans et essais. Concernant Proust, il a publié: Le Cygne de Proust, Gallimard, coll. "L'un et l'autre", 1989; Le Paris retrouvé de Marcel Proust, Parigramme, 2005 ; une étude, "Proust et la judéité, les destins croisés de Swann et de Bloch", in Ruse et déni, cinq essais de littérature, PUF, 2011.
Pierre-Louis REY: Combray en Champagne
Dans la réédition de Du côté de chez Swann chez Gallimard (1919), le village de Combray, que la plupart des indications topographiques incitaient à situer dans la Beauce, voire à identifier à Illiers, se trouve déplacé en Champagne. Nous nous interrogerons pour savoir comment la géographie du premier épisode du roman, si elle ne permettait certes pas aux lecteurs de 1913 de rêver à un déplacement aussi spectaculaire, la rendait néanmoins possible.
Pierre-Louis Rey, professeur émérite à l’Université de la Sorbonne nouvelle et directeur de la Revue d’Histoire Littéraire de la France, a contribué à l’édition de la Bibliothèque de la Pléiade d’À la recherche du temps perdu dirigée par Jean-Yves Tadié (pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs et, en collaboration avec Jo Yoshida et Brian Rogers, pour Du côté de chez Swann et Le Temps retrouvé).
Anne SIMON: "Un sujet philosophique pour une grande œuvre littéraire": projet désavoué ou révolution romanesque?
Dans Du côté de chez Swann, le protagoniste désespère de devenir "écrivain ou poète", puisqu’il ne parvient pas à trouver "un sujet philosophique pour une grande œuvre littéraire", et qu’il est attiré par des sensations apparemment futiles qui semblent l’éloigner de l’art. Les pages que l’on lit sont évidemment la preuve que le protagoniste fait erreur. Mais on verra que l’opposition de départ entre sujet philosophique et objet sensible ou "particulier" se dilue au fil de la Recherche, qui opère une véritable révolution: non seulement l’écriture romanesque intègre les thèmes les plus "sérieux" de la philosophie classique, mais elle rend leur légitimité philosophique à la contingence et au singulier – à ce vécu que Du côté de chez Swann célèbre dès l’orée de la Recherche.
Ancienne élève de l’ENS, Anne SIMON est chargée de recherche au CNRS (CRAL), où elle dirige le programme "Animots" (Agence nationale de la recherche). Auteure de Proust ou le réel retrouvé. Le sensible et son expression dans À la recherche du temps perdu (rééd. Champion 2011), elle a édité une dizaine de collectifs, dont "Proust et l’Orient" (Akhbar Aladab – Les Nouvelles littéraires –, en arabe, Caire, 2007). Elle rédige un essai sur la réception de Proust par les philosophes français des années 1950 à 1980.
Eleonora SPARVOLI: Du côté de chez Swann: la naissance d'une architecture mélancolique
Le terme "mélancolie", très répandu — avec sa constellation sémantique et lexicale — dans le premier ouvrage de Proust, Les Plaisirs et les jours, a une fréquence de plus en plus faible dans sa production suivante (Jean Santeuil et, surtout, la Recherche) où, en revanche, figurent tous les thèmes qui en étaient l’émanation directe: l’impuissance du désir, l’amour comme regret d’un objet perdu, la déception de tout contact avec le réel, l’angoisse et le sens de culpabilité sous-tendus à la passion. Selon l’hypothèse que notre contribution vise à vérifier, cette affection mélancolique originelle, disparaissant de la surface du texte au fur et à mesure que Proust retravaille les matériaux de sa jeunesse dans le creuset du Style, se serait progressivement installée dans son écriture en tant que rhétorique profonde. C’est ainsi que la majestueuse œuvre architecturale inaugurée par Du côté de chez Swann serait à la fois l’éclatante contradiction de l’échec mélancolique et sa paradoxale expression.
Eleonora Sparvoli (Rome, 1967) enseigne la Littérature française du XXe siècle à l’Université de Milan. Spécialiste de l’œuvre de Proust, elle est l’auteur de deux monographies (Contro il corpo. Proust e il romanzo immateriale, Milano, Franco Angeli, 1997; L’avventura mancata. Stile in Marcel Proust, Milano, Cisalpino, 2003) et de plusieurs articles concernant les rapports entre l’esthétique proustienne et la peinture. Elle a codirigé, avec Mauro Carbone, le volume Proust et la philosophie aujourd’hui (Pisa, ETS, 2008) auquel elle a contribué par un article sur Proust et Dostoïevski.
Adam WATT: "La contrainte interne d'un pli mental": romans et romanesque dans Du côté de chez Swann
Vers la fin de Du côté de chez Swann quand Gilberte annonce qu’elle ne viendra plus aux Champs-Elysées, la tristesse du narrateur est diminuée par les effets de deux facteurs. Le charme provoqué dans son esprit quand il pense à Gilberte et la position dans laquelle il est placé relativement à Gilberte par ce qu’il appelle "la contrainte interne d’un pli mental" ajoutent à la terrible nouvelle "quelque chose de romanesque" qui le fait sourire au milieu de ses larmes. Ma communication interrogera cette fonction palliative de l’imagination, décrite en termes de romans et de romanesque, qui figure tout au long du premier volume de la Recherche. Il s’agira d’une considération de la valeur et de l’intérêt de ces termes dans un roman commencé, selon le Carnet de 1908, dans "une incertitude sur la forme d’art".
Adam Watt est "Senior Lecturer in French" à Royal Holloway, Université de Londres. Il a fait ses études à Oxford (BA, Master, doctorat) où sa thèse était dirigée par Malcolm Bowie. Il a publié notamment Reading in Proust’s A la recherche: ‘le délire de la lecture’ (Oxford University Press, 2009) et The Cambridge Introduction to Marcel Proust (Cambridge University Press, 2011); il a aussi dirigé Le Temps retrouvé Eighty Years After/80 ans après: Critical Essays/Essais critiques (Peter Lang, 2009). Adam Watt est membre de l’Equipe Proust de l’ENS/ITEM à Paris. Il écrit à présent une courte biographie illustrée de Proust pour Reaktion Books, prévue pour 2013. Il dirige un important volume collectif, Marcel Proust in Context, aussi prévu pour 2013, pour Cambridge University Press.
BIBLIOGRAPHIE :
Entretiens sur Marcel Poust, sous la direction de Georges Cattaui et Philip Kolb, Paris, La Haye, Mouton & Co, 1966 (colloque de Cerisy, 17-25 juillet 1962, avec Henri Bonnet, Louis Gautier-Vignal, Jacques de Lacretelle, Jean Mouton, George D. Painter, Georges Poulet, Anthony Pugh, Pierre-Henri Simon, Jean Rousset, Claude Vallée).
Marcel Proust. Nouvelles directions de recherche, éd. Bernard Brun, La Revue des lettres modernes, série "Marcel Proust", n°2-3, 2000 (colloque de Cerisy, 2-9 juillet 1997, Alberto Beretta Anguissola, Pierre Bayard, Edward Bizub, Annick Bouillaguet, Bernard Brun, Antoine Compagnon, Raymonde Couderc, Nicoles Deschamps, Emily Eells, Francine Goujon, Juliette Hassine, Geneviève Henrot, Lucius Keller, Sibylla Laemmel, Diane Léonard, Françoise Leriche, Enid G. Marantz, Nathalie Mauriac Dyer, Marie Miguet-Ollagnier, Jean Milly, Marcel Muller, Mireille Naturel, Anthony R. Pugh, Jean-Marc Quaranta, Brian G. Rogers, Volker Roloff, Isabelle Serça, Anne Simon, Philippe Willemart, Crosman Wimmers, Jo Yoshida, Kazuyoshi Yoshikawa, Isabelle Zuber).