Plan du Site du Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle
: cliquez
ici
" Page mise à jour le 31 août 2010
"
DU LUNDI 20 SEPTEMBRE (19 H) AU LUNDI 27 SEPTEMBRE
(14 H) 2010
VILLES ET TERRITOIRES RÉVERSIBLES
DIRECTION : Franck SCHERRER (urbaniste, Institut d'Urbanisme
de Lyon), Martin VANIER (géographe, Institut de Géographie
Alpine)
ARGUMENT :
Un des fondements de la
pensée moderne quant à l’action collective
fut, comme condition historique du progrès, de
produire de l’irréversibilité. La ville du XXe
siècle, sa société, ses mondes d’action
collective, ont été profondément structurés,
mais aussi profondément marqués, par ce goût
démiurgique pour l’irréversible. On sait aujourd’hui
ce qu’a permis de produire cette posture immodeste, mais aussi
ce qu'il en a coûté, et continue d’en coûter.
On fait l’hypothèse que
le nouveau fondement de la pensée post-moderne
— ou hyper-moderne si l’on préfère échapper
à ce débat — de l’action collective est dans
la promotion du principe inverse: la réversibilité,
comme nouvelle posture de la relation à un futur désormais
largement désigné comme incertain. L’injonction au
développement durable elle-même porte en germe
une nouvelle utopie de la ville et du territoire réversible:
comment agir de façon équitable sans avoir
pour horizon la ville sans cesse inachevée afin de pas obérer
les capacités des générations futures
à conduire leur propre développement?
La ville réversible
au sein de territoires et de réseaux qui le seraient
tout autant, les uns comme les autres par leurs acteurs,
leurs systèmes d’action, leurs mondes techniques, leurs
univers de production matérielle et idéelle? De
quoi peut-il bien s’agir? D'où une seconde hypothèse:
la réversibilité qualifie, dans les sociétés
développées, la relation que l'on construit avec
le futur de la même manière que le patrimoine est
devenu le filtre hégémonique de notre relation avec
le passé.
Ce colloque résolument
interdisciplinaire se donne pour objectif de répondre
à ces questions en explorant la réversibilité
dans le nouveau système de valeurs, dans les formes concrètes,
techniques, organisationnelles de son avènement,
dans les cultures professionnelles qui la fondent progressivement
comme une nouvelle modalité structurante de nos rapports
à un temps moins linéaire, et à un espace plus
modulable.
Prioritairement destiné
aux urbanistes et aux aménageurs, mais ouvert
également à tous ceux, chercheurs, enseignants,
étudiants, responsables de collectivités,
que ces enjeux retiennent, ce colloque souhaite organiser
une large rencontre sur la question de la réversibilité,
telle qu’elle a déjà été abordée
dans d’autres mondes, techniques ou culturels, que celui de
la ville (en particulier celui de la production industrielle et
du management de l’entreprise), et telle qu’elle a déjà
cheminé, aussi bien dans les problématiques scientifiques
(notamment les sciences de la matière et les sciences
de l’univers) que dans la création artistique (notamment
dans le Land Art ou les arts de la rue).
CALENDRIER PROVISOIRE :
Lundi 20 septembre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre,
du colloque et des participants
Etre(s) réversibles?
A la découverte du sujet... (exploration
collective)
Mardi 21 septembre
Matin:
Propos introductifs
Martin VANIER: Ouverture
Franck SCHERRER: Janus plus que Prométhée:
ne pas laisser de traces, dernier orgueil de l’urbaniste
Signes avant-coureurs:
Les villes rétrécissantes, projeter la
décroissance
Sylvie FOL (aménagiste):
Les villes rétrécissantes: projeter la décroissance.
Regards internationaux
Marcus
ZEPF (urbaniste): Rétrécir en Allemagne
de l'Est: l'action collective entre déconstruction
et valorisation
Après-midi:
Les trames réversibles,
architectures territoriales de l’anticipation
Lauren ANDRES (géographe
urbaniste): L'éphémère, le temporaire
et la veille comme enjeux d'une ville réversible
et éminemment mutable
Philippe PANERAI (architecte urbaniste): Eloge de la trame:
de la centuriation romaine à la Land Ordinance de Jefferson
Patrick BRAOUEZEC (président de la communauté
de communes de Plaine commune)
Soirée:
Cinéma
Mercredi 22 septembre
Matin:
Le projet urbain réversible,
condition de la ville durable?
Nadia ARAB (sociologue urbaniste): Réversibilité
et irréversibilité: deux instruments de gestion de l’indétermination
dans les projets urbains
Frédéric DE
CONINCK (sociologue): La réversibilité de
l'usage de l'espace par les entreprises, une mise en question de
la durabilité sociale
Vincent FOUCHIER (urbaniste
géographe): La réversibilité urbaine: une
nouvelle utopie?
François GRETHER (architecte
urbaniste): Les temps du projet urbain
Après-midi:
La réversibilité
est-elle compatible avec la décision politique en
matière de développement urbain et territorial?,
table ronde entre des praticiens, des élus et des
chercheurs animée par Philippe ESTÈBE (géographe),
avec François LORFEUVRE (directeur de la prospective
et de l'aménagement du territoire du conseil régional
de Basse-Normandie), Dominique ROYOUX
(président de Tempo Territorial), Laurent SODINI (conseiller
régional de Basse-Normandie) et Laurent THÉRY
(directeur de la SAMOA - Nantes Métropole)
Soirée:
Vincent KAUFMANN (sociologue):
La motilité des villes
Jeudi 23 septembre
Matin:
Alain BOURDIN (sociologue):
Réversibilité, abduction et paradigme des
conséquences. Un enjeu pour penser la ville?
La réversibilité,
approche sensible
Maud LE FLOC'H (directrice artistique): La
ville à l'état gazeux
Après-midi:
Le Mont-Saint-Michel, où le
retour orchestré à l’état d’île
Visite et débat hors les murs: réversibilité
ou recapitalisation patrimoniale?, animé par Lionel PRIGENT
(économiste urbaniste) avec François-Xavier de BEAULAINCOURT
(Syndicat mixte baie du Mont-Saint-Michel), Eric VANNIER (maire du
Mont-Saint-Michel) et Henry DECAENS (Association des Chemins du
Mont-Saint-Michel, sous réserves)
Soirée:
Philippe MOUILLON (artiste plasticien):
S’inscrire dans la persistance rétinienne
Vendredi 24 septembre
Matin:
Synthèse à mi-parcours, par Franck
SCHERRER et Martin VANIER
Qu’est-ce qui est vraiment
irréversible?
Yannick BARTHE (sosiologue):
La réversibilité dans la gestion des déchets nucléaires:
une nouvelle approche de la décision politique
Après-midi:
Philippe DURANCE (prospectiviste):
Qu'est-ce qui est vraiment réversible?
Edith HEURGON: Le temps de la prospective, entre émancipation
et attachement
Luc GWIAZDZINSKI (géographe, institut d'urbanisme Lorraine-Nord):
La réversibilité, approche sensible
Samedi 25 septembre
Matin:
Prévisibilités
démographiques et labilité des pratiques sociales:
vraies et fausses évidences à l’épreuve
de la réversibilité
Monique ELEB (architecte
sociologue): L'habitat: flexible, adaptable, réversible?
Pierre VELTZ (sociologue, délégué
ministériel chargé du plateau de Saclay): Labilités
économiques et irréversibilités territoriales, conflits
et stratégies
Après-midi:
Faire advenir le virtuel
urbain: la médiation artistique
Philippe CHAUDOIR
(sociologue urbaniste): Penser la ville fragile
Philippe CABANE (urbaniste):
Actions non-territoriales
André Jean-Marc
LOECHEL (historien d'art, président de la Fondation des territoires
de Demain): Innovation et réversibilité. La réversibilité
comme composante des mythes urbains
Laura GARCIA VITORIA (directrice
scientifique de la Fondation des Territoires de Demain): J'ai
rendu ma ville réversible
Dimanche 26 septembre
Matin:
La parole à
la jeune recherche (synthèse finale)
Aurélie DELAGE (géographe
urbaniste)
Benjamin PRADEL (politique urbaniste)
Chloë VIDAL (philosophe)
Après-midi:
Conclusions
Lundi 27 septembre
DÉPARTS
RÉSUMÉS :
Lauren ANDRES: L'éphémère,
le temporaire et la veille comme enjeux d'une ville réversible
et éminemment mutable
Cette contribution part du postulat suivant:
bien que les territoires urbains aient été construits
et remodelés en fonction d’un mode de pensée
fondé sur l’irréversibilité, la ville,
historiquement, est intrinsèquement mutable et donc, par
essence, réversible. Preuve en est l’existence de multiples
délaissés, friches urbaines, trames et témoins
d’usages et de fonctions désormais révolues car
non adéquates. C’est donc au sein d’une contestation
permanente entre une manière de concevoir l’espace, rigide
et résistante au changement et une nécessité
d’adapter et de modifier les trames urbaines héritées
du passé que les territoires urbains du XXe ont évolué.
Comment alors les villes du XXIe siècle, au nom d’un supposé
(et utopique?) développement durable peuvent-elles renverser
cette conception et, au contraire, considérer la réversibilité
comme clé de leur développement future? Appréhender
l’irréversible revient, à mon sens, à donner
toute son importance à l’éphémère et
au temporaire et, ce, durant des temps d’attente, de transition, dont
font l’objet de multiples espaces et territoires urbains. Plus particulièrement,
c’est au sein d’un temps d’entre-deux caractérisable de veille,
qu’il est possible ponctuellement de puiser des manières de
concevoir la ville réversible, flexible et permissive. En d’autres
termes il s’agit de penser le temporaire comme forme d’action et d’intervention
sur la ville et ce grâce à des usages et projets, artistiques
et culturels en particulier, qui peuvent prendre place sur ces territoires.
Préfigurés de manière singulière
et ponctuelle par certains groupes d’acteurs (artistes en particulier),
au travers d’univers de travail et de rapports à l’espace
bien particulier, mis en œuvre ou repris en main par les acteurs
décisionnaires, à des échelles plus vastes,
les usages temporaires de l’espace tendent à se développer
comme outils et alternatives au renouvellement des villes européennes.
Formes, traductions, bonnes pratiques en quelques sorte de ces villes
et territoires réversibles, ils tendent à attirer de plus
en plus l’attention (dans les pays germaniques et le monde anglo-saxon
en particulier) dans un contexte de crise où de nouveaux modèles
de régénération et de renouvellement urbains
sont désormais recherchés.
Nadia ARAB: Réversibilité
et irréversibilité: deux instruments de gestion de l’indétermination
dans les projets urbains
Il existe plusieurs façons d’aborder les temporalités
de l’action dans les projets urbains. La plus répandue privilégie
une entrée par les temporalités des acteurs. Elus,
habitants, promoteurs, aménageurs, gestionnaires, concepteurs...
autant de temporalités différentes qui interrogent en
particulier les divergences et convergences, les enjeux et les modes
de synchronisation. Le propos développé dans cette communication
adopte une perspective différente en inscrivant le raisonnement
dans le paradigme du projet. Cela amène à insister sur une
caractéristique majeure des projets: leur indétermination.
Tous les projets comportent une part irréductible d’indétermination,
donc d’incertitude. Mais, si tous les projets sont indéterminés,
ils construisent des rapports différenciés à l’indétermination,
certains admettant une logique de réversibilité des choix,
d’autres au contraire instrumentalisant l’irréversibilité
comme mode de gestion de l’indétermination.
Philippe CABANE: Actions non-territoriales
L'espace public, essence de la
vie urbaine, est menacé de multiples intérêts
particuliers qui tendent fortement à se l'approprier. L'espace
libre se change en espace de plus en plus contrôlé.
Mais comment gérer un espace public sans qu'il soit "privatisé"
par des interêts particuliers? Le projet associatif nt/Areal
(nt=non-territorial), situé sur une ancienne gare de marchandise
à Bâle, prouve depuis 10 ans qu'il est possible de relancer
un développement urbain par une simple gestion d'activités
basées sur une culture du réversible. Celle-ci marque
la condition principale d'un développement ouvert aux besoins
imprévisibles du futur. Les principaux acteurs du projet nt/Areal
ont développé une culture de l'éphémère
en agissant en accord avec les réflexions critiques sur l'art
public dans la tradition situationiste depuis Guy Debord. Ici, l'art agit
dans l'espace public et renonce à une détermination monumentale
du lieu. A travers différents exemples, il s'agira de développer
une notion d'"action non-territoriale" comme type d'agir sur l'espace
et de qualifier celle-ci comme une des principales conditions du développement
urbain.
Frédéric DE CONINCK: La réversibilité
de l'usage de l'espace par les entreprises, une mise en question de la durabilité
sociale
Depuis les années 80, et progressivement, les entreprises
possédant plusieurs lieux de production (c’est vrai surtout
pour l’industrie, mais cela vaut aussi pour certains secteurs des
services) se sont employées à rendre leur stratégie
d’implantation territoriale la plus fluide possible. Il s’agit d’un
travail de longue haleine qui a supposé de rendre les sites
de production comparables entre eux sous l’angle des indicateurs de
gestion, mais aussi sous l’angle des modes d’organisation afin de pouvoir
transférer sans heurt une production d’un site à un autre.
Cela a conduit, ensuite, à des changements d’implantation de plus
en plus fréquents.
Un des buts de ces stratégies a été
d’avoir la plus grande réactivité possible face à
des aléas divers. Dans un contexte où les marchés
évoluent et se retournent périodiquement, le plus efficace
est celui qui réagit le plus vite et, comme Keynes l’avait déjà
montré à propos des marchés boursiers, il y a une
prime à la liquidité. Les entreprises se sont donc donné
les moyens de rendre leurs stratégies territoriales réversibles.
Mais ce qui est la réversibilité des uns
n’est pas la réversibilité des autres. Capables de réagir
avec des temporalités extrêmement brèves, les
entreprises prennent de vitesse de plus en plus souvent les temporalités
biographiques des individus et les temporalités des collectivités
locales qui se trouvent "traversées" par des décisions
qui leur échappent. Le non-dit de la réversibilité,
dans ce cas, est l’hétérogénéité grandissante
entre les paramètres de temps des différents acteurs
qui habitent un territoire et les inégalités de pouvoir
d’action que cela engendre. Ce que les documents européens nomment
"l’intégration sociale" est clairement mis en péril par
cette réversibilité-là.
Laura GARCIA VITORIA: J'ai rendu ma ville réversible
Un témoignage personnel des premières utilisations des
applications de géolocalisation et de réalité augmentée
sur nos smartphones illustre parfaitement la thématique de notre
rencontre. Au moment en effet de prendre une photo d’un espace urbain,
se rendait alors visible — suite à une éraflure tactile sur
le programme "Culture clic" — une gravure ancienne représentant
cet espace il a trois cent ans. Au travers d’une application parmi bien
d’autres, une place s’est ainsi présentée non comme objet
de réversibilité potentielle, mais bel et bien sous des traits
chronologiquement bien plus anciens. S’imposa alors l’idée que nous
tenions tous entre les mains — de manière encore éminemment
superficielle, sans en exploiter en rien les considérables potentialités
en matière de gestion des savoirs — un outil de réversibilité
dans notre vision et surtout de notre perception de l’espace urbain. Dans
un texte de l’époque, nous avons souligné alors que nous pouvions
devenir les archéologues de nos environnements cognitifs, une fonction
qui nous serait impartie à tous pour rendre précisément
la ville réversible...
Vincent KAUFMANN: La motilité des
villes
Les conditions de déplacements ont
transformé et transforment encore le monde. Depuis la seconde
guerre mondiale, nous nous déplaçons en moyenne
de plus en plus vite et de plus en plus loin, ce qui transforme
profondément les expériences et les identités.
L'extension massive des possibilités de déplacements
à bas coût a également fortement marqué
l'économie, contribuant à la globalisation et
aux transformations des modes de production. Il n'est ainsi plus
possible de penser les Etats nations comme des sociétés
autonomes les unes vis-à-vis des autres, ni les villes et
les territoires comme des espaces homogènes echässés
dans des frontières nettes. En bref, les sociétés
comme les villes occidentales s redéfinissent à travers
la mobilité.
Qu'est-ce que cela signifie pour la ville,
sa gouvernabilité et sa gouvernance? La communication propose
d'explorer comment le phénomène urbain contemporain
se déploie à partir de la capacité de mobilité
de ses acteurs, leur motilité. En suivant cette veine,
elle propose de considérer qu'une ville ou un territoire
peut être saisi comme le produit d'un agencement spécifique
de motilités.
André Jean-Marc LOECHEL: Innovation et réversibilité.
La réversibilité comme composante des mythes urbains
Si les liens étroits entre l’innovation et la gestion de l’identité
territoriale constituent aujourd’hui une quasi-évidence dans l’observation
des mécanismes de l’attractivité territoriale, leur étude
n’a pour autant était menée que très épisodiquement.
Dans nos analyses et états des lieux, nous rencontrons ainsi souvent
parallèlement l’attention portée à l’environnement
patrimonial et à sa valorisation d’un côté et la constitution
d’un écosystème favorable à l’innovation de l’autre,
la vitalité du premier entraînant même souvent la capacité
de porter par ailleurs une véritable innovation de rupture.
Les deux vecteurs — indispensables également pour permettre à
tous les acteurs locaux de participer à la co-création d’une
vision prospective du territoire — font ainsi que la déclinaison
des futurs s’avère intimement lié à l’intégration
d’images et de savoirs extraits de la perception du passé.
Il y a donc là une donnée fondamentale de compréhension
du sentiment de réversibilité urbaine: la "création
du futur" est un acte intimement lié à la gestion du passé
qui en réalité la permet ! Nous sommes là proches de
la représentation circulaire du temps — avec un futur présenté
comme "ré-interprétation" du passé —, représentation
sur laquelle repose le développement des grands mythes urbains (1):
la réversibilité territoriale s’avère être en
réalité une composante majeure des mythes urbains !
(1) André Jean-Marc Loechel Le Mythe de Venise,
Enciclopedia italiana, 1994.
Philippe MOUILLON: S’inscrire dans la persistance
rétinienne
Si dans la ville classique européenne
la statique des matériaux cristallisait une représentation
du monde, la métropole contemporaine semble n’envisager
léguer à la postérité que son empreinte
carbone. En contrepoint à cette promesse d’incertitude,
Philippe Mouillon et Maryvonne Arnaud développent de nouvelles
procédures, de nouvelles mises en formes artistiques, qui
dramatisent différemment l’espace public afin de saisir
les particularités de l’époque. Ces œuvres, toujours
d’échelle urbaine, engendrent un processus d’agitation, chahutant
et oxygénant nos représentations les plus courantes
du monde pour les relier à des formes antérieures
ou en anticiper de nouvelles. Quelques installations réalisées
à Sao Paulo, à Johannesburg, à Alger ou Sarajevo,
seront ici commentées et mises en débat.
Références
bibliographiques :
Façades imaginaires,
100 pages / français, anglais, 1990, Édition
LABORATOIRE.
Humeur du monde, 128 pages
/ français, 1994, Épuisé, Édition
REVUE NOIRE.
Légendes / Sarajevo,
216 pages / français, anglais, bosniaque, 1996, Édition
LABORATOIRE.
Ce n'est pas par soif, 24
pages / français, 1995, Épuisé, Édition
LABORATOIRE.
Arcos da lapa, 32 pages /
français, anglais, portugais, 1997, Édition
LABORATOIRE.
Face to Face, 36 pages /
français, anglais, zoulou, 2000, Édition
LABORATOIRE.
Pacaembu, 64 pages / français,
anglais, portugais, 1998, Édition LABORATOIRE.
Traversées, 38 pages
/ français, 2000, Édition LABORATOIRE.
Un passage dans la lumière,
172 pages / Français, anglais, arabe, 2003, Édition
BEC EN L'AIR.
Dans le ventre d'Alger, DVD
10'30, 2003, Édition LABORATOIRE.
Tchétchénie (sur)exposée,
64 pages / français, 2005, Édition BEC EN
L'AIR.
Vous êtes ici, local.contemporain
01 / 100 pages, 2004, Édition BEC EN L'AIR.
C'est dimanche !, local.contemporain
02 / 100 pages, 2005, Édition BEC EN L'AIR.
Ville invisible, local.contemporain
03 / 100 pages, 2007, Édition BEC EN L'AIR.
Le précaire, local.contemporain
04 / 80 pages, 2008, Édition BEC EN L'AIR.
Foules, local.contemporain
05 / 100 pages, 2010, Édition BEC EN L'AIR.
Lionel PRIGENT: Le Mont-St-Michel, où le retour orchestré
à l’état d’île
Visite et débat hors les murs: réversibilité
ou réinvention patrimoniale?, animé par Lionel Prigent,
économiste urbaniste
Le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel
appartient à la famille des grandes opérations qui portent
sur la préservation des grands patrimoines de type culturel (Chambord,
Versailles...) ou de type naturel (la pointe du Raz). Dans la plupart
des cas, l’intervention est motivée par une nécessité
de réparer les "outrages du temps", les attaques de quelques pollutions
ou les dommages liés à un trop grand nombre de visiteurs.
L’opération menée au Mont-Saint-Michel se distingue à
la fois par son ampleur et par sa nature — la beauté de la Baie,
le rayonnement de l'Abbaye, mais aussi les résultats des précédentes
interventions humaines — exigeaient que soit conçu, pour le Mont-Saint-Michel,
un projet tout à la fois ambitieux et respectueux du patrimoine
et du paysage.
Ne rien entreprendre eût conduit à voir le
Rocher de l'Archange, jour après jour, abandonné par la mer
et irrémédiablement conquis par les terres. De la réflexion...
Pour durablement repousser cette perspective, il fallait agir. Et d'abord,
formuler un projet intégrant toutes les dimensions, tous les impératifs,
toutes les contraintes du lieu. Puis compléter les connaissances
hydrauliques, sédimentaires, environnementales, économiques
et touristiques pour mettre au point la meilleure solution.
Mené par l’État et le Syndicat mixte dans le souci constant
d'associer les acteurs concernés et le public intéressé,
nourri par trois années de concertation et d’études approfondies,
le projet a obtenu, en juillet 2003, les autorisations nécessaires
au démarrage des travaux suite à l’enquête publique
menée durant l’été 2002. Le travaux vont débuter
en 2005 pour s’achever en 2015.
Pièce maîtresse d’un programme
d’ensemble qui concerne la bande littorale et l’arrière-pays, il
témoigne de la volonté collective de mettre en valeur la baie
toute entière, pour y générer un tourisme de nature
et de culture, de qualité et de partage.
Source: site du Syndicat mixte pour le rétablissement du caractère
maritime du Mont-Saint-Michel (http://www.projetmontsaintmichel.fr/agir/index.html,
consulté le 22 juillet 2010).
De nombreux articles de la presse généraliste et spécialisée
ont été publiés sur le sujet. Les visiteurs sont
régulièrement informés, selon divers moyens, de l’évolution
du projet. Dans la plupart des cas, les communications rivalisent de superlatifs.
Il s’agit de rendre au Mont-Saint-Michel son écrin et de retrouver
un état ancien...
Alors que le barrage sur le Couesnon, étape importante des travaux,
est entré en activité, cet atelier, qui traite de la réversibilité,
sera l’occasion d’analyser les objectifs et la philosophie du programme,
de dresser un bilan de l’action menée, et de présenter les
prochains chantiers. Ne faut-il pas revenir sur les enjeux touristiques
et sur la dimension symbolique des efforts engagés?
Dominique ROYOUX: Gestion multiple du temps, gestion synchronisée
de l’espace: nouvelles questions spatio-temporelles posées aux
villes qui souhaitent devenir réversibles
Après avoir rappelé les causes de l’essor récent
des questions temporelles au sein des politiques publiques locales en
Europe, la communication proposée s’attachera à développer
trois temps:
1) Identifier les lieux, moments, statuts sous forte tension temporelle
et établir une première typologie des politiques d’articulation
temporelles expérimentées ces dix dernières années
(plans horaires, conciliation vie professionnelle-vie familiale, organisation
spatio-temporelle sur les espaces publics ou les lieux de travail...).
2) Identifier un nouvel objet: l’aménagement urbain temporel,
ses vertus, ses limites: la prise en compte des usages différenciés
sur un espace donné, la mutualisation des équipements, les
services partagés entre employeurs et habitants...
3) L’exemple de l’aménagement d’un grand espace public à
Poitiers.
Référence bibliographique :
Royoux (D), Vassalo (P), Zedda (R), 2010, "Vers une conciliation
spatio-temporelle de la ville touristique et de la Ville habitante. Exemples
français et italiens". Dans Ville, urbanisme et tourisme, Les
Cahiers Espaces, n°104, Paris, pp 62-68.
Marcus ZEPF: Rétrécir en Allemagne de
l'Est: l'action collective entre déconstruction et
valorisation
L’origine et la nature des "villes rétrécissantes" en Allemagne
orientale présentent des particularités quant à l’évolution
politique et territoriale particulièrement par rapport aux politiques
publiques de résilience mises en œuvre dans les espaces de déclin.
Le programme fédéral d’action en matière de renouvellement
urbain "Stadumbau Ost" visait au début des années 2000 une
intervention sectorielle et spatialement limitée dans les villes est-allemandes
marquées par le déclin économique et démographique.
L’ampleur de ce changement "structurel" qui s’opère dans cette nouvelle
forme d’organisation urbaine met progressivement en évidence les
limites des mesures traditionnelles de démolition et de déconstruction
de l’armature urbaine obsolète. Aujourd’hui, en Allemagne le rétrécissement
urbain est considéré comme phénomène multidimensionnel
et systémique survenant dans un contexte de co-existance de villes
croissantes et rétrécissantes dans un même territoire.
L’objectif de cette communication est d’illustrer les nouvelles approches
de planification territoriale qui cherchent à articuler les paradigmes
antagonistes de "croissance contrôlée" d’une part et de "repli
organisé" d’autre part.
Les indicateurs et les enjeux de la décroissance permettent-ils
d’établir des nouvelles perspectives de réversibilité
pour les "villes rétrécissantes"?
Les exemples récents d’une planification valorisant le rétrécissement
sont-ils la traduction spatiale du slogan est-allemand: Schrumpfung als
Chance (le rétrécissement est une chance)?