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" Page mise à jour le 31 août 2010
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DU LUNDI 20 SEPTEMBRE (19 H) AU LUNDI 27 SEPTEMBRE (14 H) 2010



VILLES ET TERRITOIRES RÉVERSIBLES


DIRECTION : Franck SCHERRER (urbaniste, Institut d'Urbanisme de Lyon), Martin VANIER (géographe, Institut de Géographie Alpine)

ARGUMENT :

Un des fondements de la pensée moderne quant à l’action collective fut, comme condition historique du progrès, de produire de l’irréversibilité. La ville du XXe siècle, sa société, ses mondes d’action collective, ont été profondément structurés, mais aussi profondément marqués, par ce goût démiurgique pour l’irréversible. On sait aujourd’hui ce qu’a permis de produire cette posture immodeste, mais aussi ce qu'il en a coûté, et continue d’en coûter.

On fait l’hypothèse que le nouveau fondement de la pensée post-moderne — ou hyper-moderne si l’on préfère échapper à ce débat — de l’action collective est dans la promotion du principe inverse: la réversibilité, comme nouvelle posture de la relation à un futur désormais largement désigné comme incertain. L’injonction au développement durable elle-même porte en germe une nouvelle utopie de la ville et du territoire réversible: comment agir de façon équitable sans avoir pour horizon la ville sans cesse inachevée afin de pas obérer les capacités des générations futures à conduire leur propre développement?

La ville réversible au sein de territoires et de réseaux qui le seraient tout autant, les uns comme les autres par leurs acteurs, leurs systèmes d’action, leurs mondes techniques, leurs univers de production matérielle et idéelle? De quoi peut-il bien s’agir? D'où une seconde hypothèse: la réversibilité qualifie, dans les sociétés développées, la relation que l'on construit avec le futur de la même manière que le patrimoine est devenu le filtre hégémonique de notre relation avec le passé.

Ce colloque résolument interdisciplinaire se donne pour objectif de répondre à ces questions en explorant la réversibilité dans le nouveau système de valeurs, dans les formes concrètes, techniques, organisationnelles de son avènement, dans les cultures professionnelles qui la fondent progressivement comme une nouvelle modalité structurante de nos rapports à un temps moins linéaire, et à un espace plus modulable.

Prioritairement destiné aux urbanistes et aux aménageurs, mais ouvert également à tous ceux, chercheurs, enseignants, étudiants, responsables de collectivités, que ces enjeux retiennent, ce colloque souhaite organiser une large rencontre sur la question de la réversibilité, telle qu’elle a déjà été abordée dans d’autres mondes, techniques ou culturels, que celui de la ville (en particulier celui de la production industrielle et du management de l’entreprise), et telle qu’elle a déjà cheminé, aussi bien dans les problématiques scientifiques (notamment les sciences de la matière et les sciences de l’univers) que dans la création artistique (notamment dans le Land Art ou les arts de la rue).

CALENDRIER PROVISOIRE :

Lundi 20 septembre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants
Etre(s) réversibles? A la découverte du sujet... (exploration collective)


Mardi 21 septembre

Matin:
Propos introductifs
Martin VANIER: Ouverture
Franck SCHERRER: Janus plus que Prométhée: ne pas laisser de traces, dernier orgueil de l’urbaniste

Signes avant-coureurs: Les villes rétrécissantes, projeter la décroissance
Sylvie FOL (aménagiste): Les villes rétrécissantes: projeter la décroissance. Regards internationaux
Marcus ZEPF (urbaniste): Rétrécir en Allemagne de l'Est: l'action collective entre déconstruction et valorisation

Après-midi:
Les trames réversibles, architectures territoriales de l’anticipation
Lauren ANDRES (géographe urbaniste): L'éphémère, le temporaire et la veille comme enjeux d'une ville réversible et éminemment mutable
Philippe PANERAI (architecte urbaniste): Eloge de la trame: de la centuriation romaine à la Land Ordinance de Jefferson
Patrick BRAOUEZEC (président de la communauté de communes de Plaine commune)

Soirée:
Cinéma


Mercredi 22 septembre
Matin:
Le projet urbain réversible, condition de la ville durable?
Nadia ARAB (sociologue urbaniste): Réversibilité et irréversibilité: deux instruments de gestion de l’indétermination dans les projets urbains
Frédéric DE CONINCK (sociologue): La réversibilité de l'usage de l'espace par les entreprises, une mise en question de la durabilité sociale
Vincent FOUCHIER (urbaniste géographe): La réversibilité urbaine: une nouvelle utopie?
François GRETHER (architecte urbaniste): Les temps du projet urbain

Après-midi:
La réversibilité est-elle compatible avec la décision politique en matière de développement urbain et territorial?, table ronde entre des praticiens, des élus et des chercheurs animée par Philippe ESTÈBE (géographe), avec François LORFEUVRE (directeur de la prospective et de l'aménagement du territoire du conseil régional de Basse-Normandie), Dominique ROYOUX (président de Tempo Territorial), Laurent SODINI (conseiller régional de Basse-Normandie) et Laurent THÉRY (directeur de la SAMOA - Nantes Métropole)

Soirée:
Vincent KAUFMANN (sociologue): La motilité des villes


Jeudi 23 septembre
Matin:
Alain BOURDIN (sociologue): Réversibilité, abduction et paradigme des conséquences. Un enjeu pour penser la ville?

La réversibilité, approche sensible
Maud LE FLOC'H (directrice artistique): La ville à l'état gazeux

Après-midi:
Le Mont-Saint-Michel, où le retour orchestré à l’état d’île
Visite et débat hors les murs: réversibilité ou recapitalisation patrimoniale?, animé par Lionel PRIGENT (économiste urbaniste) avec François-Xavier de BEAULAINCOURT (Syndicat mixte baie du Mont-Saint-Michel), Eric VANNIER (maire du Mont-Saint-Michel) et Henry DECAENS (Association des Chemins du Mont-Saint-Michel, sous réserves)

Soirée:
Philippe MOUILLON (artiste plasticien): S’inscrire dans la persistance rétinienne


Vendredi 24 septembre
Matin:
Synthèse à mi-parcours, par Franck SCHERRER et Martin VANIER

Qu’est-ce qui est vraiment irréversible?
Yannick BARTHE (sosiologue): La réversibilité dans la gestion des déchets nucléaires: une nouvelle approche de la décision politique

Après-midi:
Philippe DURANCE (prospectiviste): Qu'est-ce qui est vraiment réversible?
Edith HEURGON: Le temps de la prospective, entre émancipation et attachement
Luc GWIAZDZINSKI (géographe, institut d'urbanisme Lorraine-Nord): La réversibilité, approche sensible


Samedi 25 septembre
Matin:
Prévisibilités démographiques et labilité des pratiques sociales: vraies et fausses évidences à l’épreuve de la réversibilité
Monique ELEB (architecte sociologue): L'habitat: flexible, adaptable, réversible?
Pierre VELTZ (sociologue, délégué ministériel chargé du plateau de Saclay): Labilités économiques et irréversibilités territoriales, conflits et stratégies

Après-midi:
Faire advenir le virtuel urbain: la médiation artistique
Philippe CHAUDOIR (sociologue urbaniste): Penser la ville fragile
Philippe CABANE (urbaniste): Actions non-territoriales
André Jean-Marc LOECHEL (historien d'art, président de la Fondation des territoires de Demain): Innovation et réversibilité. La réversibilité comme composante des mythes urbains
Laura GARCIA VITORIA (directrice scientifique de la Fondation des Territoires de Demain): J'ai rendu ma ville réversible


Dimanche 26 septembre
Matin:
La parole à la jeune recherche (synthèse finale)
Aurélie DELAGE
(géographe urbaniste)
Benjamin PRADEL (politique urbaniste)
Chloë VIDAL (philosophe)

Après-midi:
Conclusions


Lundi 27 septembre
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Lauren ANDRES: L'éphémère, le temporaire et la veille comme enjeux d'une ville réversible et éminemment mutable

Cette contribution part du postulat suivant: bien que les territoires urbains aient été construits et remodelés en fonction d’un mode de pensée fondé sur l’irréversibilité, la ville, historiquement, est intrinsèquement mutable et donc, par essence, réversible. Preuve en est l’existence de multiples délaissés, friches urbaines, trames et témoins d’usages et de fonctions désormais révolues car non adéquates. C’est donc au sein d’une contestation permanente entre une manière de concevoir l’espace, rigide et résistante au changement et une nécessité d’adapter et de modifier les trames urbaines héritées du passé que les territoires urbains du XXe ont évolué. Comment alors les villes du XXIe siècle, au nom d’un supposé (et utopique?) développement durable peuvent-elles renverser cette conception et, au contraire, considérer la réversibilité comme clé de leur développement future? Appréhender l’irréversible revient, à mon sens, à donner toute son importance à l’éphémère et au temporaire et, ce, durant des temps d’attente, de transition, dont font l’objet de multiples espaces et territoires urbains. Plus particulièrement, c’est au sein d’un temps d’entre-deux caractérisable de veille, qu’il est possible ponctuellement de puiser des manières de concevoir la ville réversible, flexible et permissive. En d’autres termes il s’agit de penser le temporaire comme forme d’action et d’intervention sur la ville et ce grâce à des usages et projets, artistiques et culturels en particulier, qui peuvent prendre place sur ces territoires. Préfigurés de manière singulière et ponctuelle par certains groupes d’acteurs (artistes en particulier), au travers d’univers de travail et de rapports à l’espace bien particulier, mis en œuvre ou repris en main par les acteurs décisionnaires, à des échelles plus vastes, les usages temporaires de l’espace tendent à se développer comme outils et alternatives au renouvellement des villes européennes. Formes, traductions, bonnes pratiques en quelques sorte de ces villes et territoires réversibles, ils tendent à attirer de plus en plus l’attention (dans les pays germaniques et le monde anglo-saxon en particulier) dans un contexte de crise où de nouveaux modèles de régénération et de renouvellement urbains sont désormais recherchés.

Nadia ARAB: Réversibilité et irréversibilité: deux instruments de gestion de l’indétermination dans les projets urbains
Il existe plusieurs façons d’aborder les temporalités de l’action dans les projets urbains. La plus répandue privilégie une entrée par les temporalités des acteurs. Elus, habitants, promoteurs, aménageurs, gestionnaires, concepteurs... autant de temporalités différentes qui interrogent en particulier les divergences et convergences, les enjeux et les modes de synchronisation. Le propos développé dans cette communication adopte une perspective différente en inscrivant le raisonnement dans le paradigme du projet. Cela amène à insister sur une caractéristique majeure des projets: leur indétermination. Tous les projets comportent une part irréductible d’indétermination, donc d’incertitude. Mais, si tous les projets sont indéterminés, ils construisent des rapports différenciés à l’indétermination, certains admettant une logique de réversibilité des choix, d’autres au contraire instrumentalisant l’irréversibilité comme mode de gestion de l’indétermination.

Philippe CABANE: Actions non-territoriales
L'espace public, essence de la vie urbaine, est menacé de multiples intérêts particuliers qui tendent fortement à se l'approprier. L'espace libre se change en espace de plus en plus contrôlé. Mais comment gérer un espace public sans qu'il soit "privatisé" par des interêts particuliers? Le projet associatif nt/Areal  (nt=non-territorial), situé sur une ancienne gare de marchandise à Bâle, prouve depuis 10 ans qu'il est possible de relancer un développement urbain par une simple gestion d'activités basées sur une culture du réversible. Celle-ci marque la condition principale d'un développement ouvert aux besoins imprévisibles du futur. Les principaux acteurs du projet nt/Areal ont développé une culture de l'éphémère en agissant en accord avec les réflexions critiques sur l'art public dans la tradition situationiste depuis Guy Debord. Ici, l'art agit dans l'espace public et renonce à une détermination monumentale du lieu. A travers différents exemples, il s'agira de développer une notion d'"action non-territoriale" comme type d'agir sur l'espace et de qualifier celle-ci comme une des principales conditions du développement urbain.

Frédéric DE CONINCK: La réversibilité de l'usage de l'espace par les entreprises, une mise en question de la durabilité sociale
Depuis les années 80, et progressivement, les entreprises possédant plusieurs lieux de production (c’est vrai surtout pour l’industrie, mais cela vaut aussi pour certains secteurs des services) se sont employées à rendre leur stratégie d’implantation territoriale la plus fluide possible. Il s’agit d’un travail de longue haleine qui a supposé de rendre les sites de production comparables entre eux sous l’angle des indicateurs de gestion, mais aussi sous l’angle des modes d’organisation afin de pouvoir transférer sans heurt une production d’un site à un autre. Cela a conduit, ensuite, à des changements d’implantation de plus en plus fréquents.
Un des buts de ces stratégies a été d’avoir la plus grande réactivité possible face à des aléas divers. Dans un contexte où les marchés évoluent et se retournent périodiquement, le plus efficace est celui qui réagit le plus vite et, comme Keynes l’avait déjà montré à propos des marchés boursiers, il y a une prime à la liquidité. Les entreprises se sont donc donné les moyens de rendre leurs stratégies territoriales réversibles.
Mais ce qui est la réversibilité des uns n’est pas la réversibilité des autres. Capables de réagir avec des temporalités extrêmement brèves, les entreprises prennent de vitesse de plus en plus souvent les temporalités biographiques des individus et les temporalités des collectivités locales qui se trouvent "traversées" par des décisions qui leur échappent. Le non-dit de la réversibilité, dans ce cas, est l’hétérogénéité grandissante entre les paramètres de temps des différents acteurs qui habitent un territoire et les inégalités de pouvoir d’action que cela engendre. Ce que les documents européens nomment "l’intégration sociale" est clairement mis en péril par cette réversibilité-là.

Laura GARCIA VITORIA: J'ai rendu ma ville réversible
Un témoignage personnel des premières utilisations des applications de géolocalisation et de réalité augmentée sur nos smartphones illustre parfaitement la thématique de notre rencontre. Au moment en effet de prendre une photo d’un espace urbain, se rendait alors visible — suite à une éraflure tactile sur le programme "Culture clic" — une gravure ancienne représentant cet espace il a trois cent ans. Au travers d’une application parmi bien d’autres, une place s’est ainsi présentée non comme objet de réversibilité potentielle, mais bel et bien sous des traits chronologiquement bien plus anciens. S’imposa alors l’idée que nous tenions tous entre les mains — de manière encore éminemment superficielle, sans en exploiter en rien les considérables potentialités en matière de gestion des savoirs — un outil de réversibilité dans notre vision et surtout de notre perception de l’espace urbain. Dans un texte de l’époque, nous avons souligné alors que nous pouvions devenir les archéologues de nos environnements cognitifs, une fonction qui nous serait impartie à tous pour rendre précisément la ville réversible...

Vincent KAUFMANN:
La motilité des villes
Les conditions de déplacements ont transformé et transforment encore le monde. Depuis la seconde guerre mondiale, nous nous déplaçons en moyenne de plus en plus vite et de plus en plus loin, ce qui transforme profondément les expériences et les identités. L'extension massive des possibilités de déplacements à bas coût a également fortement marqué l'économie, contribuant à la globalisation et aux transformations des modes de production. Il n'est ainsi plus possible de penser les Etats nations comme des sociétés autonomes les unes vis-à-vis des autres, ni les villes et les territoires comme des espaces homogènes echässés dans des frontières nettes. En bref, les sociétés comme les villes occidentales s redéfinissent à travers la mobilité.
Qu'est-ce que cela signifie pour la ville, sa gouvernabilité et sa gouvernance? La communication propose d'explorer comment le phénomène urbain contemporain se déploie à partir de la capacité de mobilité de ses acteurs, leur motilité. En suivant cette veine, elle propose de considérer qu'une ville ou un territoire peut être saisi comme le produit d'un agencement spécifique de motilités.

André Jean-Marc LOECHEL: Innovation et réversibilité. La réversibilité comme composante des mythes urbains
Si les liens étroits entre l’innovation et la gestion de l’identité territoriale constituent aujourd’hui une quasi-évidence dans l’observation des mécanismes de l’attractivité territoriale, leur étude n’a pour autant était menée que très épisodiquement. Dans nos analyses et états des lieux, nous rencontrons ainsi souvent parallèlement l’attention portée à l’environnement patrimonial et à sa valorisation d’un côté et la constitution d’un écosystème favorable à l’innovation de l’autre, la vitalité du premier entraînant même souvent la capacité de porter par ailleurs une véritable innovation de rupture.
Les deux vecteurs — indispensables également pour permettre à tous les acteurs locaux de participer à la co-création d’une vision prospective du territoire — font ainsi que la déclinaison des futurs s’avère intimement lié à l’intégration d’images et de savoirs extraits de la perception du passé.
Il y a donc là une donnée fondamentale de compréhension du sentiment de réversibilité urbaine: la "création du futur" est un acte intimement lié à la gestion du passé qui en réalité la permet ! Nous sommes là proches de la représentation circulaire du temps — avec un futur présenté comme "ré-interprétation" du passé —, représentation sur laquelle repose le développement des grands mythes urbains (1): la réversibilité territoriale s’avère être en réalité une composante majeure des mythes urbains !

(1) André Jean-Marc Loechel Le Mythe de Venise, Enciclopedia italiana, 1994.

Philippe MOUILLON: S’inscrire dans la persistance rétinienne

Si dans la ville classique européenne la statique des matériaux cristallisait une représentation du monde, la métropole contemporaine semble n’envisager léguer à la postérité que son empreinte carbone. En contrepoint à cette promesse d’incertitude, Philippe Mouillon et Maryvonne Arnaud développent de nouvelles procédures, de nouvelles mises en formes artistiques, qui dramatisent différemment l’espace public afin de saisir les particularités de l’époque. Ces œuvres, toujours d’échelle urbaine, engendrent un processus d’agitation, chahutant et oxygénant nos représentations les plus courantes du monde pour les relier à des formes antérieures ou en anticiper de nouvelles. Quelques installations réalisées à Sao Paulo, à Johannesburg, à Alger ou Sarajevo, seront ici commentées et mises en débat.

Références bibliographiques :

Façades imaginaires, 100 pages / français, anglais, 1990, Édition LABORATOIRE.
Humeur du monde, 128 pages / français, 1994, Épuisé, Édition REVUE NOIRE.
Légendes / Sarajevo, 216 pages / français, anglais, bosniaque, 1996, Édition LABORATOIRE.
Ce n'est pas par soif, 24 pages / français, 1995, Épuisé, Édition LABORATOIRE.
Arcos da lapa, 32 pages / français,   anglais, portugais, 1997, Édition LABORATOIRE.
Face to Face, 36 pages / français, anglais, zoulou, 2000, Édition LABORATOIRE.
Pacaembu, 64 pages / français, anglais, portugais, 1998, Édition LABORATOIRE.
Traversées, 38 pages / français, 2000, Édition LABORATOIRE.
Un passage dans la lumière, 172 pages / Français, anglais, arabe, 2003, Édition BEC EN L'AIR.
Dans le ventre d'Alger, DVD 10'30, 2003, Édition LABORATOIRE.
Tchétchénie (sur)exposée, 64 pages / français, 2005, Édition BEC EN L'AIR.
Vous êtes ici, local.contemporain 01 / 100 pages, 2004, Édition BEC EN L'AIR.
C'est dimanche !, local.contemporain 02 / 100 pages, 2005, Édition BEC EN L'AIR.
Ville invisible, local.contemporain 03 / 100 pages, 2007, Édition BEC EN L'AIR.
Le précaire, local.contemporain 04 / 80 pages, 2008, Édition BEC EN L'AIR.
Foules, local.contemporain 05 / 100 pages, 2010, Édition BEC EN L'AIR.


Lionel PRIGENT: Le Mont-St-Michel, où le retour orchestré à l’état d’île
Visite et débat hors les murs: réversibilité ou réinvention patrimoniale?, animé par Lionel Prigent, économiste urbaniste
Le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel appartient à la famille des grandes opérations qui portent sur la préservation des grands patrimoines de type culturel (Chambord, Versailles...) ou de type naturel (la pointe du Raz). Dans la plupart des cas, l’intervention est motivée par une nécessité de réparer les "outrages du temps", les attaques de quelques pollutions ou les dommages liés à un trop grand nombre de visiteurs.
L’opération menée au Mont-Saint-Michel se distingue à la fois par son ampleur et par sa nature — la beauté de la Baie, le rayonnement de l'Abbaye, mais aussi les résultats des précédentes interventions humaines — exigeaient que soit conçu, pour le Mont-Saint-Michel, un projet tout à la fois ambitieux et respectueux du patrimoine et du paysage.
 Ne rien entreprendre eût conduit à voir le Rocher de l'Archange, jour après jour, abandonné par la mer et irrémédiablement conquis par les terres. De la réflexion...
Pour durablement repousser cette perspective, il fallait agir. Et d'abord, formuler un projet intégrant toutes les dimensions, tous les impératifs, toutes les contraintes du lieu. Puis compléter les connaissances hydrauliques, sédimentaires, environnementales, économiques et touristiques pour mettre au point la meilleure solution.
Mené par l’État et le Syndicat mixte dans le souci constant d'associer les acteurs concernés et le public intéressé, nourri par trois années de concertation et d’études approfondies, le projet a obtenu, en juillet 2003, les autorisations nécessaires au démarrage des travaux suite à l’enquête publique menée durant l’été 2002. Le travaux vont débuter en 2005 pour s’achever en 2015.
 
Pièce maîtresse d’un programme d’ensemble qui concerne la bande littorale et l’arrière-pays, il témoigne de la volonté collective de mettre en valeur la baie toute entière, pour y générer un tourisme de nature et de culture, de qualité et de partage.
Source: site du Syndicat mixte pour le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel (http://www.projetmontsaintmichel.fr/agir/index.html, consulté le 22 juillet 2010).

De nombreux articles de la presse généraliste et spécialisée ont été publiés sur le sujet. Les visiteurs sont régulièrement informés, selon divers moyens, de l’évolution du projet. Dans la plupart des cas, les communications rivalisent de superlatifs. Il s’agit de rendre au Mont-Saint-Michel son écrin et de retrouver un état ancien...
Alors que le barrage sur le Couesnon, étape importante des travaux, est entré en activité, cet atelier, qui traite de la réversibilité, sera l’occasion d’analyser les objectifs et la philosophie du programme, de dresser un bilan de l’action menée, et de présenter les prochains chantiers. Ne faut-il pas revenir sur les enjeux touristiques et sur la dimension symbolique des efforts engagés?

Dominique ROYOUX: Gestion multiple du temps, gestion synchronisée de l’espace: nouvelles questions spatio-temporelles posées aux villes qui souhaitent devenir réversibles
Après avoir rappelé les causes de l’essor récent des questions temporelles au sein des politiques publiques locales en Europe, la communication proposée s’attachera à développer trois temps:
1) Identifier les lieux, moments, statuts sous forte tension temporelle et établir une première typologie des politiques d’articulation temporelles expérimentées ces dix dernières années (plans horaires, conciliation vie professionnelle-vie familiale, organisation spatio-temporelle sur les espaces publics ou les lieux de travail...).
2) Identifier un nouvel objet: l’aménagement urbain temporel, ses vertus, ses limites: la prise en compte des usages différenciés sur un espace donné, la mutualisation des équipements, les services partagés entre employeurs et habitants...
3) L’exemple de l’aménagement d’un grand espace public à Poitiers.

Référence bibliographique :

Royoux (D), Vassalo (P), Zedda (R), 2010, "Vers une conciliation spatio-temporelle de la ville touristique et de la Ville habitante. Exemples français et italiens". Dans Ville, urbanisme et tourisme, Les Cahiers Espaces, n°104, Paris, pp 62-68.

Marcus ZEPF: Rétrécir en Allemagne de l'Est: l'action collective entre déconstruction et valorisation
L’origine et la nature des "villes rétrécissantes" en Allemagne orientale présentent des particularités quant à l’évolution politique et territoriale particulièrement par rapport aux politiques publiques de résilience mises en œuvre dans les espaces de déclin. Le programme fédéral d’action en matière de renouvellement urbain "Stadumbau Ost" visait au début des années 2000 une intervention sectorielle et spatialement limitée dans les villes est-allemandes marquées par le déclin économique et démographique.
L’ampleur de ce changement "structurel" qui s’opère dans cette nouvelle forme d’organisation urbaine met progressivement en évidence les limites des mesures traditionnelles de démolition et de déconstruction de l’armature urbaine obsolète. Aujourd’hui, en Allemagne le rétrécissement urbain est considéré comme phénomène multidimensionnel et systémique survenant dans un contexte de co-existance de villes croissantes et rétrécissantes dans un même territoire.
L’objectif de cette communication est d’illustrer les nouvelles approches de planification territoriale qui cherchent à articuler les paradigmes antagonistes de "croissance contrôlée" d’une part et de "repli organisé" d’autre part.
Les indicateurs et les enjeux de la décroissance permettent-ils d’établir des nouvelles perspectives de réversibilité pour les "villes rétrécissantes"?
Les exemples récents d’une planification valorisant le rétrécissement sont-ils la traduction spatiale du slogan est-allemand: Schrumpfung als Chance (le rétrécissement est une chance)?


Avec le soutien du Conseil régional de Basse-Normandie



et le concours de la Fondation des Territoires de Demain (http://www.territoires-de-demain.org)






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