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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2012 : un des colloques







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LE MOMENT DU VIVANT

DU JEUDI 16 AOÛT (19 H) AU JEUDI 23 AOÛT (14 H) 2012

DIRECTION : Arnaud FRANÇOIS, Frédéric WORMS

ARGUMENT :

Le problème du vivant n'est plus aujourd'hui un problème "local", il traverse et bouscule tous les domaines de la connaissance et de l'action, depuis les fondements de l'esprit (dans le cerveau) jusqu'à la préservation de la vie (dans l'univers), en passant par le rapport de l'homme et de l'animal, le soin et le pouvoir entre les vivants, l'expression de la vie qui fait retour dans la littérature et dans l'art.

Mais rien ne serait plus trompeur que d'y voir une évidence réductrice: comme s'il s'agissait seulement de réduire la pensée aux neurones, l'histoire à la survie, tous les vivants à un seul modèle, l'éthique de la "bioéthique" (ou la politique à la "biopolitique"), la littérature à la biographie. Il y a là, au contraire, des tensions nouvelles, qui ne sont pas extérieures au "vivant", mais qui le définissent: entre la vie et la mort, entre l'homme et l'animal, entre le soin et le pouvoir, entre l'écriture et la vie. C'est comme problème que le vivant entre dans ces domaines, c'est à travers la diversité si frappante des approches nouvelles qu'il suscite, que se constitue le moment philosophique (mais aussi scientifique et historique) présent, comme moment du vivant.

Le but du présent colloque est donc d'explorer ce problème, ce domaine, ces tensions, ces approches, c'est-à-dire non seulement de donner une première carte de ce moment, mais de tenter de le parcourir et de le penser, en acte. Il sera constitué d'étapes qui seront autant de moments dans ce moment et occuperont chacune une journée, de la métaphysique à l'esthétique, en passant par la biologie, l'anthropologie, l'éthique et la politique. Ce ne seront pas seulement des exposés "sur" le vivant ou le moment présent, comme sur un objet extérieur, mais des interventions engagées chacune dans le problème du vivant, et constituant ce moment, par leurs relations et leurs tensions, elles-mêmes.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Jeudi 16 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Vendredi 17 août
Matin:
Ouverture
Frédéric WORMS: Le moment du vivant? (conférence en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de Caen)
Alain PROCHIANTZ: Qu'est-ce que le vivant?

Après-midi:
Métaphysique
Pierre MONTEBELLO: Métaphysique et anthropologie de la vie
Rocco RONCHI: L'acte du vivant. La vie dans le miroir de la philosophie spéculative (Aristote, Bergson, Gentile)
Johann CHAPOUTOT: La "vie" comme norme: la nouvelle normativité des nazis

Soirée théâtrale:
Ex vivo / in vitro de Jean-François PEYRET et d'Alain PROCHIANTZ au théâtre national de la Colline à Paris (projection DVD)


Samedi 18 août
Biologie
Matin: (Centre d'Etude du Vivant, Université Paris VII-Denis Diderot/Institut des Humanités)
Le vivant et le temps
Marc LACHIEZE-REY: Temps physique et temps biologique
Jean-Claude AMEISEN: Vie, mort, devenir

Après-midi:
Didier SICARD: La mémoire, le temps et l'éthique
Eduardo DEI CAS: Les bases d’une éthique transphylétique. Incidences des stratégies de recherche sur les représentations du vivant et de la santé
Paul-Antoine MIQUEL: Le concept de nature

Soirée:
Atelier Regards croisés: l'extrême Orient et le vivant, avec Shin ABIKO, Paul DUMOUCHEL et Jacques GIES


Dimanche 19 août
Anthropologie
Matin:
Anne DEVARIEUX: Phénoménologie de la vie et du vivant. La vie ou l'"archi-référence"
Anne GLÉONEC: Pour une autre approche de la biopolitique: une refonte phénoménologique de l’analogie du corps politique
Etienne BIMBENET: L'homme et l'animal: quelle communauté?

Après-midi:
Frédéric KECK: Biopolitique des sentinelles
Paul DUMOUCHEL: La catastrophe entre vie et justice
André MICOUD: Le moment écologique

Soirée:
Atelier Jeunes Chercheurs "Philosophie contemporaine", animé par Anne LEFEBVRE et Caterina ZANFI, avec Madalina GUZUN, Saki KOGURE, Arum LEE, Nathalie LUCAS, Kaja Jenssen RATHE et Stéphane ZYGART


Lundi 20 août
Matin:
Politique
Florence CAEYMAEX & Julien PIERON: Des politiques du vivant aux politiques de la nature: concepts (I) et pratiques (II)
Jae-Hyung JOO: Comment parler de politique à partir de la vie?
Roland SCHAER: Répondre du vivant

Après-midi:
DÉTENTE


Mardi 21 août
Ethique
Matin:
(ETHOS)
Alain KAUFMANN: Le vivant et le social
Lazare BENAROYO: Vie, médecine, responsabilité
Frédérique BISIAUX: Le soin maternel à la lumière de l'ontologie de la relation

Après-midi:
Arnaud FRANÇOIS: La différence entre santé et maladie. Modèles

(SIES)
Jean-Christophe MINO: La vie à tout prix? Logique thérapeutique et invisibilisation de la question de la mort au grand âge
Nathalie ZACCAÏ-REYNERS: La vie de l’image comme médiation. Une lecture de Marion Milner

Soirée:
Cinéma, avec Nathalie ZACCAÏ-REYNERS


Mercredi 22 août
Esthétique
Matin:
Anne SIMON: Hommes et bêtes à vif: trouble dans la domestication et littérature contemporaine
Claire MARIN: Se sentir vivant

Après-midi:
Antonia SOULEZ: Le langage et la vie
Yvon INIZAN: Ecrire la vie
Olivier GOULET: Corps.EXT, expérimentation artistique du vivant

Soirée musicale:
Récital "Lucrèce ou le chant des possibles", par Emmanuel LASCOUX avec Guillaume DOUSSARD et Samuel LASCOUX


Jeudi 23 août
Matin:
Discussion générale

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Etienne BIMBENET: L'homme et l'animal: quelle communauté?
C’est un fait d’époque: notre sensibilité à l’égard des animaux s’affine, tendant à les intégrer toujours plus étroitement au cercle de la considération morale. Les défenseurs de la "libération animale" (P. Singer) ou du "droit des animaux" (T. Regan) entendent fonder cette intégration sur l’exhibition de capacités mentales communes aux hommes et aux animaux, comme la sensibilité (sentience) ou le fait d’être "sujet d’une vie". Une telle stratégie s’appuie, corrélativement, sur la révocation d’un propre de l’homme réputé cautionner notre maltraitance ancestrale de l’animal. Est-ce la bonne manière de faire? On tentera de défendre ici une approche différente, assumant une forme d’anthropocentrisme dont on montrera qu’il est constitutif de notre rapport à l’animal. Bien loin de nous pousser à renier le propre de l’homme, le respect de l’animal commence au contraire par une considération sérieuse de ce propre. Ce n’est pas seulement qu’un respect de vérité commence par la connaissance précise de ce que sont et l’homme et l’animal; c’est en outre que l’attachement de l’homme à lui-même et à ce qu’il s’attache représente en réalité le seul fondement possible d’une communauté sincère.

Ancien élève de l’École Normale Supérieure, Étienne Bimbenet est actuellement maître de conférences à l’Université Jean Moulin–Lyon III, où il enseigne la philosophie contemporaine et la phénoménologie. Il est membre des Archives Husserl de Paris; il co-dirige avec Bruce Bégout la collection "Matière étrangère", aux éditions Vri; il fait partie du comité de direction de la revue de phénoménologie Alter. Il travaille sur Merleau-Ponty, mais aussi sur la question de notre origine animale et sur la possibilité d’une anthropologie d’un point de vue phénoménologique.
Il est l’auteur de Nature et Humanité. Le problème anthropologique dans l’œuvre de Merleau-Ponty (Vrin, 2004); de Après Merleau-Ponty. Études sur la fécondité d’une pensée (Vrin, septembre 2011) et de L’Animal que je ne suis plus (Gallimard, octobre 2011).


Frédérique BISIAUX: Le soin maternel à la lumière de l'ontologie de la relation
Le comportement de soin est un fait vital dont l’éthologie met en évidence la centralité pour appréhender l’ontogénèse du comportement instinctif des animaux. La vie animale ne peut donc être abstraite d’une histoire relationnelle qui constitue le soubassement de ce qui se présente bien à nous comme une "autre existence" (Merleau Ponty, La structure du comportement). Dans le monde humain, le comportement de soin maternel ne peut être conçu hors de l’entrelacs des sphères vitale, morale et sociale dont nous réfléchirons la complexité spécifique en ramenant le comportement de soin à son fondement, à une ontologie de la relation dont on expliquera pourquoi elle contribue à dégenrer le soin maternel et à l’affranchir de la spécialisation sexuée des tâches où la société occidentale l’enferme depuis les Lumières.

Florence CAEYMAEX & Julien PIERON: Des politiques du vivant aux politiques de la nature: concepts (I) et pratiques (II)
Dire que la question de la vie n’est plus seulement un problème "local" (d’ordre moral ou scientifique par exemple), mais traverse tous les domaines de la connaissance et de l’action paraît donner un crédit renouvelé à l’hypothèse biopolitique formulée par Foucault en 1976, selon laquelle l’un des modes contemporains d’exercice du pouvoir passe par la puissance de "faire vivre et laisser mourir". Au-delà de sa reformulation comme concept historico-critique chez Agamben et Esposito, la notion de biopolitique fait aujourd’hui l’objet, dans le champ des sciences sociales, d’un usage qui tend à souligner l’existence d’une "multiplicité des politiques de la vie" (Vailly, Niewöhner & Kehr, 2011). Cet usage renoue implicitement ou explicitement avec l’idée foucaldienne que l’enjeu de l’hypothèse biopolitique n’est pas tant la vie elle-même, tenue pour un "donné", que la modalité d’analyse du pouvoir, pour laquelle l’objet du pouvoir est d’abord une entité qui prend consistance - ou se construit - par des technologies, des agencements de discours et de pratiques. Pour aborder ces technologies, certaines de ces études sont amenées à croiser deux perspectives: une perspective généalogique et une perspective ethnographique, dont Foucault et Latour ont respectivement fourni les modèles. C’est à partir d’une comparaison de ces deux démarches, parfois rangées sous l’étiquette de "constructivisme", qu’il s’agira d’interroger, en deux temps, la pertinence théorique et pratique de ce croisement pour une analyse des "biopolitiques".

Florence Caeymaex est philosophe, chercheur qualifié du F.R.S.-FNRS à l’Université de Liège, co-directrice du projet ARC/fructis "Contemporary politics of nature" et membre du Comité consultatif de bioéthique de Belgique. Spécialiste de Bergson et de Sartre, elle travaille sur les rapports entre vie, normes et politique (en coll. avec J. Pieron).
Publications
"Vie et praxis: le statut de l’organisme dans la Critique de la Raison dialectique", dans La nature vivante in Bulletin d’analyse phénoménologique, Volume 6 (2010), n°2.
"Le concept de biopolitique est-il un concept critique?", dans Medicalizzazione, sorveglianza e biopolitica. A partire da Michel Foucault (a cura di Natascia Mattucci, Gianluca Vagnarelli), Milano-Udine, Mimesis filosofie, 2012, p. 13-29.
"La société sortie des mains de la nature. Nature et biologie dans Les deux sources", dans Annales Bergsoniennes V, Bergson et la politique: de Jaurès à aujourd’hui, coll. "Epiméthée", PUF, 2012, p. 311-333.

Julien Pieron est philosophe, maître de conférences à l’Université de Liège et coordinateur scientifique du projet ARC/fructis "Contemporary politics of nature". Auteur d’un ouvrage sur Heidegger, de recherches sur l’épistémologie historique française et actuellement sur l’ethnographie de B. Latour, il travaille sur les rapports entre vie, normes et politique (en coll. avec F. Caeymaex).
Publications
"De l’analytique existentiale à la zoologie privative: le problème de la différence anthropologique et l’amorce du "tournant"", Alter, n°17, 2009, p. 195-212.
La nature vivante in Bulletin d'Analyse Phénoménologique, Volume 6 (2010),  n°2.
"Le concept de "biopolitique" est-il pertinent pour penser les nouvelles stratégies de prévention du VIH/sida?", in N. Mattucci & G. Vagnarelli (éd.), Medicalizzazione, sorveglianza e biopolitica, Mimesis Edizioni, 2012.
F. Caeymaex & J. Pieron, "Enjeux politiques et critiques d’une philosophie des normes", à paraître aux PUF dans un volume sur les Usages de Foucault dirigé par G. Le Blanc.


Anne DEVARIEUX: Phénoménologie de la vie et du vivant. La vie ou l'"archi-référence"
La phénoménologie "historique" depuis Husserl fait référence à la vie, fait signe vers elle, et cela de façon équivoque, comme vers un fond, un arrière-plan, ou un commencement qui gouverne nos vies individuelles. Par la prééminence et la supériorité qu’on lui accorde (contre quoi? La connaissance théorique abstraite? La mort? Le monde? L’achèvement, la fin?), elle renvoie à une logique de l’excès de la chose dont on parle, que mime parfois le discours jusque dans son vocabulaire: archi-référent et archi-référée, la vie est "l’archi-fait". Comment cet Ultime fondement, son "omniréalité" (au cœur de nos vies et de nos discours) se laisse-t-il saisir? Si la référence est commencement, et "l’archi-référence" (M. Henry) commencement d’un commencement, comment s’y réfère-t-on sinon nécessairement de manière circulaire? Quel accès à la vie sinon dans la vie, ou par le vivant que nous sommes? Si, comme nous y invite le titre de ce colloque, moment du vivant il y a, un tel moment ne peut pas désigner un point (qui serait plus qu’un instant) dans une histoire, mais plutôt le produit d’une puissance (comme en mécanique), un mouvement ou une impulsion, mais aussi ses vicissitudes. Le moment du vivant est tout à la fois pour le vivant le poids de sa vie, la cause de son mouvement, de son écoulement, mais aussi son essentiel changement, sa variation. C’est par conséquent autour du concept de mouvement que nous l’interrogerons, à travers notamment les phénoménologies de la vie de Michel Henry et de Renaud Barbaras.

Arnaud FRANÇOIS: La différence entre santé et maladie. Modèles
La présente conférence, qui se veut la présentation de résultats acquis au cours d’une recherche de plusieurs années en philosophie de la médecine et de la biologie, discerne, au sein de l’histoire des conceptions de la maladie, deux modèles principaux, l’un selon lequel la maladie est un "vouloir-mourir" interne à l’organisme et au psychisme, l’autre selon lequel elle se ramène à un moyen de reconquérir la santé. Elle cherche, sur ce socle, à présenter une conception de la maladie pour notre temps, puisque celle-ci ne saurait accepter ni la négativité pure (et en définitive inconcevable) qui lui est prêtée par la première conception, ni l’optimisme imperturbable de la seconde, indifférente à la finitude qu’elle manifeste.

Anne GLÉONEC: Pour une autre approche de la biopolitique: une refonte phénoménologique de l’analogie du corps politique
Notre intervention tentera - sur le sol d’une refonte phénoménologique de l’analogie entre le corps et le corps politique - une confrontation critique entre les ententes patočkiennes et merleau-pontiennes de la corporéité et la théorie de la bio-politique ouverte par M. Foucault. Le but étant de dévoiler ici dans quelle mesure il est possible de comprendre ensemble que le pouvoir en ses ordres construit le corps, le sexe, et les rapports de genre, mais qu’il sourd lui-même en la diversité de ses possibles - d’où l’infatigable histoire des analogies du corps politique - d’un vécu corporel qui est le lieu d’une proto-formation de l’imaginaire social, où s’ancrent les rapports intersubjectifs; de comprendre donc qu’il y a pleine circularité entre corps et pouvoir.

Alain KAUFMANN: Le vivant et le social
Dans le contexte du Programme international de recherche sur le Génome Humain (PGH), l’une des plus grandes surprises a été le rôle joué par les associations de patients. En France, l’Association Française contre les Myopathies (AFM) a apporté une contribution essentielle à la cartographie du génome avec la création du laboratoire Généthon. En matière de maladies - les maladies génétiques rares en particulier que l’on estime à plus de 7000 -, le fatalisme, le sentiment d’impuissance et la passivité qui sont les attributs du déterminisme biologique ont laissé la place à des démarches actives et militantes visant à faire de la biologie un espace de conquête de nouveaux espoirs thérapeutiques impliquant les patients dans une entreprise de co-production des connaissances aux côtés des médecins et des chercheurs. On peut même parler de l’émergence d’une nouvelle forme de "citoyenneté biologique" (biological citizenship; Rose & Novas) articulant de manière inédite identité biologique et identité sociale. Nous aborderons dans cette communication l’impact de la mobilisation des groupes concernés et de la prolifération de ces "biosocialités" (Rabinow) sur les politiques du vivant qui soutiennent le développement de la génomique, et les réagencements des biopouvoirs qui en résultent. Cette nouvelle configuration, associée au développement rapide du Direct-To-Consumer genomics et du séquençage à haut débit qui promettent l’émergence d’une "médecine personnalisée", nous obligent à repenser la pertinence des catégories classiques de la bioéthique pour assurer une gouvernance démocratique de ces technologies du vivant.

Alain Kaufmann, biologiste et sociologue de formation, est directeur de l'Interface Sciences-Société de l'Université de Lausanne, qui héberge également Ethos, la plateforme interdisciplinaire d’éthique de cette université.
Publications
Kaufmann A. (2004), "Mapping the human genome at Généthon laboratory. The French Muscular Dystrophy Association and the politics of the gene", in Rheinberger H.-J. and Gaudillière J.-P. (Eds), From Molecular Genetics to Genomics: The Mapping Cultures of Twentieth-Century Genetics, London and New York: Routledge, pp. 129-157.
Joly P.-B. and Kaufmann A. (2008), "Lost in translation? The need for "upstream engagement" with nanotechnology on trial", Science as Culture, 17(3), pp. 225-247.
Kaufmann A. (2010), "Démocratisation des choix scientifiques et techniques et refondation écologique", in Bourg D. et Papaux A. (Dir.), Vers une société sobre et désirable, Paris: Presses Universitaires de France, coll. "2d2i", pp. 364-391.
Kaufmann A. (2012), "Le rôle des associations de patients dans la définition de l’identité sociale et biologique des personnes", in Joye C. (Dir.) Handicap et diagnostic à l’aube de la vie: espoir ou dérive? Regards croisés sur le diagnostic préimplantatoire, Genève: Editions Médecine & Hygiène, pp. 79-87.


Frédéric KECK: Biopolitique des sentinelles
La sentinelle est un vivant qui lance l'alerte sur la première ligne de front. Elle perçoit à l'avance les signes d'une menace invisible, parfois au sacrifice de sa propre vie. Cette notion a proliféré dans les dispositifs de prévention des risques, au croisement de la santé, de la sécurité et de l'environnement. Il s'agira de donner à ces différents usages une consistance conceptuelle, en partant d'une enquête sur la grippe aviaire à Hong Kong. On s'appuiera notamment sur la "théorie des signaux coûteux" formulée par le biologiste et ornithologue Amotz Zahavi.

Frédéric Keck est chercheur au CNRS, attaché au Laboratoire d'anthropologie sociale. Il a publié de nombreux travaux sur l'histoire de l'anthropologie (Bergson, Lévy-Bruhl, Lévi-Strauss) et Un monde grippé (Flammarion, 2010).

André MICOUD: Le moment écologique
Le "moment écologique" est une expression qui veut désigner les temps que nous vivons en tant qu’ils marquent la fin des temps modernes dès lors que l’on considère que ceux-ci "ont fait leur temps" (aux deux sens de l’expression) et que le temps qu’ils ont fabriqué n’est plus de mise. Avec ce moment s’annonce donc un nouveau régime de temporalité même si l’on ne sait pas encore le nommer. Pourtant, à partir de l’analyse des expressions apparues depuis trois ou quatre décennies et qui présentent toute la particularité remarquable de faire référence à la fois à la durée et à la vie (générations futures, ressources renouvelables, développement durable, biodiversité...), on proposera d’énoncer ce que pourraient être les caractéristiques de ces temps qui viennent.

André Micoud est sociologue, directeur de recherche honoraire au CNRS.
Publications
"Prendre en compte le temps du vivant", in Développement durable et participation publique (Gendron C. et Vaillancourt J-G. éds), Les Presses de l’Université de Montréal, 2003.
"Comment, en sociologues, rendre compte de l’émergence de la notion de biodiversité?", in Les biodiversités. Objets, théories, pratiques (Eds. Pascal Marty, Franck-Dominique Vivien, Jacques Lepart, Raphaël Larrère), Ed. du CNRS, 2005.
"Les OGM, des objets vivants construits?", in Gilbert Simondon, une pensée opérative, Presses de l’Université de Saint-Etienne (J. Roux éd.), 2002.


Jean-Christophe MINO: La vie à tout prix? Logique thérapeutique et invisibilisation de la question de la mort au grand âge
Aujourd'hui, le développement des technologies médicales et des moyens thérapeutiques bouleverse les soins aux personnes très âgées. Notre propos cherchera à expliciter la logique de l'intervention médicale auprès de ces personnes. On verra alors que la valeur de "la vie à tout prix" et la routinisation des ressources techniques peuvent aboutir à rendre obsolète et faire disparaitre la question de la fin de vie, même lorsque les patients sont très âgés et très malades. Cet exemple montrera que ce n'est pas seulement le tabou, mais aussi l'invisibilité qui caractérise le rapport à la mort dans les pratiques de soin.

Médecin chercheur spécialiste de santé publique, directeur du Centre National de Ressources Soin Palliatif et membre de l'Observatoire National de la Fin de Vie, J.-C. Mino étudie les enjeux pratiques, éthiques et organisationnels des soins en fin de vie en France.
Publications
Les mots des derniers soins, Les Belles Lettres, 2008 (prix d'éthique médicale Maurice Rapin).
La philosophie du soin, PUF, 2010 (co-directeur).


Paul-Antoine MIQUEL: Le concept de nature
L’objectif de cette intervention est de revenir sur un vieux problème philosophique, celui de l’existence du monde matériel. Comment sommes-nous avertis que les qualités physiques ne sont pas que de simples sensations psychiques? Cette information engage d’abord en effet une rupture de corrélation: il n’est plus question de comprendre le monde physique comme le corrélat intentionnel de nos vécus de conscience. A la fois, il y a un monde matériel, nous en sommes avertis et nous en avons une expérience, et pourtant cette expérience n’est pas une expérience phénoménologique, et ce n’est ni la conscience pure, ni même le Dasein qui peut l’inaugurer. Par cette expérience, il n’y va plus en effet, au sujet du Dasein, dans son étant de son être, mais il y va précisément de l’être du monde matériel dé-corrélé de celui du Dasein. C’est le savant qui fait cette expérience, l’expérience d’une rupture théorique avec l’expérience empirique. Cette expérience systémique n’a pas qu’une simple portée épistémologique. Elle a une portée ontologique. C’est une expérience duale qui engage, dans nos vécus de pensée, un dédoublement, un mouvement de bascule entre le monde de la conscience et le monde matériel. Nous allons nommer "Nature" ce mouvement. La deuxième hypothèse que nous allons défendre, c’est que le savant ne sait pas lire l’expérience qu’il fait. Il y a un engagement ontologique de la science, mais ce n’est pas une métaphysique scientiste qui est en mesure de réfléchir le concept de Nature. C’est une métaphysique critique, capable de construire non seulement une vision du monde, mais une vision de ce qui manque dans le discours de la science pour qu’elle puisse comprendre l’incomplétude structurelle, la raison insuffisante, du monde naturel.

Paul-Antoine Miquel est maître de Conférences HDR à l’Université de Nice. Laboratoire CEPERC, UMR CNRS, 6059, Université de Provence.

Rocco RONCHI: L'acte du vivant. La vie dans le miroir de la philosophie spéculative (Aristote, Bergson, Gentile)
Le mot "vie" est devenu, comme Ivan Illich le craignait, un véritable Plastikwört de la contemporanéité, un mot "passe-partout" à l’usage illimité et absolument flou. Donc, de quoi parle-t-on quand on parle de "vie"? Il faut distinguer soigneusement entre vie et vivant. Il s’agit d’une distinction essentielle sur le plan de la signification. Du point de vue spéculatif, il s’agit de la même distinction qui subsiste entre les deux sens aristotéliciens de l’acte: acte comme energheia et acte comme entelecheia. Les historiens de la philosophie considèrent souvent ces deux sens comme de véritables synonymes, mais le philosophe italien Giovanni Gentile a montré qu’ils sont, en fait, irréductibles. On a, d’un côté, l’acte comme activité en acte (energheia), c’est-à-dire l’acte comme praxis qui a sa finalité en elle-même, dans son "avoir lieu"; de l’autre, l’acte comme acte abouti et parvenu à son accomplissement (ergon). La vie est alors comprise abusivement selon le modèle de la poiesis: il s’agirait de production. Mais une différence essentielle s’impose entre l’acte et le fait, entre praxis et exis, dirait Sartre. L’acte-energheia est alors l’actualité du faire (du se faire): l’energheia (ou bien: l’énergie) est de l’ordre de l’événement et non pas de l’essence. La distinction gentilienne est la même qui anime la métaphysique bergsonienne. Le devenir, en tant que changement en acte, n’est pas la même chose que le devenu, il est irréductible à celui-là (même s’il y est toujours impliqué). Une chose est le devenir qui est en train de devenir, l’acte en acte, autre chose est le devenu, le processus qui a atteint son accomplissement, qui est achevé. Mon intervention vise donc à discuter des conséquences épistémologiques et politiques de cette équivoque.

Né en 1957 à Forlì (Italie). Rocco Ronchi est professeur ordinaire de Philosophie théorétique à l’Université de L’Aquila, Faculté de Sciences de la Formation. Il enseigne aussi la Philosophie de la communication au CLEACC de l’Université "L. Bocconi" de Milano.
Publications
Filosofia della comunicazione, Bollati Boringhieri, Torino 2008.
Filosofia teoretica. Un’introduzione, Utet, Torino 2009.
Henri Bergson. Una sintesi, Christian Marinotti Edizioni, Milano 2011.
Come fare. Per una resistenza filosofica, Feltrinelli, Milano 2012.
Collaborateur du journal "Il manifesto" (page culturelle).


Anne SIMON: Hommes et bêtes à vif: trouble dans la domestication et littérature contemporaine
Le moment du vivant est aussi le moment où la coupure anthropozoologique est portée à son comble, à l’heure où les hommes anéantissent un nombre croissant d’espèces sauvages, où les bêtes de rente n’ont jamais autant souffert de leur transformation en produit de consommation. D’Yves Bichet à Olivia Rosenthal, de Marie Darrieussecq à Jean Rolin ou Maryline Desbiolles, la littérature contemporaine ne cesse de se confronter à ce constat; pourtant, ces auteurs, comme d’autres, tels Jacques Lacarrière, Jean-Pierre Otte ou Marie-Hélène Lafon, tentent aussi, comme pour recoudre la déchirure, de rendre compte de la vie des bêtes - de leurs mondes singuliers et de leurs rythmes propres. On montrera que, pour le meilleur comme pour le pire, le "versant animal" (J.-C. Bailly) se tient bien au cœur de ce qu’on a tendance à assimiler à la plus humaine des activités, le langage figural et ses métaphores vives.

Anne Simon est chargée de recherche au CNRS (CRAL), où elle dirige le programme "Animots" (Agence nationale de la recherche).
Auteure de Proust ou le réel retrouvé (rééd. Champion 2011), et, avec C. Détrez, de À leur corps défendant (Seuil, 2006), elle anime ou a animé les séminaires "Organismes", "Mots/Animaux" et "L’animal entre sciences et littérature".
Sur les vivants humains et animaux, elle a co-édité Voyages intérieurs (2004), Le Discours des organes (2006), Projections: des organes hors du corps (Épistémocritique, 2008), "Facing Animals/Face aux bêtes" (L’Esprit créateur, 2011) et "Humain-Animal" (Contemporary French and Francophone Studies, à paraître en 2012).


Frédéric WORMS: Le moment du vivant?
Nous redécouvrons aujourd’hui notre condition de vivants, et cela dans tous les domaines de la pensée (ainsi avec le cerveau) et de l’action (jusqu’au niveau de la planète). Mais quel est le sens de cette redécouverte? Le but de cet exposé est de montrer qu’elle définit un nouveau moment historique que l’on peut cependant comprendre de différentes façons, dont trois principales: la réduction, l’extension, la relation. C’est en effet un moment, inévitable sans doute, de "réduction": de notre pensée et notre vie à des mécanismes généraux; de notre action voire de notre histoire à la préservation de la vie, en particulier. Mais c’est aussi un moment d’extension, d’extension du domaine du vivant, dans la biologie même, à travers l’évolution, l’anthropologie, avec la question de sa spécificité, la morale, la politique, l’esthétique, qui ne se voient pas seulement réduites, mais renouvelées par la question du vivant. Et c’est enfin un moment de relation, non seulement de relation entre ces deux points de vue, mais parce que tous ces points de vue surgissent des relations entre les vivants humains en tant que telles, aussi bien les questions scientifiques qu’éthiques et politiques. Dès lors, le moment du vivant requiert ces différents points de vue ou résulte de leur rencontre et de leur développement, dans des approches et des positions diverses qui le constituent comme un moment. On le montre dans cet exposé en étudiant ces trois figures du moment sur un exemple (la maladie d’Alzheimer) et avec une position précise, pour ouvrir une discussion qui en comprendra de nombreux autres et qui sera illustrée par l’ensemble de ce colloque.

Frédéric Worms est Professeur de philosophie contemporaine à l’Université Charles de Gaulle Lille III et à l’ENS où il dirige le Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine (Ciepfc). Ses travaux sur Bergson (Bergson ou les deux sens de la vie, PUF, 2004), sur la philosophie en France au XXe siècle et ses "moments" (Gallimard, Folio-Essais, 2009) et sur les relations vitales et morales (Revivre, Flammarion, Sens propre, 2012), convergent tous vers l’idée que nous vivons aujourd’hui un moment philosophique caractérisé par l’importance nouvelle de la question du vivant. Cette hypothèse doit cependant être vérifiée. C’est l’objet de sa propre recherche, ainsi dans l’exposé ci-dessous, mais aussi d’un travail collectif, ainsi dans le présent colloque, dont il est l’un des organisateurs, et dont cet exposé assurait l’ouverture.

Nathalie ZACCAÏ-REYNERS: La vie de l’image comme médiation. Une lecture de Marion Milner
Dans son ouvrage, On not being able to paint, Marion Milner explore, à travers l’expérience de la peintre, le trajet que l’imagination se doit d’accomplir avant d’être en mesure de soutenir la rencontre d’un monde extérieur à soi, dans un rapport à la fois vivant et ouvert. Ce faisant, elle interroge le travail qui sous-tend l’usage des médiations culturelles "vivantes", dans ce qu’elles autorisent comme expériences de soi, des autres et du monde. Nous rappellerons les éléments saillants de cette approche avant d’en dégager certains enjeux sociologiques, notamment en dialogue avec les analyses de Richard Sennett.

Nathalie Zaccaï-Reyners est chercheure qualifiée du Fonds de la Recherche Scientifique belge, rattachée à l’Institut de sociologie de l’Université libre de Bruxelles. Ses travaux s’inscrivent dans le domaine de l’épistémologie des sciences sociales (compréhension sociale et scientifique, expérience vécue, expérience ludique et biographie, fiction, typification, monde vécu) et dans celui d’une sociologie morale des relations institutionnelles (relations asymétriques, relations de soin, imagination morale, respect et sociabilité).

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Avec le soutien
du Centre international d'étude de la Philosophie française contemporaine,
ENS (Cirphles USR 3308 ENS/CNRS),
de l'Université Charles de Gaulle-Lille III,
du Centre d'Etudes du Vivant (Université Paris Diderot),
de la Chaire de Processus Morphogénétiques (Collège de France),
du Centre de Recherches sur les Arts et le Langage (CNRS/EHESS/ANR Animots),
d'ETHOS, Plate forme interdisciplinaire d'Ethique (Université de Lausanne),
du Séminaire international d'études sur le Soin
(Centre Georges Canguilhem, Ciepfc, Ethos, ULB, Lille III),
de l'Université Toulouse II-Le Mirail (Master Erasmus Mundus EuroPhilosophie;
Master "Éthique de la décision et gestion des risques relatifs au vivant"),
du Center on bioethics and biopolitics (University of Warwick),
de Ars vivendi (revue, Kyoto), Global center for Living and Surviving
(Ritsumeikan University Kyôto, Japon)
et de l’Université de Caen Basse-Normandie (Equipe "Identité et Subjectivité", 2129)