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DU LUNDI 12 JUILLET (19 H) AU LUNDI 19 JUILLET
(14 H) 2010
ANTOINE VOLODINE ET LES VOIX DU POST-EXOTISME
DIRECTION : Frédérik DETUE, Lionel RUFFEL
Avec la participation
d'Antoine VOLODINE
ARGUMENT :
L'œuvre de fiction
d’Antoine Volodine construit une fiction d’œuvre,
dont elle a même forgé la théorie. Elle
constitue donc un objet difficile à identifier: quel usage
critique et théorique faire des notions qu’elle crée
pour se définir, à commencer par celle de "post-exotisme"?
Même la place, pourtant essentielle, qu’on lui accorde
dans le paysage littéraire français actuel paraît
problématique, puisque le post-exotisme se donne pour
une "littérature étrangère en français"
ou encore une "littérature des poubelles".
Le questionnement sur
la situation de l’œuvre, sa fonction critique, le jeu
avec son intertexte, ne peut faire l’économie de
son rapport, étroit, à l’histoire catastrophique
du XXe siècle. Etant donné l’échec révolutionnaire
qui hante le post-exotisme, que reste-t-il de l’articulation
moderne entre la littérature et la politique? Cet
échec apparaît comme un trauma qui laisse le
monde livré à la passion humaine de l’autodestruction,
au désespoir, à l’"humour du désastre". Mais
on peut observer des résistances: les "engagés
écrivains" du post-exotisme témoignent, sabotent
le réel en usant du merveilleux... L’écrivain oppose-t-il
alors à sa vision d’apocalypse un idéal (ou une
nostalgie d’idéal)?
COMMUNICATIONS :
* Guillaume ASSELIN: La prairie des
images. Pour une fantastique transcendantale
* François BIZET: Le temps
enrayé
* Bruno BLANCKEMAN:
La charge de la brigade légère
* Claire CALAND: Conjugaison et désaccords
volodiniens
* Audrey CAMUS: Le roman selon Volodine
* Catherine COQUIO:
Du "merveilleux" lazaréen à la mythologie post-exotique:
péripéties d'un refus de témoigner
* Frédérik
DETUE: Post-exotisme et tradition littéraire
* Annie EPELBOIN: L’utopie de la fin
et la fin de l'utopie
* Joëlle GLEIZE: Les pratiques éditoriales
de Volodine: postures d’auteur et fiction
* Valeri KISLOV: Traduire Volodine en russe
* Mélanie LAMARRE: Antoine
Volodine et la fiction idéologique
* Philippe MESNARD: Qu’est-ce qu’une
écriture d’après? Comment Antoine Volodine
répond-il à cette question?
* Pierre OUELLET:
Post-exotisme et post-histoire: figures de l’ailleurs
et de l’après
* Patrick REBOLLAR: Onirologie post-exotique
* Anne ROCHE: Volodine, théâtre
* Philippe ROUSSIN:
Le pouvoir selon Antoine Volodine
* Lionel RUFFEL: 1985-2009: Histoire d’une
réception
* Thierry SAINT-ARNOULT: De l’épaisseur
d’une feuille de papier à cigarette: Antoine
Volodine et Lutz Bassmann, signatures post-exotiques
* Simon SAINT-ONGE: Quelques détails
sur l’âme des faussaires: l’antithèse
commune de la communauté
* Sylvie SERVOISE: Présentisme
et post-exotisme: les frères ennemis
* Dominique SOULÈS: Vocables mystérieux
et langue facétieuse (ou vice-versa) chez Antoine
Volodine
* Gaspard TURIN: La stratégie
du silence dans "La stratégie du silence dans l’œuvre
de Robert Malipiero" d’Antoine Volodine
* Jean-Pierre VIDAL: La stase apocalyptique
ou l’après indéfini
* Jean-Bernard VRAY: La figure de l’oiseau
dans l'œuvre de Volodine
* Frank WAGNER: Qui maintenant? (Des voix
post-exotiques: essai de poétique)
* Jean-Didier
WAGNEUR: Volodine à vau l’eau
* Antonin WISER: Espace(s) utopique(s) de
la littérature: Volodine / Adorno
TABLE RONDE (suivie de débats) :
* Lire et éditer le post-exotisme, animée par
Lionel RUFFEL, avec Arno BERTINA, Nicole CALIGARIS,
René de CECCATTY et David RUFFEL
RÉSUMÉS :
Guillaume ASSELIN: La prairie des images. Pour
une fantastique transcendantale
La conception du monde, tout au long de l’histoire, n’aura
cessé de se polariser entre deux extrêmes, mutuellement exclusifs.
Au monde des sens, objet de perception et d’observation scientifique,
s’oppose systématiquement un "monde des idées",
dont l’accès est réservé à l’Intellect.
Or, entre ce monde purement physique et cet "autre monde" idéel,
plusieurs traditions spirituelles font s’insérer un monde intermédiaire,
mundis imaginalis, qui permet de penser l’articulation entre
les deux. Mi-sensible, mi-intelligible, il n’est perceptible qu’à
l’imagination créatrice, visionnaire, et suppose donc un autre
mode de perception que celui auquel nous a réduit notre conscience
historique matérialiste et unidimensionnelle. J’aimerais ici
analyser la façon toute singulière dont l’univers volodinien
convoque et met en œuvre cette métaphysique figurative des mondes
intermédiaires — dont témoignent par ailleurs les mystiques
et les écrivains de tous temps — à travers les références
faites au voyage chamanique, à l’onirisme surréaliste et
au bardo bouddhiste, paradigme de cet "intermonde" auquel Henri
Corbin donnait le nom d’imaginal. Il s’agit, du même coup,
de contribuer au renouvellement de la théorie de l’imagination
transcendantale en l’appréhendant sous l’angle proprement littéraire
d’une "fantastique transcendantale", suivant le mot de Novalis.
François
BIZET: Le temps enrayé
Quelle est la nature de la
reprise, dans le livre de Lutz Bassmann, Avec les
moines-soldats, de "Crise au Tong Fong Hotel", moment
critique où se déchaînent pour aussitôt
s’apaiser, dans une apocalypse sans royaume, les puissances
de vie et de mort? "La Crise a remplacé la Fin, [...]
la Crise est devenue transition sans fin", notait Paul Ricœur
à propos de la métamorphose, depuis la folie de
Lear, du paradigme biblique. Pourtant, à s’en tenir aux statuts
théologique ou littéraire du mythe de l’apocalypse,
Ricœur n’a pu que manquer la nouveauté de la situation
de l’homme d’après 1945. Je voudrais donc lire cette reprise
post-exotique à la lumière d’une autre analyse, celle
de Günther Anders, et des concepts qu’il propose: l’"apocalypse
nue" et le "temps de la fin" permettront, je crois, d’éclairer
la spécificité de ce Temps définitif
— temps enrayé, sans forme et sans déroulement, car sans
cesse menacé d’anéantissement intégral —
qui est le Temps propre du ressassement.
Références
bibliographiques :
"Postérité de
L’Espèce humaine", French Forum, n°33/3,
Fall 2008, University of Nebraska Press, Philadelphia [pp.
55-68].
"Post-exotisme: leçons
zéro. Les fictions d’Antoine Volodine", Etudes
françaises, n°16 (janvier 2009), Université
de Waseda, Tokyo [pp. 27-47].
Claire CALAND: Conjugaison et désaccords
volodiniens
Temps décomposés, suppression de l’infinitif
pour ouvrir le sens de la phrase, impératifs totalitaires (du
côté du pouvoir) ou à tonalité surréaliste
(du côté des dissidents), passé consumé et futur
impossible sont les modalités du "vindicatif présent"
qu’identifie Pierre Ouellet dans l’œuvre d’Antoine Volodine. Si l’on
a maintes fois signalé la force de la surnarration — qui entre en
conflit avec les règles d’accord familières — elle vient
aussi désaccorder l’ensemble des traits grammaticaux utilisés
pour inventorier les variations de la forme verbale. Nul n’en ressort
indemne, de la personne ou du genre, de la voix ou du mode. L’accompli
et l’inaccompli se confondent aussi sûrement que le "il" et le
"elle" sont interchangeables; sous l’influence du surréalisme,
le "il était une fois" des contes se mue en "il y aura une fois".
Si la conjugaison répertorie des variations verbales en fonction
des circonstances, si elle cisèle la langue pour en exprimer toutes
les subtilités, Volodine s’en joue assurément (la part
ludique est indéniable) au-delà de la puissance politique
qui guide ses choix narratifs.
Audrey CAMUS: Le roman selon Volodine
En dépit de la remarquable inventivité formelle qui
caractérise la pratique de l’auteur, et de quelques incartades éditoriales,
les textes signés Antoine Volodine paraissent généralement
sous la mention "roman", ce qui subordonne de facto ses diverses
créations au genre. Au nombre de celles-ci figure par ailleurs le
romance, que les écrivains post-exotiques affirment avoir inventé
pour ne pas être mêlés aux tentatives de rénovation
du roman ayant cours au-delà des murs de leur univers carcéral.
On peut se demander si l’écriture volodinienne, volontiers agonistique,
ne renouvelle pas la forme romanesque tout en lui tournant résolument
le dos. C’est la nature de ce renouvellement marginal et autarcique qu’il
s’agira d’interroger, dans la tension qu’il instaure avec les formes brèves,
la poésie ou le théâtre, mais aussi dans ce qui fait
de l’œuvre une œuvre fondamentalement romanesque.
Frédérik DETUE: Post-exotisme
et tradition littéraire
Il s’agit de comprendre l’idée de "post-exotisme"
avancée par Antoine Volodine pour déterminer son œuvre.
Je propose de montrer qu’elle vient définir rétrospectivement
une tradition littéraire née au XXe siècle d’une
confrontation de la littérature à l’histoire — du fait
notamment de l’échec du communisme. Qu’est-ce qui permet en l’occurrence
de parler de "tradition", et qu’est-ce que cette tradition fait à
la littérature? Dans le même temps qu’elle fabrique cette
tradition, l’œuvre de Volodine en recueille l’héritage de façon
singulière ; je m’intéresserai à cette singularité,
tout en me demandant en quoi elle est exemplaire aujourd’hui.
Annie EPELBOIN: L’utopie de la fin et la fin de l'utopie
Questionner l’ambivalence de la post-utopie volodinienne oblige
à réentendre — à travers ses textes — les voix d’auteurs
russes méconnus, qui ont porté témoignage du traumatisme
social engagé par la Révolution. Témoins sublimes
car opérant la synthèse d’injonctions de l’éthique
et de l’écriture situées sur des vecteurs opposés:
aller à la fois jusqu’au bout de l’abîme et jusqu’au
bout du rêve. Ils ont rendu compte d’un espace-temps où l’humanité
s’est boutée hors d’elle-même, pour épancher dans le
réel le rêve transnational d’un bonheur commun, croyant
échapper à l’horreur tout en la redéployant. L’onirisme
tragique qu’instaure ce dialogue se fonde sur la traversée de la
fin et la dislocation du rêve.
Références bibliographiques :
E. Zamiatine, Le récit du plus important, trad. par
J. Catteau, Lausanne, L’Age d’Homme, 1989.
E. Zamiatine, Nous autres, tr. par B. Cauvet-Duhamel, Paris,
« L’Imaginaire » Gallimard, 1971.
A. Platonov, Tchevengour, tr. par L. Martinez, Paris, Robert
Laffont, 1996.
A. Platonov, Le Chantier, tr. par L. Martinez, Paris, Robert
Laffont,1997.
A. Platonov, Djann, tr. par L. Nivat, Lausanne, L’Age d’Homme,
1972.
Joëlle GLEIZE: Les pratiques
éditoriales de Volodine: postures d’auteur et fiction
Le post-exotisme est un univers imaginaire fait de
livres et de papier (on laissera de côté, provisoirement,
l’univers dramaturgique). On voudrait étudier sa base matérielle
et les liens étroits qu’entretient l’œuvre d’Antoine Volodine
avec les éléments de la réalité éditoriale.
A partir du constat de l’écart entre le parcours de légitimation
accompli dans la littérature actuelle et la thématique
omniprésente dans son œuvre de la dissidence, on s’intéressera
aux interactions entre le statut d’auteur dans et hors de l’univers
fictionnel: intégration à la fiction de nombre des
éléments de l’institution littéraire et construction
d’un univers autonome et en apparence sans dehors.
Mélanie LAMARRE:
Antoine Volodine et la fiction idéologique
Subvertissant les codes du roman à
thèse, Antoine Volodine met au jour les apories des
idéologies marxistes qui, en dépit de leur
prétention à la rationalité et à la vérité,
relevaient du domaine du narratif et du fictionnel bien plus
que du domaine scientifique. Faisant le procès de la "fiction
idéologique", la fiction volodinienne restitue cependant
aux utopies collectives leur part de grandeur et de beauté:
le marxisme possédait tous les attraits d’un grand récit
épique et poétique qui promettait à l’humanité
d’en finir, pour toujours, avec la souffrance terrestre. Entre "révolution
impossible" et "révolution trahie", les romans d’Antoine
Volodine oscillent entre la critique et la mémoire du
passé. Ils sont en cela homologiques d’un état de
l’imaginaire social avec lequel ils prétendent pourtant n’avoir
rien en commun.
Philippe MESNARD: Qu’est-ce qu’une écriture
d’après? Comment Antoine Volodine répond-il
à cette question?
Admettant que la question contemporaine de la destruction
— ce qu'elle désigne, mais aussi quelles figures, parfois
allégoriques, elle revêt — comprend Auschwitz sans
pour autant s'y limiter, la question que je voudrais poser à
l'œuvre d'Antoine Volodine est la suivante: a-t-on affaire à
une écriture d'après (dans les deux sens du terme) la
question de la catastrophe? En quoi y a-t-il avec cette écriture
une rupture ou une évolution significatives qui permettent
de la qualifier ainsi? Mais aussi — en supposant qu'il y aura dialogue
avec l'œuvre — comment celle-ci permet-elle de réajuster cette
question, de la mieux formuler? Car ainsi l'écriture et l'œuvre
de Volodine viendraient aider à définir ce qu'est une
écriture d'après.
Patrick REBOLLAR: Onirologie post-exotique
Loin des romans truffés d'artificiels songes pour psychanalystes
qui polluent la littérature depuis plus d'un siècle,
les récits post-exotiques semblent redonner au rêve une
liberté irréaliste et un dynamisme narratif qui n'appartenaient
plus que, rarement, au cinéma et aux contes pour enfants. Le
lecteur stupéfié passe le mot au chercheur, qui veut aller
au-delà... Mais se demande ce dernier, comment pourrait être
dressée une typologie — quantique? magique? — qui ne serait pas
fatale à la beauté et à la littérarité
des œuvres?
Références bibliographiques :
"Le Langage des rêves chez Antoine Volodine", Études
de Langue et Littérature françaises (Université
Seinan-Gakuin, Fukuoka, Japon), numéro spécial : "Traduire
le rêve / Actes du colloque franco-japonais des 31 oct.-1er nov.
2008, dirigé par Marielle Anselmo et Mitsumasa Wada", à paraître
(En ligne à l'adresse : http://www.berlol.net/jlr2/?page_id=764).
"Le Vice des formes dans quelques œuvres d’Alain Robbe-Grillet
(La Maison de rendez-vous, Projet pour une révolution à
New York, Les Derniers Jours de Corinthe, La Reprise)", dans Alain Robbe-Grillet
: balises pour le XXIe / Actes du colloque d'Ottawa, 1-3 juin 2009, Ottawa,
Paris : Presses de l’Université d’Ottawa, Presses Sorbonne Nouvelle
(à paraître).
"(Dis)continuités d'un lieu d'écriture virtuelle",
GLOTTOPOL, revue de sociolinguistique en ligne (Université de
Rouen, Laboratoire LiDiFra), n°10 : « Regards sur l'internet,
dans ses dimensions langagières. Penser les continuités
et discontinuités. En hommage à Jacques Anis », juillet
2007, p. 173-188
(En ligne à l'adresse: http://www.univ-rouen.fr/dyalang/glottopol/telecharger/numero_10/gpl10_12rebollar.pdf).
"Henri Meschonnic, l'onto-poète", p. 119-127 dans Henri
Meschonnic, la pensée et le poème (Actes du colloque de
Cerisy, juillet 2003), Paris : Éditions In Press, 2005 .- 276
p.
"Mines de riens. Essai sur La Télévision de Jean-Philippe
Toussaint", p. 99-115 dans Entre parenthèses. Beiträge
zum Werk von Jean-Philippe Toussaint / Herausgegeben von Mirko F. Schmidt,
Paderborn : Edition Vigilia, 2003 .- 170 p.
Les salons littéraires sont dans l'internet, Paris :
P. U. F., avril 2002, 224 p. (En ligne à l'adresse : http://www.berlol.net/jlr2/?page_id=1730).
Anne ROCHE: Volodine, théâtre
Antoine Volodine est surtout connu pour ses romans,
ou pour des textes narratifs qui relèvent d'un genre de
son invention (entrevoûtes, narrats, murmurats...). Pourtant,
dès 2001, il compose huit pièces radiophoniques,
quatre d'entre elles seront récrites sous forme romanesque
dans Bardo or not Bardo. D'autre part, ses dernières
œuvres s'orientent vers un genre encore différent, lié
au travail de la voix et à la musique: il écrit un "cantopéra",
Vociférations (2004, en collaboration avec le compositeur
Denis Frajerman), adapte pour le théâtre Slogans
de Maria Soudaïeva (2007) qu'il avait déjà traduit
(2004), enfin écrit directement pour la scène un texte
encore inédit qui sera créé en 2010. De façon
générale, et quel qu'en soit le genre, chacun de ses
textes tend vers le théâtre, sous un double aspect:
travail de la voix, non seulement sous la forme classique de dialogues
ou de monologues, mais sur le "grain" de la voix, dans sa dimension
mélodique et harmonique, et travail sur la structure dramatique
de la scène.
Philippe ROUSSIN: Le pouvoir selon Antoine Volodine
Dans les récits d’Antoine Volodine, le passé est le temps
du politique; le présent est un état scindé entre le
temps du pouvoir qui a mis fin au politique et le temps de la littérature
post-exotique. Parce que le pouvoir est identifié à ce qui interdit
toute possibilité et toute représentation du présent
et du futur, la littérature post-exotique se confond avec une science-fiction
rétrospective. Par le fait du pouvoir, elle égale le récit
à un roman du passé — le seul temps auquel elle a accès.
Elle fait du roman ce qui dit un passé radicalement séparé
du présent, dans le présent, une manière d’absolue différence
temporelle. Cette altérité relative au temps est aussi altérité
relative à l’espace et à l’agent. La littérature post-exotique
prend en compte les conditions de sa diffusion, c’est-à-dire de sa
manipulation: face aux questions et aux interrogatoires du pouvoir, elle sait
construire un passé modifié d'images et de souvenirs. Le récit
qui est, par principe, récit de l’expérience de l’inexpérience,
devient celui du radicalement autre dans l’Histoire, hors de notre expérience
par définition. La littérature ici ne cherche pas à
réduire l’improbabilité de toute communication ni à
asseoir sur la réduction de cette improbabilité son autorité.
Elle traite de ce qui ne peut être un objet de connaissance, ce qui
n’est pas identifiable comme tel. Elle se donne très librement les
techniques et les figures de toute improbabilité de la communication
par le jeu de l’indécidable. Par là-même, elle s’oppose
à l’idéologie du pouvoir de la littérature.
Lionel RUFFEL: 1985-2009: Histoire d’une
réception
L’image d’un auteur (ou celle d’une œuvre) est indiscutablement
le fruit d’une élaboration collective: elle relève
tout à la fois de logiques internes (les textes, les textes
d’accompagnement) et de logiques externes (critique journalistique,
critique savante, apparition du corps de l’auteur sur des photographies,
dans l’espace public). Evidemment, ces deux logiques ne doivent pas
être confondues et ne sont pas situées sur le même
plan. Mais elles sont intriquées, elles communiquent, directement
ou indirectement. Cette intrication, cette communication sont d’autant
plus productives que l’œuvre en question est métacritique ou qu’elle
produit elle-même son commentaire. C’est particulièrement
le cas de celle d’Antoine Volodine. On aimerait donc, lors de cette présentation,
observer le champ de réception du post-exotisme sur une période
longue, vingt-cinq ans, en relation avec les postures d’auteurs manifestées
dans les textes eux-mêmes. Cette perspective nous donnera ainsi
l’occasion d’un bilan critique.
Thierry SAINT-ARNOULT:
De l’épaisseur d’une feuille de papier à
cigarette: Antoine Volodine et Lutz Bassmann, signatures
post-exotiques
Avec la publication chez Verdier
en 2008 de Haïkus de prison et de Avec les
moines-soldats, Antoine Volodine opte pour une nouvelle
signature post-exotique déjà connue des lecteurs
puisque le nom de Lutz Bassmann figurait parmi les huit co-signataires
du Post-exotisme en dix leçons, leçon
onze paru chez Gallimard en 1998. Ce choix marque une nouvelle
étape dans la stratégie de dissémination
éditoriale entamée avec la publication à
L’école des loisirs d’ouvrages signés Elli Kronauer
et Manuela Drager. Par ailleurs, on avancera que la signature
Lutz Bassmann occupe une place essentielle dans l’édifice
post-exotique puisque Antoine Volodine semble décidé
à publier ses prochains ouvrages sous cette signature, occultant,
au moins pour un temps, la signature originelle et fondatrice du post-exotisme.
Il semble donc fécond de s’interroger sur la place occupée
par Lutz Bassmann au coeur de ce dispositif.
Simon SAINT-ONGE: Quelques
détails sur l’âme des faussaires:
l’antithèse commune de la communauté
Avec le post-exotisme vient d'une façon
quasi systématique la question de la communauté.
Il s'agit le plus souvent d'interroger la problématisation
d'un esthétisme à l'accent idéologique,
qui entretiendrait un rapport d'opposition sinon d'autonomie à
l'égard du monde empirique. Or, l'idée ou plutôt
le sens de la communauté ne s'épanche pas seulement dans
les délimitations d'un regroupement donné, dont l'idéologie
serait par exemple le principe de cloisonnement. La communauté
est également l'histoire "en tant qu'un certain espacement
du temps, qui est l'espacement d'un nous"1.
Ce "nous" conjugue sans niveler des antinomies structurales qui,
en comparaissant, résident au cœur du partage de cet espacement.
En d'autres mots, l'histoire est le monde où se joue le partage
entre des singularités ontologiques constitutives d'un ensemble
à penser non pas comme une intériorité commune,
mais bien comme une kyrielle d'extérieurs où viennent
s'exposer ces singularités. Envisager cette perspective ouvre
la voie à une heuristique de l'histoire, qui autorise de se
poser à nouveau frais non seulement la question de la communauté
chez Antoine Volodine, mais également celle de la tranche d'historicité
que modalise l'ecrivain.
Lisbonne dernière marge offre
les termes nécessaires pour réinvestir ces deux
questions, en présentant l'histoire comme un "paysage"
dont les marges sont "communes aux uns et aux autres", et ce,
jusqu'à sous-entendre une "identité de pensée
et de destin"2 entre des singularités
antinomiques entre elles, comme ces amants que sont Kurt, policier,
et Ingrid, membre de la RAF. Or, si la littérature est le partage
de la communication que les amants — en tant que limite extrême
de la communauté — exposent au-dehors comme le veut Nancy à
la suite de Bataille, qu'implique l'impossibilité d'exposer une
telle union pour une littérature que cette impossibilité
détermine? On fera l'hypothèse qu'une telle littérature
conduit l'idée de partage, consubstantielle à celle
de la communauté, du côté de la dislocation de
l'espacement temporel qu'est l'histoire. Car seuls les divisions et
le revers de ces fractures qui zèbrent cet espacement sont communiqués
par Quelques détails sur l'âme des faussaires,
avec tout ce que cela implique pour l'existence de la communauté.
L'ouvrage d'Ingrid prononce la délocalisation, l'errance de
ces singularités disjointes dans des lieux qui n'en sont pas,
dans un espacement temporel qui est l'envers de l'histoire. Ainsi, on
aura à s'interroger sur une littérature qui est non pas
du côté de ce que Nancy nomme par provocation "le communisme
littéraire", mais, pour paraphraser une formule adornienne, l'expression
de l'antithèse commune de la communauté3,
donc de l'histoire.
1 Jean-Luc Nancy, La
communauté désœuvrée, Paris, Christian Bourgois
Editeur, 2004, p. 261.
2 Antoine Volodine, Lisbonne
dernière marge, Paris, Minuit, 1990, p. 174.
3 La formule exacte d'Adorno
est : "l'art est l'antithèse sociale de la société".
Sylvie SERVOISE: Présentisme
et post-exotisme: les frères ennemis
L’usage pluriel dont fait aujourd’hui l’objet le
mot "présentisme" est inversement proportionnel à
la saisie de la notion: loin d’être une ode joyeuse à
l’ici et maintenant, le présentisme serait, selon la définition
originelle qu’en donne François Hartog1,
un temps inquiet, vécu sous le signe d’une double dette,
à l’égard d’un passé honteux et d’un futur menaçant.
C’est dans cette perspective que nous traiterons des liens qui peuvent
unir le présentisme à l’œuvre d’Antoine Volodine, avec
l’exigence de ne pas réduire les complexités de l’un
et de l’autre aux besoins de la démonstration. On verra plus
précisément comment il est possible de lire, dans le rapport
contrasté que l’œuvre volodinienne entretient avec le régime
présentiste, l’expression d’une dissidence de nature politique
et idéologique: contre les fictions et réécritures
de l’histoire, la fiction post-exotique impose paradoxalement son
droit à rétablir la vérité, tandis que
l’attention au texte perdu du passé se double d’une volonté
farouche de ne pas archiver l’histoire. Ce geste de redéploiement
du temps pourrait même constituer le seul moyen de transformer
en action ce qui apparaît en premier lieu comme simple réception,
de résister à l’effet d’un présentisme qui risque
de figer le contemporain dans la posture paralysante de l’héritier.
En ce sens, l’œuvre volodinienne, tout en partageant certaines préoccupations
d’époque que nous pouvons associer au régime présentiste,
ne se contente pas de les retourner contre elles-mêmes en
en soulignant les failles et les limites: elle leur apporte en même
temps une réponse.
1 François
Hartog, Régimes d’historicité : présentisme
et expériences du temps, Paris, Seuil, « La
Librairie du XXIe siècle », 2003.
Dominique SOULÈS:
Vocables mystérieux et langue facétieuse
(ou vice-versa) chez Antoine Volodine
Dès Biographie comparée
de Jorian Murgrave (1985), la langue s’invite au cœur de
la fiction volodinienne par la présence d’un dictionnaire
pourtant presque invisible puisque simple accessoire scolaire. Mais
cet opus est récurrent dans le post-exotisme au point de faire
signe, invitant le lecteur à s’arrêter sur son utilité,
son contenu, sa constitution — bref, à s’interroger sur la
(les) langue(s). Parmi ces fictions hantées par la langue,
Le nom des singes (1994) et Le port intérieur
(1996) sont particulièrement précieuses puisque l’une
et l’autre donnent à lire une trame linguistique qui double
en filigrane celle du roman plus immédiatement visible:
dans les deux cas, mémoriser une langue étrangère
c’est avoir la vie sauve! Être attentif à ces scènes
diverses éparpillées dans l’édifice volodinien
et distribuées entre différents personnages,
permet donc non seulement de se remémorer certains
mécanismes linguistiques utilisés lors de l’adresse
à l’autre, mais aussi de s’interroger sur leurs usages et
surtout leurs mésusages, comme dans les régimes
dictatoriaux. Ne se contentant pas de fictionnaliser certains moments
de l’Histoire, Antoine Volodine place véritablement le lecteur
en situation, le met aux prises avec la langue et via quelques pratiques
langagières rusées, il lui offre de lui-même
un portrait en linguiste chahuté... Ce retour sur la langue
n’est pas le moindre intérêt de ces œuvres romanesques
pour les êtres de parole que nous sommes tous.
Gaspard TURIN:
La stratégie du silence dans La stratégie
du silence dans l’œuvre de Robert Malipiero d’Antoine
Volodine
Volodine est un auteur qui
fait un usage fréquent de la liste, laquelle a
diverses fonctions. Synthétiquement, on peut subdiviser
ces fonctions en deux groupes, positif et négatif.
Dans sa fonction négative, la liste met en pratique l’adage,
figurant dans la Leçon onze, des protagonistes
volodiniens acculés au dialogue par le contexte agonistique
dans lequel ils baignent, et pour qui il s’agit de "parler d’autre
chose". Cet acte de communication négative est un amenuisement
du langage, une régression, un pis-aller avant le silence,
un geste final. Mais dans le même mouvement, la liste
est un "savoir-survivre", une tekhnè de tergiversation,
une parole qui se développe malgré tout. On touche
alors à sa fonction positive, où apparaît
une jouissance rabelaisienne du langage, tirée en direction
de son signifiant, une proclamation de la vitalité de celui-ci.
Dans ce sens, la liste est donc également un geste inaugural
et une matrice romanesque. L’illustration qui servira d’exemple à
mon propos sera la liste des "Wolff" dans "La stratégie du silence"
de Robert Malipiero. Pour terminer, je citerai (brièvement)
d’autres auteurs contemporains, comme E. Chevillard ou P. Senges, afin
d’observer en quoi les observations précédentes peuvent
être exportées, et combien cette pratique de liste — marginale
et douteuse au sein de la fiction — offre de correspondances avec le travail
de nombreux penseurs de notre contemporain.
Jean-Pierre VIDAL: La stase
apocalyptique ou l’après indéfini
L’épuisement des sens, pas seulement
politiques, qui semble caractériser l’apocalypse figée
du post-modernisme trouve dans l’œuvre de Volodine son "réactif",
au sens quasi chimique du terme. Fichée dans les certitudes
dilettantes de notre présent sans durée, cette
entreprise de résistance y fait sursaut de sens, dans
la fidélité, maintenue jusqu’à l’autodérision,
à une certaine idée de l’homme, de la littérature,
de l’écriture. Peut-être s’agit-il, dans l’espace
littéraire, de redonner du temps au temps, de faire de
la paradoxale flèche de l’écriture un éternel
recommencement, quelque chose comme le contraire — et la réciproque
— du "moteur immobile" d’Aristote revu par Diogène. Description
d’un texte militant et viral (Songes de Mevlido, entre autres
œuvres).
Jean-Bernard VRAY: La figure de l’oiseau dans l'œuvre
de Volodine
Anne Roche a montré le lien entre la figure de l’animal et le
motif de l’exclusion. Lionel Ruffel dans Volodine post-exotique repère
l’oiseau comme "un des animaux phares du bestiaire post-exotique". Thierry
Saint-Arnoult désigne dans sa thèse une évolution,
reconnue par Volodine: plus on avance dans l’œuvre, moins les oiseaux seraient
investis de "positivité". J’envisage de configurer l’oiseau par rapport
à d’autres figures importantes de l’animalité: blatte, éléphant,
araignée, et par rapport à d’autres figures ascensionnelles
(cf. le dirigeable dans Vue sur l’ossuaire et Dondog). Je
souhaite étudier les différentes occurrences de l’oiseau: oiseau
solitaire, sociétés d’oiseaux, formes de l’hybridation homme/oiseau...
Je m’interrogerai sur l’évolution et la portée axiologique
de cette figure.
Frank WAGNER: Qui maintenant?
(Des voix post-exotiques: essai de poétique)
Soucieux d'éviter une reprise
littérale de l'intitulé du colloque, j'ai prélevé
l'attaque de L'Innommable de Samuel Beckett (il est pire compagnonnage)
en guise de titre de cette communication, qui consistera en un essai
de poétique, consacré à la notion de voix narrative
dans l'univers post-exotique. En effet, parmi les spécialistes
de cette œuvre, c'est désormais un truisme que d'affirmer que la
voix (conçue comme origine énonciative) y est constamment
et systématiquement brouillée. Reste à tenter,
avec quelque rigueur, de montrer comment. Après
une brève synthèse théorique portant sur
la notion de voix narrative, et incluant les travaux récents1
sur la question, il s'agira donc, exemples à l'appui, de recenser
et d'analyser les procédés déceptifs qui contribuent
à désoriginer l'énonciation de ces fictions.
De Biographie comparée de Jorian Murgrave à Songes
de Mevlido, en passant par Des anges mineurs (pour s'en tenir
— momentanément — au corpus signé "Antoine Volodine"), on constatera
en particulier que prédomine ce procédé apparenté
à la métalepse, que Gérard Genette proposait jadis de
baptiser "pseudo-diégétique" — dont on verra en outre quelles
répercussions il exerce sur le présumé degré
de réalité du contenu narratif, donc sur la lecture. Il conviendra
de plus de s'intéresser à la façon (aux façons)
dont cette déceptivité énonciative est régulièrement
dialectisée. La métatextualisation du tremblement vocal
constituera donc le deuxième temps de ces analyses, sous l'égide
de la formule désormais bien connue (parmi nous): "entre la 1ère
et la 3ème personne, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille
de papier à cigarette". Ce qui conduira, au prix d'une modeste extrapolation,
à transgresser les frontières de la fiction, pour examiner
les liens complexes de l'auteur (si cette notion peut être maintenue),
des (sur- ?)narrateurs et des personnages. Examen auquel incitent vivement
les phénomènes de diversification hétéronymique,
dont l'émancipation récente de Lutz Bassman constitue le
dernier avatar en date. Pour finir, l'analyse de ces rebondissements hétéronymiques
aboutira donc à la prise en compte, dans l'œuvre comme à sa
périphérie (si cette notion peut être maintenue, bis),
des enjeux de ce traitement anomique — entre aphonie, polyphonie, ventriloquie,
babélisme... — de la voix dans tous ses états.
1 En particulier:
Sylvie Patron, Le Narrateur, Paris, Armand Colin,
2009.
Antonin WISER: Espace(s) utopique(s)
de la littérature: Volodine/Adorno
Dans l'espace dévasté des mondes post-exotiques
volodiniens, l'espoir semble bien s'être travesti en son
contraire absolu. L'idée que l'art le plus sombre —
celui qui se dessine sur des ruines en les redoublant — soit l'image
cryptée de l'utopie est empruntée à Adorno,
pour qui "les œuvres d'art sont promesses au travers de leur négativité
jusqu'à la négation totale". Cela affecte l'espace du récit,
qui se désagrège jusqu'à devenir à peine
habitable, presque un non-lieu. Seul le muthos, la fiction
comme (production de) ce qui existe, paraît sauver quelque chose
de la possibilité d'un lieu commun, d'un espace social possible, à
l'instant même où elle l'exhibe en sa fictionnalité.
Il semble alors que ce soit la littérature en tant que
telle qui recueille sur un mode paradoxal l'intention utopique
autrefois portée par la politique ou la philosophie. C'est en
ce point que les traces des écritures de Volodine et d'Adorno
convergent.
Références bibliographiques
:
Antoine Volodine, Des Anges mineurs,
Paris, Seuil, 1999.
Theodor W. Adorno, Théorie esthétique,
Paris, Klinchsieck, 1995.
Theodor W. Adorno, Dialectique négative,
Paris, Payot, 1978, 2001.
BIBLIOGRAPHIE :
Anne Roche, Dominique
Viart (dir.), Antoine Volodine: Fictions du politique,
Paris-Caen, Lettres modernes Minard, coll. "Ecritures
contemporaines", vol. 8, 2006, 279 p.
Lionel Ruffel, Volodine
post-exotique, Nantes, Editions Cécile
Defaut, 2007, 335 p.
Europe: Maurice
Blanchot, août-septembre 2007, n° 940-941,
cahier "Antoine Volodine" (sous la direction de Frédérik
Detue et Anne Roche), p. 192-243.
Frédérik
Detue, Pierre Ouellet (dir.), Défense
et illustration du post-exotisme en vingt leçons:
Avec Antoine Volodine, Montréal, VLB Éditeur,
coll. "Le soi et l’autre", 2008, 409 p.
Livres parus sous le pseudonyme d'Antoine
Volodine
Lisbonne, dernière marge :
Roman, Paris, Minuit, 1990.
Alto solo : Roman, Paris, Minuit,
1991.
Le Nom des singes : Roman, Paris,
Minuit, 1994.
Le Port intérieur : Roman,
Paris, Minuit, 1995.
Nuit blanche en Balkhyrie : Roman,
Paris, Gallimard, 1997.
Le Post-exotisme en dix leçons,
leçon onze, Paris, Gallimard, 1998.
Vue sur l’ossuaire : Romånce,
Paris, Gallimard, 1998.
Des Anges mineurs : Narrats,
Paris, Le Seuil, coll. Fiction & Cie, 1999.
Dondog : Roman, Paris, Le Seuil,
coll. Fiction & Cie, 2002.
Biographie comparée de Jorian
Murgrave, Un Navire de nulle part, Rituel du mépris,
Des Enfers fabuleux, Paris, Denoël, coll. Des heures
durant..., 2003.
Bardo or not bardo : Roman, Paris,
Le Seuil, coll. Fiction & Cie, 2004.
Nos Animaux préférés
: Entrevoûtes, Paris, Le Seuil, coll. Fiction &
Cie, 2006.
Songes de Mevlido : Roman. Paris,
Le Seuil, coll. Fiction & Cie, 2007.
Macau (avec Olivier Aubert),
Paris, Le Seuil, coll. Fiction & Cie, 2009.
Livres parus sous des hétéronymes
Lutz Bassmann
Avec les moines-soldats : Entrevoûtes,
Lagrasse, Verdier, coll. Chaoïd, 2008.
Haïkus de prison, Lagrasse,
Verdier, coll. Chaoïd, 2008.
Manuela Draeger
Au nord des gloutons, Paris,
L’École des loisirs, coll. Médium, 2002.
Pendant la boule bleue, Paris,
L’École des loisirs, coll. Médium, 2002.
Le Deuxième Mickey, Paris,
L’École des loisirs, coll. Médium, 2003.
Nos bébés-pélicans,
Paris, L’École des loisirs, coll. Médium, 2003.
La Course au kwak, Paris, L’École
des loisirs, coll. Médium, 2004.
L’Arrestation de la grande Mimille,
Paris, L’École des loisirs, coll. Médium, 2007.
Belle-Méduse, Paris, L’École
des loisirs, coll. Médium, 2008.
Elli Kronauer
Ilia Mouromietz et le Rossignol Brigand
: Bylines, Paris, L’École des loisirs, coll. Médium,
1999.
Aliocha Popovitch et la rivière
Saphrate : Bylines, Paris, L’École des loisirs,
coll. Médium, 2000.
Sadko et le tsar de toutes les mers
océanes : Bylines, Paris, L’École des loisirs,
coll. Médium, 2000.
Soukmane fils de Soukmane et les
fleurs écarlates : Bylines, Paris, L’École
des loisirs, coll. Médium, 2000.
Mikhaïlo Potyk et Mariya la
très-blanche mouette : Bylines, Paris, L’École
des loisirs, coll. Médium, 2001.
Avec le soutien de l'Université Paris 8
(Equipe de recherche "Littérature et histoires", Ecole
doctorale "Pratiques et théories du sens")
et de l’Université de Provence
(Centre Interdisciplinaire d'Etudes des Littératures d'Aix-Marseille)
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