DU MERCREDI 22 AOÛT (19 H) AU MERCREDI 29 AOÛT (14 H) 2007
DIRECTION : Denis DONIKIAN, Georges FESTA
ARGUMENT :
La thématique contemporaine du métissage culturel et du retour au religieux recompose un territoire inédit, global où émerge le paradigme arménien. Dans cette optique, le colloque L'Ange exterminateur (Cerisy, 1993) a constitué un premier seuil: universalité du génocide, définitions nouvelles de l'être au monde.
L'on peut parler d'un paradigme arménien en ce sens que l'objet Arménie focalise mythes et hantises historiques, déplie les avatars d'une destinée européenne et cristallise la tectonique des plaques Orient-Occident.
L'on peut parler aussi d'un paradigme du sujet Arménien/Arménie au carrefour des influences, des transcendances et des engagements: féminisme, radicalité, intégration, éthique, témoignages.
Cette situation nous invite à réfléchir, en l’étendant, à partir de l’Arménie et de ses voix et voies multiples, des Antilles au Vietnam, du Maghreb aux Amériques, à l’actualité des diasporas, et aux récits de vie. Récits de vie qui posent tour à tour des questions comme celle de la résilience, de la normalisation ou du métissage familial ainsi que les bouleversements que produit l’irruption d’identités nouvelles en particulier sexuelles, mais aussi là où l’histoire personnelle se heurte à l’histoire collective que ce soit dans ses désastres ou son évolution.
Enfin, nous interrogerons le regard des autres sur cette société arménienne et sur les enjeux, compte tenu de ses spécificités, de sa création artistique.
CALENDRIER DÉFINITIF :
Mercredi 22 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants
Jeudi 23 août
Matin:
Georges FESTA: Arménie et Arméniens dans les manuels d'Histoire
Après-midi:
Yolande MUKAGASANA: Ma résilience. Je ne suis qu'un témoin (texte lu)
Soirée:
Cinéma: Antoine CHAUDAGNE: Projection du film documentaire: "Je prends ton mal"
Vendredi 24 août
Matin:
Martine HOVANESSIAN: Récits de vie de l'exil et sentiment d'appartenance: la question de la dette
Lecture: Denis DONIKIAN: Exil(s)
Après-midi:
Antoine CHAUDAGNE: Arménie, Ethiopie: rencontres entre deux extrêmes de la survie
Samedi 25 août
Matin:
Varvara BASMADJIAN: Au service du Palais ou artistes libres, les peintres arméniens d'Istanbul
Grégoire KRIKORIAN: Le Parlement Européen ou l'ANTI-LAUSANNE
Après-midi:
REPOS
Dimanche 26 août
Matin:
Georges FESTA: Les Arméniens d'Algérie
Sibylle PENKERT: L'Allemagne face à la question arménienne. Histoire politique
Après-midi:
Annick ASSO: La transmission du traumatisme génocidaire au théâtre
Conte: Christine KIFFER: Extrait conté de l'épopée populaire arménienne, David de Sassoun
Lundi 27 août
Matin:
Wadad KOCHEN-ZEBIB: Revisiter Cana
Hélène PIRALIAN-SIMONYAN: Que signifie reconnaître un génocide? Le génocide arménien: deuil et imaginaire
Après-midi:
Janine ALTOUNIAN: Un héritage traumatique ne se met à parler que déplacé dans le temps et l'espace culturel
Lecture: Frédéric NEVCHEHIRLIAN: "Sans les cibles"
Soirée:
Barbel PFANDER: Le montage à contrepoint: le cinéma d'Artavazd Pelechian
Mardi 28 août
Matin:
Jacqueline STARER: Martin Melkonian: une identité au carrefour d'elle-même
Frédéric GROSS-QUELEN: Perec ou la lettre déportée
Après-midi:
Anahit DASSEUX TER-MESROPIAN: ArTménie, le passage à la joie
Raphaëlle VIERLING: L’œuvre de Sergueï Paradjanov, approche d'une certaine identité arménienne
Mercredi 29 août
Matin:
Bilan du colloque
Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS
Pendant toute la durée du colloque, deux expositions ont été présentées :
* Milo DIAS: De la souffrance à la révolte (sculptures) dans les anciennes étables
* Raphaëlle VIERLING: Présentation d’un travail plastique autour de l’œuvre de Paradjanov dans les serres
RÉSUMÉS :
Janine ALTOUNIAN: Un héritage traumatique ne se met à parler que déplacé dans le temps et l'espace culturel
"Toute ma vie, déclarait Antonia Arslan, j'ai porté ces traces en moi sans avoir le courage de les laisser affleurer, d'en parler, jusqu'au jour où j'ai entrepris de traduire un grand poète arménien... C'est au fil de l'écriture que j'ai pris conscience qu'elles se détachaient: je l'avais toujours entendu dire, mais on met au jour certains aspects parfois presque à son insu, en écrivant".
A propos de la sortie récente en France du film des frères Taviani, Le mas des alouettes, inspiré du récit d’A. Arslan (1), j'essaierai de montrer en quoi l'élaboration et la transmission d'un héritage traumatique, sa réappropriation dans la mémoire et son inscription dans l’espace politico-culturel demande beaucoup de temps.
(1) La masseria delle allodolle, 2004, traduit par Nathalie Bauer: Il était une fois en Arménie, Robert Laffont, 2006.
Références Bibliographiques :
- « Ouvrez-moi seulement les chemins d’Arménie » / Un génocide aux déserts de l’inconscient (Préface de René Kaës), Les Belles Lettres / Confluents psychanalytiques, 1990, 2003 (2° éd.).
- La Survivance / Traduire le trauma collectif (Préface de Pierre Fedida, Postface de René Kaës), Dunod / Inconscient et Culture, 2000, 2003 (réimp.).
- L’intraduisible / Deuil, mémoire, transmission, Dunod / Psychismes, 2005.
Annick ASSO: La transmission du traumatisme génocidaire au théâtre
Les modes de transmission de l'événement gnéocidaire et du traumatisme qui lui et associé seront interrogés à travers l’analyse de trois pièces contemporaines traitant du génocide arménien de 1915, Une Bête sur la lune de Richard Kalinoski, Ermen de Pascal Tokatlian, Eternelle Arménie de Michel Reynaud. A l’étude du témoignage, de son insertion dans le texte dramatique et de ses répercussions sur le public, se superpose inévitablement la place occupée par le non-dit, symptomatique du trauma. Le théâtre contemporain du génocide apparaît à la fois comme un espace de "co-mémoration", chargé d’un passé douloureux et pesant, mais il est aussi un théâtre de la survivance qui permet de sortir de l’enfermement traumatique.
Références Bibliographiques :
Annick Asso, Le cantique des larmes, Paroles de rescapés du génocide arménien de 1915, éditions de la Table Ronde, 2005.
(A paraître) Comprendre et enseigner les génocide du 20ème siècle, sous la direction de Barbara Lefebvre et Sophie Ferhadjian, Bréal, 2007.
Antoine CHAUDAGNE: Arménie — Ethiopie: rencontres entre deux extrêmes de la survie
D’étranges similitudes habitent Arménie et Ethiopie, tous deux soudés par une chrétienté orientale originelle, tous deux comme des ilots escarpés en terres d’Islam et fruits de cet encerclement fondateur, tous deux traversés de mythes médiévaux et nourris d’une culture de l’écrit liturgique (avec des ressemblances troublantes dans les lettres de leur alphabet respectif), tous deux sortis d’un XXème siècle socialiste... La liste est longue. Arménie et Ethiopie reposent sur un socle commun: le traumatisme (génocide d’un côté, famines de l’autre) et ont généré hors de leurs frontières un mythe commun: la terre promise des déracinés (Jamaïcains rasta vis-à-vis d’une Ethiopie qui n’est pas leur terre, Arméniens de la diaspora vis-à-vis de l’Arménie actuelle où ils n’ont pas leurs racines). Il s’agit alors de tendre quelques fils, d’ouvrir quelques perspectives, de poser parallèles et passerelles inédites entre deux peuples dont le liant identitaire est étonnamment proche. Et surtout de laisser libre cours à toutes les digressions créatrices.
Antoine CHAUDAGNE: Projection du film documentaire: Je prends ton mal (52 min)
Trois portraits arméniens en 2004. La guerre contre l’Azerbaïdjan, l’ancien pays "frère" du Caucase soviétique, est terminée depuis 10 ans. Les déchirures liées au conflit et à la fermeture des frontières hantent aujourd’hui encore le quotidien des Arméniens. C’est autour des tablées caucasiennes que les langues se délient et que les discours dévoilent toute l’ambiguité de la « question azérie ». On boit, on chante, on danse, on pleure. On évoque les choses à demi-mot, entre musique et vodka.
Anahit DASSEUX TER-MESROPIAN: ArTménie, le passage à la joie
Comment, à partir d'une Histoire collective douloureuse, une personne peut trouver en elle, malgré la marque de cette histoire et à partir de celle-ci précisément, assez de ressources pour mener à bien la création tout autant d’une œuvre ouverte au public que de sa propre vie? C’est la question que j’ai posée à une vingtaine d’artistes qui s’expriment par la médiation du cinéma, de la littérature, de la peinture, de la sculpture, de la musique, ainsi qu’à des personnes qui s'engagent dans l'œuvre sociopolitique et dans l'invention entrepreneuriale, des Arméniens plus anonymes qui, dans leur quotidien, portent malgré l'exil (intérieur ou extérieur) la flamme vive de la joie. Je rendrai compte de ces entretiens à travers un texte né de leur témoignages: comment au-delà de cette Histoire collective tragique, se noue un lignage dans une histoire, la fable des humains, hommes et femmes en prise avec leur condition de masculinité et de féminité?
Entretiens réalisés: Charles Aznavour, Simon Abkarian (comédien, metteur en scène), Serge Avedikian (comédien, réalisateur), Ariane Ascaride (comédienne), Denis Donikian (écrivain, plasticien), Francis Kurkdjian (créateur de parfums), Vartan Baldjian (peintre), Robert Guédiguian (réalisateur), Vasken Yeghiayan (scénographe), Vincent Baguian (musicien, parolier), Gérard Torikian (musicien, comédien), Ara Aprikian (directeur des programmes de Canal Plus), Valérie Toranian (directrice de la rédaction de ELLE), Sophie Fontanel (journaliste à ELLE, écrivain), Claude Tchamitchian (contrebassiste), Gaguik Mouradian (en duo au kamantcha avec Claude Tchamitchian), Anna Mayilian de Erevan (cantatrice au sein de la formation musicale "Les Maîtres de musique d'Arménie"), Alain Mikli (créateur de lunettes), Christina Galstian (comédienne, chorégraphe de la compagnie Yeraz), Nelly Tardivier (commissaire générale à l’AFAA pour l’année de l’Arménie).
Milo DIAS: De la souffrance à la révolte (exposition de sculptures)
Grimaçante humanité ! Milo Dias a pris le parti d'un expressonnisme réaliste contre les modes avanvées de l'abstraction. Plus celle-ci nous éloigne de la figure humaine, plus le sculpteur s'obstine à mettre au jour de l'humain, rien que de l'humain. Un primitif classique. Seule l'intéresse la manière desculpter qui fut la plus longuement pratiquée au cours des siècles. Avec la main et avec la terre? Son art ne doit rien aux matériaux modernes; son acte artistique est au croisement de l'homme et de la chair terrestre qui partout l'environne. Le reste est affaire d'observation. Evocation du monde avant les mots. Car il s'agit de l'exprimer ce monde, et avec les matières qu'il nous offre. De dire l'homme sans le truchemehnt de la parole. Puisque, dans le fond, elle n'y peut rien la parole/ (Denis Donikian).
Denis DONIKIAN: Exil(s)
La lecture de quelques textes extraits d’une production s’étalant sur plus de trois décennies devrait permettre de cerner certaines des questions posées par une écrivain de la diaspora arménienne, tant sur l’écriture post-génocidaire que sur la notion d’exil, de transmission d’une histoire, de restructuration psychique. En quoi l’écriture qui prend racine dans une catastrophe historique absolue est-elle nécessaire pour forcer la parole à rester en vie, fût-ce dans le noir d’une négation, pour dire la vie, de soi et des autres, qu’ils appartiennent au même peuple que soi et au même monde?
Georges FESTA: Les Arméniens d'Algérie
L'Algérie partage avec l'Arménie occidentale un même destin: terres turcisées, mais traversées de mythes originels et de colonisations, terres de métissages, un temps coexistants, impact du nationalisme. Quelle immigation arménienne en Algérie? Faire le point sur la recherche, interroger les témoignages de la diaspora, revisiter les lieux, comme un retour vers l'identité plurielle de l'humain.
Martine HOVANESSIAN: Récits de vie de l'exil et sentiment d'appartenance: la question de la dette
Voici quelques fragments de récits déployés dans la longue durée et dont les enjeux sont bien au-delà des thèmes sociaux de l’exil arménien. La capture de nos récits qui s’est déroulée dans cette grande liberté de l’oral, s'étalant sur plus de trois années, presque quatre, a été sans cesse habitée par ce nécessaire statut de l’écrit sur lequel nous reviendrons. Dans ces témoignages, tout ou presque s'est joué dans la réappartenance de soi circonscrite par les limites de l'univers du récit en train de se dérouler et mettant en scène simultanément les errances des générations précédentes, leurs désappartenances. Les témoignages s’exposant dans un espace mi-privé, mi-public élaboraient un roman familial et le principe générationnel. traversaient des espaces et des temps où des corps fantômes, des corps victimes, des corps d'allégresse, rares toutefois, se devinaient en arrière-fond accompagnant le devenir de l’histoire privée.
Christine KIFFER: Extrait conté de l'épopée populaire arménienne, David de Sassoun
Raconter cette histoire, vieille comme le monde, c'est comme chanter dans le noir pour se donner du courage. Il y a du chemin à faire et des traces à suivre pour sortir de ce fossé commun où l'on est tombé. David ce héros qui zozote me tend la main comme un frère. Petit frère? Grand frère? Demi frère? Je lance son nom vers le ciel et hop! comme par enchantement nous voilà sortis de la poussière. Vivants! Bien vivants!
Wadad KOCHEN-ZEBIB: Revisiter Cana
L’arménité est une expérience de survie à la catastrophe où le recours à la besogne du "il faut se mettre à la tâche", sans répit, qu’on a pu entendre lorsque la parole a pu s’adresser à quelqu’un qui n’est pas sourd, permet entre autres, qu’un fil de laine ou de soi(e), s’accroche à la vie. Cette compétence aux liens à l’autre hors de sa communauté, qui n’exclut pas toutes les déliaisons mortifères qui ont marqué la descendance des survivants, pourrait m’aider à tenter l’expérience du "partage des cauchemars", comme dirait un schizophrène qui m’est proche. Sans ce fil, sans le transfert Arménie, il est affolant de se pencher sur le désastre de cette visibilité outrancière du tas de corps morcelés petits et grands, qui ordonnance l’interdit de nommer cette chose: on tue des enfants dans la modernité de cette fin du 20ème siècle.
Références Bibliographiques :
Dominique Edde : Pourquoi il fait si sombre ? Roman. Seuil. 1999.
Hélène Piralian : Un enfant malade de la mort. Ed.Universitaires. 1989.
Hélène Piralian : Génocide et transmission. L’Harmattan. 1994.
Janine Altounian : Ouvrez-moi seulement les chemins d’Arménie. Les Belles Lettres. 1990.
S. Freud : L’Homme Moîse et la religion monothéiste. Gallimard. 1939.
S. Freud : Essais de Psychanalyse. Payot.
Moustapha Safouan : La Parole ou la mort. Seuil. 1993.
Serge Leclaire : On tue un enfant. Seuil. 1975.
André Green : Narcissisme de vie, narcissisme de mort. Minuit. 1983.
André Green : Le Travail du Négatif. Minuit. 1993.
Wadad Kochen-Zebib : « Figures du corps » In Le Coq Héron. Eres N°180. 2005.
Hélène PIRALIAN-SIMONYAN: Que signifie reconnaître un génocide? Le génocide arménien: deuil et imaginaire
Depuis maintenant plus de 90 ans le gouvernement turc maintient le déni actif du génocide arménien de 1915. Une telle falsification de l’histoire n’a pu qu’entraîner pour les Turcs une sidération collective de la pensée. Parallèlement cependant de plus en plus des voix s’élèvent en Turquie pour interroger ce déni, ce qui vaut à ses auteurs procès et prison. Cette ouverture est, je le crois, irréversible. Quels sont les enjeux d’un tel bouleversement pour l’identité turque? Autrement dit qu’entraîne pour chaque turc d’abord la connaissance de ce génocide et ensuite le désir ou la volonté de le reconnaître, c’est-à-dire d’en percevoir les effets aussi bien psychiques (sur la pensée et les sentiments) que politiques? Pour cela il paraît essentiel et incontournable de restaurer "l’ayant- existé" de ceux que l’on a fait disparaître pendant le génocide, en leur rendant âme et corps et en pleurant leur perte.
Jacqueline STARER: Martin Melkonian: une identité au carrefour d'elle-même
Martin Melkonian, né en 1950 à Paris, est l'auteur de dix-sept ouvrages dont sept au moins sont clairement autobiographiques. C'est cet aspect de son œuvre qui sera plus particulièrement abordé: s'il n'y a pas de garantie humaine liée à l'appartenance et si l'origine ne fait pas l'être, il lui faut cependant affronter sa propre complexité, exister contre la mort des siens. En se jetant dans l'écriture, en ne cachant pas ses sentiments, Martin Melkonian fait œuvre de vérité, de générosité. C'est aussi de l'esthète dont il sera question.
Martin Melkonian a été publié au Seuil, aux Editions Maurice Nadeau, au Bois d'Orion, notamment. Ses trois derniers ouvrages ont paru aux éditions d'écarts.
Références Bibliographiques :
Jacqueline Starer est l’auteur de:
Les écrivains beats et le voyage, Marcel Didier, Paris, 1977.
Chronologie des écrivains beats jusqu’en 1969, id.
K.B., Maurice Nadeau, 1987
Elle est la traductrice du poète anglais Keith Barnes: Œuvre poétique Collected Poems, éditions d’écarts, 2003.
Sur Martin Melkonian:
Article sur Conversations au bord du vide dans La Quinzaine littéraire n°895 – du 1er au 15 mars 2005.
Article sur Le Miniaturiste dans Nouvelles d’Arménie n°119 – mai 2006.
Raphaëlle VIERLING: L’œuvre de Sergueï Paradjanov, approche d'une certaine identité arménienne
La vie de Sergueï Paradjanov comme création s’est réalisée dans la forme qu’elle a prise et c’est pourquoi la mort du héros de ce mythe conduit inévitablement à la disparition de son œuvre. Elle demeure cependant source d’inspiration pour de nombreux artistes, cinéastes et son universalité fait qu’elle continue à vivre de cette manière. L’œuvre de Sergueï Paradjanov dans son contexte soviétique est ici considérée comme une prise d’empreintes de moments d’histoire de l’Arménie. Paradjanov s’appuie sur l’art et la culture arméniens (légendes, personnages mythiques, peinture, architecture, textiles, manuscrits et traditions) pour porter à l’écran un univers né de ses origines. Son œuvre aux sources de l’histoire des pays du Caucase aborde l’Arménie dans son essence, recherchant des personnages éloignés pour montrer leur contemporanéité. L’histoire avance, à nous d’y poser le regard que notre époque nous suggère. Offrandes païennes, ses films font appel à un temps et un secret perdus que nous nous plaisons à côtoyer.
Raphaëlle VIERLING: Présentation d’un travail plastique autour de l’œuvre de Paradjanov sous forme d’exposition
Dans le château ou en extérieur (selon les possibilités) : installation, photomontages, impressions textiles. Cette exposition est envisagée par rapport à un espace repéré du parc ou du château dans lequel seront installées des images en adéquation avec le lieu.