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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2015 : un des colloques





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LE FORMAT COURT : RÉCITS D'AUJOURD'HUI

DU VENDREDI 14 AOÛT (19 H) AU VENDREDI 21 AOÛT (14 H) 2015

DIRECTION : Sabrinelle BEDRANE, Claire COLIN, Christine LORRE-JOHNSTON

ARGUMENT :

La communication par "format court" semble être celle des temps actuels. Ces formes brèves, dans le domaine littéraire, artistique, manifestent-elles alors une spécificité aujourd'hui en relation — fût-elle d'opposition — avec tous les dispositifs de communication instantanée?

En littérature, c'est évidemment le récit bref et son économie narrative spécifique qui sera l'objet prioritaire de ce colloque: existe-t-il, à cet égard, une ou des poétiques spécifiques en ce début de XXIe siècle?

Plus généralement le format court rend-il compte d'une anthropologie culturelle marquée par l'accélération constante de l'histoire, par l'accroissement exponentiel de l'information, par la prolifération de l'image, par la perte même de ce temps individuel et collectif de transmission de l'expérience qui structurait les sociétés à l'époque où elles "prenaient le temps" d'assurer leur continuité, leur identité par cette transmission "à hauteur d'homme"?

La notion de format court, de "short", sera aussi prise en compte lorsqu'elle s'applique à d'autres médias, notamment le cinéma. Différentes approches herméneutiques seront enfin proposées, dans un champ culturel et linguistique et des contextes culturels comparés, en rapport avec de nouveaux médias ou même dans une  perspective d’intermédialité.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Vendredi 14 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Samedi 15 août
Matin:
Sabrinelle BEDRANE, Claire COLIN & Christine LORRE-JOHNSTON: Ouverture

Évolution de la nouvelle française et francophone au XXe siècle
Yvon HOUSSAIS: Historique de la nouvelle
Michel VIEGNES: Théorie de la nouvelle

Après-midi:
Format court et intermédialité (I)
Philippe MET: "Petite peur" ou "grosse frayeur"? Horreur et court-métrage

Philippe Vilain et les récits denses
Philippe VILAIN: En un mot comme en mille: une esthétique de la brièveté (texte lu)

Soirée:
Projection: "Hold On" et "Un poisson qui se prend pour un oiseau" (courts métrages de Damien Rousineau)


Dimanche 16 août
Matin:
Format court et intermédialité (II)
Isabelle ROUSSEL-GILLET: Récits brefs en mouvement, du métro au musée [conférence en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de Caen et sur le site France Culture Plus]

Après-midi:
Nouvellistes nord-américains (I)
Corinne BIGOT & Christine LORRE-JOHNSTON: Les long short stories, l'art de la nouvelle selon Alice Munro
Claire FABRE-CLARK: Les métamorphoses du quotidien dans la nouvelle américaine contemporaine

Soirée:
Projection de films


Lundi 17 août
Matin:
Nouvellistes nord-américains (II)
Bruno THIBAULT: L’art du bref et l’écriture de la réticence dans Can’t and Won’t (2014) de Lydia Davis
Entretien de Christine LORRE-JOHNSTON avec Mark Anthony JARMAN (traduction: Jean ANDERSON)
Lecture d'un extrait tiré de son dernier recueil Knife Party at the Hotel Europa (2015) par Mark Anthony JARMAN et de Dix-neuf couteaux par Jean ANDERSON

Après-midi:
Nouvelles en Afrique
Tumba SHANGO-LOKOHO: La brièveté en francophonie: littérature africaine
Entretien de Sabrinelle BEDRANE avec Leïla SEBBAR
Témoignage de Pierrette EPSZTEIN: Faire écrire des nouvelles à des collégiens


Mardi 18 août
Matin:
Format court en Italie
Pierluigi PELLINI: Epiphanes domestiquées: le micro-récit dans l'Italie contemporaine
Entretien de Philippe DAROS avec Vitaliano TREVISAN (traduction: Claire COLIN)
Lecture d'un récit bref inédit par Vitaliano TREVISAN

Après-midi:
DÉTENTE


Mercredi 19 août
Matin:
Nouvellistes anglophones, nouvellistes du Pacifique
Jean ANDERSON: Nouvelle océanienne et ellipse culturelle
Jaine CHEMMACHERY: Regards sur la société contemporaine indienne dans une sélection de nouvelles indiennes de langue anglaise

Après-midi:
Format court et intermédialité (III)
Claire COLIN: Microfictions, tweets et pictogrammes: le récit à l'heure de l'extrême brièveté

Soirée:
Entretien de Florence OLIVIER avec Alain-Paul MALLARD sur son œuvre et sur les formes brèves en Amérique latine


Jeudi 20 août
Matin:
Projection: "Ada ou les Démons", court métrage de Mathieu GLISSANT
"Hula-Hoop", lecture-performance de Marion BAUDE

Après-midi:
À LA MÉDIATHÈQUE DE SAINT-LÔ
Pratique de la nouvelle chez les jeunes à travers les concours d'écriture, animée par Claire COLIN, avec Nelly ANTOINE, Sabrinelle BEDRANE, Laurence DECRÉAU, Cindy MAHOUT et Marc SEBBAH
La nouvelle française contemporaine: voix d'auteurs, animée par Sabrinelle BEDRANE & Claire COLIN, avec Alain ABSIRE, Georges-Olivier CHÂTEAUREYNAUD et Marie-Hélène LAFON

Soirée:
Lectures d'extraits de nouvelles primées et des écrivains présents ainsi que de poèmes de Frédéric Jacques Temple par la Cie du Grain de Sable (PMVV)


Vendredi 21 août
Matin:
Résonances du format court aujourd'hui
Entretien de Claire COLIN avec Belinda CANNONE sur "L'essai au format court"

Conclusions

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Jean ANDERSON: Nouvelle océanienne et ellipse culturelle
Dans une nouvelle récente de Patricia Grace, auteure néo-zélandaise māori, un des personnages éternue. Pour une grande majorité de ses lecteurs, cette action n’est pas intégrée de façon significative dans la construction du sens du texte. Or, cet éternuement renvoie directement à des croyances traditionnelles de la culture māori, au tihei mauriora, le souffle de la vie, et constitue un signal important au lecteur quant à la suite des événements. La forme brève imposant déjà une écriture elliptique (Cardin, 2003), l’auteur nouvelliste donne naturellement peu de place à des mises en contexte. Il exige par cette absence d’explicitation (mais sans toujours l’obtenir) une lecture informée, que l’on pourrait (à l’instar de notions traductologiques, voir Berman 1984) appeler "sourcière". Décoder de telles références, faire des "actes de co-opération" (Eco, 1979) réussis selon les critères de l’auteur, revient à savoir lire dans les ellipses culturelles du texte, et demande des connaissances approfondies de la culture "autre" présente en substrat. Nous référant aux travaux d’Appiah sur la ‘traduction épaisse’ (1993: "thick translation") ainsi qu’à diverses études de la lecture (p. ex. le lecteur idéal, Eco, 1979) et de l’intertextualité, et nous servant d’exemples tirés d’auteurs océaniens anglophones et francophones, nous esquisserons une réflexion sur la lecture des ellipses culturelles dans des textes d’auteurs autochtones. Nous viserons tout particulièrement la lecture d’éléments non-explicités mais qui, quand ils sont saisis par le lecteur, ouvrent une perspective et une interprétation très localisées, culturellement spécifiques, et qui constituent dans certains textes un discours anti-colonial important.

Jean Anderson est professeur titulaire et chef de la section de français à l’Université Victoria de Wellington. Traductrice littéraire, elle s’intéresse à la lecture de l’altérité sous un angle essentiellement pragmatique: comment lire l’altérité elliptique? et comment la traduire? Elle a également co-dirigé des recueils d’essais critiques sur les auteures du XIXe siècle, Ecrire les hommes (Presses de l’Université de Vincennes, 2012) et sur les polars, The Foreign in International Crime Fiction (Bloomsbury, 2012).

Corinne BIGOT & Christine LORRE-JOHNSTON: Les long short stories, l'art de la nouvelle selon Alice Munro
Cette communication abordera quelques nouvelles longues d’Alice Munro (ou long short stories comme elle les a parfois appelées) sous l’angle narratologique pour en dégager la spécificité, en particulier sur le plan formel et dynamique. Munro n’écrit pas à mi-chemin du roman et de la nouvelle, mais fait de la nouvelle un espace de jeu et de liberté. Son art repose sur l’elliptique, l’irrésolu, l’interrogatif; la nouvelle serait alors une littérature de l’inconfort où l’interruption constitue le nerf de la narration (Claude Pujade-Renaud). On confrontera les cinq récits retenus pour leur longueur — "Open Secrets", "The Love of a Good Woman", "Hateship, Friendship, Courtship, Loveship, Marriage", "Powers", et "Too Much Happiness" — à la vision exprimée par Deleuze et Guattari sur la nouvelle, selon laquelle tout est organisé autour de la question "qu’est ce qui s’est passé?" (Mille plateaux), ainsi qu’à celle de Walter Benjamin pour qui l’art du narrateur consiste, à l’inverse, "à savoir rapporter une histoire sans y mêler d’explication" ("Le narrateur"). Dans cette tension entre l’explicite et l’implicite, le dit et le non-dit, s’inscrit l’art des nouvelles longues de Munro.

Corinne Bigot est maître de conférences en anglais à l’Université Paris Ouest Nanterre. Elle travaille en littérature canadienne, avec un intérêt particulier pour l’art de la nouvelle. Elle est l’auteur d’une monographie sur Alice Munro, intitulée Les silences de la nouvelle (PUR, 2014), de plusieurs articles sur les nouvelles d’Alice Munro, et d’un ouvrage sur le premier recueil d’Alice Munro, co-écrit avec Catherine Lanone, intitulé Sunlight and Shadows, Past and Present (PUF, 2014).

Christine Lorre-Johnston est maître de conférences au département d’anglais de l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3. Elle mène sa recherche sur le terrain de la littérature et de la théorie postcoloniales, en particulier dans le domaine canadien. Elle est l’auteur de plusieurs articles sur les nouvelles d’Alice Munro, ainsi que d’un ouvrage en collaboration avec Ailsa Cox, intitulé The Mind’s Eye: Alice Munro’s Dance of the Happy Shades (Fahrenheit, 2015).


Jaine CHEMMACHERY: Regards sur la société contemporaine indienne dans une sélection de nouvelles indiennes de langue anglaise
Le genre de la nouvelle, et non seulement sa forme, favorise le trouble dans le discours idéologique colonial. Telle est l'hypothèse à partir de laquelle cette communication étudiera l'éventuelle spécificité opérée par ce genre aujourd’hui en analysant ce qu’il performe en termes de discours concernant l’Inde contemporaine. En quoi l’ellipse, ou la fausse fin — certaines caractéristiques dites spécifiques de la nouvelle — contribuent-elles à façonner un discours sur la société indienne d’aujourd’hui ? Y a-t-il une spécificité de la nouvelle indienne de langue anglaise contemporaine par rapport au roman en termes d’effets sur le discours sur la société indienne? Quelles sont aussi les modalités d’écriture de la brièveté selon que l’on prend pour appui la nouvelle ultra-contemporaine — avec usage d’une langue ultra-moderne qui emprunte au format du courriel ou du texto comme chez Meena Kandasamy, l’écriture de l’exil avec des personnages indiens vivant en Occident à l’instar de ceux de Jhumpa Lahiri, ou encore des nouvelles mettant en scène des héros indiens. L’un des premiers constats que l’on peut faire, c’est que l’empreinte de l’histoire marque toujours leurs vies et leurs énoncés, mais aussi les voix narratives, dans une écriture qui s’opère en anglais. J’aimerais en somme réfléchir à la collusion entre langue anglaise / genre de la nouvelle / indianité (celle du contexte, mais pas uniquement) et voir ce que cela produit selon les spécificités de localisation et de positionnement des auteurs et des voix qui s’énoncent dans leurs œuvres.

Ancienne élève de l’ENS Lyon, Jaine Chemmachery est actuellement PRAG à l’Université Paris 1 - Sorbonne. Sa thèse porte sur les nouvelles sur l’Empire de R. Kipling et S. Maugham et sur le rapport entre colonialisme, modernité et genre de la nouvelle (2013). Sa recherche concerne  les études postcoloniales, le modernisme et  la nouvelle. Ses publications récentes comprennent notamment un article intitulé "Spatial, Temporal and Linguistic Displacement in Kipling’s and Maugham’s Colonial Short Stories: The Disrupting Power of the "Colonial" in Modern Short Fiction" (à paraître dans un numéro de la JSSE sur la nouvelle moderniste).

Claire COLIN: Microfictions, tweets et pictogrammes: le récit à l'heure de l'extrême brièveté
Le développement et la popularité des supports numériques tout comme des moyens de communication instantanée ont entraîné de nouvelles formes de récits brefs, héritiers des nouvelles en trois lignes de Felix Fénéon: récits en 140 caractères pour s’adapter au format de twitter (dont Andrea Maggiolo ou Sean Hill sont des exemples), sagas résumées en pictogrammes et destinées à des publications en ligne (à l’instar des recueils proposés par le collectif H-57), micro-récits pour billets de blog collectif (Jacques Fuentealba)... Ces récits, liés aux réseaux sociaux, montrent alors un caractère hybride, entre réduction à un événement saisissant et écriture poétique, et une production non pas sous l’autorité d’un seul auteur mais bien plutôt d’une communauté. On s’intéressera à ces récits de l’extrêmement bref afin de se demander s’ils possèdent une poétique spécifique ou bien s’ils sont uniquement destinés à une consommation rapide.

Claire Colin est actuellement ATER à l’Université de Paris-Est-Marne-la-Vallée. Elle a soutenu en 2013 une thèse consacrée à l’événement dans la nouvelle contemporaine (domaines américain, français et italien), et s’intéresse entre autres dans ses travaux de recherche aux formes brèves ("La réserve et l’excès. Le traitement de l’événement chez quatre nouvellistes contemporains: Raymond Carver, Gianni Celati, Régis Jauffret, Aldo Nove", Trans, n°9, été 2010; "La règle et le jeu: la nouvelle contemporaine comme lieu de réflexion sur la fiction", Itinéraires LTC, n°2013-1, p.51-63), à la littérature contemporaine et à la théorie littéraire, en particulier à la pratique et à la poétique du chapitre ou aux ellipses dans le récit (Ce que le récit ne dit pas, en co-direction avec Claire Cornillon, Presses Universitaires François-Rabelais, à paraître).

Claire FABRE-CLARK: Les métamorphoses du quotidien dans la nouvelle américaine contemporaine
Dans cette présentation, nous nous proposons de nous interroger sur le rapport privilégié qu’entretient la forme brève dans la littérature américaine contemporaine avec la représentation du quotidien. Bien que le quotidien soit ce qu’il y a de plus évanescent, fuyant, voire irreprésentable, il n’a cessé d’intéresser des auteurs de nouvelles ou de récits courts des XXe et XXIe siècles tels que Grace Paley, Raymond Carver, Anne Beattie, Amy Hempel, Christine Schutt, David Foster Wallace et Lorrie Moore, pour n’en citer que quelques-uns. On ne peut pas parler d’"une" esthétique du quotidien mais bien d’une multitude d’approches singulières, même s’il est possible de déceler certaines affinités entre plusieurs de ces auteurs, comme nous tenterons de le démontrer. Pour tout notre corpus, la forme brève permet d’explorer les métamorphoses du quotidien grâce à une expérience de la langue comme terre étrangère ou, du moins, comme source d’étrangeté.

Claire Fabre-Clark est maître de conférences en littérature américaine à l’UPEC (Université Paris Est Créteil) depuis 2001. Après avoir rédigé une thèse intitulée "Le lecteur à l’épreuve du banal dans l’œuvre de Raymond Carver" et plusieurs articles sur le même auteur, elle a publié des articles sur d’autres auteurs américains contemporains, notamment Grace Paley, Christine Schutt, David Foster Wallace, Mary Caponegro et Nicholson Baker. Elle a organisé un symposium sur Raymond Carver à l’UPEC en 2008, ainsi qu’une série de colloques en collaboration avec Marc Amfreville, Vincent Broqua et Elisabeth Vialle ("Les formes de l’obsession dans la littérature anglo-saxonne", 2003 et 2004; "La relation", 2005 et 2006; "La valeur/les valeurs en littérature", 2014).

Yvon HOUSSAIS: Historique de la nouvelle
La réflexion sur le texte court contemporain ne peut faire l’économie d’une mise en perspective historique. Dans la première moitié du dix-neuvième siècle, traditionnellement considéré comme l’âge d’or de la nouvelle, celle-ci fait peau neuve sous l’influence de grands auteurs comme Stendhal, Balzac, Mérimée, Gautier, Dumas. L’aspect fondamental de ce renouvellement me semble s’articuler autour de la notion de dramatisation. Si la forme courte connaît un tel succès, c’est qu’elle est en parfaite adéquation avec la demande d’un lectorat, celui de la presse, grande consommatrice de nouvelles. Il y a donc un renouvellement du champ littéraire jusqu’à ce que la nouveauté se fige en canon et suscite à nouveau une dynamique de contestation et de métamorphose. Il semblerait que ce soit à cette phase que corresponde la fin du siècle avec la nouvelle symbolique et la première moitié du vingtième où, en réaction contre les maîtres des siècles précédents, mais aussi en rupture avec la logique de consommation, la nouvelle se replie vers le champ de production restreinte, privilégie les revues littéraires, revendique une opacité qui en fait une forme pleinement littéraire éloignée autant que faire se peut des "contes de journaux" pour reprendre les termes de Cassou.

Yvon Houssais est Professeur à l’Université de Franche-Comté. Après une thèse consacrée à l’écriture de la nouvelle chez Stendhal, il s’est intéressé à la nouvelle historique au XIXe siècle (Dumas, Gautier) mais aussi à la nouvelle fantastique. Il travaille actuellement sur la nouvelle du XXe siècle, qu’il s’agisse de son esthétique telle que la mettent en œuvre des nouvellistes comme Marcel Arland, auquel il vient de consacrer un essai, ou de sa réception dans les grandes revues littéraires (NRF, Europe, Revue de Paris). Il collabore par ailleurs, avec Michel Viegnes et Sabrinelle Bedrane, à une histoire de la nouvelle au vingtième siècle, en cours d’élaboration.

Philippe MET: "Petite peur" ou "grosse frayeur"? Horreur et court-métrage
Pour ne rien dire d’autres veines tels que la comédie italienne des années 50 et 60, il existe une longue et très respectable histoire du court dans le domaine du fantastique et de l’horreur cinématographiques, notamment sous la forme du film dit (mal dit, en l’occurrence...) "à sketches": Dead of Night/Au cœur de la nuit (1945); I tre volti della paura (1963); Histoires extraordinaires (1968); Histoires d’outre-tombe/Tales from the Crypt (1972); films mondo; etc. En raison de contraintes essentiellement économiques ou de critères commerciaux, cette pratique est devenue beaucoup moins vivace dans les dernières décennies du XXe siècle, suite à un indéniable reflux du genre. Or, celui-ci a récemment connu une renaissance certaine, d’abord générée par la vague asiatique de Ringu et ses suivants, avant d’affecter jusqu’au cinéma hexagonal. C’est plus précisément à cet exemple, sans pour autant m’interdire quelques incursions dans d’autres traditions nationales (par exemple, Taxidermie [2006] du Hongrois György Pálfi, ou l’anthologie internationale The ABCs of Death [2012]), que je souhaiterais m’intéresser, en particulier à certaines tentatives de type "néo-giallo" (revisitant, sous forme de simple hommage ou animées d’une visée novatrice, un filone d’exploitation transalpin très populaire dans les années 1970, et que seul un Dario Argento continue, avec un bonheur certes inégal, de creuser de nos jours, ancêtre à la fois outré et stylisé du slasher mêlant violence, gore, érotisme et suspense): Santos Palace (2006) de Hélène Cattet et Bruno Forzani; Blackaria (2009) de François Gaillard et Christophe Robin; Le Destin de Torelli (2009) de David Marchand. Il conviendra de s’interroger, entre autres, sur la fonction, le sens, le visionnage, la réception de ces courts, selon qu’ils sont recueillis au titre de suppléments dans des éditions DVD de longs métrages ou qu’ils s’intègrent au sein d’une formule "anthologique" (soit individuelle, soit collective).

Philippe Met est professeur de littérature française et de cinéma à l’Université de Pennsylvanie (Philadelphie, États-Unis), et rédacteur en chef de la revue French Forum. Il a publié plus d’une soixantaine d’articles portant sur des genres ou des sujets aussi divers que la poésie moderne et contemporaine, la littérature fantastique, le cinéma (en particulier, le polar et l’épouvante), ou encore la bande dessinée.
Publications
Formules de la poésie, PUF, 1999.
La Lettre tue. Spectre(s) de l’écrit fantastique, Presses du Septentrion, 2009.
Direction de collectifs
André du Bouchet et ses Autres, Minard-Lettres Modernes, 2003.
Les Aventures de Harry Dickson. Scénario de Frédéric de Towarnicki, pour un film (non réalisé) par Alain Resnais, Capricci, 2007.
En collaboration avec J.-L. Leutrat et S. Lindrat-Guigues: nº de la revue Nu(e) consacré à Yves Charnet (2009).


Pierluigi PELLINI: Epiphanes domestiquées: le micro-récit dans l'Italie contemporaine
Avec le retour au récit qui a caractérisé, non seulement en Italie, la première saison du postmodernisme européen, autour de 1980, la nouvelle a connu un essor considérable, grâce notamment à deux écrivains majeurs comme Antonio Tabucchi et Gianni Celati. Dans l’œuvre d’auteurs plus jeunes, tels que Vitaliano Trevisan, Franco Arminio, Giorgio Falco et d’autres, le choix du format court si, d’un côté, il reprend parfois la leçon de ces deux maîtres, d’un autre côé, il a souvent partie liée avec un refus de la fiction (des "genres", du "romanesque", voire du "narratif"), qui amène à expérimenter des formes hybrides (entre descriptif, poème en prose, autofiction et métarécit). Parmi celles-ci, on étudiera notamment la description (pseudo-)géographique: non seulement la fameuse "paesologia" d’Arminio), mais aussi la représentation des non-lieux du Nord riche chez Trevisan ou Falco.

Pierluigi Pellini enseigne la littérature comparée et la littérature italienne contemporaine à l’Université de Sienne. Il a travaillé notamment sur le naturalisme (In una casa di vetro, Le Monnier, 2004; édition d’É. Zola, Romanzi, "I Meridiani", 3 tomes, 2010, 2012 et 2015) et sur la poésie italienne contemporaine (Le "toppe" della poesia, Vecchiarelli, 2006). Il a publié de nombreux articles sur le roman, la nouvelle et la poésie en prose en Italie à la fin du XXe et au début du XXIe siècle.

Isabelle ROUSSEL-GILLET: Récits brefs en mouvement, du métro au musée
L’approche de l’anthropos contemporain à travers des formes hybrides (Echenoz, Forest, Le Clézio, Sebbar...), parfois en lien avec les nouveaux outils numériques, interrogera le "capital mobilitaire" des récits brefs, leurs rapports aux images d’objets, leur provision d’humanité, leur intime, leur mise en-jeu d’un sujet passant comme sujet de l’entre-deux.

Isabelle Roussel-Gillet est maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l’Université d’Artois et membre de Textes & cultures. Elle étudie le récit, les relations entre le littéraire et les arts visuels des XXe et XXIe siècles, notamment chez Dindo, Cantet, Ernaux, Butor, puis Dali et Béjart (avec F. Joseph-Lowery, éd. Luca Notari, 2007 et 2010). Auteur de deux ouvrages sur JMG Le Clézio, elle a dirigé ou codirigé cinq ouvrages sur cet auteur. Avec Sabrinelle Bedrane, elle assure les expertises de la rubrique "nouvelles et textes brefs" du Dictionnaire JMG Le Clézio.

Tumba SHANGO-LOKOHO: La brièveté en francophonie littérature africaine
Cette communication s’intéressera à la place du format court dans le paysage littéraire francophone d’aujourd’hui: après avoir rappelé l’importance des récits brefs (1) et des nouvelles dans l’histoire littéraire africaine francophone (2), sa diversité et sa richesse dans le paysage contemporain, on montrera comment se tisse une relation intertextuelle et transtextuelle entre la forme brève et le roman francophone. La brièveté se conçoit de cette façon dans un étroit rapport avec le format long, qui s’en approprie les thématiques et les caractéristiques (Amadou Kourouma, En attendant le vote des bêtes sauvages; Georges Ngal, L’errance entre autres).

(1) Charles Bonn et Xavier Garnier, sous la direction de, Littérature francophone 2. Récits courts, poésie, théâtre, Paris, Hatier - AUF, 1999.
(2) René Godenne, Études sur la nouvelle de langue française, Paris, Honoré Champion Editeur, 1993; Guy Ossito Midiohouan et Mathias D. Dossou, La nouvelle d’expression française en Afrique noire. Formes courtes, Paris, L’Harmattan, 1999; Didier Amela, La nouvelle en Afrique noire francophone. Production, communication et réception, Paris, L’Harmattan, 2014.


Tumba Shango-Lokoho est Maître de conférences de littérature générale et comparée à l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris. Il enseigne les littératures francophones du XXe et XXIe siècles.
Publications
"L’écriture ou la mise en scène de l’oralité chez Kourouma, Pépin et Chamoiseau", in Revue d’Études Françaises, n°18, Budapest, 2013.
Corps et voix d’Afrique francophone et ses diasporas: Poétiques contemporaines et oralité, sous la direction de Sylvie Chalaye et Réka Tóth.
"Récits africains du crime", dans Florence Olivier et Philippe Daros (sous la direction de), Du roman noir aux fictions de l’impunité, Paris, INDIGO ediciones, 2014.
Louiza Kadari, Pierre Leroux et Tumba Shango Lokoho (éds), Prophétismes ou discours de l’entre-deux voix. Francophonies africaines, Paris, PSN, 2015.


Michel VIEGNES: Théorie de la nouvelle
Au cours des quarante dernières années, on a vu se développer en milieu francophone un discours théorique important sur la nouvelle (G. Brulotte, C. Douzou, F. Evrard, V. Engel, F. Goyet, M. Guissard,  R. Godenne, D. Grojnowski, pour n’en citer que quelques-uns). Ce discours s’est nourri des théories de la narrativité et s’est articulé, comme c’est le cas pour ce colloque, à une perpective historique. Certaines questions — le personnage de fiction, la description, le rapport au "réel" — ont également fait l’objet de recherches fécondes. Faire progresser la compréhension du "genre bref" aujourd’hui implique de croiser les perspectives et d’instaurer un dialogue entre littéraires et spécialistes d’autre media, en particulier le cinéma et la bande dessinée.

Michel Viegnes est depuis 2006 professeur de littérature française à l’Université de Fribourg, après avoir enseigné aux États-Unis et en France. Il a publié de nombreuses études sur l’imaginaire et le fantastique, notamment L’Envoûtante Étrangeté. Le Fantastique dans la poésie française (1820-1924) (Presses Universitaires de Grenoble, 2006) ainsi qu’une anthologie commentée (Le Fantastique, GF, coll. "Corpus", 2006) et a dirigé un collectif interdisciplinaire sur la peur (La Peur et ses miroirs, Imago, 2009). Son autre axe de recherche est la poétique du récit bref. Outre des études sur certains auteurs (Mérimée, Gautier, Schwob, Cendrars, Arland, Blondin, Le Clézio) et un collectif co-dirigé avec Sabrinelle Bedrane et Françoise Revaz (Le Récit minimal. Du minime au minimalisme, Presses de la Sorbonne-Nouvelle, 2011), il a publié une étude théorique sur la nouvelle: L’Œuvre au bref. La nouvelle de langue française depuis 1900 (Genève, La Baconnière, coll. "Langages", 2014).

Bruno THIBAULT: L’art du bref et l’écriture de la réticence dans Can’t and Won’t (2014) de Lydia Davis
En juin 2000, Joyce Carol Oates a publié dans The New York Review of Books, un essai intitulé "An Endangered Species" qui présente un état des lieux de la nouvelle contemporaine américaine et qui discute les recueils récemment publiés par Colum McCann, Tom Paine, Carol Shields, Alice Elliott Dark et George Saunders. En me basant sur l'ouvrage récent de Kasia Boddy, ainsi que sur les essais rassemblés par Susan Lohafer et Jo Ellen Clarey, je discuterai dans un premier temps les observations d'Oates et je me demanderai quelle est la situation quinze ans plus tard. Force est de constater que de nombreux recueils de grande qualité ont vu le jour, qui décrivent les diverses facettes de l'Amérique d'aujourd'hui, avec ses mutations et ses pesanteurs, notamment Tenth of December (2013) de George Saunders, Leaving the Sea (2014) de Ben Marcus ou encore Sweet Nothing (2015) de Richard Lange. Mais j'indiquerai pourquoi, à mes yeux, l'un des meilleurs recueils de ces dernières années est celui de Lydia Davis, Can't and Won't, publié en 2014.

Bruno Thibault enseigne la littérature et le cinéma à l'Université de Delaware depuis 1987.
Publications
Co-direction de volumes et codirigé cinq volumes d'essais:
J.M.G. Le Clézio, intertextualité et interculturalité (Presses de l'Université de Versailles, 2004).
J.M.G. Le Clézio, la francophonie et la question postcoloniale (Nouvelles Études Francophones, 2005).
Contes, nouvelles & romances: l'art du bref chez J.M.G. Le Clézio (Éditions Complicités, 2009).
J.M.G. Le Clézio: migrations et métissages (Éditions Complicités, 2011).
J.M.G. Le Clézio dans la forêt des paradoxes (Éditions L'Harmattan, 2012).
Ouvrages personnels:
J.M.G. Le Clézio et la métaphore exotique (Rodopi, 2009).
Danièle Sallenave ou le don des morts (Rodopi, 2004).
L'Allure de Morand (Summa, 1992).


Philippe VILAIN: En un mot comme en mille: une esthétique de la brièveté
Auteur de textes brefs — romans, essais, nouvelles —, je profiterai de cette intervention pour réfléchir sur l’esthétique de la brièveté qui dirige mon travail depuis mon entrée en littérature, en m’efforçant de montrer comment cette esthétique obéit à un impératif formel, néoclassique — adoption du format court, souci d’unité, économie de mots, stratégies discursives visant la justesse et la concision — comme à une exigence morale, un souci de vérité, d’ajuster le langage à une vision du monde, à ma réalité intérieure. En un mot comme en mille, je tenterai d’expliquer de quelle façon l’impossibilité d’un dire timide s’est obligée à écrire peu mais juste, la contrainte s’est esthétisée en un "écrire juste au-dessus des mots" (Confession d’un timide).

Philippe Vilain est un écrivain, docteur en lettres modernes de l’Université Paris III - Sorbonne-Nouvelle.
Romans
L’étreinte, Gallimard, 1997.
La dernière année, Gallimard, 1999.
Le renoncement, Gallimard, 2001.
L'été à Dresde, Gallimard, 2003.
Paris l'après-midi, Grasset, 2006 (Prix François Mauriac de l’Académie Française).
Faux-Père, Grasset, 2008.
Confessions d'un timide, Grasset, 2010.
Pas son genre, Grasset, 2011.
La femme infidèle, Grasset, 2013 (Prix Jean Freustié).
Essais
Défense de Narcisse (suivi d’un entretien avec Serge Doubrovsky), Grasset, 2005.
L'autofiction en théorie (suivi de deux entretiens avec Philippe Sollers et Philippe Lejeune), Éditions de la Transparence, 2009.
Dans le séjour des corps. Essai sur Maguerite Duras, Éditions de la Transparence, 2010.
Le donjuanisme est un humanisme, Préface du Dom Juan de Molière, Hatier, 2009.
Dit-il, sur L’Eté 80 de Marguerite Duras, Cécile Defaut édition, 2011.
Le paradoxe de l'écrivain, Postface de Philippe Vilain ou La dialectique des genres, sous la direction d’Arnaud Schmitt et Philippe Weigel. Orizons, collection Universités/Comparaisons, 2015.




Pratique de la nouvelle chez les jeunes à travers les concours d'écriture, animée par Claire COLIN, avec Nelly ANTOINE, Sabrinelle BEDRANE, Laurence DECRÉAU, Cindy MAHOUT et Marc SEBBAH

En réunissant plusieurs fondateurs et responsables de concours de nouvelles, cette table ronde permettra de s’intéresser aux concours de récit bref proposés aux jeunes, une pratique du format court désormais courante dans le paysage culturel français. La réflexion se concentrera en particulier sur les formes que peuvent prendre ces concours (par exemple sur la présence ou non de règles d’écriture imposées) tout comme sur l’évolution, pendant plusieurs décennies, des thématiques traitées dans les récits, reflets des préoccupations et centres d’intérêt des jeunes.



La nouvelle française contemporaine: voix d'auteurs, animée par Sabrinelle BEDRANE & Claire COLIN, avec Alain ABSIRE, Georges-Olivier CHÂTEAUREYNAUD et Marie-Hélène LAFON

À travers les réflexions et les échanges de trois nouvellistes (Alain Absire, Georges-Olivier Châteaureynaud et Marie-Hélène Lafon), tout comme les références à leurs propres récits brefs, cette table ronde cherchera à s’interroger sur la place aujourd’hui du format court dans le paysage littéraire et éditorial dans un pays où l’on a coutume de décrire un intérêt moindre des lecteurs pour la nouvelle, reléguée à l’ombre du roman. Le débat permettra également de s’interroger sur les évolutions possibles, selon les auteurs, du genre, non seulement au sujet de l’écriture et des thématiques du récit bref en lui-même mais également sur le recueil de nouvelles.

Alain ABSIRE
Comment, par sa forme brève et son esprit universel, la nouvelle contemporaine s’adapte à l’esprit des temps présents. Comment, s’articulant autour d’un thème cerné précisément, et mettant en scène un ou des personnages emblématiques, elle aborde de manière incisive et concise les données de notre condition humaine. D’un lieu à l’autre, au travers de chaque époque comme au cœur de notre XXIe siècle, la nouvelle va "droit au fait". La voix qu’elle donne à entendre aujourd’hui est celle de l’individu projeté dans la lumière de l’écriture dont le projecteur se resserre sur lui. Soit dans le cadre de la scène que nous le voyons vivre en temps réel, soit tout au long de sa destinée que l’usage du temps dilaté par le récit fictionnel nous permet de parcourir en quelque pages à ses côtés. Ainsi, conçue et lue d’un trait, la nouvelle est-elle plus que jamais d’actualité. Au point que, à la question: "Quoi de neuf en littérature?", il paraît évident de répondre: "Mais la nouvelle, bien entendu !".

Né en 1950, Alain Absire a d’abord été auteur de théâtre. Critique littéraire, directeur de collection (éditions Calmann-Lévy), président de la Société des gens de lettres de 2002 à 2009, il est actuellement président de la SOFIA. Il est surtout romancier (Prix Fémina en 1987 pour L’Égal de Dieu aux Éditions Calmann-Levy). Son dernier roman: Mon sommeil sera paisible est paru aux éditions Gallimard en 2014. Il est également nouvelliste: Saga italienne (2008) et Tout le monde s’aime (Editions Pierre-Guillaume de Roux, 2014) sont parmi ses recueils les plus récents, où il allie l’exigence du genre de la nouvelle, le sens du récit et la finesse des sentiments éprouvés.

Georges-Olivier CHÂTEAUREYNAUD
Né en 1947, Georges-Olivier Châteaureynaud est l’auteur de nombreux romans et recueils de nouvelles (il a reçu en 1982 le Prix Renaudot pour son roman La Faculté des Songes et, en 2005, le Prix Goncourt de la nouvelle pour son recueil Singe savant tabassé par deux clowns). Il est secrétaire général du Prix Renaudot depuis 2010. Georges-Olivier Châteaureynaud développe un monde onirique dans ses textes, en s’intéressant tout particulièrement au fantastique.

Marie-Hélène LAFON
Née en 1962, Marie-Hélène Lafon a reçu de nombreux prix pour son œuvre littéraire, composée principalement de romans et de recueils de nouvelles (parmi ceux-ci, on peut citer Liturgies et Organes, tous deux publiés aux éditions Buchet-Chastel). Le monde paysan, le silence, l’importance accordée à l’espace et au temps intérieurs font partie de ses principales thématiques.



Entretien de Christine LORRE-JOHNSTON avec Mark Anthony JARMAN

Cet entretien sera l’occasion de présenter l’œuvre du Canadien Mark Anthony Jarman, auteur de cinq recueils de nouvelles: Dancing Nightly in the Tavern (1984), New Orleans Is Sinking (1998), 19 Knives (2000, publié en 2009 sous le titre 19 couteaux aux éditions Les Allusifs), My White Planet (2008), et Knife Party at the Hotel Europa (paru en mars 2015). L’œuvre de nouvelliste de Jarman est constituée de récits ancrés dans le quotidien, mais dont l’écriture révèle une dimension inhabituelle ou extraordinaire, attirant l’attention sur une perception particulière du monde. La fragmentation de la narration, l’utilisation d’images fortes, le travail sur la langue et sa musicalité, font partie des stratégies de l’écrivain. La discussion portera aussi sur les programmes d’écriture créative en Amérique du Nord.

Mark Anthony Jarman est né à Edmonton, en Alberta. Il est l’auteur d’un recueil de poèmes (Killing the Swan, 1986), d’un roman sur le hockey (Salvage King, Ya!, 1997), d’un récit de voyage (Ireland’s Eyes, 2002) et de nouvelles. Il a suivi le cours d’écriture (Writers’ Workshop) de l’Université d’Iowa, a enseigné à l’Université de Victoria, ainsi qu’au Banff Centre, et enseigne depuis 1999 à l’Université du Nouveau-Brunswick, où il participe à la rédaction de Fiddlehead, une revue littéraire qui fête cette année ses 70 ans. Ses nouvelles font de lui un des écrivains canadiens contemporains les plus en vue.

Christine Lorre-Johnston est maître de conférences au département d’anglais de l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3. Elle mène sa recherche sur le terrain de la littérature et de la théorie postcoloniales, en particulier dans le domaine canadien. Elle est l’auteur de plusieurs articles sur les nouvelles d’Alice Munro, ainsi que d’un ouvrage en collaboration avec Ailsa Cox, intitulé The Mind’s Eye: Alice Munro’s Dance of the Happy Shades (Fahrenheit, 2015).



Entretien de Sabrinelle BEDRANE avec Leïla SEBBAR

L’entretien permettra de mettre au jour les thèmes abordés dans certains recueils de nouvelles de Leïla Sebbar comme dans ses nouvelles publiées seules. La discussion portera plus largement sur le choix (ou non) du genre bref ou du récit de format novella. Y aurait-il un lien entre la parole empêchée (par exemple, par la langue) et le récit court?

Leïla Sebbar est de mère française et de père algérien. Voici un choix de ses ouvrages:
Sebbar Leïla, Une enfance d'ailleurs, recueil collectif, Textes réunis par Leïla Sebbar et Nancy Houston, Belfond, 1993.
Sebbar Leïla, Une enfance algérienne, recueil collectif, Textes réunis par Leïla Sebbar, 1999.
Sebbar Leïla, Marguerite, roman, Folies d'encre, Eden, 2002, (Babel, Actes Sud, 2007).
Sebbar Leïla, Mes Algéries en France, Carnet de voyages, Bleu autour, 2004.
Sebbar Leïla, Journal de mes Algéries en France, Bleu autour, 2005.
Sebbar Leïla, Isabelle l’Algérien, nouvelles (dessins de Sébastien Pignon), Al Manar-Alain Gorius, 2005.
Sebbar Leïla, Mon père, recueil de textes inédits rassemblés par Leïla Sebbar, Chèvre feuille étoilée, 2007.
Sebbar Leïla, C’était leur France. En Algérie, avant l’indépendance, recueil de textes inédits recueillis par Leïla Sebbar, Gallimard, 2007.
Sebbar Leïla, Le Vagabond, Louisa, La Blanche et la Noire, Noyant d'Allier, nouvelles, Bleu autour, 2007, 2008.
Sebbar Leïla Ma mère, recueil de textes inédits rassemblés par Leïla Sebbar, Chèvre feuille étoilée, 2008.
Sebbar Leïla, Voyage en Algéries autour de ma chambre, Bleu autour, 2008.
Sebbar Leïla, L’arabe comme un chant secret, Bleu autour, 2010.
Sebbar Leïla, Aflou, Djebel amour, avec Jean-Claude Gueneau et Nora Aceval, Bleu autour, 2010.
Sebbar Leïla, Une enfance algérienne, recueil collectif, Textes réunis par Leïla Sebbar, 2012.
Sebbar Leïla, Le Pays de ma mère, Voyage en Frances, Bleu autour, 2013.




Entretien de Philippe DAROS avec Vitaliano TREVISAN

L'entretien permettra de s’intéresser aux recueils de récits brefs de Vitaliano Trevisan, en particulier Standards vol. 1 (2002), Shorts (2004) et Grotteschi e arabeschi (2009). Une anthologie des différentes nouvelles de Vitaliano Trevisan traduites en français a été publiée en 2013 chez Gallimard, sous le titre de Treize. Ces textes montrent un goût pour la réécriture à partir des classiques, l'une des thématiques de prédilection de V. Trevisan (Grotteschi e arabeschi s’inscrit ainsi comme une variation autour des récits d'E.A. Poe, tandis que le titre Standards fait référence à une œuvre reconnaissant une dette envers le passé tout en affirmant sa propre individualité), mais également pour les liens entre musique, plus précisément la musique jazz, et le récit bref (le titre du recueil Shorts fait référence aux courts-métrages présentant dans les années 40 des morceaux de jazz). Ces recueils laissent percevoir également l’univers de Vitaliano Trevisan, caractérisé entre autres par une écriture introspective, la déréliction du monde moderne, l’oscillation entre représentation du quotidien et immersion dans un monde peuplé de fantômes et de créatures glaçantes.

Auteur, acteur, metteur en scène et scénariste, Vitaliano Trevisan est né en 1960. Révélé au grand public en 2002 par le biais de son roman I quindicimila passi. Un resoconto (Les quinze mille pas. Un compte-rendu), vainqueur du Premio Lo Straniero et du Premio Campiello Francia, il a publié, outre ses recueils de récits brefs, des romans (Un mondo meraviglioso. Uno standard, 2003; Il ponte. Un crollo, 2008), un volume d’essais (Tristissimi giardini, 2010) et des textes de théâtre. Thomas Bernhard et Samuel Beckett comptent parmi ses influences les plus explicites, mais nombre de ses œuvres travaillent en écho avec plusieurs références intertextuelles. Le monologue intérieur, les obsessions mentales (en particulier autour de la province et de la famille) et les références musicales font partie de ses thématiques privilégiées.

Philippe Daros, professeur de Littérature Générale et Comparée à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, s'intéresse tout particulièrement à la littérature italienne contemporaine et aux rapports entre littérature et anthropologie. Il a publié plusieurs essais consacrés à ces questions, en particulier L’art comme action. Pour une approche anthropologique du fait littéraire (Champion, 2012), où il étudie, entre autres, l’œuvre de Vitaliano Trevisan.




Entretien de Florence OLIVIER avec Alain-Paul MALLARD sur son œuvre et sur les formes brèves en Amérique latine

Un dialogue s’établira avec l’écrivain Alain-Paul Mallard autour de la tradition ludique et auto-réflexive de la nouvelle et, plus généralement, des formes brèves dans la littérature latino-américaine aux XXe et XXIe siècles: "Décalogue du parfait conteur" d’Horacio Quiroga, réflexions de Jorge Luis Borges, de Julio Cortázar, de Roberto Bolaño, aux œuvres des nouvellistes du canon latino-américain, à la pratique de la mini-fiction, au rapport entre écriture sous contrainte et brièveté. Dans un deuxième temps, le dialogue portera sur la polygraphie dans les textes courts d’Alain-Paul Mallard et sur les éventuels parallèles entre ses courts métrages cinématographiques et les formes brèves littéraires.

Spécialiste en littérature latino-américaine et traductrice, Florence Olivier est professeur en Littérature Comparée à l’Université de Paris III Sorbonne Nouvelle. Elle a, entre autres, travaillé sur les formes brèves dans la littérature hispano-américaine.
Publications
Carlos Fuentes ou l’imagination de l’autre, Paris, Aden 2009.
Volumes coordonnés en collaboration
Violence d’Etat, Paroles libératrices (2006).
Exils, Migrations, Création. Vol. IV (2008), Paris, Indigo.
Cultures et conflits, cultures en conflits, Michel Houdiard, 2009.
La littérature latino-américaine au seuil du XXIe siècle. Un parnasse en éclats (en collaboration avec Françoise Moulin-Civil et Teresa Orecchia-Havas), volume issu du colloque de Cerisy de 2008: La littérature latino-américaine au seuil du XXIe siècle, Aden, Londres, 2012.
Du roman noir aux fictions de l’impunité, Paris, Indigo, 2014.

Écrivain et réalisateur mexicain, Alain-Paul Mallard est l’auteur d’Évocation de Matthias Stimmberg (1995) et Recels (2009), tous les deux traduits et édités en français. Son roman Nahui vs. Atl paraîtra au printemps 2015. Il est aussi directeur d’ouvrage de l’album illustré André Pieyre de Mandiargues, Pages Mexicaines (2009). Ses fictions, essais et chroniques de voyage paraissent, sporadiquement, dans des revues internationales comme Words without Borders, Nexus, Letras Libres.
En tant que cinéaste, il a signé plusieurs réalisations personnelles aussi bien dans le documentaire que dans la fiction. Parmi ses films, on remarque Évidences (cet obscur désir de l’objet), L'adoption, L'origine de la tendresse. Il enseigne ponctuellement l’écriture et la réalisation du cinéma documentaire à Lussas, France, et à Saint-Louis du Sénégal. Après 18 ans de vie parisienne, il habite maintenant à Barcelone.




Entretien de Claire COLIN avec Belinda CANNONE sur "L'essai au format court"

À travers cet entretien, on s’intéressera aux essais de Belinda Cannone et, particulièrement, à ceux qui font de la brièveté à la fois une forme mais aussi une condition de la pensée. Celle-là est métaphorisée dans L’écriture du désir sous la forme d’un bouquet, autour duquel l’auteur va tournoyer, en cueillant à chaque fois un pétale mais sans prolonger ce geste afin de pas aboutir à un système trop assuré dans une réflexion sur le désir, étincelle aussi intense que légère. De la même façon, La Tentation de Pénélope ou Le Sentiment d’imposture offre à chaque fois un raisonnement articulé autour de brefs chapitres, qui veulent proposer un parcours de pensée fondé sur une relance continuelle, tandis que Petit éloge du désir progresse par courts paragraphes, entre fragments et aphorismes. La brièveté apparaît de cette façon comme une condition fondamentale pour la réflexion de l’auteur, dressant ainsi un portrait possible de l’essai dans le paysage contemporain.

Belinda Cannone est romancière et essayiste. Elle enseigne la littérature comparée à l’Université de Caen. Son œuvre compte des romans (parmi les plus récents; on citera: L’homme qui jeûne, 2006; Entre les bruits, 2009; et Nu intérieur, 2015), des récits (La chair du temps, 2012; Le Don du passeur, 2013), des études esthétiques (Philosophies de la musique, 1752-1789, 1990; La Réception des opéras de Mozart, 1793-1829, 1991; Musique et littérature au 18ème siècle, 1998) et de critique littéraire (Narrations de la vie intérieure, 2001; L’Œuvre de Zola, 2002), tout comme des essais (L’Écriture du désir, 2000; Le Sentiment d’imposture, 2005; La bêtise s’améliore, 2007; La Tentation de Pénélope, 2010; Le Baiser peut-être, 2011; Petit éloge du désir, 2013).

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Avec le concours du CRL de Basse-Normandie,
du Prix du Jeune Écrivain
et de la Médiathèque de Saint-Lô
et le soutien
de l'Université de Paris Sorbonne Nouvelle (Laboratoires CERC et THALIM)