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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2016 : un des colloques





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PORTRAITS DANS LA LITTÉRATURE :
DE GUSTAVE FLAUBERT À MARCEL PROUST

Mise à jour
29/08/2016


DU JEUDI 11 AOÛT (19 H) AU JEUDI 18 AOÛT (14 H) 2016

DIRECTION : Julie ANSELMINI, Fabienne BERCEGOL, Mariane BURY

ARGUMENT :

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, au moment où l’impressionnisme prend son essor et où se développe la photographie, les portraits deviennent omniprésents dans la presse et dans la littérature, sous la plume de grands maîtres amoureux de la Normandie comme Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Jules Barbey d’Aurevilly ou encore Marcel Proust.

Ce colloque, qui réunira des spécialistes familiers de cette époque et un bon nombre d'amateurs, mettra d'abord en évidence les relations que la littérature entretient alors avec le dessin, la peinture et la photographie. Il situera ensuite le portrait dans la perspective réaliste visant à représenter la vie dans les arts et dans la littérature. Il soulignera enfin l'impact fortement émotionnel du portrait, dont la genèse comme la réception sont intimement liées à la sensibilité et aux affects. C'est dire qu'il explorera les enjeux esthétiques, idéologiques et moraux du portrait, en rendant notamment hommage à la maîtrise acquise dans ce genre par les écrivains prestigieux qui ont fait la célébrité littéraire de la Normandie.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Jeudi 11 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Vendredi 12 août
Le portrait: enjeux romanesques et poétiques
Matin:
Julie ANSELMINI & Fabienne BERCEGOL: Introduction
Fabienne BERCEGOL: Usages romanesques du portrait peint

Après-midi:
Marie-Catherine HUET-BRICHARD: Portrait et caricature dans les Odes funambulesques
Marie BLAISE: "Sacrés comme un portrait devant un volume d’œuvres mais le démon en pied": analogie du génie ou portraits de l’anonyme dans l’œuvre de Mallarmé


Samedi 13 août
Chez les romanciers du réel
Matin:
Sylvie TRIAIRE: Ce qui prend figure politique: portraits du commun chez Flaubert [enregistrement audio en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de l'Université de Caen Normandie et sur le site France Culture]
Guy LARROUX: Les visages de Sapho (Daudet)

Après-midi:
Mourad KHELIL: Autoportraits de Vingtras: trahisons, feu et parasitisme dans la Trilogie de Jules Vallès
Marie-Bernard BAT: "La figure n'est-elle pas aussi un paysage?" L'Homme mis "en perspective dans la vaste harmonie tellurique" dans les premiers romans d'Octave Mirbeau

Soirée:
Misia Sert, modèle et Muse: portrait musical d'une époque, récital de piano par Frédéric VAYSSE-KNITTER (http://www.fredericvaysseknitter.com)
(Chopin: Valse op 34 n°1 en la bémol majeur; Mazurkas: op 63 n°2 et 3; Liszt: La Vallée d’Oberman; Szymanowski: Étude op 4 n°3; Ravel: Jeux d’eau; Debussy: Images 1er cahier; Scriabine: Vers la flamme)


Dimanche 14 août
Variations esthétiques
Matin:
Cornelia KLETTKE: L'esthétique du portrait de Nana chez Zola: la transgression entre l'art et la vie

Après-midi:
DÉTENTE


Lundi 15 août
Exotisme et photographie
Matin:
Nathalie SOLOMON: Portraits de voyage flaubertiens: l'atelier du romancier
Marine LE BAIL: Pierre Loti, portraits au fil de l'ancre

Après-midi:
Martine LAVAUD: Face à l'objectif: postures de l'écrivain photographié
Dominique MASSONNAUD: Portraits romanesques à l'âge de la photographie: pour un autre temps narratif. Études de cas

Soirée:
Portrait de peintre au cinéma: Renoir, film de Gilles Bourdos commenté par Julie ANSELMINI


Mardi 16 août
JOURNÉE AU MUSÉE BARON GÉRARD DE BAYEUX
Julie ANSELMINI: Théophile Gautier, un portraitiste romantique à l'ère du réalisme
Dominique de FONT-RÉAULX: "Retrouver l’éclatante vérité de l’harmonie native du modèle", portraits peints et photographiques autour de 1850
Visites du Musée et de l'exposition Caillebotte


Mercredi 17 août
Du romantisme au symbolisme
Matin:
Maud SCHMITT: L’herméneutique des visages chez Barbey d’Aurevilly: pour une apologétique du portrait
Pierre GLAUDES: Barbey d'Aurevilly et le portrait de Mesnilgrand

Après-midi:
Pascale AURAIX-JONCHIÈRE: Portraits croisés de la bohémienne dans le roman sandien: entre ethnologie et poésie (texte lu par Fabienne BERCEGOL)
Lydie PARISSE: Portraits féminins dans le théâtre de Villiers de l’Isle-Adam
Stéphane CHAUDIER: Le portrait proustien, entre intelligibilité et esthétique

Soirée:
Collection de têtes, lecture-création par Philippe MÜLLER & Vincent VERNILLAT (Compagnie PMVV le grain de sable), avec le concours du Centre régional des Lettres de Basse-Normandie


Jeudi 18 août
Matin:
Julie ANSELMINI & Fabienne BERCEGOL: Synthèse, suivi d'une table ronde avec les participants

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Julie ANSELMINI: Théophile Gautier, un portraitiste romantique à l'ère du réalisme
Théophile Gautier a non seulement consacré une part importante de son œuvre à la critique d'art, mais il a aussi lui-même étudié et pratiqué la peinture — en 1861, c'est ainsi en qualité de peintre qu'il est reçu "membre attaché honoraire de l'Académie impériale des arts" de Saint-Pétersbourg. Notre propos visera à confronter son expérience de la peinture et du dessin avec les portraits littéraires qu'il publie entre 1860 et sa mort en 1872 (portraits dont beaucoup prennent pour objet un peintre), ainsi qu'à évaluer l'influence des évolutions picturales et artistiques des années 1860 sur ce genre littéraire, tel que Gautier le définit et le pratique.

Julie Anselmini est maître de conférences à l'Université de Caen Normandie et membre du LASLAR (EA 4256). Ses travaux portent principalement sur l'œuvre de Dumas père (elle a publié Le Roman d'Alexandre Dumas père ou la Réinvention du merveilleux chez Droz en 2010, dirigé le volume collectif Dumas critique paru aux PULIM en 2013 et édité Gaule et France de Dumas chez Garnier, en 2015), sur l'écriture du merveilleux au XIXe siècle (elle a récemment co-organisé un colloque sur l'émerveillement en littérature), sur l'écriture romantique de l'Histoire et sur la critique des écrivains: elle a co-dirigé en 2014 un numéro de la revue Elseneur sur "l'Anti-critique des écrivains au XIXe siècle", et consacré plusieurs articles à la critique de Barbey d'Aurevilly ou de Gautier.

Pascale AURAIX-JONCHIÈRE: Portraits croisés de la bohémienne dans le roman sandien: entre ethnologie et poésie
Les figures de bohémiens et plus spécifiquement de bohémiennes, ou l'assimilation métaphorique ou symbolique de certains personnages à cette figure, parcourent l'œuvre intime et l'œuvre de fiction de George Sand avec constance. Après Consuelo et La comtesse de Rudolsdadt (1842-1843), deux romans moins connus, La Filleule (1851) et Ces beaux messieurs de Bois-Doré (1857), mettent en scène des bohémiennes dont les portraits réactivent deux polarisations de la représentation déjà à l'œuvre précédemment: le regard ethnologique et la perception poétique. À partir de ces exemples, qui nous semblent paradigmatiques de la manière sandienne, nous souhaiterions montrer comment l'art du portrait se définit en fonction de la tonalité et de la nature du roman concerné, comme du temps de l'histoire qui y est narrée. Cette esthétique de la variation, révélatrice de la richesse de la palette romanesque chez Sand, convoque en outre les notions de réalisme et d'idéalisme, dont nous souhaiterions montrer qu'elles sont in fine réunies par une poétique qui en dépasse les contradictions apparentes.

Pascale Auraix-Jonchière est professeur de littérature à l'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. Ses recherches portent sur la sociopoétique, des mythes et des contes, la poétique des fictions brèves et la poétique de l'espace, notamment chez Barbey d'Aurevilly et George Sand.
Publications
La Bohémienne, figure poétique de l'errance aux XVIIIe et XIXe siècles, PUBP, 2005, co-dir. avec G. Loubinoux).
"Le bohémianisme, entre ethos et poétique dans l'œuvre de George Sand", colloque "Bohémiens et marginalité: représentations artistiques et litttéraires du XIXe au XXIe siècles", 19-21 octobre 2015, Fritz Thyssen Stiftung, Cologne (À paraître).
Dictionnaire George Sand, Éditions Champion, 2 vol., 2015, co-dir. avec S. Bernard-Griffiths.


Marie-Bernard BAT: "La figure n'est-elle pas aussi un paysage?" L'Homme mis "en perspective dans la vaste harmonie tellurique" dans les premiers romans d'Octave Mirbeau
Lorsque Mirbeau publie ses premiers romans autographes à partir de 1886, il souhaite se démarquer des auteurs naturalistes qu’il juge trop déterministes et aveuglés par l’obsession du détail réaliste. Pour lui, ces auteurs, esclaves de la mimèsis, n’arrivent pas à dépasser les apparences, au même titre que les clichés photographiques. Afin de réaliser des portraits littéraires révélant les contradictions inhérentes à l’Homme, il se propose donc d’explorer la psychologie des profondeurs de ses personnages et d’interroger la place de l’Homme dans l’univers en intégrant ses portraits dans une perspective élargie. Ainsi, à la description du personnage dans son milieu, Mirbeau privilégie celle du personnage dans un cadre naturel, révélateur de pulsions qu’il refoule. Il tente également de dépasser les apories du naturalisme en s’inspirant des artistes qu’il chronique, à la même époque, dans ses articles de critique esthétique. Le détour par l’allégorie mais aussi par des références picturales, reprises implicitement comme explicitement, lui permettent enfin de traduire et de synthétiser les aspirations contraires qui sont au cœur des portraits des personnages du Calvaire, de L’Abbé Jules, de Sébastien Roch ou encore du roman-feuilleton Dans le Ciel.

MIRBEAU, Octave, "Camille Pissarro", Le Figaro, 1er février 1892, in Combats esthétiques, vol. 1, éd. Pierre Michel et Jean-François Nivet, Paris, Nouvelles éditions Séguier, 1993, p. 459 et p. 461.

Agrégée de Lettres modernes, Marie-Bernard Bat, doctorante à l’université Paris-Sorbonne sous la direction de Pierre Glaudes, travaille sur les transferts entre "Écriture romanesque et arts plastiques dans les œuvres d'Octave Mirbeau". Ses travaux s’intéressent à l’esthétique comparée des mouvements artistiques et de leur transposition littéraire et, plus particulièrement, à l’influence des arts plastiques et des écrits esthétiques de Mirbeau sur le renouvellement de sa poétique romanesque dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

Fabienne BERCEGOL: Usages romanesques du portrait peint
Au XIXe siècle comme dans les siècles précédents, il n’est guère de romans qui s’écrivent sans qu’apparaissent des portraits peints, plus ou moins décrits, qui organisent l’espace fictionnel et qui jouent souvent un grand rôle dans la progression de l’intrigue comme dans la caractérisation des personnages. Des ouvrages critiques ont été consacrés ces dernières années au statut historique, social, esthétique et littéraire de l’objet, notamment dans les romans de la seconde moitié du XIXe siècle gouvernés par l’impératif réaliste de représentation du monde, mais l’on ne s’est pas interrogé sur la spécificité de l’œuvre d’art, unique, le plus souvent à destination personnelle, qu’est le portrait peint et l’on n’a pas suffisamment enquêté sur sa place dans l’économie narrative et symbolique du roman. Les enjeux d’une telle étude sont pourtant importants, pour le genre du roman d’abord, dont on peut mesurer, par exemple à travers la reprise du topos de la circulation du portrait entre amis ou amants, la fidélité au fonds séculaire du "romance", mais aussi pour le genre du portrait lui-même, qui révèle dans ces usages son extraordinaire pouvoir émotionnel lié à sa capacité de donner l’illusion de la présence et de la vie. À un moment où la reproductibilité technique de l’image engage sa banalisation et où la fonctionnalité de l’objet semble devoir l’emporter, il semble particulièrement intéressant de voir comment le roman a continué à jouer de l’effet magique du portrait peint et de ses liens anciens avec le désir.

Ancienne élève de l’ENS de Paris, professeur à l’Université Toulouse 2 Jean Jaurès, Fabienne Bercegol est spécialiste de la littérature française du XIXe siècle, notamment de l’œuvre de Chateaubriand, Senancour, Stendhal, Barbey d’Aurevilly. Elle a consacré de nombreux travaux à l’art du portrait littéraire: un essai (La Poétique de Chateaubriand: le portrait dans les Mémoires d’outre-tombe, Champion, 1997), un recueil collectif (Le Portrait dans la critique littéraire, CAIEF, n°63, 2011), et plusieurs articles. Elle coordonne le numéro de la revue Romantisme qui sera publié sur le portrait en 2017.

Marie BLAISE: "Sacrés comme un portrait devant un volume d’œuvres mais le démon en pied": analogie du génie ou portraits de l’anonyme dans l’œuvre de Mallarmé
Pour aussi concise qu’elle soit, l’œuvre de Mallarmé est riche en portraits. Comme Baudelaire, Mallarmé a ses "Phares". On les croise dans les vœux dédicatoires des Toasts (auxquels s’ajoute la "Prose", dédiée à un héros de roman) ou dans les hommages funèbres des Tombeaux. De manière plus précise encore, il écrit dans ses Divagations "Quelques Médaillons et portraits en pied". Même si, indéniablement, Mallarmé sacrifie à la grande mode du portrait qui a saisi le XIXe siècle, l’entreprise, chez un poète que l’on a souvent qualifié d’abstrait, pourrait presque paraître paradoxale. Il n’en est rien. Certes les portraits de Mallarmé sont peu personnalisés mais, comme tels, ils inscrivent néanmoins la question de l’auteur dans une poétique du cadre qui cherche à capturer, au-delà de la personne "décomposée", la "marque", "sacrée", d’une unité qui n’existe, pour Mallarmé, que dans et par l’œuvre. En effet, à peu d’exceptions près ("Sainte", par exemple), ces portraits sont des portraits d’artistes: écrivains, peintres, plus rarement musiciens. Comme "Les Phares" de Baudelaire encore, ils balisent "l’ère d’autorité" pour composer, au-delà du portrait de chaque artiste et de la variabilité des sujets, une figure: "le paraphe amplifié du génie, anonyme et parfait comme une existence d’art".

Marie Blaise est maître de conférences et directrice de recherches en Littératures comparées dans l’équipe CRISES (E.A. 4424 de l’Université Paul-Valéry-Montpellier 3) qu’elle codirige depuis 2014. Elle a publié une monographie, coordonné onze collectifs et numéro de revues et publié une soixantaine d’articles sur la littérature du XIXe siècle, la question de l’autorité, les réécritures du Moyen-Âge. Elle dirige la Collection des Littératures aux PULM.
Choix de publications
Collectifs (dir.):
Paysages de la mélancolie, Romantisme, Revue du Dix-neuvième siècle, n°117, SEDES, 2002.
Réévaluations du Romantisme, Le Centaure, Collection des Littératures, Montpellier, PULM, décembre 2014.
Articles:
"La vérité inachevée de l’ode romantique", L’ode, en cas de toute liberté poétique, p. 95-118, Didier Alexandre (dir.), Berne, Peter Lang, 2007.
""Quelque chose d’autre": réflexions sur mélancolie et autorité en littérature", L’exception mélancolique, Éric Porge (dir.), ESSAIM 20, Paris, éditions Érès, p. 81-99, 2008.
""Dans le caveau des miens...": Mallarmé, histoire littéraire et fiction d’autorité", La Licorne, Jean-Louis Jeannelle (dir.), P.U.R., 2009, p. 45-62.
"Mallarmé, Poe: la personne analogue", Mallarmé Herméneute, Thierry Roger (dir), 2014 (http://ceredi.labos.univ-rouen.fr/public/?mallarme-et-poe-la-personne.html).
"Le royaume intermédiaire. Crise du vers et poésie pure", Puretés/impuretés de la littérature, Didier Alexandre (dir.). Paris, Garnier, 2015.
Avec Sylvie Triaire, "Verlaine, Les Poètes maudits ou la valeur paradoxale", Évolutions, révolutions de la valeur. Mutations des Idées de Littérature 2, Marie-Paule Berranger (dir.), Montpellier, PULM, janvier 2015.


Stéphane CHAUDIER: Le portrait proustien, entre intelligibilité et esthétique
Le portrait littéraire est un fragment d’encyclopédie versé au sein d’un texte poétique. La présente communication s’intéresse aux rapports conflictuels entre les deux aspirations majeures du portrait proustien: dire le vrai sur l’homme en société, tel qu’un observateur peut le radiographier, et produire une belle forme, à la fois porteuse des valeurs du romanesque et des accomplissements de l’art littéraire.

Stéphane Chaudier est professeur à l’Université Charles de Gaulle Lille 3 où il enseigne la langue et la littérature françaises des XXe et XXIe siècles.
Publications
Proust et le langage religieux: la cathédrale profane, Paris Champion, 2004.
Proust et le démon de la description, Classiques Garnier, à paraître.

Dominique de FONT-RÉAULX: Retrouver l’éclatante vérité de l’harmonie native du modèle, portraits peints et photographiques autour de 1850
Cette communication, dont le titre évoque la critique de Charles Baudelaire au Salon de 1846, présentera et tentera d'analyser les enjeux de réalisation du portrait peint et photographique au milieu du XIXe siècle, entre exactitude physique et vérité intérieure. Elle posera notamment la question de l'invention de la photographie en montrant comment le portrait photographique fut fidèle aux règles du portrait peint tout en les modifiant, les transgressant parfois.

Dominique de Font-Réaulx est conservateur général au Musée du Louvre, directrice du musée Eugène Delacroix. Elle a été, pendant cinq ans, chargée de mission auprès d’Henri Loyrette,  pour la coordination scientifique du projet du Louvre Abou Dabi. Auparavant, elle a été conservateur au Musée d’Orsay, en charge de la collection de photographies; elle a commencé sa carrière comme conservateur de la collection de moulages du Musée des Monuments français, de sa restauration et de son redéploiement.
Elle a été commissaire de plusieurs expositions, notamment, en 2002, L’Invention du sentiment (Musée de la Musique), en 2003, Le daguerréotype français, un objet photographique (Musée d’Orsay, The Metropolitan Museum of Art); en 2005, Dans l’Atelier (Musée d’Orsay); en 2006, L’œuvre d’art et sa reproduction photographique (Musée d’Orsay); en 2007-2008, Gustave Courbet (1819-1877) (Galeries nationales du Grand Palais, The Metropolitan Museum of Art, Musée Fabre); Jean-Léon Gérôme (2010, Musée d’Orsay, The Getty Museum, Fondation Thyssen à Madrid), Delacroix en héritage, autour de la collection Moreau-Nélaton (2013, Musée Eugène Delacroix), Objets dans la peinture, souvenir du Maroc (2014, Musée Eugène Delacroix), Delacroix et l’antique (2015-2016, Musée Eugène-Delacroix). Elle est commissaire, avec Jean de Loisy, de l’exposition Brève histoire de l’avenir qui aura lieu au Louvre à l’automne 2015 et commissaire des nouvelles salles éducation du Louvre, la Petite Galerie, qui ont ouvert en octobre 2015.
Elle a collaboré à de très nombreux catalogues et ouvrages, notamment Le photographe et son modèle, l’art du nu au XIXe siècle (BnF/Hazan, 1997), Courbet’s landscapes (The Getty Museum, 2006), Alfons Mucha (Musée du Belvédère, Musée Fabre, 2009), La collection du musée du Quai Branly.
Elle a publié Peinture et photographie, les enjeux d’une rencontre, chez Flammarion, en 2012.
Elle enseigne à l’École du Louvre en master 1 et 2  et à l’Institut de Sciences politiques de Paris, en Master 2 Affaires publiques.


Pierre GLAUDES: Barbey d'Aurevilly et le portrait de Mesnilgrand
Au début d’À un dîner d’athée, la cinquième des Diaboliques, Barbey d’Aurevilly développe un long portrait de Mesnilgrand, dans lequel on a vu, à juste titre, un autoportrait. Comment s’organise cette ample séquence qui retarde curieusement le développement du récit, quelles en sont les fonctions dans son économie? On verra notamment comment le portrait de Mesnilgrand, jusque dans ses résonances autobiographiques, est indissociable des enjeux moraux et spirituels de la nouvelle, et a aussi, à bien des égards, la valeur d’un art poétique.

Pierre Glaudes, normalien de Fontenay-Saint-Cloud, est professeur de littérature à l'Université Paris IV-Sorbonne. Il a consacré ses travaux à des questions de littérature générale (l'essai, le personnage, l'apport de la psychanalyse à la lecture des textes littéraires) et à des écrivains du XIXe siècle.

Marie-Catherine HUET-BRICHARD: Portrait et caricature dans les Odes funambulesques
Dans son recueil Odes funambulesques paru sans nom d'auteur en 1857, Théodore de Banville célèbre les grands artistes de son temps dont il dessine les portraits. M'inspirant de l'argument programmatique du colloque — "la façon dont la littérature entretient des rapports avec les autres formes de représentation de l'humain, tableau, dessin, gravure" — je tenterai de montrer comment, par son dialogue ludique avec d'autres arts et d'autres textes littéraires, le portrait ancré dans le présent et l'actualité perd tout ancrage temporel et toute dimension référentielle pour ne s'incarner que dans l'espace du texte.

Marie-Catherine Huet-Brichard, professeur émérite de Littérature du XIXe siècle (Université Toulouse - Jean Jaurès), spécialiste de la poésie romantique et des relations entre mythe et littérature ("Chateaubriand et le portrait de Napoléon: peut-on tuer les légendes?", in Charakterbilder, Zur Poetik des literarischen Porträts, Angela Fabris, Willi Jung éd., Bonn University Press, 2012; Victor Hugo, in Ils on fait la France, collection dirigée par Max Gallo, 2012).

Mourad KHELIL: Autoportraits de Vingtras: trahisons, feu et parasitisme dans la Trilogie de Jules Vallès
La fin de L’Insurgé nous propose un autoportrait "au miroir" de Vingtras, l’alter ego de Vallès: afin d’échapper à l’ennemi, il s’est rasé la barbe et s’est grimé en médecin militaire, au point de ne plus se reconnaître lui-même. Héros communard capable de se faire passer pour un Versaillais, Vingtras navigue entre deux mondes, ce qui lui vaut des accusations de trahison. Un autoportrait en Judas, voire en Janus, se dessine. Il s’agit alors de relire les autoportraits et les portraits de la Trilogie romanesque comme une tentative de réécriture de soi, voire de réhabilitation de soi, susceptible de concilier prosopographie et éthopée: le narrateur se dépeindrait non plus comme un traître mais comme un parasite, être "interstitiel", navigant entre le prolétariat affamé et la bourgeoise repue. Plus loin, les portraits vallésiens se chargent d’autres significations: les êtres brûlent, le feu les traverse et la chaleur palpite dans les corps, y compris celui du petit Jacques. L’insurrection s’incarne dans un feu sacré qui transparaît au détour des portraits physiques et annonce les "rues en feu" de la Commune.

Mourad Khelil est doctorant à Paris IV-Sorbonne sous la direction de Mariane Bury. Il finit une thèse de Doctorat sur Jules Vallès intitulée "Le Ventre de Vingtras, nourritures terrestres et langagières dans la Trilogie". Il a notamment publié une présentation de ses travaux sur L’Enfant dans le n°42 d’Autour de Vallès (décembre 2012) et une étude sur Le Bachelier dans le numéro 44 de cette même revue.

Cornelia KLETTKE: L'esthétique du portrait de Nana chez Zola: la transgression entre l'art et la vie
Cette contribution analysera le portrait multiple de Nana en suivant les pistes de l’iconotextualité, de la mythisation, de la théâtralisation et de l’intertextualité. Le portrait oscille entre l’animalité et la déification, entre la réalité et le mythe. Nana sort du mythe, le représente au théâtre, se transforme en tableau et sculpture, se soustrait en affiches et se perd en mythes orientaux d’odalisques, mais elle est aussi présence corporelle, elle se redouble et se multiplie dans le bestiaire d’animaux du roman pour se dissoudre en charogne. Ainsi Zola nous donne un nouveau mythe féminin créé par le désir et l’angoisse masculins, oscillant entre l’attraction et la répulsion, entre l’esthétique et l’éthique. Il réalise une espèce d’esthétique du mal, qui est constituée par une transgression permanente entre l’art et la vie.

Cornelia Klettke est professeur titulaire de littératures romanes à l’Université de Potsdam. Spécialiste de la littérature du XXe et du XXIe siècle, elle a publié de nombreux livres et articles sur la littérature française, italienne, portugaise et espagnole, ainsi que diverses études sur Dante, sur la Renaissance, le Siècle des Lumières et le XIXe siècle. Elle a dirigé récemment un colloque sur Les femmes en mouvement - L’univers sentimental et intellectuel des romancières du début du XIXe siècle (avec Fabienne Bercegol). Un collectif sur Les nuages romantiques (avec Pierre Glaudes) est en préparation.

Guy LARROUX: Les visages de Sapho (Daudet)
Plusieurs contemporains (dont Zola et Edmond de Goncourt) ont estimé que Daudet tenait avec Sapho (1884) son chef-d’œuvre. Pas tant en raison de la pratique sociale qui est en le sujet déclaré (le collage et ses fatalités) qu’en raison du personnage éponyme Sapho, surnom de Fanny Legrand — un bel objet esthétique et herméneutique. Avant de se donner à Jean Gaussin, un provincial de bonne famille monté à Paris, celle-ci a été l’inspiratrice et le modèle de plusieurs artistes qui furent ses amants. Fanny Legrand voudrait faire oublier Sapho mais cette dernière ne peut s’empêcher, comme en surimpression, de réapparaître en elle, d’autant que le discours de ses anciens amants ravive le souvenir d’une femme digne d’entrer dans la galerie des grandes amoureuses. La variabilité, l’instabilité de l’héroïne comme les hésitations et les alternatives par lesquelles passe Gaussin entretiennent à son sujet une forme d’incertitude qui n’est pas sans rappeler Manon Lescaut.  Comme celui de Prévost, le roman de Daudet ne permet pas de trancher sur la nature indéterminable de l’héroïne. Mais là s’arrête la comparaison car — quoiqu’on ait parfois mis en doute son naturalisme — c’est en véritable naturaliste que Daudet interroge les visages de Sapho et les différentes physionomies morales qui sont les siennes. Autrement dit, il se fait peintre exact et moderne du corps, expert en vues et cadrages, qui possède l’art de faire tenir et évoluer un sujet dans l’espace, qu’il s’agisse d’un territoire de la vie privée (et même intime) ou de la nature extérieure.

Guy Larroux est professeur de littérature française à l’Université Toulouse-Jean Jaurès. Spécialiste de littérature du XIXe siècle (en particulier réaliste-naturaliste) et de littérature contemporaine. Il a participé à l’édition chronologique (Nouveau monde édition) des œuvres complètes de Zola dirigée par Henri Mitterand et codirige en avril 2016 à l’Université de Toulouse Jean Jaurès le colloque "Le Roman de mœurs: un genre roturier à l’âge démocratique".
Principales publications
Le Mot de la fin (Nathan).
Le Réalisme (Nathan).
Critique et théorie littéraires 1800-2000, avec Jean-Louis Cabanès (Belin).


Martine LAVAUD: Face à l'objectif: postures de l'écrivain photographié
Même dans la période d'accoutumance photographique que représente la IIIe République, ni le passage de l'écrivain dans l'atelier du photographe, ni les prises de vue à domicile ne sont des actes anodins: il s'agit d'expériences narcissiques et parfois de traumas médiatiques qui ne sont pas sans conséquences sur la pratique littéraire du portrait et son commentaire. Il s'agira principalement de dresser une typologie, et même une histoire des postures actives ou défensives de l'écrivain dans le portrait photographique durant la IIIe République (de Flaubert à Proust en passant par Loti, Daudet, Maupassant, les Goncourt...), et secondairement, d'extraire de cette typologie générale quelques propositions analytiques sur les incidences de ce rapport de fascination ou de dédain dans le traitement littéraire du portrait.

Martine Lavaud est maître de Conférences en littérature française et membre du CELFF 19-21 de l’Université Paris-Sorbonne. Spécialiste de Théophile Gautier, elle consacre à présent ses recherches aux rapports entre littérature et sciences ainsi qu’aux rapports entre littérature et photographie.
Publications
Théophile Gautier, militant du romantisme, Champion, 2001.
Fortunio, Partie Carrée, Spirite, M. Lavaud, éd., Gallimard, "Folio Classique", 2013.

La plume et la pierre. L’écrivain et le modèle archéologique au XIXe siècle, dir., Lucie éd., 2008.
"Psychopathologie de l’homme de lettres au XIXe siècle", in Image et pathologie au XIXe siècle, dir. P. Tortonese, L'Harmattan, 2008, p. 72-92.
"Envisager l'histoire littéraire: pour une épistémologie du portrait photographique d'écrivain", ConTextes, n°14, juin 2014.

Marine LE BAIL: Pierre Loti, portraits au fil de l'ancre
Pierre Loti, écrivain-voyageur comme on le sait, est également un dessinateur prolifique. Or, cette double identité artistique, qui place au cœur de son œuvre la question de la représentation figurée, qu'elle soit littéraire ou picturale, trouve précisément à s'articuler autour de la notion de portrait. Les romans de Loti regorgent en effet de descriptions qui s'efforcent de suggérer au lecteur les traits d'un visage ou l'esquisse d'une silhouette. Parfois conspué comme le représentant d'une écriture colonialiste dont l'exotisme dissimulerait mal la violence idéologique, Loti concevrait-il l'exercice du portrait comme un moment privilégié de mise en évidence de l'altérité radicale de ses personnages? Cette fonction défamiliarisante ne suffit pas en réalité à rendre compte de la richesse d'une pratique qui emprunte beaucoup aux arts picturaux.

Marine Le Bail consacre actuellement une thèse de doctorat aux écrivains bibliophiles du XIXe siècle. Elle exerce  les fonctions de chargée de recherches documentaires à la bibliothèque de l’Arsenal, à Paris, où elle travaille sur le fonds Paul Lacroix.
Publications
"Le bibliophile Jacob", Colliers de velours: parcours d’un récit vampirisé, s. dir. Florian Balduc, Librairie d’Otrante, 2015.
"Pour un usage expositionnel du livre: les reliures-vitrines des biblio-philes fin-de-siècle", Interférences littéraires/Literaire interferenties, n°16, "Ce que le musée fait à la littérature. Muséalisation et exposition du littéraire", s. dir. Marie-Clémence Régnier, juin 2015, pp. 81-95.


Dominique MASSONNAUD: Portraits romanesques à l'âge de la photographie: pour un autre temps narratif. Études de cas
Alors que Brassaï, photographe et lecteur de Proust, avait proposé de saisir le régime temporel d’À La Recherche du temps perdu sous l’angle de "l’emprise de la photographie"(1), le  projet de cette contribution est d’observer — dans une perspective stylistique et narratologique — différents cas de portraits romanesques dans la période 1857-1927 (Flaubert, Les Goncourt, Zola, Anatole France, Proust) en étant attentive aux relations intermédiales entre littérature et peinture / littérature et photographie. Il s’agit ainsi de tenter de dégager les spécificités et les variations de leur statut pour saisir la variabilité de leurs fonctions dans l’économie fictionnelle: sous l’angle du rythme et de la temporalité narrative.
(1) Brassaï, Marcel Proust sous l’emprise de la photographie, Paris, Gallimard, "Blanche", 1997.

Dominique Massonnaud est professeur de Littérature française à l’UHA (Université de Haute-Alsace) et membre du Centre de recherche ILLE (Institut des Langues et Littératures européennes).
Spécialiste de l’image fixe, elle a ainsi publié Courbet Scandale, Mythes de la rupture et modernité (2003), Le Nu moderne au Salon, Revue de Presse (1799-1853) en 2005. Ses travaux récents s’attachent aux fictions en prose des XIXe et XXe siècles: Faire Vrai, Balzac et l’invention de l’œuvre-monde, Droz, 2014 - Aragon romancier: genèses, modèles, réemplois, ouvrage collectif co-dirigé avec Julien Piat, à paraître chez Garnier en 2016.


Lydie PARISSE: Portraits féminins dans le théâtre de Villiers de l’Isle-Adam
Nous aimerions traiter l’art du portrait dans le théâtre de Villiers de l’Isle Adam ainsi que dans le roman que Mireille Losco considère comme le proto-théâtre symboliste, à savoir L’Eve Future. En effet, il semble que d’un texte à l’autre, Villiers dresse le portrait en éclats d’une même figure féminine hantée par le nihilisme au nom d’une vie supérieure. Par ailleurs, son théâtre, lyrique, marque l’avènement de la figure auctoriale dans l’écriture dramatique. À la charnière entre impressionnisme et abstraction, Villiers met en œuvre des portraits marqués par un principe de défiguration qui fait de ses personnages des incarnations de l’infigurable.

Lydie Parisse est maître de conférences en littérature française et théâtre à l’Université de Toulouse 2 Jean Jaurès. Elle travaille sur la voie négative et sa relation à la création littéraire dans le théâtre et la littérature de la fin du XIXe siècle à l’époque contemporaine.
Publications
Mystique et littérature. L’autre de Léon Bloy, Lettres Minard, 2006.
La parole trouée. Beckett, Tardieu, Novarina, Minard, 2008.
Lagarce, un théâtre entre présence et absence, Classiques Garnier, 2014.


Maud SCHMITT: L’herméneutique des visages chez Barbey d’Aurevilly: pour une apologétique du portrait
L’art du portrait ressortit chez Barbey d’Aurevilly au "paradigme indiciaire" propre à l’époque. Mais l’écrivain met aussi en œuvre dans ses romans un symbolisme chrétien hérité d’Augustin. Depuis la Chute, Dieu se manifeste par le truchement des signes. Le visible est un ensemble sémiotique ouvert à l’interprétation; la condition de l’homme tombé est fondamentalement herméneutique. Ainsi, tout en empruntant aux techniques descriptives propres au roman réaliste, l’écrivain fait des visages et des corps le lieu d’une exégèse où se déchiffre l’Histoire du Salut. Or, la Révolution française, répétition et aggravation de la Chute, a opacifié les signes jusqu’à l’illisible. La défiguration est alors la traduction littérale et matérielle d’une distorsion satanique de la figura. Le portrait, aux frontières du tératologique, relève d’une esthétique du sublime — d’un sublime horrible, symétrique inversion des cieux. La question se pose alors du rôle et de l’interprétation à accorder à un portrait qui, par son caractère brouillé et illisible, reflète avant tout l’impossibilité tragique d’accéder au divin, qui ne se montre plus dans le monde moderne que sous les traits grimaçants d’un visage défiguré. À moins que sa fonction apologétique ne réside, précisément, dans les effets pragmatiques de ce sublime effroyable dont il est, pour le romancier, l’occasion.

Maud Schmitt, ancienne élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, agrégée de lettres, est doctorante à Paris IV-Sorbonne et ATER à l’université de Strasbourg. Elle rédige une thèse, sous la direction de Pierre Glaudes, intitulée: "Le récit apologétique laïc: Barbey d’Aurevilly, Bloy, Bernanos". Elle a participé à plusieurs colloques et écrit plusieurs articles, sur Barbey et Bernanos notamment, ou encore sur l’apologétique ou la mystique.

Nathalie SOLOMON: Portraits de voyage flaubertiens: l'atelier du romancier
"Car j’ai cette manie de bâtir de suite des livres sur les figures que je rencontre. Une invincible curiosité me fait me demander malgré moi quelle peut être la vie du passant que je croise". Cette phrase du Voyage en Orient dessine, tôt dans la carrière de Flaubert, une poétique du portrait comme récit possible. La rencontre est un thème essentiel dans le voyage flaubertien où aucune perspective en surplomb ne vient éclairer l’expérience vécue par le voyageur. Dans ces conditions, les portraits des autochtones comme des compatriotes en voyage se présentent souvent comme des romans miniatures, dont l’inachèvement dessine de fascinantes promesses.

Nathalie Solomon est professeur de  littérature française du XIXe siècle à l’Université de Perpignan-Via Domitia. Son intérêt la porte vers le récit de l’époque romantique, tout particulièrement Balzac et le récit de voyage.
Publication
Voyages et fantasmes de voyages à l'époque romantique, Presses Universitaires du Mirail, 2014.

Sylvie TRIAIRE: Ce qui prend figure politique: portraits du commun chez Flaubert
Dans Madame Bovary, la Vaubyessard est l’occasion et le lieu d’une réflexion sur le portrait: tableaux d’ancêtres héroïques aux murs de la salle de billard et faces de pauvres aux fenêtres dessinent une discrète tension sociale que réactive, plus loin, la souveraine présence de Catherine Leroux, ("ce demi-siècle de servitude") confrontée aux bourgeois épanouis de Yonville-l’Abbaye. Partant de ces lignes frontières entre classes, il s’agira d’examiner quelques portraits en lesquels se figure, selon cette "politique de la littérature" dont parle Jacques Rancière, le commun. En ces petites gens, parfois saisis fugacement, parfois précisément cadrés et nettement fixés, se dit le "partage du sensible", à entendre politiquement (Rancière) aussi bien qu’esthétiquement (Rancière encore, mais aussi, en faisant un pas de côté, l’Heidegger de L’Origine de l’œuvre d’art, en particulier dans sa lecture des souliers de Van Gogh).

Sylvie Triaire, MCF Littérature française du XIXe siècle, Université Paul-Valéry Montpellier 3, membre du centre de recherches interdisciplinaire CRISES.
Publication
Responsable du volume collectif "Ils ont fait figure": fonctions et représentations de l’anonyme au XIXe siècle, à paraître aux PULM, Avant-propos et article "Figures ou figurants? Du bal de la Vaubyessard au grand bal de l’histoire".
Articles connexes
""Ces grands carrés noirs bordés d’or": l’aventure du regard à la Vaubyessard", Gustave Flaubert 7, Flaubert et la peinture, Minard, La revue des Lettres Modernes, 2010.
"Saturnales. Vies minuscules des enfants flaubertiens", Récits et dispositifs d’enfance (XIXe-XXIe siècles), volume coordonné par Suzanne Lafont, PULM, Montpellier 3, 2012.




Portrait de peintre au cinéma: Renoir, film de Gilles Bourdos commenté par Julie ANSELMINI

Le film de Gilles Bourdos Renoir (2014) sera l’occasion, d’une part, d’évoquer le lien historique entre l’émergence de l’Impressionnisme et la naissance du cinéma, et, d’autre part, d’analyser la conception/composition du portrait d’un peintre selon un cinéaste, le portrait de peintre au cinéma s’inscrivant dans une tradition cinématographique — sinon dans un genre — dans laquelle on compterait aussi La Vie passionnée de Vincent van Gogh (1956) de V. Minelli, Van Gogh (1991) de M. Pialat, Klimt (2005) de R. Ruiz , ou encore Mr Turner (2014) de Mike Leigh.



Rencontres d'été 2016

COLLECTION DE TÊTES

Textes de Jules Barbey d'Aurevilly, Gustave Flaubert, Edmond et Jules de Goncourt, Remy de Gourmont, Villiers de L'Isle-Adam, Guy de Maupassant, Catulle Mendès, Marcel Proust, Sainte-Beuve, Émile Zola...

Compagnie PMVV le grain de sable > Lecture > Création

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, au moment où l'impressionnisme prend son essor et où se développe la photographie, les portraits deviennent omniprésents dans la presse et dans la littérature. Une véritable "portraitomanie" s'empare des auteurs. Romanciers, mémorialistes, moralistes, épistoliers, journalistes "se paient la tête des autres", individus réels ou imaginaires. Relevant de l'éloge ou du blâme, l'art du portrait s'emploie à dévoiler les mystères de l'être humain ou prend en charge la dénonciation des vices. Allons faire un tour dans la galerie...

Conception et interprétation: Philippe MÜLLER, Vincent VERNILLAT, avec la collaboration de Mariane BURY.

Sites: www.rencontresdete.fr // www.legraindesable.net

BIBLIOGRAPHIE :

Henry Bouillier, Portraits et miroirs, SEDES, 1979.
Le Portrait, textes regroupés par Joseph-Marc Bailbé, Presses universitaires de Rouen, 1988.
Le Portrait littéraire, sous la direction de K. Kupisz, G.-A. Pérouse, J.-Y. Debreuille; préface de P. Michel, PUL, 1988.
Fabienne Bercegol, La Poétique de Chateaubriand: le portrait dans les "Mémoires d'outre-tombe", Champion, 1997.
Heather McPherson, The modern portrait in nineteenth-century France, Cambridge University Press, 2001.
Le portrait, Anthologie, présentation, choix des extraits, notes, et dossier par Hélène Bernard, Flammarion, 2005.
Adeline Wrona, Face au portrait. De Sainte-Beuve à Facebook, Hermann, coll. "Cultures numériques", 2012.
Charakterbilder. Zur Poetik des literarischen Porträts, Angela Fabris, Willi Jung (Hg), Bonn University Press, 2012.
Le portrait: champ d’expérimentation, sous la direction de Roberto Copello et Aurora Delgado-Richet, Presses Universitaires de Rennes, coll. "Interférences", 2013.
Le Portrait photographique d’écrivain, sous la direction de Jean-Pierre Bertrand, Pascal Durand et Martine Lavaud, Contextes, n°14, 2014 (contextes.revues.org).
George Shackelford, Guy Cogeval, Faces of Impressionism: Portraits from the Musée d’Orsay, Yale University Press, 2015.

Colloque organisé dans le cadre et avec le concours
du
Festival Normandie Impressionniste 2016

http://www.normandie-impressionniste.fr
Normandie Impressionniste 2016
Ministère de la Culture et de la CommunicationARégion NormandieAMétropole Rouen NormandieACD Seine MaritimeACD de L'EureAVille de RouenAVille de CaenAVille Le Havre

Avec le soutien des Universités
de Caen Normandie, de Paris 4 Sorbonne, de Toulouse 2 Jean Jaurès
et du Centre régional des Lettres de Basse-Normandie

Université de Caen Normandie Université Paris 4 Sorbonne Université Toulouse 2 Jean Jaurès Centre régional des Lettres de Basse-Normandie