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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2015 : un des colloques





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EUROPE EN MOUVEMENT : LIEUX, PASSAGES

(CERISY À BERLIN. BERLIN À CERISY)

Deutsche Fassung

DU MARDI 2 JUIN AU DIMANCHE 7 JUIN 2015

DIRECTION : Wolfgang ASHOLT, Mireille CALLE-GRUBER, Edith HEURGON, Patricia OSTER-STIERLE

ARGUMENT :

Une Europe en mouvements: serait-ce celle qui, au lieu de s’en tenir au plus petit dénominateur commun des ressemblances, s’efforce d’opérer la mise ensemble des différences qui l’agitent? Et qui, considérant la dimension non identitaire des cultures qui la constituent, tente d’y puiser une dynamique capable d’affronter les défis de la mondialisation, de réorienter les finalités globalisantes, et de tracer des lignes de fuite résolument prospectives?

Tels sont les enjeux au cœur des rencontres alternées de Berlin à Cerisy et de Cerisy à Berlin, rencontres qui entendent relancer les échanges franco-allemands, jadis féconds jusque dans leurs désaccords, pour penser ensemble l’Europe à venir, et projeter les formes de son inscription dans le monde. La longue tradition de Pontigny-Cerisy, où furent accueillis autrefois les penseurs d’une Europe en gestation, a d’emblée désigné Cerisy comme le lieu propice à ce travail de réflexion partagée.

Après la réunion préparatoire à Berlin (19-20 juin 2014), ce colloque portera toute l’attention aux "Lieux, passages". Remobilisant les institutions, mais aussi les intellectuels, écrivains et artistes, les chercheurs et les universitaires ainsi que les acteurs politiques, économiques et culturels, ces rencontres, loin de toute nostalgie humaniste, voudraient penser les développements du vivant dans l’ampleur de son cadre environnemental ainsi que le processus d’équilibre des contextes interactifs et intersubjectifs.

La question des langues et des traductions; les puissances tant critiques que visionnaires des littératures et des arts; les nouvelles "sciences urbaines" pour un habiter-solidaire dans la Cité mondialisée; la culture européenne et les cultures de l’Europe; les stratégies et outils pour une nouvelle Europe: ce sont là les principales scansions qui seront opérées par des conférences-débats, les présentations de certains jeunes chercheurs de leurs travaux en cours, des tables-rondes avec des intervenants européens et non-européens, des témoignages de personnalités politiques et culturelles.

Et c’est, à chaque instant, on le pressent, la nécessité d’innover les formes séminales de la réflexion qui fera la force différentielle d’un penser-ensemble.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Lundi 1er juin
Soirée inaugurale au Goethe-Institut (17 avenue d'Iéna, 75016 Paris)
Responsable: Joachim UMLAUF
Quel avenir pour les rapports franco-allemands en Europe?, débat animé par Claire DEMESMAY et Françoise GAILLARD, avec la participation de Günter GLOSER (ancien Ministre allemand pour les Affaires européennes) et Hubert VÉDRINE (ancien Ministre des Affaires étrangères)
[avec le concours de la Fondation "Friedrich-Ebert-Stiftung"]

Mots d'ouverture: Jean-Baptiste de FOUCAULD (président de l'AAPC) et Patricia OSTER-STIERLE (présidente de l'UFA/DFE)


Mardi 2 juin
Voyage Paris - Rouen - Cerisy — Ouverture et visites
Responsables: Françoise GAUDIN / Edith HEURGON
Matin:
Autocar affrété par le CCIC de Paris à Cerisy, avec arrêt à Rouen
Visite et présentation du Panorama XXL de Yadegar Asisi, avec Yadegar ASISI, Laure DUFAY (directrice du Panorama XXL) et Sébastien RENARD (pilote de la construction du Panorama)

Après-midi:
Autocar Rouen - Cerisy
Edith HEURGON, Patricia OSTER-STIERLE, Mireille CALLE-GRUBER & Wolfgang ASHOLT: Ouverture
Ingrid GILCHER-HOLTEY & Gisèle SAPIRO: Quel rôle pour les intellectuels franco-allemands dans une Europe en mouvement?

De Pontigny...
François CHAUBET: Le projet de Paul Desjardins: connaissance mutuelle des européens et réconciliation franco-allemande
Wolfgang ASHOLT: Le point de vue allemand à partir des travaux récents de H.-M. Bock (2014) et F.-R. Hausmann (2015)

... À Cerisy: lieu de passages, famille de passeurs
Parcours littéraire et historique (Edith HEURGON, avec Claire PAULHAN, Isabelle PEYROU et l'équipe de Cerisy)

Soirée:
Présentations au grenier du château


Mercredi 3 juin
Lieux et passages dans les littératures et les arts au XXe et au XXIe siècles
Responsables: Mireille CALLE-GRUBER / Patricia OSTER-STIERLE
Matin:
Karlheinz STIERLE: Lieux et figures de la poésie
Victor STOICHITA: Voiles, filtres, écrans. Aux origines de la peinture moderne

Après-midi:
1. Flâneurs et passages, table ronde avec:
Ulrike SCHNEIDER (Lieux de passages - lieux de vie(s). Les grands magasins et l'écriture "flaneur"),
Alain MONTANDON (Flâneurs à Paris et Berlin),
Alexander NEBRIG (Frontière vient de Graniza. L'Europe de l'Est comme espace de fascination dans la littérature contemporaine de langue allemande)
et des jeunes chercheurs (DFH/UFA):
Marie FLEURY-WULLSCHLEGER
(Discours de passage, d'une langue à l'autre),
Hannah STEURER (Flâneries et passages berlinois après la chute du Mur. L'exemple de Michèle Métail),
Imke MOMANN (Les cités HLM dans la littérature des années 2000. Lieux de passages, lieux de flâneurs?)

2. Topographies et topologies, table ronde avec:
Helmut PFEIFFER,
Irène FANTAPPIÉ
(Réécriture comme remise en question. Karl Kraus et Shakespeare)
et des jeunes chercheurs (DFH/UFA):
Julia LICHTENTHAL
(L'invention de la topographie dans Un coup de dés jamais n'abolira le hasard),
Simon SCHOCH (Le paysage comme ruine. Errances sebaldiennes sous le signe de Saturne),
Jan KNOBLOCH (Houellebecq "à l'ancienne": la carte, le territoire et la gastronomie comme patrimoine culturel)

Soirée:
Werner SPIES: Lieux et passages dans les arts (Animatrices: Françoise GAILLARD & Patricia OSTER-STIERLE)


Jeudi 4 juin
Lieux et passages dans les villes et dans les "sciences urbaines" aujourd’hui et demain
Responsables: Falk BRETSCHNEIDER / Edith HEURGON
Matin:
(Animatrice: Edith HEURGON)
Henri BAVA: Penser la ville-territoire
Boris GRÉSILLON: Art et ville: pour une nouvelle approche de la géographie urbaine [conférence en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de Caen et sur le site France Culture Plus]
Mathis STOCK: Habiter – Mobilités – Urbanités. Dialogue entre les SHS francophones et germanophones

Après-midi:
(Animateurs: Karim FERTIKH, Anahita GRISONI et Ariane JOSSIN)
L'environnement à l'épreuve du social comme enjeu de la ville contemporaine (avec le programme "Saisir l’Europe")
1. Espace et questions sociales: Moritz MERTEN (Action spaces and individual future prospects of adolescents. Privileged and marginalized urban districts in Kassel)
et un jeune chercheur (DFH/UFA): Anthony PREGNOLATO

2. Politiques urbaines et environnementales: Jérôme BOISSONADE (De la question urbaine à la question environnementale. Et ses conséquences sur la gouvernance)
et des jeunes chercheurs (DFH/UFA): Félix AUTHIER et Clément BARBIER


Vendredi 5 juin
Culture européenne et cultures de l’Europe face à la mondialisation
Responsables: Wolfgang ASHOLT / Tiphaine SAMOYAULT
Matin:
Atelier de travail des jeunes chercheurs (DHF/UFA) pour préparer leur synthèse du colloque

Après-midi:
Exil, passages, migration, médiation
Wolfgang ASHOLT & Dirk NAGUSCHEWSKI: Introductions
1. Traductions, animée par Xavier NORTH, avec
Stefan WILLER (Les autotraductions des frères Humboldt),
Alain LANCE
et une jeune chercheuse (DFH/UFA):
Judith LAMBERTY
(Littératures et traductions en Suisse face à la mondialisation)

2. Passages musicaux: translations et transdisciplinarités, table ronde animée par Stefan WILLER, avec Thiphaine SAMOYAULT
et des jeunes chercheurs (DFH/UFA):
Marco AGNETTA
(La traduction des livrets d'opéra),
Suzanne LAY (Retour français à Bach et retour aux sources: de la "cathédrale éternelle" au lieu commun)

3. Politique et migration, animée par Dirk NAGUSCHEWSKI, avec Alexis NOUSS
et des jeunes chercheurs (DFH/UFA):
Imke SCHULTZ, Siriane VAN EXAERDE & Ina BÖHME
(Passages, migration, médiations. L'exemple de René Cheval à Tübingen),
Martin SCHILLER (Les bouleversements d'à côté. Des perspectives européennes sur un Monde arabe en changement)

Soirée:
Régine ROBIN: Lecture d'un chapitre de "Le passé au placard", animée par Mireille CALLE-GRUBER


Samedi 6 juin
Stratégies et outils pour une nouvelle Europe
Animatrice: Teresa PULLANO
Matin:
Hans-Jürgen LÜSEBRINK: L'Europe et le monde non-européen. Hypothèques coloniales, visions universalistes, mises en causes postcoloniales
Martine MÉHEUT: Renaissance de l'Europe plutôt que Nouvelle Europe

Politiques européennes en mouvement?, table ronde avec Sabine von OPPELN
et des jeunes chercheurs (DFH/UFA):
Gabriel FINOCIETY
,
Nathalie WELFENS (Ein Grassroots Thinktank der jungen Generation: Neue Impulse und die Wiederbelebung des politischen Engagements?)

Après-midi:
Politiques européennes en mouvement? (suite), table ronde avec Daniel CIRERA
et un jeune chercheur (DFH/UFA):
Micha KNUTH

Vers une nouvelle Europe? (animée par Teresa PULLANO)
Rôles de l’entreprise et futur de l'industrie dans une Europe en mouvement, avec
Armand HATCHUEL
Dorothée KOHLER & Jean-Daniel WEISZ (Comment est pensé le futur de l'industrie en Allemagne? Quelques enjeux franco-allemands… et européens)

Soirée:
Les questions vives du moment actuel: perspectives pour l'Europe, avec Teresa PULLANO et Frédéric WORMS


Dimanche 7 juin
Journée de synthèse
Matin:
Éléments de synthèse par les jeunes chercheurs
Interventions de Xavier NORTH et de Jean-Baptiste de FOUCAULD
Synthèse des directeurs et discussion générale

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Boris GRÉSILLON:
Art et ville: pour une nouvelle approche de la géographie urbaine
Longtemps, les géographes ont analysé la ville à travers sa population, son économie ou ses rapports sociaux. La géographie culturelle propose quant à elle une autre lecture de l’urbain. L’approche que nous proposons est résolument innovante, en ce sens qu’elle fait de l’art et des lieux culturels un objet géographique. Étudier, en géographe, une ville à travers ses lieux culturels s’avère extrêmement enrichissant. On peut par exemple analyser les habitus culturels d’une population en se penchant sur les mobilités, les sorties culturelles qu’on peut cartographier. On peut également cartographier le parcours d’un artiste ou d’une œuvre d’art. On peut enfin, à une autre échelle, observer comment, par les lieux d’art qui s’y concentrent, tel quartier devient attractif tandis que tel autre perd en importance. Si les lieux d’art (théâtres, salles de concert, opéras, musées, galeries, etc.) sont influencés par le quartier, sa population, son ambiance, le quartier peut être également influencé par l’aura d’un lieu d’art. On prendra ici l’exemple de la Volksbühne de Berlin, particulièrement parlant. A partir de là, on tâchera in fine de montrer qu’aujourd’hui, les lieux d’art sont devenus un outil de régénération urbaine tandis que les artistes, souvent sans le dire, sont sommés de "faire du social".

Boris Grésillon est géographe, professeur à l’Université d’Aix-Marseille, membre du laboratoire Telemme (CNRS). Depuis septembre 2014, il est Attaché universitaire à l’ambassade de France de Berlin. Ses recherches se situent à la croisée de la géographie urbaine, de la géographie culturelle et de la géographie sociale. En outre, il n’hésite pas à s’inspirer des méthodes de l’histoire culturelle, de l’ethnologie ou de la sociologie de la culture dans le but de déchiffrer "les grammaires d’une ville" (Marcel Roncayolo). Cette méthode novatrice a porté tout d’abord ses fruits sur la ville de Berlin, auquel Boris Grésillon a consacré de nombreux travaux, et notamment un livre, Berlin métropole culturelle (Belin, 2002), traduit en allemand et paru en 2004. Il a également analysé la ville de Marseille sous l’angle culturel et artistique, ville en pleine mutation depuis qu’elle fut capitale européenne de la culture en 2004. Ses livres et articles récents portent sur la place des artistes dans la fabrique de la ville, sur les capitales européennes de la culture, sur les villes créatives et sur les friches culturelles.

Dorothée KOHLER
Docteur en géographie, diplômée de Sciences Po Urba, a fondé en 2009, après avoir exercé des fonctions dirigeantes au sein d'ArcelorMittal, l'entreprise KOHLER Consulting & Coaching. Elle intervient en tant que coach et consultante en développement des organisations auprès de dirigeants d'entreprise et de leurs équipes. Elle est membre du Comité d'Orientation de la Fabrique de l'industrie. Elle est également auteur et co-auteur de nombreux articles et ouvrages sur les transformations urbaines et économiques dont Paris-Berlin, regards croisés (Economica, 2000), d'un rapport en 2012 pour le Fonds stratégique d'investissement et d'une étude réalisée pour Bpifrance en 2014, coécrits avec Jean-Daniel Weisz: Pour un nouveau regard sur le Mittelstand (La documentation Française, 2012) et ETI 2020, trajectoires de croissance. Enfin, suite au colloque de Cerisy de Juin 2014, elle a publié l’article "Anatomie des "modèles" industriels", in Pierre Veltz et Thierry Weil (dir.), L'industrie, notre avenir, Eyrolles, 2015.

Hans-Jürgen LÜSEBRINK: L'Europe et le monde non-européen. Hypothèques coloniales, visions universalistes, mises en causes postcoloniales
L’Europe représente, depuis le XVe siècle, époque des "grandes découvertes" et de l’expansion coloniale européenne outre-mer, le seul continent dans l’histoire de l’humanité à avoir dominé tous les autres continents, sur le plan politique, militaire, économique et culturel. Cette domination est allée de pair, à travers quatre phases de mondialisation accélérées (S. Gruzinski, J. Osterhammel) qui ont de plus en plus étroitement imbriqué les différentes parties du globe, avec un transfert massif d’institutions, de pratiques culturelles, de savoir-faire, de médias, mais aussi de modèles politiques et d’idéaux démocratiques (comme les Droits de l’Homme). Cette domination pluriséculaire de l’Europe (et depuis la fin du XIXe siècle de l’Occident, incluant l’Amérique du Nord) a commencé à s’effriter, à être mis en cause et à céder à de nouvelles configurations géopolitiques et géoculturelles depuis les années 1980 et le début de l’actuelle phase de la mondialisation accélérée (cf. N. Ferguson, Civilization. The West and the Rest, 2011). Cette conférence se propose d’analyser, notamment sur le plan interculturel et discursif, les enjeux, les tenants et les aboutissements de l’universalisme européen et de sa dynamique d’évolution actuelle.

Martine MÉHEUT: Renaissance de l'Europe plutôt que Nouvelle Europe
Pourquoi l’Europe est-elle en panne? Qu’espérer de l’anthropologie européenne dans la mondialisation?
L’Europe a oublié ce qu’elle est. La grandeur de cette civilisation s’est exprimée par la figure de l’Européen prométhéen (séparation du temporel et du spirituel, État de droit, curiosité scientifique...). Or nous sommes dans une autarcie du présent, frileux de tout engagement dans un destin partagé. La renaissance de l’Europe sera-t-elle possible en redonnant vie à l’utopie anthropologique européenne: confiance dans l’humain, solidarité d’accueil, hospitalité, priorité du bien commun sur l’intérêt particulier, ouverture à l’altérité, audace...

Martine Méheut est vice-présidente du Mouvement européen-France, présidente de Citoyennes pour l’Europe et Présidente d’honneur de l’Association européenne de l’éducation-France.
Publications
L'invention du bonheur. Philosophes et maîtres de vie à Athènes, La Table Ronde, 2006.
Le fédéralisme est-il pensable pour une Europe prochaine?, Kimé, 1994.


Mathis STOCK
Géographe, Mathis Stock est professeur à l'Université de Lausanne où il est responsable du groupe de recherche "Cultures et natures du tourisme". Ses recherches portent sur l'habiter des sociétés contemporaines en développant une approche par les pratiques des lieux géographiques, enchâssées dans un régime d'habiter fondé sur la mobilité spatiale. L'hypothèse de styles d'habiter radicalement nouveaux informés par la polytopicité, fonde ses travaux. Il s'intéresse autant aux ressorts qu'aux implications sociétales de ces nouvelles façons de "faire avec" l'espace.
Publications
Stock M., 2012, ""Faire avec de l'espace". Pour une approche de l'habiter par les pratiques", in Lazzarotti Olivier (2012), Habiter. Vers un nouveau concept?, Paris, Armand Colin (pp. 59-78).
Stock M., 2007, "Théorie de l’habiter. Questionnements", Paquot T., Lussault M. & Younès Ch. (dir.), Habiter, le propre de l’humain, Paris, La découverte, pp. 103-125.
Stock M., 2007, "European Cities: Towards a Recreational Turn?", Hagar. Studies in Culture, Polity and Identities, vol. 7 (1), 115-134.
Stock M., 2006, "L’hypothèse de l’habiter poly-topique", Espacestemps.net, Textuel, 26.02.2006.
(http://www.espacestemps.net/document1853.html)


Victor STOICHITA
Victor Stoichita, né à Bucarest en 1949, a fait des études d’Histoire de l’art à Rome, Paris et Munich. Depuis 1991, il est professeur ordinaire d’histoire de l’art des Temps modernes à l’Université de Fribourg (Suisse). Il a été professeur invité auprès de plusieurs institutions d’enseignement supérieur, notamment  aux Universités de Madrid (Carlos III), The Hebrew University de Jérusalem, Harvard, Göttingen, Francfort, Santiago de Chili, à la Scuola di Sudi Umanistici de Bologne, à l’École de Hautes Études en Sciences Sociales de Paris et au Collège de France. Il a été fellow du Wissenschafskolleg de Berlin, Rudolf-Wittkower-Professor auprès du Max Plank Institut de Rome, visiting scholar au Getty Researche Institute (Los Angeles), à l’Institut for Avanced Study de Princeton et au Center for Advanced Study in Visual Arts (Washington D.C ). Il a donné de nombreuses conférences dans différents musées, notamment au Louvre, au Prado, à l’Art Institute de Chicago, au Musée Guggenheim de Bilbao, à la Alte Pinakothek de Munich, au Museo de Bellas Artes de Mexico.
Ses centres d’intérêt comprennent l’herméneutique et l’anthropologie de l’image, avec un accent spécial sur l’art italien et espagnol.
Parmi ses dernières publications, traduites en plusieurs langues, figurent:
L’instauration du Tableau. Métapeinture à l’aube des Temps Modernes, Paris, 1993, nouvelle édition Genève, 1999.
Visionary Experience in the Golden Age of Spanish Art, Londres, 1995.
Brève histoire de l’ombre, Londres, 1997; Genève, 2000.
Goya. The Last Carnival (en collaboration avec Anna Maria Coderch), Londres, 1999.
The Pygmalion Effect, Chicago, 2008.
Il a été le commissaire de l’Exposition "LA SOMBRA (SHADOWS)" ouverte au Musée Thyssen-Bornemisza de Madrid (février - mai 2009).


Jean-Daniel WEISZ
Docteur en économie, diplômé de l’EM Lyon, spécialiste des questions économiques et industrielles en Allemagne et en France, il a fondé en 2009 avec Dorothée Kohler le cabinet KOHLER C&C et intervient sur des missions de développement organisationnel auprès de dirigeants d'entreprise et de leurs équipes. Il est auteur et co-auteur de nombreux articles et ouvrages dont:
Institutional Economics in France and Germany - German Ordoliberalism versus the French Regulation School, Springer Verlag (2001), coédité avec Agnès Labrousse.
Rapport pour le Fonds stratégique d'investissement. Pour un nouveau regard sur le Mittelstand, La documentation Française, 2012, coécrit avec Dorothée Kohler.
ETI 2020, trajectoires de croissance, étude réalisée pour Bpifrance en 2014, coécrit avec Dorothée Kohler.
"Allemagne: un nouveau modèle?", in Pierre Veltz et Thierry Weil (dir.), L'industrie, notre avenir, Eyrolles, 2015, faisant suite au colloque de Cerisy de juin 2014.




Flâneurs et passages, table ronde avec Ulrike SCHNEIDER (Lieux de passages - lieux de vie(s). Les grands magasins et l'écriture "flaneur"), Alain MONTANDON (Flâneurs à Paris et Berlin), Alexander NEBRIG (Frontière vient de Graniza. L'Europe de l'Est comme espace de fascination dans la littérature contemporaine de langue allemande) et des jeunes chercheurs (DFH/UFA): Marie FLEURY-WULLSCHLEGER (Discours de passage, d'une langue à l'autre), Hannah STEURER (Flâneries et passages berlinois après la chute du Mur. L'exemple de Michèle Métail) et Imke MOMANN (Les cités HLM dans la littérature des années 2000. Lieux de passages, lieux de flâneurs?)

Alain MONTANDON: Flâneurs à Paris et Berlin
En suivant le trajet de la promenade à la flânerie du XVIIIe au XIXe siècle, nous assistons à une métamorphose de la promenade mondaine vouée à la représentation sociale à une pratique solitaire rendue possible par la grande ville. L’observateur anonyme qui marche pour voir et non pour être vu est un être de solitude et d’anonymat que le nombre et la foule suscite. La démarche se fait rêveuse instaurant une poétique délibérément subjective, marquée de discontinu, ouverte, et à laquelle le rythme pendulaire allant de la sensation à l’imagination, de la perception à la rêverie, du contact à l’absence, au gré de la sensibilité physique et sensibilité morale ouvre de nouvelles perspectives. Le grand espace urbain remplace pour le rêveur marcheur du XIXe la nature. Le flâneur allie curiosité et nonchalance, un art du regard perspicace et distancié, à la fois réaliste et visionnaire. Un style de la flânerie est inauguré, celui de la discontinuité, du fragmentaire, de la sérialisation invitant dans une prose libre et changeante à une poétique de la rencontre et du passage. Si Walter Benjamin a pu relever que Paris a créé le type du flâneur, Franz Hessel et d’autres ont découvert en Berlin un autre espace propre à la flânerie.

Alain Montandon est professeur émérite de Littérature Générale et Comparée, membre honoraire de l’Institut Universitaire de France, ancien fellow du Wissenschaftskollg zu Berlin.
Publications
Les Yeux de la nuit. Essai sur le romantisme allemand, PUBP, 2010, 460 p.
Théophile Gautier, Éditions Aden, 2013, 528 p.
Dictionnaire littéraire de la nuit, Honoré Champion, 2 vol., 2013, 1626 p.
Dictionnaire de la caducité des genres littéraires (avec Saulo Neiva), Droz, 2014, 1172 p.
La plume et le ballon, Ôrizons, 2014.




L'environnement à l'épreuve du social comme enjeu de la ville contemporaine
(avec le programme "Saisir l’Europe"), séance animée par Karim FERTIKH, Anahita GRISONI et Ariane JOSSIN
Cette séance pose la question de l’articulation possible entre phénomènes sociaux et problématiques environnementales en France et Allemagne. Nous chercherons d’abord à voir si les quartiers défavorisés sont marqués par des spécificités française et allemande d’un point de vue spatial ou territorial. Nous verrons ensuite si les quartiers les plus dégradés socialement sont aussi les moins dotés du point de vue de la qualité environnementale. Nous poserons la question de la place de la nature dans ces quartiers, mais aussi des problématiques environnementales dans la rénovation ou la réhabilitation des villes.

1. Espace et questions sociales: Moritz MERTEN
(Action spaces and individual future prospects of adolescents. Privileged and marginalized urban districts in Kassel) et un jeune chercheur (DFH/UFA): Anthony PREGNOLATO
Cette première table ronde s’attachera à la question des quartiers défavorisés en France et en Allemagne et des conflits sociaux qui peuvent y exister, en privilégiant l’observation de phénomènes spatialisés. Nous nous poserons la question de l’implantation spatiale de ces quartiers défavorisés en France et Allemagne et de l’influence de cette implantation (intramuros ou périphérie) sur le ressenti (Befindlichkeit) des habitants. Sans négliger l’importance des dispositifs institutionnels et étatiques, nous chercherons à analyser les liens entre marginalisation spatiale et marginalisation sociale.

2. Politiques urbaines et environnementales: Jérôme BOISSONADE
(De la question urbaine à la question environnementale. Et ses conséquences sur la gouvernance) et des jeunes chercheurs (DFH/UFA): Félix AUTHIER et Clément BARBIER
Dans cette deuxième table ronde, il s’agit de comparer les systèmes de gouvernance France/Allemagne et de voir en quoi ceux-ci peuvent influer sur les qualités sociales et environnementales des villes et quartiers. L’articulation entre phénomènes sociaux et problématiques environnementales pourra être discutée à la lumière des normes en matière d’habitat et des plans de rénovation urbaine dans ces deux pays. Cette table ronde posera également la question de la participation des citoyens à la réhabilitation de leurs quartiers, et de l’impact que peut avoir ce mode de gouvernance sur la qualité de vie sociale et environnemental à l’échelle locale.

Jérôme BOISSONADE (Architecte, maître de conférences en sociologie à l’université du Littoral Côte d’Opale)



Exil, passages, migration, médiation

1. Traductions, table ronde animée par Xavier NORTH, avec Stefan WILLER (Les autotraductions des frères Humboldt), Alain LANCE et une jeune chercheuse (DFH/UFA): Judith LAMBERTY (Littératures et traductions en Suisse face à la mondialisation)
2. Passages musicaux: translations et transdisciplinarités, table ronde animée par Stefan WILLER, avec Thiphaine SAMOYAULT et des jeunes chercheurs (DFH/UFA): Marco AGNETTA (La traduction des livrets d'opéra) et Suzanne LAY (Retour français à Bach et retour aux sources: de la "cathédrale éternelle" au lieu commun)
3. Politique et migration, animée par Dirk NAGUSCHEWSKI, avec Alexis NOUSS et des jeunes chercheurs (DFH/UFA): Imke SCHULTZ, Siriane VAN EXAERDE & Ina BÖHME (Passages, migration, médiations. L'exemple de René Cheval à Tübingen) et Martin SCHILLER (Les bouleversements d'à côté. Des perspectives européennes sur un Monde arabe en changement)

Alain LANCE
Mes expériences de passeur littéraire furent marquées par mes séjours en Iran, dans les deux Allemagnes et à la Maison des écrivains à Paris. J'ai mené en parallèles (qui parfois se croisaient) l'écriture et la traduction, y compris en revues (Action poétique, Europe) et dans l'édition (responsable du dommaine allemand chez Alinéa de 1983 à 1987).

Alain Lance est en 1939 à Bonsecours, près de Rouen, après avoir enseigné le français en Iran et l’allemand à Paris, a dirigé des instituts culturels français en Allemagne (à Francfort sur le Main et à Sarrebruck) puis a été directeur de la Maison des écrivains à Paris de 1995 à 2004. À partir de Les gens perdus deviennent fragiles (1970), il a publié une dizaine de livres de poésie, dont Distrait du désastre (en 1995 chez Ulysse fin de siècle, Dijon), Prix Tristan Tzara 1996. En 2000 est paru un choix de ses poèmes  intitulé Temps criblé, dans la collection "Les Analectes", chez Obsidiane et Le Temps qu’il fait (Prix Apollinaire 2001). En 2004 est paru Brefs du vingtième (Tarabuste). Et en 2005, chez le même éditeur, Quatrains pour Esteban. Derniers titres parus: Longtemps l’Allemagne, chez Tarabuste (2009) et Divers avant l’hiver (2011), chez le même éditeur, où paraîtra au premier trimestre 2015, Coupures de temps (carnets 1983-1986).
Il a également traduit de l’allemand, souvent en coopération avec Renate Lance-Otterbein, de nombreux récits et essais de Christa Wolf, des livres de poèmes et de prose ainsi que des pièces de théâtre de Volker Braun et cinq romans ou recueils de nouvelles de Ingo Schulze. Co-auteur de plusieurs anthologies consacrées à la poésie française, iranienne et hongroise, il est membre, depuis 1970, du comité de rédaction de la revue action poétique et, depuis 2005, du comité de la revue Europe. Il a dirigé le domaine allemand des éditions Alinéa de 1985 à 1988. Membre correspondant de l’Académie des Arts de la Saxe, il a reçu en 2006 le Deka-Bank-Preis du Literaturhaus Frankfurt, qui récompense une personnalité étrangère ayant contribué à promouvoir la littérature allemande dans son pays. En septembre 2012, le prix Eugen Helmlé est attribué, à Sarrebruck, à Alain Lance et Renate Lance-Otterbein pour distinguer leurs traductions d’auteurs allemands contemporains.


Stefan WILLER: Les autotraductions des frères Humboldt
Avec une autotraduction, un auteur devient le traducteur de son propre texte. Bien qu'il s'agisse d'un phénomène particulier en apparence, il est au contraire très important pour les transmissions du savoir en Europe et dans le monde. Dans mon intervention, je vais éclaircir le rôle de Guillaume et d'Alexandre de Humboldt à cet égard. Les deux frères, qui écrivaient en allemand et en français pendant toute leur carrière de chercheur, de savant et d'homme politique, ont traduit à maintes reprises et dans les deux directions leurs propres textes. L'analyse d'un tel "entre-deux-langues" (comme l'a appelé l'autotraducteur Georges-Arthur Goldschmidt) permet de discerner avec précision les convergences et les tensions qui existent entre deux langues, deux langages ou même deux styles de pensée.

Stefan Willer, né en 1970, est professeur à la Humboldt-Universität zu Berlin (Institut für Kulturwissenschaft) et directeur associé du Zentrum für Literatur- und Kulturforschung Berlin.
Publications récentes
Erbfälle, livre sur l'histoire du concept de patrimoine, 2014.
"The Problem of Theorizing Comparisons", Neohelicon 41/2014.
"Observing, Guessing, Drifting: Para-Noetic Methods in Detective Fiction", Revue canadienne de littérature comparée 41/2014.


Avec le soutien
de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme,
du CIERA / "Saisir l'Europe",
de la DGLFLF (Fonds Pascal),
de la DFH/UFA, des universités berlinoises,
du DAAD,
du Goethe-Institut (Paris),
de l'Institut français d'Allemagne
de VEOLIA
et de la Fondation Gabriel Péri

FMSHAAACIERAAAADGLFLFAAADFH/UFA

DAADAAA Goethe InstitutAAAInstitut français d'Allemagne

VeoliaAAAFondation Gabriel Péri